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EAN : 9782072727573
256 pages
Gallimard (31/08/2017)
3.38/5   38 notes
Résumé :
Bienvenue à Montfort-sur-Sèvre. Trois mille habitants, sept clochers, deux pensionnats privés. Ce petit bourg de l’ouest de la France ressemble au décor figé d’une boule à neige. Un microcosme vivant au rythme de vieilles habitudes où Camille Vollot exerce le métier de boucher auprès de son frère Romain qui a repris les rênes de l’entreprise familiale.
Pourtant, un matin d’avril, sans que rien ne puisse le laisser présager, le premier drame d’une longue séri... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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latina
  17 août 2017
Roman ou documentaire ?
Si c'est un documentaire, je me suis documentée. Un peu. le sujet est intéressant, dans l'air du temps : des agriculteurs se lancent dans l'agroforesterie – je vous renvoie à la définition : http://www.agroforesterie.fr/definition-agroforesterie.php - envers et contre tout/tous. Ils veulent un retour au respect du sol, et par là, au respect des animaux et des humains qui le foulent et s'en alimentent. Dans cette grande chaine alimentaire, chacun pourrait y trouver son compte, s'il n'y avait les fous d'argent, ceux qui n'en ont cure de l'écologie, qui croient qu'elle est réservée aux bobos, et qui font du fric, du fric, et encore du fric. Cet argent coule à flots dans des soirées célébrant la « gastronomie », mais aux plats tellement recherchés qu'on ne reconnait plus l'aliment, où l'alcool, la drogue, le sexe, le snobisme parisien sont hissés sur la plus haute marche et font oublier la bonne cause, l'alimentation saine, l'agriculture durable.
Donc, ce documentaire m'a parlé de ce désir de pureté, de nature, mais pour me dégoûter encore plus du monde des pourris. Je salue ces agriculteurs qui s'y frottent au risque d'y laisser leur peau.
Dommage que la permaculture, l'agroforesterie ne soient pas plus détaillés. Cela m'aurait alors vraiment intéressée.
Si c'est un roman, alors là je me suis copieusement ennuyée. J'aime l'écriture allusive, et ici, la psychologie - de comptoir - est dévoilée platement. de plus, j'ai ressenti un malaise en passant d'un paragraphe à l'autre, un malaise diffus dû à la narration maladroite du temps qui passe et au placage des descriptions stéréotypées de personnages entre des développements plus techniques.
Je remercie les éditions Gallimard qui, par l'intermédiaire de Babelio, m'ont offert ce livre à l'occasion de la rentrée littéraire mais je suis désolée d'affirmer qu'il ne m'a pas plu.
J'aurais préféré une ligne plus claire, un propos qui ne parte pas dans tous les sens, un approfondissement de la question écologique mais aussi des caractères.
Je peux donc risquer une réponse à ma question initiale : je qualifierais ce livre de documentaire romancé traitant de l'agroforesterie en butte aux malversations de pourris ne pensant qu'à l'enrichissement, aux idées bornées de paysans luttant contre le progrès, ainsi qu'au snobisme de certaines personnes se targuant d'aimer la nature.
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anlixelle
  16 août 2017
Quelle joie de pouvoir lire un roman qui traite d'écologie et de la volonté d'une minorité de producteurs soucieux de se démarquer de la culture intensive et de la grande production.
Je remercie d'ailleurs vivement Babelio ainsi que les éditions Gallimard pour cet envoi tout à fait original.
Ma joie fut grande de découvrir cette histoire de fratrie particulière, avec une opposition intellectuelle franche entre les deux frères, tels Caïn et Abel, le tout au coeur du bocage vendéen contemporain.
Assez vite, cette dualité laisse place à un personnage essentiel dans ce récit, le financier qui, tel Machiavel tissera sa toile sans respect aucun pour l'humain comme le végétal.
La culture du sol est un langage qu'il faut apprendre, car on doit comprendre comment il résonne à l'échelle de l'écosystème. C'est que ce roman nous permet d'explorer aussi l'historique des effets à court comme à longue échéance des produits issus de l'industrie pétrochimique sur l'environnement.
L'agriculture intensive chimique de la PAC en prend pour son grade. J'ai adoré ça !
De plus, ce roman passe aussi au crible les défauts de quelques bobos parisiens, communauté qui se dit gastronomique, mais qui parfois trompe la nature et le paysan, en se mentant à elle-même.
Le conservatisme dominant, le pouvoir des syndicats des agriculteurs intensifs y sont finement décrits.
La louve est un personnage féminin, essentiel par sa personnalité engagée droite et aimante. Il est d'ailleurs amusant de constater qu'une coopérative parisienne porte actuellement ce nom.
Paul-Henri BIZON nous offre donc là un texte politique, culotté et courageux.
D'un sujet qui n'intéresse pas encore la littérature romanesque, parce qu'il dénonce et bouscule un ordre établi, l'auteur réalise une histoire qui se tient bien et qui annonce que la vérité doit être dite. A tous. le roman devient engagé et sert aussi à dénoncer.
J'ai beaucoup apprécié l'empathie de l'auteur pour ses personnages (non véreux), la progression dans son désir de comprendre les tenants et les aboutissants. Il est flagrant que derrière ce roman un long travail de recherche a été mené, et c'est tout à son honneur.
Entre roman et documentaire, parfois la limite est cependant floue, mais je ne vais pas m'en plaindre. Loin de là.
Je regrette une chose cependant, que le curseur soit un peu trop resté sur Raoul Sarkis, le personnage malhonnête qui évolue dans le microcosme festif et parisien. Il m'aurait été agréable d'accompagner davantage les producteurs de la louve dans leur quotidien, que les relations entre les plantes, les rôles multiples que chaque espèce joue au coeur de l'écosystème nous soient contés aussi.
J'aurais aimé que La louve soit l'occasion d'expliciter ce que sont la permaculture et l'agroforesterie.
Toutefois, il m'est force de reconnaître que pour un premier roman, le sujet choisi et le courage de son auteur m'ont beaucoup plu, et j'espère que d'autres publications s'ensuivront dans la même veine.

Lien : http://justelire.fr/la-louve..
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JeanPierreV
  13 août 2017
La famille Vollot est installée en Vendée depuis des générations. C'est une famille de bouchers chez qui le client est assuré de trouver de la bonne viande. Ils connaissent les bêtes qu'ils tuent, es éleveurs qui les font naître et grandir. Rien à voir avec cette viande en barquette qu'on commence à trouver dans les supérettes. Romain, qui a fait une école de commerce envisage de développer l'affaire en y associant ses frères. Mais Camille souffre d'un stress post traumatique après un drame familial survenant peu de temps avant les événements du 11 septembre. Camille s'isole, s'éloigne de la famille, s'installe à Nantes, accompagné par Victoire son amie, qui l'épaulera chaque jour afin de le sortir de sa détresse. Là, grâce à une vieille femme, il découvre la terre, et les légumes bio, la permaculture et à la culture sous les arbres, l'agroforesterie...une technique ancienne de culture, dans laquelle il s'épanouit...Progressivement, ce baba-cool prêchera afin de convertir, à ces nouvelles techniques, d'autres agriculteurs qui trouveront là un moyen d'éviter la fermeture de leur exploitation...
Un escroc notoire, Raoul Sarkis, revient à Paris après seize ans de purgatoire en Pologne.
Les deux histoires avancent en parallèle...On se doute bien que ces deux hommes, le taiseux et le baratineur, qui n'ont rien en commun vont se rencontrer...pour s'opposer ou pour s'associer ?
Pureté morale d'un coté, vice, magouilles et mensonges de l'autre. La rencontre et la confrontation des deux est attendue...Mais je n'en parlerai pas
Paul-Henri Bizon déroule une série de coups tordus, d'esbroufes, de malversations et de pièges et de mensonges...très documentés, semblant parfois un peu tirés par les cheveux. Il flingue à tout va, épingle hommes politiques, célébrités, banques, agriculteurs en mal de diversification, bobos, guides gastronomiques, nouvelle cuisine et restaurateurs de talents...Il règle des comptes avec tout ce petit monde "en prendra pour son grade", se croisera et se fréquentera en vrais et faux amis. Dure réalité des affaires.
On se dit "Quelle imagination !"...Et puis en se documentant un peu, merci Internet....Big Brother qui garde tout en mémoire, nous apprendra que ce roman reprend en partie des faits réels que Paul-Henri Bizon a eu à connaître dans son autre métier, celui de directeur d'une agence de communication, intervenant notamment dans le monde de hôtellerie et de la gastronomie. Une magouille qui avait pour nom "La Jeune Rue" visant à transformer un quartier de Paris en marché gastronomique bio. Une opération qui laissera de nombreux impayés.
Le besoin de diversification agricole, de sauvetage des sols de notre territoire, vidés de leurs nutriments naturels est important. Ces sols qui s'appauvrissent chaque année et ne produisent que parce qu'ils sont bourrés d'engrais chimiques...notre santé en prend un coup. le problème est grave.
Des solutions existent. Dans ce premier roman Paul Henri Bizon nous les décrit. Elles se heurtent à des intérêts financiers importants, à l'immobilisme du monde agricole, captif de ces fournisseurs d'engrais et du marché qui attend pour nourrir ces grands surfaces des volumes importants. Un cercle vicieux difficile à faire éclater.
La Louve, association d'agriculteurs bio, initiée par Camille, est une expérience pilote, incapable d'approcher un marché national. Elle ne peut approvisionner qu'un marché de niche...en utilisant des réseaux traditionnels. Sauf si ces affairistes lui proposent le salut.
On sait comment produire des aliments, viandes, légumes, fruits sains, mais une production et une commercialisation de masse nécessitent une refonte complète de notre système...Un monde de producteurs qui n'alimentent à ce jour que des élites, souvent bobos...Et comme dans tout nouveau marché dans lequel on peut "se faire du fric", les amateurs de magouilles s'y précipiteront très vite, car les agriculteurs sont souvent désarmés en matière commerciale.
L'amateur de lecture que je suis, cherchant dans chacune de ses rencontres littéraires, un fond de vérité ou des faits historique, n'a pas été déçu. L'amateur de romans y trouvera son lot de surprises, de coups tordus, ses personnages attachants ou à fuir....Un bon moment de lecture qui ne manquera pas d'interpeller le coté consommateur de chacun...
Merci à Babelio et à Masse Critique pour cette découverte

Lien : https://mesbelleslectures.co..
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motspourmots
  02 septembre 2017
Pour être honnête, ce roman m'a laissé une impression mitigée, me faisant osciller pendant ma lecture entre plusieurs sentiments. J'ai hésité sur le nombre d'étoiles... 2,5 ou 3 ? J'ai finalement opté pour 3 parce qu'il se lit bien, que le thème est parfaitement d'actualité et ma foi plutôt original pour un roman et enfin parce que sa construction façon polar parvient à garder l'intérêt du lecteur. Mais...
Mais l'auteur pêche par excès de zèle. Il veut trop en dire, il veut même tout dire de l'agriculture raisonnée, de l'opposition entre villes et campagne, du pédigrée de ses personnages... Finalement j'ai compris pourquoi. Cette histoire est fortement inspirée d'un récent événement dont les parisiens auront peut-être entendu parler. le concept de la Jeune Rue, projet pharaonesque mené par un jeune entrepreneur proposait d'investir tout un quartier de la capitale pour revaloriser les métiers de bouche (restaurants, artisans, tous réunis dans un cercle vertueux...)... Et qui s'est révélé être l'arnaque du siècle. En faisant des recherches sur internet je me suis aperçue que l'auteur a lui-même été victime dans cette histoire.
Il s'en inspire donc tout en recréant un univers romanesque propre et cela explique le côté un peu artificiel de l'ensemble.
Peut-être que si l'on n'est pas au courant des faits réels on n'a pas le même ressenti. Reste cependant une narration qui oscille entre parties très romanesques et moments trop didactiques, ce qui m'a empêchée d'être convaincue par ce coup d'essai qui ne fut cependant pas une lecture désagréable.
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hoteldelaplage
  27 janvier 2018
Ce premier roman m'a enchanté par le thème retenu, d'une ampleur considérable et d'une actualité brûlante : la transformation nécessaire et urgente des techniques de production agricole. Il s'articule autour de deux pôles que tout oppose, un jeune homme provincial qui se découvre, à la faveur d'une période de dépression, une passion pour la permaculture, et un homme d'affaires parisien aux pratiques douteuses qui trouve dans l'ingénuité du premier la matière à monter un bon coup.
Le propos est éminemment politique et faisait courir le risque à l'auteur de faire de son livre une leçon ou un pamphlet plutôt qu'un roman. L'intrigue s'épaissit cependant jusqu'à prendre la forme d'un pseudo-polar dans le dernier tiers qui est, à mon sens, bien plus réussi que le reste de l'ouvrage.
En effet, La Louve pèche par bien des aspects. En premier lieu, la dichotomie assumée entre le personnage de Camille Vollot, idéaliste et vertueux, et celui de Raoul Sarkis, dégoûtant et sans foi ni loi, est bancale. Si le second est pourvu d'une épaisseur psychologique telle qu'on a tout lieu de penser que l'auteur a fréquenté et finement observé de tels énergumènes dans son propre entourage, le premier en revanche ne prend absolument jamais vie à la lecture : il est composé d'une série de descriptions et de récits qui sentent "le personnage", et aucun cliché ne nous est épargné. de façon générale, cela caractérise l'ensemble des personnages ligériens qui restent à l'état de types et remplissent leur fonction respective dans l'intrigue ou dans la structure du roman sans jamais l'habiter d'une présence proprement humaine : à Anne-Marie Perrault l'expertise froide, à Romain Vollot la figure de Caïn (une véritable lourdeur intertextuelle), à Victoire enfin, la compagne de Camille, la palme de la caricature, elle qui lui apporte tout au long des péripéties une espèce de soutien de bonne petite épouse un peu nunuche avant de déclarer tout à la fin : "Que croyez-vous, Raoul ? Que les femmes de mon espèce passent leur temps à faire des confitures et des broderies en attendant que leurs gentils maris rentrent des champs ?" Je dois avouer que ce genre d'inconsistances, qui hélas émaillent La Louve de bout en bout, m'a fait ressentir un certain malaise.
En définitive, le roman hésite beaucoup. le thème politique qui sert de thèse ne parvient pas à se dissoudre complètement dans l'intrigue, ou il s'y met trop tard : il reste comme suspendu au-dessus d'elle, comme une idée du monde réel, et ce n'est vraiment que lorsque le piège élaboré de façon trop didactique par les cent cinquante premières pages commence enfin à se mettre en route et générer une interaction directe entre le monde agricole vendéen et le microcosme parisien des affaires véreuses que le récit remplit son rôle de roman.
C'est vraiment dommage. On sent chez l'auteur un ensemble de qualités indéniables et une véritable vision, une véritable lecture du monde (la page 193 à elle seule dénote une profondeur de vue tout à fait balzacienne), mais La Louve aurait nécessité quelques mois de travail supplémentaire. Cela aurait permis de pallier les fragilités de ce qu'est donc ce premier roman : effacer la trame structurelle du récit qui reste trop présente, renoncer aux tentations hélas très contemporaines de citer ses références (la médaille de la maladresse revenant en la matière à la citation de Blaise Cendrars dans les dernières pages, qui transpire la dissertation), et surtout accélérer l'entrée en action de tout ce petit monde inégalement décrit, l'un vécu de l'intérieur, l'autre appris laborieusement comme par métonymie dans la bibliothèque d'Anne-Marie Perrault.
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critiques presse (2)
LaCroix   13 octobre 2017
Paul-Henry Bizon explore l’opposition entre un jeune agriculteur et un petit escroc mégalomane.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeFigaro   20 septembre 2017
Le monde agricole et ses mutations violentes sont au cœur de ce premier roman original qui confronte deux frères, l'un idéaliste, l'autre opportuniste.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
michdesolmichdesol   03 septembre 2019
Ses futurs clients et investisseurs, les yuppies parisiens de sa génération, n'avaient aucun goût. Admirateurs d'avocats incultes comme Sarkozy ou Copé, la plupart ne juraient que par l'argent et ne s'en cachaient pas Comme leurs idoles politiques, ils mangeaient peu et vite, adoraient la truffe, spéculaient dans l'art contemporain, aimaient les yachts et le show-business, passaient leur temps à se plaindre de la France tout en la pillant pour masquer leurs complexes face aux hommes d'affaires anglo-saxons auxquels ils faisaient tout pour ressembler mais qui les méprisaient. Ces gens étaient des chacals et des hyènes qu'il n'attirerait pas avec de belles idées mais de la verroterie en quantité : en plus de la découverte et de la restauration de ce patrimoine hors du commun, il fallait un projet d'ambition internationale porté par de grands noms de l'art contemporain dont ils achetaient les œuvres à coups de cartes American Express dans les galeries londoniennes ou new-yorkaises.
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LucilliusLucillius   04 août 2017
Le filtre de ses affabulations colorait son quotidien. A travers ses yeux, le monde se transformait en un ersatz miniature, un tapis de jeu sur lequel il pouvait laisser libre cours à son imagination, à la façon d'un enfant inventant des scénarios pour ses figurines. Lorsqu'il décompensait, chaque promesse devenait un contrat; chaque sourire, une proposition sexuelle; chaque dîner, le prélude à une orgie. C'était le cas ce soir-là.
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LucilliusLucillius   28 juillet 2017
Ils aimaient Victoire comme un détenu la rose trémière qu'il réussit à faire pousser entre deux pierres du mur d'enceinte, comme leur madone, comme une apparition de pureté, un cadeau au monde dont ils étaient responsables et qui leur appartenait.
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MELANYAMELANYA   03 juillet 2021
Au contraire, dans le sillage des précurseurs de la trempe d’Anne-Marie Perrault, nombre de jeunes paysans comme Camille militaient pour l’agroforesterie, une méthode productive qui, à l’instar de la permaculture qu’elle englobait à une échelle plus vaste, était fondée sur la notion d’écosystème, s’opposait au labour et, entre autres, prônait la réimplantation des arbres au cœur des exploitations, la polyculture et les semis sous couvert végétal. En somme, l’avènement d’une paysannerie inspirée de celle qui existait avant l’hégémonie pétrolière mais moderne.
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chachourakchachourak   22 juin 2017
À mesure que le train avançait, le monde semblait rétrécir. Paris, les banlieues sur des kilomètres, la Beauce, quelques bosquets piqués dans l'immensité puis les forêts du Perche, Le Mans, Bocage, rien, Angers - changement voie E -, la Loire et ses folies, la levée, Chalonnes, Chemillé, bientôt les haies se resserrent de part et d'autre de la voie ferrée, les abattoirs, enfin la voix enregistrée : "Cholet. Terminus de ce train. Veuillez ne rien oublier à votre place. La SNCF et son personnel espèrent que vous avez fait bon voyage." À l'ouverture des portes, Camille Vollot, réveillé quelques instants plus tôt par le ralentissement du train, s'étira, regardant d'un œil évasif défiler les autres passagers avant de se décider à descendre.
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