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sur 973 notes

Longue lettre-confession d'amour ( 130 pages ) d'un éleveur de brebis islandais nonagénaire, d'un homme qui a préféré renoncer à l'amour de sa vie plutôt que de quitter sa campagne islandaise. Il se qualifie d'ailleurs lui-même ainsi : "Un bonhomme qui a préféré croupir dans son trou plutôt que suivre l'amour. "

Ce testament amoureux pour Helga m'a dès le début fait penser à Lettre d'une inconnue de Zweig. J'y ai retrouvé cette même blessure d'amour inachevé, cette passion qui dévore en secret. Mais la comparaison s'arrête là. En effet, l'intrigue, le cadre et surtout le style sont différents, j'ai envie de dire : heureusement. J'ai apprécié la découverte de l'Islande, et le ton direct et cru par moment qui s'accorde avec justesse au caractère rugueux du vieil homme, sans être pour autant dénué de poésie et d'humour. Un cockail islandais stimulant et original !

C'est assurément un beau roman, plus fin et puissant qu'il n'y paraît au contact des premières pages, que j'ai eu plaisir à lire. Reste à savoir si dans quelques années, son souvenir sera aussi vivace que la lettre de l'inconnue de Zweig...

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L'amour le plus ardent

Est l'amour impossible

Mieux vaut donc n'aimer personne.

Pourquoi ? Pourquoi Bjarni a-t-il attendu si longtemps pour répondre à Helga, pour répondre à sa lettre ? Si ce temps d'attente a été nécessaire pour écrire ce qu'il a écrit, pour décrire ainsi la beauté, clamer son désir et crier son amour, alors nous le comprenons, nous le respectons, le coeur serré.

« La lettre à Helga » est la lettre d'une vie, qui raconte, qui déroule le fil d'une vie, en plein coeur d'Islande, ses difficultés, ses espoirs déçus, ses rares lumières, ses désirs et ses occasions ratées. de celle qui explique afin de mieux se comprendre et savoir se pardonner avant la mort, imminente. de celle pour laquelle on écrit de sa plus belle plume, de sa poésie la plus intime. Sans rien cacher. de celle qui confesse. « La lettre à Helga » est la déclaration d'un vieillard. Une déclaration belle à tomber. Un testament amoureux au bord de la tombe. « Vieille buche vermoulue et pourrie gisant sur le rivage du temps d'où le ressac bientôt m'emportera », il écrit.

Ce livre est l'histoire d'un amour impossible dans la campagne islandaise entre Bjarni et Helga. Bjarni, âgé de 90 ans, raconte, le temps d'une sortie de sa maison de retraite pour passer l'été dans sa chambre avec vue plongeante sur la ferme où habitait Helga…Il laisse son esprit vagabonder, les souvenirs remonter, il les capte et les restitue avec tendresse, franchise et poésie. Il veut expliquer pourquoi il a préféré renoncer à l'amour de sa vie pour rester sur sa terre natale islandaise.

Il raconte sa vie en tant qu'éleveur de brebis dans cette terre rude et hostile qu'il aime, loin des turbulences et du travail ouvrier et asservi de la capitale Reykjavik au début du 20ème Siècle. Il livre de belles réflexions sur la sagesse des anciens, sur les dangers du progrès, sur la religion, et nous fait ressentir l'amour profond pour ses bêtes qui lui a permis de rester debout. Il nous offre quelques anecdotes des moeurs anciennes islandaises assez étonnantes.

« Kristin, ma grand-mère avait l'air aussi vieille que les premiers colons de ce pays ; elle est baignée de douce ancienneté dans ma mémoire. A son époque, à la campagne, le savon n'existait pas ; on lavait le linge et les vêtements à l'urine fermentée, comme de toute éternité. Elle faisait souvent la remarque que ce n'étaient plus des cheveux mais une tignasse morte qui couvrait la tête des femmes d'aujourd'hui. Dans sa jeunesse, disait-elle, quand les femmes se shampouinaient à la pisse, leur chevelure longue et épaisse resplendissait ».

Il raconte ses difficultés avec sa femme, Ennur, devenue stérile suite à une opération, qui s'est réfugiée toute sa vie dans le travail sans accorder la moindre place à la tendresse, à l'amour, aux plaisirs simples. Morte il y a quelques mois, les cinq années qu'a duré sa maladie ont été éprouvantes tant elle a passé ce temps à tourmenter Bjarni.

Et bien sûr, il raconte Helga. La belle Helga. Les formes d'Helga. L'amour avec Helga. le choix qu'il a fait ou plutôt qu'il a été contraint de faire. Cet amour impossible, sa solitude, l'amour secret qui ronge et obsède, son envie de mourir. L'espoir toujours qui revient comme une fleur de pissenlit à chaque printemps, fleur jaune comme la flamme qui renait perpétuellement en lui. C'est tour à tour sensuel, poignant, touchant. A la fois sauvage, cru, et beau, à l'instar des paysages islandais, taillés dans la lave et pétris de poésie.

« Quand nous avons fait l'amour, tes seins ballotaient contre le râtelier. Comme des cygnes sur la vague ».

« Te voir nue dans les rayons de soleil était revigorant comme la vision d'une fleur sur un escarpement rocheux. Je ne connais rien qui puisse égaler la beauté de ce spectacle ».

C'est un très joli roman, très touchant, et qui permet aux lecteurs de découvrir les us et coutumes du peuple islandais au début du 20ème Siècle. Un monologue vigoureux et délicat qui raconte pourquoi cet homme s'est spolié lui-même de l'amour de sa vie. Un petit livre à découvrir que l'on termine touché en plein coeur.

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Bjarni revient de la maison de retraite pour passer l'été chez lui et la fenêtre de sa chambre plonge sur la ferme où habitait autrefois ses amis Helga et son mari décédé d'un cancer l'hiver précédent. Sa femme est morte, il y a quelques mois aussi dans des conditions difficiles car sur les cinq années qu'a duré sa maladie, elle en a passé quatre et demie à vouloir mourir er à tourmenter Bjarni.

Il décide d'écrire une lettre à Helga, durant laquelle on en saura plus, sur toute son existence, la vie en Islande et ses difficultés au début du XXe siècle, ses relations avec Helga et son mari, avec Unmur et comment il exerçait son métier d'éleveurs de moutons à l'époque.

Ce que j'en pense :

C'est un joli roman, bien écrit, qui nous fait découvrir ce pays mystérieux qu'est l'Islande, les conditions de vie très dures, les méthodes d'élevage et de soins des bêtes qui laissent pantois les agriculteurs de notre époque alors que ces paysans étaient pleins de sagesse et de respect de la nature, cette nature sauvage qui nous aime si on la respecte.

L'auteure a choisi la lettre comme mode d'expression, ce qui permet de voir évoluer tant les conditions de vie que les personnages et surtout les sentiments.

Bjarni a 90 ans, il peut donc s'exprimer sans retenue ni censure car la mort est proche. Il peut parler de son amour pour cette femme qui a duré pendant toute sa vie d'adulte, qu'il a mis du temps à reconnaître, à admettre. Il lui a été difficile de choisir l'amour car il y a d'abord ses hésitations entre l'amour et le devoir (comment peut-il abandonner son épouse Unmur mutilée par une intervention chirurgicale qui la rend stérile à jamais et donc acariâtre, jalouse de Helga qui, elle, peut avoir des enfants.

Il y a aussi l'autre choix : partir avec Helga, c'est quitter sa ferme, dans la famille depuis des générations et perdre cette amour de la terre et des animaux, s'occuper de ses brebis, de son mâle vedette, de cette vie simple et écologique pour aller à Reykjavik, la capitale, pour un travail sans intérêt dans l'anonymat alors que chez lui, tout le monde se connaît, ce qui entretient les cancans, les railleries sur son adultère. Il aurait eu le sentiment de trahir ses ancêtres « quoi qu'il advint, je savait que mon âme était ici et que je ne l'emporterais pas à Reykjavik » P 78

C'était beaucoup plus compliqué à l'époque, il y avait les règles intransigeantes de la société, les tabous. Il n'a jamais pu faire le choix et a vécu une vie pleine mais en recherchant Helga toujours pour s'en éloigner dès qu'il pourrait s'en rapprocher et construire quelque chose avec elle.

Les expressions sur les relations amoureuses entre hommes et femmes, sont brutales, elles sont empreintes de bestialité, les mots sont très crus, ils parlent des femmes comme des brebis et de pisse très souvent car elle sert à tout : antiseptique, pour la qualité de la laine lors de la tonte, en gros ils se pissent dessus par amour.

Néanmoins il y a beaucoup de tendresse : Bjarni cherche les collines du paysage la forme des seins généreux d'Helga (« les mamelons d'Helga », lieu connu de lui-seul. Il nous fait voyager dans cette Islande qu'il aime profondément et cette nature qu'il respecte tant, ce que ne savent plus faire les paysans d'aujourd'hui, qui sont des propriétaires terriens, des céréaliers, etc. etc. alors que le terme paysan est si beau. (cf. le choix du bélier par les technocrates qui vont décider de favoriser un bélier absolument pas adapté au terrain irrégulier sans le moindre bon sens). Il s'occupe de beaucoup de chose : Société de lecture, coopérative… il réfléchit aussi sur Dieu, « j'ai compris que ce Dieu qui est aux cieux doit être en partie fabriqué par l'homme », l'idéal, le socialisme

Il raconte aussi dans sa lettre l'histoire de ce vieux couple sur une île, dont la femme décède et il faut aller la chercher en barque pour la mettre dans un cercueil et qui en fait passera l'hiver sur l'île à cause des éléments déchaînés. le vieil homme n'ayant d'autre solution que la fumer comme la viande pour respecter son corps dans la mort comme il l'a respecté tout au long de leur vie commune.

Cette Islande, il l'aime comme une femme et il nous transmet son histoire, sa nature sauvage, sa culture aussi en parsemant le texte de poèmes d'auteurs inconnus pour moi, de poèmes qu'il a écrit lui-même mais aussi que sa grand-mère récitait. Les descriptions sont très belles.

Bref une belle histoire et un beau voyage que je vous incite à tenter si vous ne l'avez pas déjà fait. Il a été qualifié de « bijou épistolaire » par un lecteur dans son blog et c'est mérité.

Note : 8,5/10


Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Un petit livre assez étonnant.

Le testament confession d'un éleveur de moutons et brebis, contrôleur de fourrage vivant en Islande.

Quand on approche de la mort, on n'a plus de retenu, le ton est vite cru entre aveux et repentir pour dire ses regrets, ses secrets ( même les plus honteux ) et les tensions que sa vie a connues.

Bjarni a toujours aimé Helga avec laquelle il a vécu une passion amoureuse et sensuelle intense, de celle qu'il marque toute une vie. Il lui raconte tout dans une lettre extrêmement touchante et d'une absolue sincérité.

Cet habitant de la lande islandaise se révèle plus qu'un simple berger ou qu'un simple amoureux frustré. C'est toute sa philosophie de vie qu'il nous offre en nous livrant sa blessure d'amour éternel, celui d'un être simple, fidèle à son environnement : sa lettre se transforme en hymne à la nature, la géographie des lieux incite aussi bien à la poésie qu'à un érotisme champêtre réjouissant.

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La Lettre à Helga, roman de Bergsveinn Birgisson, est une lettre sous forme d'une confession amoureuse, d'un homme nonagénaire, au crépuscule de sa vie, Bjarni Gíslason, qui fut éleveur de moutons et de brebis et par ailleurs contrôleur des réserves de fourrage en Islande.

Cette lettre, il l'écrit et l'adresse à celle qu'il a toujours aimée, d'un amour incandescent et charnel, Helga.

Tout le récit est cette longue lettre à Helga, vers Helga, une sorte de chemin à reculons, pour revenir à elle, sur les terres sauvages et rudes de l'Islande. Par-delà le coeur qui l'a mis en lumière comme un chant, l'Islande est en effet l'écrin, le réceptacle de ce texte. C'est un voyage dans ce paysage sublime et sensuel, c'est un voyage qui ressemble à la silhouette fugitive, fuyante à jamais d'Helga.

Ils étaient voisins, chacun mariés. Elle à Hallgrímur, qui ne savait pas la rendre heureuse. Lui à Unnur qui ne pouvait pas avoir d'enfant.

Il a suffi d'un instant arraché à la dérive des continents, une grange, l'odeur des foins, la lumière d'une lucarne sur ses seins nus, sur ses courbes généreuses, sa peau blanche où frémissaient des vagues de désir.

« C'était comme toucher du doigt la vie elle-même. »

Et puis faire l'amour dans l'arôme du foin nouveau. Il y a dans ces pages incandescentes un érotisme bucolique, jubilatoire, qui dégringole à gorges déployées dans la lumière crue du jour, conviant la nature charnelle à cette célébration des corps et des sens. On se croirait dans un tableau de Renoir...

Plus tard, enceinte de lui, Helga lui demande alors de la suivre à Reikjavík.

Il n'a pas eu le courage de renoncer à lui-même, à la campagne, au travail de la terre. Il n'a pas eu le courage de quitter Unnur.

C'est l'amour éternel d'un homme blessé qui a lui-même renoncé à cet amour, alors qu'il se trouvait à la croisée des chemins.

Cette longue lettre, c'est le chemin qu'il n'a pas pris, devenant un animal blessé, perdu dans la débâcle des glaces.

Longtemps après, Helga continue de marcher nue dans son esprit.

Bjarni a quatre-vingt dix ans mais Helga continue d'être un brasier dans son coeur et sous sa peau désormais flétrie.

Que faut-il faire pour retrouver Helga ? Interroger la bergeronnette pour connaître l'avenir ?

Cette lettre, c'est aussi un hymne à l'Islande où les paysans savent déchiffrer les nuages, le vol des oiseaux, le comportement des chiens.

Éprouver l'angoisse du feuillage aux éclipses de lune.

Aimer le chuchotement d'un ruisseau, la compassion d'un phoque, l'intelligence du renard.

L'amitié des moutons.

Célébrer l'entraide, les gens qui veulent du bien aux autres...

Parfois, il y a aussi des moments pittoresques et savoureux, comme ce vieux paysan habitant un lieu retiré de l'Islande, venant de perdre sa femme, et qui crut bon de suspendre le corps de la défunte dans le fumoir comme un vulgaire jambon afin de mieux protéger son corps en attendant qu'on puisse venir chercher la depouille pour les obsèques...

Cette lettre est le brasier d'un volcan d'Islande qui ne s'est jamais éteint.

« ...et je compris que le mal, dans cette vie, ce n'était pas les échardes acérées qui vous piquent et vous blessent, mais le doux appel de l'amour auquel on a fait la sourde oreille. »

J'ai aimé brûler mes doigts à l'incandescence de cet amour...

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Des mots, clairs et limpides, pour dire toute la force de l'amour, du désir, de la passion...de la vie qui s'écoule.

La parole jaillissante d'un vieil homme témoignant de son métier, dessinant le tableau d'une Islande, avant sont entrée dans la modernité.

Un hommage aux esprits telluriques.

Un concentré de bonheur.

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L'amour, même s'il est sincère, passionné et partagé, conserve toujours une part de non-dits, voire de mensonges. On veut se montrer sous son meilleur jour, on ne dévoile pas tout par crainte d'être ridicule ou mal compris, on veut garder une part de mystère. Mais à 90 ans, Bjarni Gislason n'a plus ce genre de scrupules, il n'a plus rien à cacher et peut enfin ouvrir son coeur. Dans une longue lettre, il raconte à Helga, la femme qui fut sa maîtresse, toute une vie sans elle parce qu'il n'a pas eu le courage de tout quitter pour vivre cet amour. Il dit sa culpabilité, ses regrets,ses sentiments. Mais il raconte aussi son Islande, sa campagne, ses moutons, sa terre, tout ce qu'il n'aurait pu abandonner pour vivre à la capitale. Helga, enceinte de ses oeuvres, ne voulait pas rester au village et subir les commérages. La seule solution était d'aller à Reykjavik, se fondre dans la foule et travailler pour les forces d'occupation américaines. Bjarni avait-il vraiment le choix? Pouvait-il laisser derrière lui une terre transmise depuis des générations, un mode vie, des traditions et risquer de se perdre en ville, de n'être plus son propre patron, de travailler sans profiter du fruit de son labeur, de peut-être ne plus aimer Helga à force d'être malheureux? Quoi qu'il en soit, Bjarni est resté, pour Unnur,sa femme stérile et aigrie, pour ses bêtes, pour sa terre, pour sa vie telle qu'elle était. Helga a rompu, son mari ignorant de tout, a élevé sa fille et Bjarni a du se contenter de ses jumelles pour observer de loin la femme aimée, la famille qui aurait pu être la sienne.

Une lettre de 130 pages qui résume une vie d'éleveur ovin islandais dans les années 40. Ce témoignage-là est intéressant, qui parle de traditions orales, de légendes, des moutons, de la satisfaction du travail bien fait, des difficultés, des rigueurs du climat,etc. Par contre l'histoire d'amour est plus ambiguë. Bjarni en parle, et il en parle bien, sans fausse pudeur, alternant visions romantiques et mots les plus crus. Mais malgré ses grands discours, il est difficile de faire la balance entre désir et sentiment. Certes, il désire Helga, d'autant plus qu'elle est bien gironde sa voisine! Et qu'Unnur, sa légitime épouse, charcutée par les médecins, semble ne faire l'amour que dans la souffrance. Mais l'aime-t-il ? Pas suffisamment pour changer de vie, en tout cas. Son amour n'a-t-il pas plutôt grandi dans l'absence ? Ils n'ont pas connu les petits soucis du quotidien qui lentement érodent les sentiments, alors cet amour est plus fantasmé que réel. Bjarni était-il trop attaché à sa vie de paysan ou a-t-il tout simplement manqué de courage ? Helga, radicale, le chasse de sa vie; Mais quand elle lui laisse une deuxième chance, encore une fois, Bjarni se défile...L'amoureux transi ne serait-il qu'un lâche? Ou plus simplement un homme qui voulait le beurre et l'argent du beurre ?

Pas inoubliable mais très bien écrite, cette confession d'un vieillard à l'amour de sa vie est une lecture savoureuse et riche en émotions qui interroge sur les choix de vie et leurs conséquences, sur l'amour, la passion charnelle, la vie tout simplement.

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Est-ce vraiment une lettre à Helga que Bjarni a écrite au soir de sa vie ? Ou plutôt une lettre à la terre islandaise toute entière, celle qu'il aimait tant qu'il n'a pas pu la quitter pour suivre Helga à Reykjavik ?

Car Bjarni est un paysan islandais à l'ancienne, ancré dans la terre de ses ancêtres, fidèle à ses moutons et à ses amis villageois râleurs... Un peu moins fidèle à sa femme Unnur, parfois, mais il faut dire qu'elle ne peut pas lui donner l'amour comme il l'attend, et que la voisine Helga est si séduisante et sensuelle... Alors Bjarni cède à la tentation et vit quelques mois incandescents avec Helga.

Jusqu'à ce qu'elle lui demande de toute quitter et de partir à Reykjavik avec elle. Là, c'est trop pour Bjarni. Aussi amoureux et passionné qu'il soit, il ne veut trahir ni ses ancêtres, ni sa terre, ni sa pauvre femme Unnur. Alors il essaie de renoncer à Helga, sans jamais y parvenir tout à fait, puisqu'il pense encore à elle à 90 ans passés.

Histoire d'amour impossible entre deux voisins mariés et deux mondes inconciliables, ce livre est aussi, et surtout, une belle déclaration d'amour pour la terre et la culture islandaises. Une déclaration intéressante, bien écrite, très imagée... mais pas forcément inoubliable non plus.

Challenge Petits plaisirs 15/xx

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Une douce mélancolie m'envahit encore après avoir tourné la dernière page de cette belle lettre d'amour…

Je me suis attachée à Bjarni Gislason, l'auteur de cette confession adressée à la belle Helga, le grand amour de sa vie. Je me suis sentie enveloppée par les paysages islandais qu'il décrit longuement et avec sensualité malgré la rudesse de ses conditions de vie à Kolkustadir.

Cet ancien éleveur de brebis nonagénaire lui raconte ses souvenirs, ses regrets, son attachement à sa terre, son mariage avec Unnir, une femme aigrie, devenue stérile après une opération… Cette missive tardive est avant tout une fiévreuse déclaration d'amour à cette femme qu'il a aimé passionnément et de tout son être. Il garde le souvenir intact de leurs furtives étreintes clandestines empreintes d'une grande volupté. Mais il assume aussi son choix de ne pas avoir tout quitté pour la rejoindre en ville malgré la force de ses sentiments et de son désir pour elle…

Fidélité viscérale à sa terre natale et ses traditions ou lâcheté, sentiments sincères ou fantasmés, Bjarni Gislason n'esquive aucune question, son flot de souvenirs poétiques, crus, tendres et drôles aussi parfois m'a enchantée et profondément touchée.

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Je viens de lire une lettre pleine de candeur, d'émotions, de naturel, de philosophie de la vie, de poésie et d'amour : la lettre d'un paysan du nord de l'Islande à sa bien-aimée. J'en suis encore toute retournée tellement c'est frais, simple et profond.

Cet homme est très vieux, veuf depuis peu, et pour l'été, son neveu l'a accueilli chez lui, là où il vivait avant de partir en maison de retraite.

C'est l'occasion pour lui de faire le point sur sa vie et d'écrire, comme je l'ai dit, à sa bien-aimée, Helga, qu'il nomme « ma Belle ».

Ses souvenirs remontent, et il lui parle d'amour, de l'amour qu'il éprouvé pour elle et du choix qu'il a dû faire : ou partir avec elle à la ville, à Helsinski, ou demeurer dans sa ferme parmi l'étendue désertique, à s'occuper de ses moutons, à pêcher, à rendre service à tous, et surtout à ne pas se renier.

Il parle de lui, il parle d'elle, il parle des autres, de son épouse, également.

Il parle des choix d'une vie, du destin, des petits moments tout simples où la vie se dilate.

Et sa lettre est émaillée d'extraits variés de ses lectures, très judicieusement placés. Car il lit beaucoup, ce paysan, il a fait partie de longues années du club de lecture.

J'ai adoré cette façon de considérer ce temps qui nous est imparti et à propos duquel beaucoup bâtissent des théories, qu'ils soient reconnus ou simples quidams toujours prêts à déclamer une « vérité » qu'ils croient universelle.

Ce livre très court ne cherche pas à faire de l'esbroufe : il aide à vivre et à accepter les cadeaux comme les coups du sort.

« L'amour est présent aussi dans cette vie que j'ai menée ici, à la campagne. Et quand je l'ai choisie pour la vivre sans regret, j'ai appris que l'homme doit s'en tenir à sa décision, la conforter et ne pas en démordre. C'est ainsi que l'amour s'exprime ».

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