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Critique de Bookworm84


Bookworm84
  28 août 2013
Envoyer valser les vieux poncifs rattachés au vampire, voilà un postula bien intéressant ! C'est donc avec enthousiasme que je me suis lancée dans cette anthologie, en oubliant même que les vampires, c'est moins ma tasse de thé que les loups-garous. C'est parti pour mon avis texte par texte :

Chapitre Premier de Jean-Paul Raymond nous conte les tentatives désespérées d'un écrivain d'entamer son roman. Entre voisins et épouse qui le dérangent, et l'angoisse de la page blanche, rien n'est fait pour l'aider. Si l'imbrication réel/fiction est amusante, la fin convenue que l'on voit arriver très vite dessert malheureusement cette réflexion autour de la création, qui restera à l'état d'ébauche. Une entrée en matière pas très heureuse.

Comme un coeur qui bat de Tepthida Hay : embarquons cette fois dans un univers victorien et... steampunk ! Univers très sympathique, nouvelle sombre, sort du personnage mystérieux, une jolie nouvelle qui remet l'anthologie sur de très bons rails ! Avec un zeste d'humour mordant, tout y est.

Noblesse d'âme de Lydie Blaizot : habituée des récits vampiriques humoristiques, tendance (très) ironique, Lydie Blaizot ne dépare pas à ses habitudes avec cette réjouissante nouvelle où une adolescente est élevée par une grand-mère au caractère bien trempé et aux dents bien affûtées !

Neverland de Henri Bé interroge, à l'instar de la Claudia de Anne Rice, l'effet de demeurer piégé dans un corps jeune mais immortel, donc immuable. le tout en raison d'un traitement expérimental. Poignant, mais aussi un peu malsain par cette réflexion sur l'âge du corps/l"âge de l'esprit.

Les Naömis de Jean Vigne nous entraîne dans la jungle, domaine des chauve-souris vampires et d'une mystérieuse tribus aux moeurs sanglants. On renoue avec les poncifs de l'aventure, à ceci près que la première (et stupide) victime est un homme et l'héroïne qui tient jusqu'au bout ou presque, une femme.

Petrus de David Osmay nous présente un... chat vampire. Chat qui utilise sans vergogne les conquêtes d'un soir de son maître pour se nourrir, tant pis si le maître en question en perd la raison, persuadé de les tuer dans son sommeil. Un vampire, chat ou humain, demeure cruel... Une nouvelle glaçante. On ne regardera plus son petit compagnon à 4 pattes de la même manière.

Cuttle Feesh de Alice B. Griffin, pour le coup, envoie carrément valdinguer à l'autre bout de l'espace les mythes du vampire ! Ici le suceur de sang est un être extraterrestre à tentacules, acteur et capable de changer de forme à volonté. Et qui doit incarner Vlad Tepes. Une nouvelle surprenante, presque un gag, mais ça change !

Les dents de Kitty de Patrice Verry nous présente une fillette affligée de canines trop longues. Réflexion sur un défaut physique voyant, sur la façon dont il construit un enfant, sur les secrets de famille, le texte aurait pu être encore mieux exploité si sa chute n'avait pas été telle qu'elle l'est.

Si tous les rois de la Terre, de Olivier Boile lie les vampires aux grands de ce monde. Une idée qui aurait été intéressante si l'abondance de références historiques n'avaient pas transformé le texte en un cours d'histoire ennuyeux. La période napoléonienne n'étant pas, de surcroît, ma période préférée.

Dis-moi qui tu manges de Malaika Macumi présente un vampire allergique à tout sauf au sang pur. Allez donc en trouver à notre époque ! Je n'ai pas aimé la chute de ce texte qui pourtant partait bien.

Déchéance de Patrice Mora m'a carrément déplu. Déjà, j'ai un peu de mal avec la figure vampirique. Tout dépend de comment elle est traitée, mais trop de sang, je n'aime pas trop. Et j'ai les zombies en horreur. Alors un mélange des deux, accompagné de scènes de massacre, le tout dans une ambiance de fin du monde grand-guignolesques, très peu pour moi.

Mademoiselle Edwarda de Vincent Tassy a reçu le prix Merlin cette année pour ce texte. A la lecture, j'ai su pourquoi. Si le côté cru et sanglant m'a dérangée (mais c'est à cause de ma sensibilité), je suis admirative de la psychologie du personnage narrateur. Vincent Tassy nous montre ici le drame d'un homme qui, à l'aube d'une opération qui lui permettra enfin d'être une femme, se retrouve changé en vampire. Donc, immuable. L'auteur rend très bien le drame de ce personnage, les difficultés également de s'accepter et de se faire accepter pour les transgenres, et toute la tragédie, pour eux, ne pas être né dans le sexe auquel ils se sentent rattachés. Une très émouvante nouvelle, ancrée dans des réalités d'aujourd'hui, valables même sans le côté vampirique.

En résumé, une anthologie qui recèle son lot de pépites, qui plaira sans aucune doute aux amateurs de vampires. Pour ma part, cette abondance de vampires et de sang m'a mise plutôt mal à l'aise (en même temps, comme je le disais, j'ai du mal avec les vampires ^^"), mais cela ne retire rien à la qualité de cette anthologie.
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