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ISBN : 2810002665
Éditeur : Editions du Toucan (06/10/2010)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 80 notes)
Résumé :

Seth Ballahan, rédacteur en chef d'un quotidien américain, apprend que Michaël Wong, l'un de ses collaborateurs, est piégé en Corée du Nord.

Face à l'absence de réaction de se hiérarchie, Ballahan voit rouge. Contre vents et marées, il décide de secourir le jeune Wong.

Dans Pyongyang, la capitale fantôme où les hommes ne sont que ces ombres, il cherche de l'aide auprès de Suzan, ravissante correspondante d'une O.N.G. canad... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
SMadJ
  14 août 2014
Moite. Chaud. Irrespirable. C'est l'air de la Corée du Nord.
Jean-Luc Bizien a le talent de nous plonger dans un univers concret, crédible mais impitoyable et flippant.
Ben c'est la Corée du Nord quand même, les gars !
Son style est nourri, puissant, ferme comme le cul d'une vache.
On y est bien. Heu pas comme le cul d'une vache... Perso je sais pas pas je jure je crache pchht pchht. Ouf et j'ai même pas croisé les doigts. J'te jure !
On se laisse prendre par la main et hop nous voilà embarqués dans une vraie aventure. Qui va peu nous laisser reprendre notre souffle. Pas que l'action soit rapide mais elle est intense.
Résumons : Parano, suspicion, frisson, enquête, action. Jean-Luc, tu nous gâtes !
Le personnage du flic coréen, Paik Dong-Soo est une pure réussite, d'un réalisme rare et d'un pessimisme sans fin. Mais contrairement à d'autres bouquins, on comprend pourquoi le garçon est dépressif. Il y a franchement de quoi en cette contrée peu amène. Où le moindre mot malheureux, le moindre faux-pas est rapidement sanctionné par une monarchie communiste peureuse mais sans pitié. La peur, oui, voilà qui définit bien les contours de chaque habitant. La peur de la dénonciation, la peur de la punition. de quoi scléroser tout un pays.
Et le talent de Bizien est de la faire transpirer sur chacune des pages du bouquin.
En revanche, l'autre personnage phare, Seth Ballahan, le journaliste ricain est un sale con insupportable, et ses apparitions hérissent le poil.
Le roman aurait d'ailleurs beaucoup gagné à ne rester que sur les personnages coréens et là on aurait frôlé le sublime. Les personnages occidentaux ne servent pas à grand chose sinon à densifier une intrigue qui n'en a pas besoin ou peut-être à ajouter un point de vue occidental franchement dispensable.
En tous cas, une vraie originalité ce voyage étouffant en Corée du Nord et une jolie réussite.
3,5/5
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Stelphique
  06 février 2016
Ce que j'ai ressenti:…Une ballade dépaysante…
On tue un homme, on est un assassin.
On tue des milliers d'hommes, on est un conquérant.
On les tue tous, on est un dieu.
Première impression comme ça à chaud, j'ai du mal à m'expliquer le titre. Pour ce qui est des ténèbres, ouais, jusque là j'ai suivi, on peut carrément dire que ça colle, mais L'évangile????!!!!^^ …Une trilogie ,donc, des ténèbres, avec ce premier tome, on traverse déjà un long parcours effroyable et sombre, au fin fond de la pire cruauté humaine. Difficile de reprendre son souffle dans ses pages! Et ça attaque dès le prologue!!!!Il faut s'accrocher, ou plutôt avoir un coeur (à moins que ce ne soit un rein???!!!) à toute épreuve! Certains passages sont insoutenables, on sent l'horreur du régime totalitaire, et en fait, si on en apprend pas tant que ça en terme de sévices et immondices, puisque nous l'avons vécu dans l'Europe, on est juste horrifié de voir un tel calvaire se dérouler encore de nos jours sur notre planète. Faut vraiment croire que l'Histoire continuera de se répéter encore et encore, et que ce sont, bien sur, les innocents qui en pâtiront. C'est donc avec tristesse et fatalisme que nous découvrons une Corée du Nord en proie à un dictateur impitoyable, et je peux vous dire que ça vous remue les tripes de lire que l'eugénisme, la folie des grandeurs, les camps de concentrations et autres horreurs sont encore en vigueur de nos jours…Le spectre et les ambitions de Hitler n'ont pas fini de nous hanter……
— Que savez-vous de lui ? l'interrogea-t-elle.
— Pas grand-chose, avoua Seth.
— Kim Jong était tout jeune quand il a perdu sa mère. Il n'a jamais connu l'amour maternel.
— Et alors ? intervint Seth. Si tous les mômes qu'on n'a pas dorlotés devenaient des dictateurs… Ce n'est quand même pas parce qu'on ne l'a pas suffisamment bercé qu'il a décidé d'asservir tout un peuple !
En cela, je trouve que l'auteur s'est admirablement débrouillé! Son cadre, l'ambiance lourde et pesante, la qualité de ses personnages également sont vraiment des points forts de ce roman! Il nous tient en haleine par des chapitres courts, efficaces, saisissants.Oui, mais voilà, le thriller en lui même ne m'a pas complètement convaincue. Il a tellement soigné son atmosphère, et, est parti tellement fort dans sa première partie de roman, que je reste un peu sur ma faim, à la fin…..
« Il fallait dominer la peine, l'asservir, la réduire à néant. «
Sans spoiler, j'ai trouvé son « Chasseur » très bien mis en scène, il a une vraie carrure, (un monstre comme on les aime), mais pour ma part, j'aurai aimé une fin plus travaillée, plus d'explications sur ses réelles motivations, car s'il garde tout son mystère du fait qu'il ne soit jamais identifié, on pourrait au moins en savoir plus sur sa psychologie….J'ai trouvé que ça se finissait sur une pirouette un peu grosse, et pour nous avoir mener aussi loin avec toute la richesse de son univers, Jean-Luc Bizien aurait pu, nous offrir un final en apothéose… On démarre si bien, que ça nous laisse en bouche une pointe d'amertume sur le final. Bon après, c'est moi qui bloque sur les fins, elle pourra convenir à bien des lecteurs, mais pour mes attentes, ça a été un peu décevant…
Bon, ça ne m'empêchera de poursuivre avec ma binôme, cette trilogie!!!Je suis très impatiente de retrouver les acteurs des ténèbres, en espérant que les prochains tomes soient tout aussi riche en matière, et leur final plus explosif!

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vincent34380
  10 mai 2016
Seth Ballahan, ex-grand reporter, placardisé dans un quotidien régional du New Jersey, apprend qu'un de ses collaborateurs, le jeune Michael Wong, se retrouve coincé en Corée du Nord, où il était parti faire un reportage sur les filières d'évasion. Face à l'inertie de sa hiérarchie, Seth s'émeut de cette situation et obtient d'être envoyé sur place pour le retrouver, et le ramener s'il est encore en vie.
Dans ce pays, depuis quelque temps, sévit un tueur en série de la pire espèce. Sanguinaire et d'une cruauté sans bornes, il prélève un organe de ses victimes alors qu'elles sont encore en vie, et le dépose à un endroit donné, élément isolé d'un jeu de piste macabre.
« Il s'accroupit et marqua une pause, afin de s'assurer que personne ne traînait dans les parages. À quelques coudées en dessous de lui, les ténèbres noyaient la silhouette allongée dans l'herbe. le chasseur descendit la pente avec précaution, attentif au moindre bruit.
À mesure qu'il avançait, il sentait monter en lui l'excitation. de la main, il palpa la besace qui pendait à son épaule. Tout y était : le sac hermétique, le coton, les antiseptiques. Dans la poche de sa veste, le poignard pesait lourd. Son contact était apaisant. Il s'agenouilla près du corps inerte et demeura un instant silencieux. Il détailla à loisir la nuque fine, les cheveux de jais, coupés courts, la ligne du menton, le dessin de l'oreille. Il parcourut les jambes longues, que l'on devinait sculpturales sous la toile du pantalon. Un instant, il fut sur le point de les caresser mais résista à la tentation.
Les paysannes lui faisaient toujours le même effet, il émanait de ces filles dressées dans les champs une animalité que l'on ne rencontrait jamais en ville…
Le chasseur prit une profonde inspiration.
Attendre, encore un peu. Retarder le moment. »
Le Lieutenant Paik Dong-Soo, brillant officier Nord-Coréen, en poste à la frontière au sud du pays, est convoqué à Pyongyang par sa hiérarchie. Il se voit confier la mission d'enquêter sur ces crimes, et ce dans la plus grande discrétion. Dès ses premiers contacts avec les autres enquêteurs, et dès la première autopsie à laquelle il assiste, il se rend compte qu'on lui cache des éléments du dossier. En effet, cette affaire ne doit pas être ébruitée. Pensez donc ! Un tueur en série en Corée du Nord, le paradis communiste du Grand Leader Kim Jung Il… Une telle déviance n'est absolument pas imaginable ici et reconnaître son existence équivaudrait à se rabaisser au rang des États-Unis, l'ennemi capitaliste et décadent…
Paik Dong-Soo va donc reprendre point par point les éléments du dossier, pour essayer de trouver un point commun à ces meurtres et identifier le tueur qui semble prendre un malin plaisir à provoquer la police, et à éliminer l'une après l'autre les personnes impliquées dans l'enquête.
Parallèlement, nous suivons l'arrivée de Seth Ballahan en Corée du Nord. Bon américain pétri de son importance, il aurait tendance à froisser quelques susceptibilités locales. D'autant, que comme tous les visiteurs étrangers, il se trouve affublé d'un traducteur local, plutôt garde-chiourme que traducteur. Heureusement, son contact sur place, Suzan Chartier, une expatriée Canadienne qui travaille en Corée pour une ONG depuis quelques années, est là pour le tempérer et lui éviter de se faire trop vite repérer.
Au travers des histoires de Seth Ballahan, de son périple à la recherche de Michael, et de l'enquête de Paik Dong-Soo, l'auteur nous propose un voyage au coeur du pays le plus fermé de la planète. Dans cette dictature communiste, le culte de la personnalité est omniprésent et dès le plus jeune âge, les habitants subissent un véritable lavage de cerveau et sont conditionnés à la dévotion envers leur Grand Leader.
« Je sais ce que vous pensez, ajouta Suzan. Mais vous faites fausse route. Vous ne voyez de lui que l'image caricaturale d'un pantin s'agitant. Ici, on considère au contraire le Cher leader comme le cerveau parfait. Il semble naturel au peuple de le voir choisir la coupe des uniformes, monter des spectacles et diriger le pays. Il est omniscient et omnipotent, vous comprenez ? le peuple croit dur comme fer que Kim Jong-Il est un génie d'essence divine, et qu'il suffit d'appliquer ses directives pour que tout réussisse. »
A la lecture des descriptions de la vie nocturne de la ville de Pyongyang, je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec ces images satellite prises de nuit où, parmi les pays environnants sous un halo lumineux, la Corée reste dans le noir, isolée de tout…
Corée du Nord nuit
Sombre aussi est l'ambiance, particulièrement anxiogène, de ce thriller, qui reflète bien l'ambiance de ce pays si secret. Dans la capitale Pyongyang, vitrine de ce régime totalitaire, se cache un pays délabré dont on ne connaît rien, ou presque. La ville est quadrillée d'avenues où ne circule aucun véhicule, seulement des groupes de piétons. Il n'y a quasiment aucun éclairage urbain. Dans le quartier réservé aux étrangers, un supermarché rempli de produits que personne n'achète, déambulent des clients aux sacs vides, des figurants censés donner le change aux visiteurs étrangers.
« En entrant dans la capitale, Seth eut le souffle coupé. Il s'attendait à une ville miteuse, une espèce de cimetière de béton – reproduction gigantesque des boardwalks du New Jersey…
Il en fut pour ses frais. Pyongyang était une collection de constructions pharaoniques. Dans le couchant, tandis que le ciel virait au rose, il aperçut des ponts monumentaux, des autoroutes suspendues, des pylônes de béton, des infrastructures incroyables… Mais à bien y regarder, il nota que la plupart des projets débouchaient sur le néant. Les autoroutes s'arrêtaient net, déversant le vide en pleine nature. Les artères n'étaient pas empruntées par des véhicules, mais seulement par des petits groupes de piétons.
Il songea au Truman Show, ce film visionnaire qui offrait à Jim Carrey un rôle sur mesure, emprisonné dans un vaste programme de télé-réalité.
« Une illusion, se dit-il. Un décor de cinéma, avec des milliers de figurants… »
Le récit, addictif, est articulé en chapitres courts, très rythmés et qui nous donnent une sensation d'urgence. Il alterne les points de vue des différents personnages de l'histoire. Les personnages principaux, Seth Ballahan, Michaël Wong, Suzan Chartier, Paik Dong-Soo, et « le chasseur » sont tous d'une réelle épaisseur. Paik Dong-Soo et le chasseur sont vraiment un niveau au-dessus des autres, et leur histoire se suffirait à elle-même pour constituer le roman, les premiers ne servant selon moi qu'à nous apporter un éclairage occidental sur ce pays, soumis à un régime absurde, oppressant et cauchemardesque, en un mot, kafkaïen.
La Corée du Nord peut d'ailleurs être considérée comme une entité à part entière de ce roman, tant on ressent à chaque page le poids de la méfiance et de la peur latente qui pèsent comme une chape de plomb sur ce pays et ses habitants. L'auteur nous en brosse un panorama saisissant, un véritable « voyage en terre inconnue ». C'est là à mon sens le véritable atout de ce roman, cette immersion, ce dépaysement total dans un monde que nous autres occidentaux avons bien du mal à imaginer, bien installés dans notre quotidien douillet.
J'ai refermé ce roman, un peu sonné, l'esprit encore marqué par la triste condition du peuple de Corée du Nord. Et le mérite n'est pas mince pour l'auteur, d'avoir trouvé dans l'environnement géopolitique tellement sombre de ce pays, un excellent terreau pour y planter son intrigue, tout à fait instructive et absolument passionnante, qui m'a procuré un vrai bon moment de lecture.
En conclusion, c'est un roman que je ne peux que vous recommander.
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belette2911
  07 février 2016
Me voici de retour, saine et sauve, de ma petite virée dans le pays du Cher Leader, autrement dit Kim Jong-Il et de son rejeton, Kim Jong-un (qui n'était pas encore sur le trône au moment de l'action du roman).
Deux enquêtes : d'un côté, celle de Seth Ballahan, rédacteur en chef américain parti à la recherche de Michaël Wong, disparu en Corée du Nord et de l'autre, celle de Paik Dong-Soo, officier coréen (du Nord) qui recherche un tueur.
Ce que j'ai aimé ? La partie se déroulant en Corée du Nord (et j'en ai eu pour mon argent).
Là, rien à dire, j'en ai appris plus que si j'avais acheté un Guide du Routard. La misère des gens est grande, la famine y a fait des ravages, les habitants sont endoctrinés et tenu serré en laisse. Une horreur de vie…
Adoré frissonner avec les premiers moments passés avec le chasseur, quand il traque et éviscère ses proies. Un homme sans pitié, sans empathie, un psychopathe, un tueur froid et implacable. Mais de là à lui donner le titre de « Mal absolu » dans le 4ème de cover, il y avait un pas à ne pas franchir !
J'ai aimé aussi tous les passages avec le jeune Michaël Wong et celui qu'il nomma le monstre. On ne sait pas qui il est et le mystère était total.
Là où le bât à blessé sérieusement ?? le personnage de Seth Ballahan m'est sorti par les trous de nez ! Lui, c'est LA caricature de l'américain, imbu de lui-même, soupe au lait, égocentrique, macho, con, tête brûlée, rempli de préjugés et persuadé de sa toute puissance. Il était en Corée du Nord et il croyait qu'il ferait bien tout seul, ce gros imbécile prétentieux !
À lui tout seul il a failli faire tout capoter au moins 36 fois, regardait tout le monde de haut et l'entendre parler ou penser me donnait envie de lui éclater la cervelle qu'il n'avait pas.
Purée, c'est sur un coup de tête (et de sang) qu'il a décidé de partir récupérer le jeune Wong en Corée. Quel imbécile ! On ne part pas en Corée du Nord comme on va à Disneyland. Bref, si l'auteur a voulu qu'on le déteste, c'est réussi.
L'enquête de Paik Dong-Soo était haletante, le personnage agréable à souhait, tenace, prêt à tout pour faire éclater la vérité, alors que bon, dans son pays, c'est assez risqué !
Par contre, la fin était, pour moi, totalement bâclée ! Comme si l'auteur, dans les dernières lignes, s'était dit « Mon dieu, je ne leur ai pas donné l'explication »… Allez hop, viens-y que j'te ponde maximum 10 lignes pour résumer l'affaire, sans même que l'on sache QUI était le tueur. Cool… *ironie*
Autre soucis, le style de l'écriture qui avait tendance, à certains moments, à diminuer en qualité. le petit ressort de « la voix dans la tête » revient trop souvent et des mots comme « Monstre ou démon » sont trop utilisés, ils perdent de leur force à la fin.
Et Seth, bordel de dieu, qui continuait toujours sur le même registre !!
Au fait, j'ai pas croisé d'évangile des ténèbres, moi, dans le récit ? J'aurais sauté une page ? Une ligne où on en parle ??
Bon, ceci ne m'empêchera pas de continuer à lire la trilogie pour voir ce que les autres me réservent : même soupe ou avec une pointe de crème pour relever le goût ??
(2,5/5)
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BlackKat
  10 août 2017
Mon amie Marie-Claire m'avait offert ce livre avec une super dédicace de l'auteur et si je l'ai lu et apprécié à l'époque, shame on me, la suite de la trilogie s'est endormie dans ma PAL! Grâce à une conversation avec un autre ami FB, j'ai soufflé la poussière sur les bouquins, ai sorti un joli marque-pages, mon carnet de citations et hop, Monsieur Jean-Luc Bizien, à nous deux!
Donc merci Marie-Claire et Yvan Meert!
L'Évangile des ténèbres est une relecture mais je dois bien avouer que j'ai été saisie du même malaise rageur que lors de ma découverte livresque!
Élevée au bon grain du Nord, avec un solide caractère et un esprit critique plus que rebelle, cette plongée livresque dans une dictature communiste telle que celle de la Corée du Nord, même ayant conscience que nos chers pouvoirs publics démocratiques et occidentaux s'ingénient depuis plusieurs décades à formater le peuple pour grossir le troupeau mondial de moutons décérébrés aveugles et sourds, est un véritable challenge.
Car nous restons des privilégiés et difficile de réellement comprendre l'inimaginable: un pays d'ombres et de silhouettes robotisées, un décor de carton pâte au mieux, moyenâgeux au moins pire dans l'arrière-pays, un culte de la personnalité au zénith, un matraquage incessant de la doctrine du tyran, aucune liberté, aucune ouverture vers l'extérieur. Une ambiance sinistre à chaque coin de rue et la chape lourde des autorités sur chacun.
Deux histoires s'entrechoquent dans ce roman.
Un serial killer sévit au pays de la dynastie communiste, événement totalement inconcevable pour ce régime qui se veut modèle de perfection sous la protection du Cher Leader. Par conséquent, tout est mis en oeuvre pour cacher ces crimes, ne pas en parler, nier leur existence en attendant de trouver le coupable pour ne pas troubler la paix et l'harmonie bienveillante (ironie, bien entendu!).
Paik Dong-Soo est chargé de résoudre cette enquête rapidement sinon c'est sa vie qui est en jeu… Ce jeune militaire subit une pression énorme et va devoir faire le choix de sortir des sentiers battus, à ses risques et périls, à forcer le silence de ses supérieurs. A fortiori lorsqu'il soulève le voile d'un énorme scandale d'État… Comment? Tout n'est pas parfait en Corée du Nord? C'est bizarre!
J'ai admiré le courage de ce jeune militaire devant l'ampleur et les risques de sa tâche ainsi que la peur omniprésente de représailles qui l'étreint à chaque pas en avant. Il ne recule devant rien, ne bénéficie d'aucun soutien et la récompense ne sera pas au rendez-vous…
Et nous avons Seth Ballahan, journaliste américain, pétri d'arrogance et d'impérialisme, qui débarque avec ses gros sabots, avec pour objectif de retrouver un de ses jeunes collègues en danger, Michaël Wong. le choc est énorme, Seth va réviser, difficilement, ses a priori et son comportement au contact de Suzan, rompue aux habitudes locales, travaillant depuis quelques années dans une ONG.
Dire que le personnage de Seth est antipathique est en dessous de la vérité! C'est une grande gueule égotique et suffisante, une véritable tête à claques! J'en ai regretté qu'il ne souffre pas plus de son aventure… histoire de lui rabattre son caquet de vieux coq!
Le seul bémol est que le parcours de Michaël Wong à son arrivée en Corée et sa personnalité ne sont pas assez développés, à mon sens. J'aurais aimé connaître son point de vue sur le pays d'origine de ses parents, ses réactions et ses réflexions; savoir comment sa situation a dégénéré et s'il a eu conscience, à un moment donné, d'être un pion sacrifiable sur l'échiquier ou s'il a pensé aux sentiments de sa mère à propos de sa mission. Cela restera un mystère.
Le personnage du Chasseur est parfaitement ignoble! Assouvir une vengeance, certes, y prendre plaisir est autre chose! Si on devine au fur et à mesure le rôle qu'il a joué dans le scandale qui a mené des milliers de personnes vers les camps d'internement ou la mort, son besoin de vengeance apparaît davantage comme l'assouvissement de bouffées perverses intrinsèques que l'orchestration d'une réaction aux ordres de la hiérarchie ayant mené ce projet d'eugénisme abject. Un véritable psychopathe qui se joue de la vie d'autrui qui risque toutefois de se heurter à l'intelligence de Paik Dong-Soo, l'enquêteur.
Loin de se focaliser sur les ténèbres de la Corée du Nord, l'auteur nous offre également une belle critique cynique de l'Occident visible dans la consumériste Corée du Sud et par les manipulations de la hiérarchie de Seth qui n'hésite pas à sacrifier un être humain pour davantage de gros titres et d'une progression non négligeable des tirages de presse. C'est une vision multiple de la propagande, arme suprême utilisée tout aussi bien par un régime politique totalitaire pour étouffer toute velléité de révolte que par une presse avide de profit. Une manière subtile de dénoncer tout autant les travers sournois occidentaux que ceux, plus officiels, d'un pays totalitaire qui centralise les condamnations unanimes à travers le Monde.
En ce qui concerne le titre du roman, je me questionne encore… L'Évangile me semble concerner la bonne parole des dirigeants coréens embarquant tout un peuple vers la misère et un total dénuement face à l'opulence de son leader alors que le Chasseur ne prêche que pour sa propre paroisse. Mais je ne suis pas certaine de mon interprétation!
Jean-Luc Bizien a su m'entraîner dans un thriller dépaysant et captivant, à l'atmosphère grise, lourde, cruelle et froide. Je suis curieuse de découvrir la suite de l'aventure… mais du fond de mon fauteuil car, d'ores et déjà, je suis certaine de ne jamais mettre les pieds en Corée… l'auteur n'est pas un bon agent de voyages sur ce coup!
Lien : http://livrenvieblackkatsblo..
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
SMadJSMadJ   14 août 2014
Comment les Frenchies pouvait-il accorder asile à de telles nuisances sonores ? Même Bryan Adams ne parvenait pas à rattraper le lot. La plus redoutable était cette fille qui avait investi Los Angeles pendant plusieurs mois. Comment s'appelait-elle déjà ?
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belette2911belette2911   31 janvier 2016
— Que savez-vous de lui ? l’interrogea-t-elle.
— Pas grand-chose, avoua Seth.
— Kim Jong était tout jeune quand il a perdu sa mère. Il n’a jamais connu l’amour maternel.
— Et alors ? intervint Seth. Si tous les mômes qu’on n’a pas dorlotés devenaient des dictateurs… Ce n’est quand même pas parce qu’on ne l’a pas suffisamment bercé qu’il a décidé d’asservir tout un peuple !
Imperturbable, Suzan secoua la tête de droite et de gauche. Elle fournissait de gros efforts pour ne pas perdre son calme, mais Ballahan ne les voyait pas.
— Il a grandi dans l’ombre d’un dictateur. Toute sa vie est basée sur le mensonge. On lui a inventé une vie, une naissance grandiloquente.
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belette2911belette2911   31 janvier 2016
— Non, Seth, vous ne comprenez rien du tout. Vous débarquez avec vos certitudes occidentales, vous ne prenez pas la mesure de la situation. Ces gens doivent vous apparaître comme des Martiens, mais ce sont des êtres humains. Des humains soumis à une dictature. Qui tentent de survivre au jour le jour. Pour cela, tout est bon. Et le Kim Shi leur paraît délicieux. Pendant la famine, on ne se nourrissait que de soupe, d’herbes et de copeaux de bois. Les malheureux étaient si faibles qu’ils attrapaient toutes les maladies. Le plus anodin des virus se révélait mortel
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belette2911belette2911   31 janvier 2016
— Kim Il-Sung avait préparé sa succession de longue date. Il s’était assuré que tous les prétendants seraient écartés le moment venu. À dire vrai, il craignait pour sa propre famille, si son fils aîné ne le remplaçait pas.
Ballahan hocha la tête en grognant.
— Je vois…
— Non, vous ne voyez pas, le corrigea-t-elle doucement. Ce type est bien plus malin qu’il n’y paraît. Sa propagande est basée sur les arts, pas sur la force brute.
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belette2911belette2911   31 janvier 2016
— Mais comment pouvez-vous rester au garde-à-vous devant ce gnome ? s’emporta l’Américain. Vous l’avez regardé, votre dieu vivant ? Un nain grotesque, coiffé à la Elvis, et qui aurait suivi le même régime au beurre de cacahuètes !
Suzan Chartier téta sa cigarette en détournant les yeux.
— Vous oubliez vos anciennes idoles, murmura-t-elle. L’Occident s’est prosterné devant Hitler ou Napoléon, qui n’étaient pas des modèles d’Apollon, il me semble. Kim Jong-Il est… difficile à cerner.
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Videos de Jean-Luc Bizien (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Luc Bizien
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Katana, I : Vent rouge: Katana I de Jean-Luc Bizien aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/60897-sci-fi-vent-rouge.html
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