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Katia Holmes (Traducteur)
EAN : 9782264043115
414 pages
Éditeur : 10-18 (15/05/2006)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 13 notes)
Résumé :

Neil Bissoondath aura dû franchir quelques obstacles avant de se sentir autorisé à mener à son gré le seul combat identitaire qui compte : tâcher d'être soi-même, aussi librement que possible. La presse à son dernier passage à Paris na pas hésité à le saluer comme " l'un des plus grands écrivains d'Amérique du Nord " (Le Magazine littéraire). Trois romans (dont Retour à C... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
fbalestas
  19 novembre 2017
A 40 ans, Yasmin retourne aux Antilles, son pays d’origine qu’elle a quitté très jeune pour le Canada, afin d’y disperser les cendres de sa mère.
Dans ce roman 3 récits s’entremêlent et se mêlent tour à tour : celui de Yasmin (le roman s’ouvre sur son arrivée aux Caraïbes chez Penny et Cyril, la sœur et le frère cadet de son père Vernon), celui de Shakti, sa mère, qui se raconte à une certaine Mrs Livingston, sa meilleure amie, et enfin celui du passé : celui de Yasmin et de Jim, son compagnon, et de leur union douloureuse.
Parlons des personnages : Shakti tout d’abord. Chaque jour elle se rend au chevet d’une amie, Mrs Livingston, plongée dans un coma donné pour irréversible, et en sirotant du thé, elle lui raconte sa vie étrange : un mariage arrangé avec un homme uniquement préoccupé de lui-même et de sa carrière politique, une échappée belle en Angleterre, dont elle reviendra anglophile tandis que son mari conservera une haine farouche à l’égard de l’île britannique, et enfin le départ précipité pour le Canada avec la petite Yasmin, après l’assassinat mystérieux de son mari. Shakti est une femme en apparence très convenable, mais qui révèle une profonde amoralité et dont il ne doit pas être facile d’être la fille.
Cyril, le frère cadet, personnage falot, ayant apparemment vécu dans l’ombre de son frère politicien, mais qui se révèle bien différent de l’image que tout le monde a de lui. Penny, la sœur ainée, avec son lot de secrets.
Veron Ramessar, le père très peu connu de Yasmin, le politicien qui a été assassiné sur l’île alors que Yasmin était toute petite, un politicien manipulateur qui voulait défendre la cause des indiens vivant sur l’île, mais sur qui plane des mystères que Yasmin va tenter de lever peu à peu.
Et puis Ash. Ash, comme cendres en anglais. Le neveu de Yasmin est un adolescent sans avenir sur cette île vouée à la pauvreté et à la corruption. Alors il s’éprend de violence, se livre à des cérémonies occultes, et rêve du grand soir où les enfants de l’Inde déferleront sur l’île pour prendre le pouvoir.
Yasmin, enfin. Un très beau personnage de jeune femme, à mi-chemin entre la maternité – elle a perdu l’enfant qu’elle avait eu avec Jim – et la filiation de parents qui ne lui ont pas facilité la construction d’une identité. Elle ne cède pas à la tentation de « chercher ses racines », ni de se laisser capturer par la famille de son père.
Mais c’est Amie, la bonne discrète, effacée, dévouée, qui va lui livrer les clefs pour accoucher d’une identité difficile.
Tous ces personnages forment une galerie de portraits émouvants et attachants, posant manifestement la question de l’identité individuelle et collective. « Pour moi il n’y a rien de plus fantastique que la vie humaine » dit Neil Bissondath dans une interview au Monde. « Nous sommes imprévisibles, contradictoires, et c’est là que je vois toute notre beauté. Et en effet, quand j’écris un roman, je deviens mon personnage ».

Multiples points de vue, multiples thématiques. On peut citer pêle-mêle la colonisation, les conflits raciaux, les racines, les relations filiales – officielles ou cachées - l’attirance pour la violence, la liberté d’être soi-même. Neil Bissondath traite des êtres voyageurs, de ceux qui vont et viennent sans attaches, et qui finissent par acquérir une identité qu’eux seuls peuvent s’attribuer.
« Je n’ai pas qu’une seule identité » dit Shakti à son amie dans le coma. Neil Bissondath ne la démentirait pas. Issu d’une famille de la migration, ses arrière-grands-parents étaient des ouvriers agricoles indiens venus de Trinidad couper la canne à sucre. Sans avenir sur cette île, Neil Bissondath part à 18 ans pour Toronto, marchant dans les traces de son oncle illustre, V.S. Naipaul, et devient écrivain.
D’une écriture très fine, avec beaucoup de pudeur, Neil Bissondath pose dans ses romans les bonnes questions, sans toutefois nous infliger ses réponses à lui. « Plus j’écris, plus je vieillis, plus j’ai l’impression que la réponse à la question « qui suis-je ? » devrait être : « Nous sommes ». Parce que l’identité individuelle est en fait multiple. » dit-il dans l’interview au Monde. Et si on lui a souvent reproché son refus des appartenances et son dédain des revendications ethniques, il répond qu’un citoyen d’aujourd’hui n’a d’autre patrie que celle qu’il s’est choisie. A l’heure du communautarisme ou des « minorités visibles » , une leçon à méditer.

Lien : https://www.biblioblog.fr/po..
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Cocotte8017
  21 février 2015
À 40 ans, Yasmin retourne aux Antilles, son pays d'origine qu'elle a quitté très jeune pour le Canada, afin d'y disperser les cendres de sa mère. Elle fera la rencontre de la famille de celle-ci qui partagera ses souvenirs et lui révélera des secrets bien gardés.
Un très très bon livre que celui-là! On y fait la rencontre de plusieurs personnages attachants que nous découvrons avec plaisir au fil des pages et qui viennent nous toucher chacun à leur façon. La quête d'identité de Yasmin m'a fait vivre de belles émotions. Neil Bissoondath a une très jolie plume toute en douceur et en sensibilité.
Le récit n'est pas linéraire, certains chapitres se passent aux Antilles suite au décès de Shakti, la mère de Yasmin, d'autres nous font découvrir le passé de Yasmin et certains sont la voix de Shakti qui raconte sa vie à une amie dans le coma. Ce style de narration est tout à fait facile à suivre et permet d'aller loin dans la découverte des différentes facettes des personnages.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
fbalestasfbalestas   07 décembre 2017
Dans un battement de paupières, le regard de Yasmin s’envola des assiettes de friandises. Elle reconnaissait ce changement de ton imperceptible chez sa mère : le bavardage était terminé.
- Mon mari ne pouvait s’empêcher d’admirer leur talent, mais il regrettait leur race. Il avait le sentiment que les siens, notre peuple, étaient rudement traités. Il pensait que les joueurs indiens de cricket des Antilles ne recevaient jamais leur dû. Voilà comment mon mari voyait les choses, Mr Summerhayes. A travers un prisme racial. Il n’aimait même pas le nom que j’avais choisi pour notre fille, Yasmin. C’est un prénom musulman, voyez-vous, et nous sommes hindous – de tradition du moins. Mais le nom me plaisait. Pourtant il n’avait jamais désapprouvé le fait que d’autres membres de la famille s’appellent Robert, David ou Elizabeth. J’ai toujours pensé que ça l’empêchait d’avancer, cette allégeance raciale qu’il trouvait, lui, incontournable. Il faisait de la politique, voyez-vous, et les circonstances, je suppose … dit-elle, laissant mourir sa voix avant de porter les jumelles à ses yeux, ajoutant au bout d’un moment : Vous étiez un batteur agressif, Mr Summerhayes ?
- Ca dépendait des jours, répondit Jim, dont la discrétion permettait à la mère d’orienter la conversation à sa guise. Et du lanceur, bien sûr
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DanieljeanDanieljean   12 avril 2016
Je pense que Ram serait navré de voir à quoi ont mené les rêves qu'il avait pour son peuple. Il disait toujours : “Si on fait pas ce boulot, le pays retournera à la jungle”. Et il avait à moitié raison. À la façon dont je vois les choses, c'est la jungle qui vient à nous
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DanieljeanDanieljean   12 avril 2016
Il multipliait les rencontres avec des Indiens, [se souvient son épouse] tandis que les autres passaient leur temps avec les Africains. Même là, nos divisions raciales subsistaient...
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Vidéo de Neil Bissoondath
N. Bissoondath lit un extrait de Cartes postales de l'enfer
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