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ISBN : 2878441869
Éditeur : Faton (24/11/2015)

Note moyenne : 5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Associant l’histoire de l’art, l’archéométrie et la science des matériaux, ce livre d’un genre nouveau est consacré à l’étude scientifique en laboratoire d’émaux sur métal. Art du feu et de la couleur, la technique de l’émail sur métal a permis la réalisation de magnifiques objets, religieux ou profane. Elle a fait en Occident l’objet d’innovations constantes, les fastes de Byzance ou de Limoges.

Ce livre retrace dans une première partie la prestigieu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Dixie39
  23 février 2016
Je viens de refermer ce livre en sachant qu'il ne restera pas clos bien longtemps, tant son contenu est riche et intéressant.
L'objet « livre » en lui même est d'une très belle qualité : les éditions FATON nous livrent là un travail plus que soigné à la hauteur de l'étude qu'il renferme (papier glacé, colorimétrie optimale pour des photographies prises pour la plupart par les photographes attitrés des différents musées nationaux dont elles sont issues, une mise en page aérée qui ne donne pas cette impression d'être noyé dans un contenu lourd et figé...).
Il est donc question ici, de l'histoire des émaux sur métal du IXième au XIXième siècle, de la technique et des matériaux utilisés sur cette période pour leur réalisation. Son degrés de technicité est haut, mais il est tout à fait abordable par le lecteur curieux qui voudrait s'y initier autant que par le chercheur, pour qui ce livre est sans conteste une base de travail ou d'approfondissement de ses recherches. J'ai laissé de côté les différents tableaux de résultats d'analyse, en tant que lectrice non spécialiste, sachant leur utilité pour le lecteur aguerri, dont je ne suis pas.
Les illustrations sont nombreuses et font parties intégrantes du propos : on avance dans ce livre d'art, pas à pas. Chaque paragraphe, chaque nouvelle information sont assortis de la photo de l'objet correspondant dans son unité et la plupart du temps, par des vues bien spécifiques qui collent totalement au développement du sujet abordé par l'auteure. Pour exemple, lorsqu'Isabelle Biron, nous explique de quelle manière, au IXième siècle on opacifiait le verre pour atténuer sa transparence, nous avons devant les yeux l'émail dans son ensemble, puis une vue sur un grossissement nous permettant pleinement d'aborder la technique développée. L'auteure n'hésite pas également à nous livrer des croquis nous permettant d'apprécier les différences de fabrication entre plusieurs catégories d'émaux : cloisonnés, champlevés, de basse taille, sur ronde bosse d'or, etc.
La spécificité de ses recherches est de pouvoir bénéficier d'outils révolutionnaires au sein du laboratoire C2RMF (le Centre de recherche et de restauration des musées de France), dont l'accélérateur AGLAE qui permet d'analyser les objets sans effectuer de micro-prélèvements. Ce procédé, non destructeur, donne une multitude d'informations qui ne demandent qu'à être analysées, recoupées... Quelques unes des études ont d'ailleurs permis de lever le doute sur des émaux en attestant de leur authenticité.
Il y aurait encore beaucoup à dire, mais ce que j'ai personnellement apprécié c'est ce parallèle entre le degrés de technicité optimale qui nous permet de lever le voile sur beaucoup d'interrogations et les extraits de textes anciens, nous livrant quelques pistes sur les procédés de fabrication, les outils utilisés, etc.
Ces techniques étaient considérées comme un savoir précieux qui est resté pour beaucoup dans le secret d'une transmission aux seuls initiés et bien longtemps l'apanage des seuls orfèvres-émailleurs (avant d'être la spécialité des émailleurs, mais bien longtemps après). Il y a ce petit côté, « percée du mystère » qui guide et donne au propos de ce livre, un intérêt supplémentaire. Enfin, c'est ainsi que je l'ai ressenti en tournant les pages de ce volumineux et savant ouvrage.
Mes remerciements à Babelio pour l'organisation des opérations Masse critique qui nous permettent de découvrir livres, auteurs et maisons d'édition qui nous seraient restés souvent inconnus, sans cela, et aux éditions FATON, pour l'envoi de ce livre, qui mérite sans conteste ces 5 étoiles données.
Lien : http://page39.eklablog.com/e..
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hannah851
  06 mars 2016
Lu dans le cadre de Masse Critique, ce livre est un véritable régal et une somme pour tout historien de l'art ou amateur d'art s'intéressant à la production des émaux du IXème au XIXème siècle. Cet ouvrage réussit le pari de combiner deux matières qui devraient plus souvent dialoguer ensemble: l'histoire de l'art et la science de la matière. Il est divisé de telle manière que le lecteur puisse si il le souhaite faire l'impasse sur la partie peut être la plus ardue des compositions chimiques des émaux et de la compréhension de leurs secrets de fabrication mais qui me semble aller de pair avec l'histoire des émaux et leur évolution dans le temps.
Très didactique, l'ouvrage propose d'abord une immersion dans l'histoire de cette technique présentant pour chaque période les chefs d'oeuvres des orfèvres-émailleurs. Les textes sont écrits par des conservateurs spécialistes des périodes concernées. J'ai beaucoup apprécié la première partie sur l'art de l'émail champlevé sur cuivre dont le trésor de Conques conserve de nombreux exemples et qui témoigne des grandes commandes des abbayes à l'époque romane. J'ai aussi apprécié la partie sur la redécouverte des techniques de l'émail au XIXème siècle et le type de production qui en résulta.
La seconde partie concernant l'étude technique et analytique des émaux par le Centre de Recherche des Musées de France (C2RMF) m'a au premier abord un peu rebuté car je craignais de me perdre dans un rapport scientifique aux termes complexes mais l'auteur a su rendre son propos compréhensible à tous. Cette vulgarisation doit cependant s'accompagner d'une certaine attention de la part du lecteur peu habitué à ce type de lecture. La richesse de ce travail est de présenter au grand public le travail quotidien ¤££¤17Musées de France 19¤££¤qui grâce à des analyses chimiques, miscroscopiques et radiographiques fait avancer les connaissances en histoire de l'art et qui parfois s'assimile à une enquête policière notamment la recherche des gisements utilisés pour la fabrication des émaux ou la confrontation entre les résultats de laboratoire et les sources écrites. Ainsi, l'étude des émaux cloisonnés sur or byzantins a permis de remettre en question la paternité de cette technique qui fut importée d'Occident et non une technique locale ayant perduré. Les photos des oeuvres au microscope ou radiographiées accompagnées d'une légende explicative sont un plus ainsi que l'ensemble des schémas présentant la composition d'un émail.
Merci aux éditions Faton et à Babelio pour cette plongée au coeur des collections d'émaux des musées français mais aussi à l'auteur qui nous fait partager le travail de toute une vie.
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oblo
  08 février 2016
Livre reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique.
De prime abord, c'est un bel objet. Couverture cartonnée, épais et lourd, un papier souple et légèrement glissant. Une grande part est réservée aux photographies de grande qualité, tant dans le rendu des couleurs que dans celui des détails (très important pour une pareille étude), et cependant la partie textuelle n'est pas en reste.
Le livre est divisé en deux grandes parties, traitant d'abord de l'histoire des émaux d'Occident et de Byzance du IXème au XIXème siècle, puis des techniques et matériaux utilisés. Des annexes, ayant rapport aux analyses scientifiques effectuées par le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), ainsi qu'une riche bibliographie permettent encore d'enrichir un livre qui frise l'exhaustivité sur le sujet. On pourra seulement regretter, à ce niveau, que l'étude n'ait pas concerné une aire géographique plus grande, et que l'Asie en soit absente.
Le contenu, à coup sûr, satisfera les passionnés de cet art ainsi que ceux qui veulent - comme moi - le découvrir. L'objectif est affiché dans la préface : Isabelle Biron veut s'adresser au grand public et lui faire découvrir un art méconnu. Indéniablement, l'objectif est rempli, et ce sans trahir l'exigence scientifique inhérente à ce genre d'étude. Car outre les nombreuses références bibliographies et muséales, Isabelle Biron multiplie les références à de précédentes études et ne laisse que peu de parts d'ombre, tant dans la partie historique que dans la partie technique de l'ouvrage.
L'émail, art éminemment religieux et princier, a des origines très anciennes et probablement méditerranéennes. Si cet art connait un développement certain dans l'Occident carolingien et italien du haut Moyen Âge, prenant son essor notamment dans les abbayes, il est particulièrement remarquable et foisonnant dans l'empire byzantin. Naturellement, l'auteure fait grand cas de la tradition qui se développe à Limoges. Les couleurs y sont brutes (particulièrement les bleus) et les supports sont multiples : coffres, médaillons mais aussi retables.
Le dessin et les couleurs s'affinent entre le XVIème et le XVIIIème siècle, rivalisant avec la peinture tant dans la composition que dans la finesse du trait. Toutefois, dès le XVIIème siècle, la qualité de l'email français baisse. Il retrouve sa splendeur au XIXème siècle grâce à des pièces qui tendent davantage vers l'ornement des intérieurs.
Quant à la partie relative aux techniques et aux matériaux, elle est tout à fait exhaustive, s'intéressant même aux métiers et aux conditions concrètes dans lesquelles ces pièces sont fabriquées.
Le livre tient toutes ses promesses, offrant un panorama accessible et complet sur l'émail, dont on peut encore admirer aujourd'hui les plus belles pièces au Centre européen de la céramique de Limoges ou à la Cité de la céramique de Sèvres.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Dixie39Dixie39   07 février 2016
Paradoxalement, les secrets d'ateliers ne se seront jamais aussi bien portés qu'à la renaissance, alors que l'invention de l'imprimerie aurait dû sensiblement accélérer leur divulgation. (...)
Il nous faut signaler la place toute particulière tenue au sein des émaux clairs par deux ensembles très spécifiques d'émaux cloisonnés à jour, généralement désignés depuis les travaux de Joan Evans sous le nom d'émaux en "résille sur verre". (...)
Le sujet reste épineux (...). Nous ne savons pas quels orfèvres pratiquaient l'émail en résille sur verre au XVIIième siècle. Même le nom donné à cette technique nous échappe. On trouve dans un inventaire parisien de 1651 une mention "d'émaux à la façon du sieur Arondelle". (...) Mais l'énigmatique orfèvre Arondelle n'a pas laissé d'autre témoignage de son art.
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Dixie39Dixie39   03 février 2016
Vers 1450, pour orner le cadre du diptyque destiné à la cathédrale de Melun que lui commandait Étienne Chevalier, Jean Fouquet inventa des "médailles" en camaïeu d'or sur cuivre émaillé de bleu sombre. L'une d'entre elles, conservée au Louvre, reproduisant les traits de l'artiste, permet d'observer la complexité d'une technique qui associe application au pinceau et enlevage à l'aiguille ; ce médaillon offre ainsi à la peinture française son premier autoportrait - et à l'art de l'émail peint un précédent sans rival.
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Dixie39Dixie39   11 février 2016
Parmi les innombrables richesses d'art léguées à la ville de Paris en 1902 par les frères Dutuit et conservés maintenant au musée du Petit Palais, figuraient deux reliquaires ornés d'émaux mosans du XIIième siècle. L'authenticité de ces deux triptyques, dont la mention la plus ancienne remonte à la vente Soltykoff en 1861, a été contesté par Neil Stratford dans différentes publications, mais l'expertise du C2RMF a confirmé l'authenticité de toutes les plaques émaillées ainsi que celle des anges de ces deux triptyques.
http://www.petitpalais.paris.fr/fr/collections/reliquaire-de-la-vraie-croix
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LivresFatonLivresFaton   31 août 2016
Les orfèvres ont de tout temps cherché à rehausser leurs œuvres de l’éclat coloré offert par les pierres dures et précieuses, ou par leurs substituts plus répandus et moins onéreux, parmi lesquels le verre, serti à froid ou appliqué par fusion et alors communément dénommé émail. Les origines et les premiers développements de cette dernière technique, qui relève donc à la fois des arts du feu et du décor métallique, ne sont pas aisés à discerner. Le berceau se situe probablement dans le Bassin méditerranéen.
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