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EAN : 9782205072631
152 pages
Éditeur : Le Lombard (27/11/2015)
3.69/5   32 notes
Résumé :
Voyou aimant à se fracasser les poings dans les fenêtres, poète adulé telle une rock star, Serge Essenine est un cowboy blond de Moscou. Avec son ami Mariengof, à la chevelure lustrée comme un piano de concert, ils sont les chefs de la bande des imaginistes.
Dans les cendres fumantes de la guerre civile, alors que la Tchéka ne s'en prend pas encore aux artistes, ils se battent tranquillement à coup de poèmes et de bouteilles de vodka.
Mais un beau jour... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Liliz
  07 février 2016
Je retrouve avec un immense plaisir le duo Julie Birmant et Clément Oubrerie que j'avais découvert avec la série Pablo (roman graphique sur les débuts de Picasso).
Les deux auteurs nous proposent une fois encore une biographie de deux personnages des arts et belles lettres : Isadora Duncan, dite la Duncan, danseuse contemporaine féministe jusqu'au bout des ongles, et Serge Essenine, poète russe tourmenté. Tout au long de ce premier volume, j'ai fait connaissance avec ces deux êtres atypiques au destin tragique.
Le graphisme, le coup de crayon de Clément Oubrerie est toujours aussi splendide. le ton plutôt pastel utilisé plonge le lecteur pleinement dans les années 1920, comme une photographie de l'époque en sépia. Tel un souvenir, le roman graphique se déroule au gré de la vie et de la mémoire de chacun.
Un grand bravo pour cet album qui m'a fait découvrir deux artistes dont je ne connaissais pas la vie. du coup je me suis intéressée à leur vie et me suis documentée sur le sujet. Généralement ces romans graphiques biographiques me donnent envie d'aller plus loin et d'en savoir plus. Et quel tempérament, cette Isadora Duncan ! Pionnière de la danse moderne, choix politiques affirmés, féministes engagés... Et Sergueï Essenine, poète en proie aux démons de l'alcool.
Leur rencontre sera foudroyante, passionnée mais leur relation destructrice.
En résumé, j'ai vraiment apprécié cette bande dessinée. Seul petit bémol, sur la première moitié de l'album, je me suis un peu perdue dans les époques, j'étais un peu dans le flou et, par conséquent, la compréhension de l'histoire était quelque peu altérée sans connaissance préalable de l'histoire de Serge et Isadora. Mais cet effet se dissipe par la suite.
Une très bonne bande dessinée qui rend hommage à la danseuse et au poète.
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beatriceferon
  26 décembre 2015
« Nice, promenade des Anglais, 14 septembre 1927 », Isadora Duncan, la cinquantaine rayonnante, admire sans vergogne un bellâtre « un peu vulgaire, brun, bronzé, chaîne au cou, sourire luisant », nonchalamment installé « au volant de sa voiture de frime, une Amilcar, modèle de course à deux places. »
La capricieuse diva s'élance et, d'un bond de gazelle, s'installe sur le siège passager. le jeune homme obéit à son injonction. Il démarre. La belle rejette négligemment sur son épaule le pan de sa longue écharpe. La suite... on la connaît.
Page suivante, en 1923, à Moscou, le poète Serge Essenine découvre avec dépit dans la « Pravda » un article qui l'énerve.
Ce roman graphique raconte la rencontre et la passion tumultueuse de deux « monstres sacrés ». le volume compte cent cinquante-deux pages et n'est que le premier tome d'un diptyque. Il se structure en quatre parties présentées par une page colorée porteuse d'un titre, date, lieu, ainsi qu'une épigraphe. Plus on avance dans le récit, plus on recule dans le temps.
L'histoire ne m'a plu que moyennement. Les personnages ont des caractères excessifs et des caprices d'enfants gâtés qui m'agacent.
Serge Essenine a une haute opinion de lui-même, il boit, se bat, profite de l'argent d'Isadora, qui a presque vingt ans de plus que lui.
Celle-ci se promène pieds nus dans la campagne russe, se proclame communiste, mais, quand on veut la loger dans une demeure princière, elle la traite de « gourbi ». Elle apparaît vêtue de rouge pour bien marquer ses opinions politiques, mais porte quand même des tenues haute couture. Reçue dans la « bonne société », elle insulte ses hôtes et, non contente d'interrompre grossièrement la dame qui interprète une petite romance, elle s'exclame : « du temps de la Révolution française, on l'aurait guillotinée ! »
Le récit est parsemé d'extraits des oeuvres du poète. Hélas, ils ne me touchent ni ne me parlent.
Toutefois, j'imagine la somme colossale de recherches que doit représenter la documentation permettant de réaliser cette bande dessinée.
J'ai beaucoup aimé les dessins (ou peut-être devrais-je plutôt dire les peintures) de Clément Oubrerie. le découpage des planches m'a paru très original : certaines sont des gros plans d'un détail (p.6), des vues d'ensemble d'un paysage (pp. 34,114).
Page 116, la silhouette de la danseuse se dilue dans l'eau. Son amant l'a avilie et la traite comme une prostituée. A l'image de ce portrait, sa forte personnalité doit se désagréger.
Les personnages, pourtant représentés par quelques traits seulement, sont remarquablement ressemblants.
A certains moments apparaissent des images fantasmagoriques, surréalistes (pp. 56-57 ; 94).
Ce que j'ai préféré, ce sont les passages où Isadora danse. Clément Oubrerie a supprimé les vignettes. La silhouette de l'artiste est partout à la fois,sous forme de dessins et en même temps d'esquisses, traduisant la vitesse et le mouvement.
Regarder les planches en écoutant la musique procure une impression vertigineuse.
Les couleurs sont, en général, assez sombres. Quand on découvre l'article que lit Serge, le sépia règne. Les vues de nuit sont rendues par des tons froids, bleu et vert.
La dominante est le brun. de temps à autre, une tache vive accroche l'oeil : il s'agit du rouge des tenues d'Isadora .
Enfin, on a beaucoup de vues d'ensemble où les personnages sont présentés en plans américain ou rapproché, mais le dessinateur joue aussi avec les gros plans et les incrustations.
J'ai trouvé ce travail extraordinaire et il m'a beaucoup plu.
Il me reste à remercier Babelio, dont l'opération Masse Critique m'a, une fois de plus, permis de faire une belle découverte, et les éditions Dargaud qui m'ont offert ce magnifique volume.
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Erik_
  03 septembre 2020
Il était une fois dans l'Est est un titre qui fait un clin d'oeil à un western désormais très célèbre. Pour autant, il n'y a pas de quoi rire à l'évocation de la vie plutôt tragique d'Isadora Duncan. C'est une célèbre danseuse américaine qui a révolutionné la danse grâce à un retour sur le culte du corps. Cela tombe bien car elle a épousé également le communisme. Elle a ouvert une école à Moscou sous l'égide de Lénine en soutenant ouvertement sa politique. Il faudra avoir une grande ouverture d'esprit…
Sa mort est très célèbre par le fait que son foulard de soie s'est coincé dans la roue arrière de son cabriolet en 1927 sur la promenade des anglais à Nice. Elle est morte étranglée et éjectée de son véhicule de la pire des manières. C'était une très belle femme qui n'hésitait pas à danser toute nue avec un léger voile. C'était une star hollywoodienne avec tous ses excès (excentrique, adepte de l'amour libre, bisexuelle et communiste). Bref, une mort stupide pour celle qui incarnait la grâce et la beauté. Attention également aux escalators mécaniques lorsqu'on porte un long foulard ou de longs cheveux : ce n'est pas une blague !
Cette première partie va se concentrer sur sa relation avec un jeune poète russe Sergueï Essenine. Elle va l'épouser alors qu'il a 18 ans de moins et surtout un sérieux penchant pour la boisson et la déprime. Ainsi, ses accès de violence dans les hôtels privés sont connus de tous et notamment des médias. C'est le premier couple un peu trash de l'histoire moderne. Dans la bd, c'est presque édulcorer. Une part belle lui est consacrée bien qu'il sera comme une étoile filante dans la vie de cette danseuse.
Cette oeuvre est plutôt mal construite du fait de sa narration non linéaire. Certains passages sont difficiles à comprendre. On entre assez difficilement dans le récit. Au début, c'est plutôt ennuyeux mais on sera conquis au fil des pages par la personnalité hors norme de cette artiste féminine. Elle a eu une vie passionnante mais un destin tragique.
A noter que rien n'est dit sur ses deux enfants dans cette première partie ce qui est assez étonnant lorsqu'on connait ce qui s'est passé. Comme dit, il y a des personnes qui n'ont vraiment pas de chance dans la vie. C'est ainsi.

Bon, au moins, elle va revenir assez meurtrie de la Russie qu'elle idéalisait sans doute un peu trop. Les communistes ont remplacé le tsar par un autre qui voulait également le pouvoir et la célébrité au prix de millions de morts. le peuple souffre toujours. J'aime bien l'idéal que portait cette femme à savoir la création de la beauté et l'éducation des jeunes. Elle s'est affranchie de nombreux codes par sa liberté d'expression pour offrir au monde entier autre chose.
Je terminerais par ces quelques vers de ce poète lyrique soviétique qui fut le chantre de la révolution d'Octobre et l'époux de la danseuse américaine Isadora Duncan:
« Mon ami, mon ami,
Je suis malade à en crever.
Mais cette douleur d'où me vient-elle ?
Est-ce le vent qui siffle
Sur les champs déserts, désolés,
Ou bien, comme les bois en septembre,
C'est l'alcool qui effeuille ma cervelle… »
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Vexiana
  07 février 2018
Isadora Duncan était une femme hors norme. Elle se moquait des conventions et vivait comme elle l'entendait. Cette BD nous retrace sa vie et celle de celui qui fut son mari : Serge Essenine.
J'ai trouvé cette BD très intéressante et bien construite même si je trouve que les flash-back incessants font perdre en lisibilité et en fluidité dans la narration.
Les personnages sont bien rendus. J'avais déjà lu plusieurs ouvrages sur Isadora Duncan et il semble qu'elle ait eu un caractère assez difficile. On peut dire que c'est très bien rendu, elle et Essenine apparaissent comme des êtres orgueilleux et capricieux. Ca ne les rend pas vraiment sympathiques mais ils en sont d'autant plus humains.
Le dessin m'a beaucoup plu avec des aquarelles séduisantes même si, quelques fois, il manque de régularité. J'ai particulièrement apprécié les scènes de danse que j'ai trouvées très réussies.
Je me réjouis de lire la suite même si je sais que l'histoire ne sera pas vraiment rose...
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Stemilou
  07 janvier 2016
Il était une fois dans l'est raconte l'histoire de deux personnages au début des années 20: Serge Essenine poète moscovite et Isadora Duncan grande danseuse américaine qui se voit inviter à Moscou pour fêter la Révolution d'octobre. Elle accepte plus par opportunité que par conviction, car pour elle derrière cette invitation se cache la possibilité de créer une école de danse bien loin des classiques du genre. Parce que la danse pour elle est de rendre au corps tout la passion qui l'habite, et cela commence en route vers la Russie devant des paysans. Extravagante, fière et capricieuse, Isadora fera ses premiers pas dans la grande société russe.
C'est donc cette passion qui séduit Sergueï (Serge) Essenine, poète reconnu certes mais également ivrogne, imbu et violent, il est bien plus jeune qu'Isadora; la rencontre a lieu et la relation mouvementée entre les deux amants démarre sur les chapeaux de roues.
Ce premier tome n'est donc que la mise en bouche d'une série qui promet d'être excellente, le sujet : la romance entre un poète russe et une danseuse américaine me plaît beaucoup.
Je regrette toutefois cette façon de voyager dans le temps à reculons qui ne m'a pas vraiment facilité les choses sans compter les vers du poète qui parsème le récit et qui ne m'ont pas spécialement touché. Par contre la partie consacrée à la jeunesse de la danseuse et de la famille Duncan est particulièrement intéressant pour comprendre sa détermination.
Les dessins de Clément Oubrerie s'accorde parfaitement au scénario de Julie Birmant, quelques traits suffisent à créer un personnage, un paysage et l'aquarelle sied à merveille mais ce qui m'a le plus impressionné est la qualité du rendu sur les scènes de danse, les mouvements fluides de la danseuse apparaissent presque réels. Une BD extraordinaire que je vais sans aucun doute suivre de près.
Le destin tragique de cette danseuse douée et révolutionnaire est marqué dans la BD par un dessin qui résume tout: 14 septembre 1927 à Nice le foulard de la Duncan se prend dans les rayons de la roue.
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critiques presse (7)
BoDoi   14 août 2017
On se prend à virevolter au rythme des pas et des coups de tête d’une femme dont ne peut s’empêcher encore aujourd’hui d’admirer la détermination et l’esprit libre.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Bedeo   15 janvier 2016
Le dessin de Clément Oubrerie retranscrit parfaitement les mouvements sensuels et charnels improvisés par la créatrice, de la tête aux pieds, faisant fi de tous les codes du monde classique de la danse.
Lire la critique sur le site : Bedeo
ActuaBD   04 janvier 2016
Le récit compliqué de la rencontre d’Isadora Duncan, une grande danseuse américaine, et de Sergueï Essénine, un poète russe génial, dans l’URSS et l’Amérique des années 1920.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BDGest   29 décembre 2015
À l'aide d'une narration audacieuse, sur fond de fresque historique, ils présentent le premier acte de l'histoire d'une femme jusqu'au-boutiste, au destin tragique, qui laisse entrevoir bien des promesses pour la suite.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi   22 décembre 2015
Il était une fois dans l’Est est une aventure palpitante. Vivant, poétique et évocateur, le trait de Clément Oubrerie s’habille de couleurs directes, vibrantes.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDZoom   21 décembre 2015
Il règne, dans cette biographie qui remonte le temps, une sorte de folie à la fois sidérante et terrifiante
Lire la critique sur le site : BDZoom
Sceneario   14 décembre 2015
Alors on ne ressortira pas forcément admiratif devant ces deux artistes, mais au moins on restera songeur en repensant à cette période ou l'art chamboulait la vie, pour de bon...
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
robert7robert7   05 février 2019
Toutes les autres femmes détruisent le paysage; vous seule vous incorporez à lui.
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LilizLiliz   07 février 2016
Et Duncan est en extase car ses souffrances l'ont faite Russe dans sa façon d'aimer : sans limites et tellement intensément que ça fait mal.
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Erik_Erik_   25 septembre 2020
La Russie changeait et se détestait d'être en train de changer.
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