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Edwige Lambert (Traducteur)
ISBN : 2742796665
Éditeur : Actes Sud (26/02/2011)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 8 notes)
Résumé :

Le ventre vide mais le corps souple et l'esprit vif, Zaghloul passe son temps à rendre service aux autres sans rien leur demander en échange. Il lui arrive de croiser des étudiants dont les discussions le font réfléchir, de provoquer un notable bigot par des questions inconvenantes, de travailler aussi pour un riche obèse, et de calmer sa faim pendant quelques semaines avant que la mort de son bienfaiteur le renvoie à sa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
traversay
  28 août 2012
Mohammed El-Bisatie est l'écrivain des petites gens, des marginaux et des miséreux. de ceux qui sont heureux quand ils peuvent faire un repas par jour, aussi frugal soit-il. Dans La faim, il brosse le portrait d'une famille sans ressources, à travers un triptyque qui met en scène, successivement, le père, la mère et le fils. Comme trois courts-métrages qui conviennent parfaitement à son style qui s'épanouit dans les récits bres, lui qui est également un nouvelliste réputé. le roman est sans cesse sous-tendu par une question lancinante, qui est surtout angoissante pour la mère : aurons-nous à manger ce soir ? le père, lui, est un peu absent, comme un homme qui accepte la fatalité. Il sort toutes les nuits et épie les conversations de la rue, entend des mots qu'il ne comprend pas toujours et qui le taraudent longtemps après. le fils, lui, se débrouille, se lie d'amitié avec un mitron qui est "copain" avec le feu. Il y a parfois des jours fastes, quand le chef de famille trouve un emploi au café du village, qu'il quitte cependant très vite parce que les clients ont insulté sa mère. Son épouse, un temps, vient à servir le notable du coin, qui ne tarde pas à mourir. Ces gens-là souffrent, ont souvent des crampes d'estomac, mais ils ne se plaignent pas et refusent la pitié. C'est le propre d'El-Bisatie que de leur garder leur honneur, à travers une écriture criante de réalisme, mais jamais misérabiliste, surtout pas. Il a aussi ce talent des conteurs orientaux, celui d'instiller de la poésie et un humour discret à son récit. A travers ce livre, en filigrane, on sent aussi physiquement la fracture entre les privilégiés, une minorité, et les plus démunis, bien plus nombreux, évidemment. En attendant une révolution populaire, qui sait ? La faim était en lice pour le Goncourt arabe 2009. Amplement mérité eu égard à ses immenses qualités.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Naja350Naja350   05 mars 2015
(page 112)
Il est assis tout près du feu, il le regarde par l’ouverture du four, il voit les flammes danser et flamber. C’est des potes, le feu et lui. Le feu l’apaise et il apaise le feu. Quand le feu siffle, il se tourne vers luiet il comprend que le feu se plaint à cause d’une souche humide et trop grosse pour brûler, qui provoque une fumée épaisse et étouffe ses flammes, alors il prend une tige de fer et retire la souche toute noire, alors le feu se calme, les flammes recommencent à danser et à chanter en crépitant. Il dit des choses étonnantes, il dit que le feu chante. Je lui ai demandé « Vous avez des enfants, oncle Abduh ? » et lui « Quelle femme voudrait d’un homme que le feu à bouffé à moitié ? » La nuit, il y a juste le feu et lui.
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Naja350Naja350   05 mars 2015
(page 43)
- Bon, je suis peut être pas très malin, mais je réfléchis. Je me suis dit « Si le Tout-Puissant a envoyé plein de prophètes, un toutes les quelques années, et j’en connais au moins trois, Moïse, Jésus et Mohammed – Qu’Il les bénisse et les ait en sa Sainte garde. Ils ont dit tous les trois qu’il fallait adorer Dieu, mais chacun a prêché ça à sa façon ! Et ceux qui en suivent un prétendent être meilleurs que les autres aux yeux du Seigneur et que les autres sont des menteurs. Mettez tous les croyants ensemble et voila que ça s’empoigne et que ça se tape dessus ! » Alors je me dis »Pourquoi ça ?S’il fallait envoyer un prophète, un seul suffisait ! »
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Naja350Naja350   05 mars 2015
(page 53 )
Lorsqu’il était tombé malade, quelques années, plus tôt, il était apparu que cela ne les préoccupait guère. Il s’était dit que tous les enfants devenaient ainsi en grandissant, ils avaient de nouveaux centres d’intérêt, espaçaient leurs relations avec leur père. C’était la vie.
Il désirait avec force leur affection, et qu’elle se manifestât d’elle même sans qu’il eût à leur parler.
Ils lui dirent un jour que les temps changeaient, que le monde n’était plus ce qu’il était, que le business était ce qui comptait par-dessus tout, qu’une affaire juteuse pouvait rapporter davantage que cinquante « feddan » ( mesure agraire, environ 4200 m2)
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Naja350Naja350   05 mars 2015
(page 113)
« Quand le feu à sommeil, quand il est fatigué et qu’il veut se reposer, me raconte oncle Abduh en rigolant, les flammes se calment un peu et disparaissent. Les braises rougeoient, elles sont belles à voir. Le feu doit attendre pour aller dormir, et puis il s’éteint. Il y a une petite fumée le feu baîlle. Moi je suis à côté et je m’endors aussi. Tu crois que je suis maboul, gamin ? »
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Naja350Naja350   05 mars 2015
(page 120)
Il se plaignait souvent de son père qui, disait-il, l’empêchait de faire tout ce qu’il aimait aller dans les champs, nager dans le fleuve et pêcher. (…..) « Il me bat pour un oui pour un non. S’il me voit pieds nus à la maison, une baffe. S’il me parle et que je tourne la tête par hasard, une autre baffe. Si je crie ou que je pleure parce qu’il me bat sans que je comprenne pourquoi, une troisième baffe pour que je m’arrête ! »
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