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Georges Goldfayn (Traducteur)
EAN : 9782743614300
313 pages
Éditeur : Payot et Rivages (17/06/2005)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Quoi de mieux, pour narrer l'épopée de la révolution mexicaine, que de se mettre dans la peau de rodolfo fierro, le plus fidèle lieutenant de pancho villa ? C'est ce que fait James Carlos Blake qui nous conte, dans un style digne d'un roman d'aventures, l'odyssée grandiose et pitoyable de ces révolutionnaires à la fois idéalistes et cruels.Mêlant habilement faits et fiction, blake fait revivre l'histoire chaotique du Mexique au début du XXe siècle. À travers des êtr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
oblo
  09 avril 2016
Aujourd'hui encore, le PRI (Parti révolutionnaire institutionnel) est le principal parti politique du Mexique, malgré l'ouverture du pluripartisme dans le pays depuis les années 1960. Ce parti fut fondé en 1929, soit presque vingt ans après le début de la révolution mexicaine, qui dura de 1910 à 1920.
Le roman de James Carlos Blake se focalise sur cet événement, dans lequel émergea une figure à l'aura légendaire : Pancho Villa. Ancien bandit devenu chef de guerre, il mena la lutte armée à travers des coups de main, des batailles et des prises de villes avant d'être obligé, privé d'hommes et de soutiens politiques, de renoncer à la guerre puis d'être assassiné dans une rue de Parral. Pour suivre le périple de cet homme, Blake choisit comme personnage principal une autre figure historique, Rodolfo Fierro, surnommé le Boucher pour sa capacité à tuer. Ce personnage, pour lequel il est difficile de ne pas éprouver de sympathie, fut l'un des plus proches compagnons de Pancho Villa, son homme de main impitoyable ainsi qu'un seigneur de guerre de confiance. Blake s'arrange avec la vérité historique : mort en 1915, Fierro continue de vivre dans le roman afin de suivre, jusqu'au bout, le parcours de Villa.
Épopée brutale et héroïque, le roman invite à interroger le sens du combat révolutionnaire. Quelle est donc cette révolution dont parlent les Villa, les Carranza, les Huerta, les Zapata ? S'agit-il de prendre la place des anciens maîtres et de jouir des mêmes privilèges ? S'agit-il de passer par les armes hommes, femmes et enfants et collectionner les massacres ? S'agit-il de légitimer la cruauté et l'horreur par la nécessaire redistribution des terres aux paysans ?
Les révolutionnaires seraient épris d'égalité et de liberté. Mais, comme l'indique Fierro, on ne combat pas pour devenir libre : on combat parce que l'on est libre. L'exercice de la violence devient alors l'indicateur du degré de liberté. A ce titre, Pancho Villa et sa troupe sont on ne peut plus libres. D'ailleurs, comment les qualifier ? Armée révolutionnaire ou cartel de bandits et de criminels ? Ils méconnaissent les absurdes lois de la guerre et exécutent les prisonniers, se vengent des traîtres en assassinant leurs familles, se terrent comme des bêtes aux heures les plus sombres.
Et pourtant, on comprend ces hommes, leur exaltation à être ainsi libres, à être ainsi redoutés, à mettre en jeu leur vie jour après jour. Qu'elle soit réalisée au nom d'idéaux ou non, cette aventure est celle d'une époque révolue où l'on galopait à travers les déserts, où l'on festoyait avec force enchiladas et mezcal, où l'on dégaine à vive allure pour faire respecter le nom et le chef.
Les amis de Pancho Villa tâche de retrouver l'esprit de ces années où la folie et l'idéal étaient intimement liés. Blake, avec une écriture posée et bien structurée, rend compréhensible cette période et tisse les liens et les ruptures politiques et personnels qui unissent ou déchirent tous ces hommes aux carrures dignes de l'Etat. le roman est fort, dense, grisant à certains égards et donne un (trop court) aperçu de la riche histoire du Mexique.
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Godefroid
  26 juillet 2015
Voilà l'occasion pour James Carlos de revisiter toute la révolution mexicaine à travers les yeux de l'un de ses plus ardents défenseurs, un type violent et sans aucune pitié nommé Rodolfo Fierro qui est aussi, accessoirement, le bras droit de Pancho Villa. C'est donc une vision particulièrement sauvage et sanglante qui est donnée ici. Une formidable illustration de cette sauvagerie ambiante nous est donnée par cette réflexion de Fierro, qui vient juste d'écouter Villa lui confier un rêve de paix et d'épanouissement familial (chapitre 18, 3e page) :
"J'arrivais difficilement à croire qu'il avait eu la naïveté de penser qu'on combattait pour les pauvres. de tous les motifs pour lesquels un homme meurt dans ce monde, mourir pour une cause est la chose la plus bête, et les pauvres sont la cause la plus bête de toutes. Jamais je n'ai combattu pour les pauvres. J'ai combattu contre les riches – ce qui n'est bien entendu pas du tout la même chose. En tout cas, c'est combattre qui est essentiel. On ne combat pas pour devenir libre – combattre c'est être libre."
James Carlos Blake aborde la plupart des événements marquants de la période, en collant au plus près à la réalité historique ; il s'amuse tout de même en mettant en scène, à la fin du chapitre 5, la mort brutale d'Ambrose Bierce, sans le nommer (le célèbre écrivain ayant disparu mystérieusement au soir de sa vie en voulant rejoindre les troupes de Pancho Villa, sans laisser aucun indice sur son itinéraire). A noter également (chapitre 21) une évocation de la malédiction du gitan, ce sort qui fait d'un homme l'esclave inconditionnel de la femme objet de son amour, malédiction qui donne son titre à l'incroyable chef d'oeuvre de Harry Crews (que je ne rate pas une occasion de recommander !).
On peut encore, comme je l'ai fait à la suite de cette éprouvante et instructive lecture, faire un tour sur la toile pour voir les photos des personnages dont on vient de suivre les faits et méfaits, avec quelques risques de déconvenue... car bien souvent l'imagination magnifie la réalité.
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Stockard
  17 décembre 2015
♪ On oublie tout... sous le soleil de Mexico ♫
Rodolfo Fierro, lui, il n'a rien oublié et c'est avec force détails que le porte-flingue de Pancho Villa nous raconte la révolution mexicaine.
Peut-être le seul grand nom de Revolución Mexicana encore en vie dans Les Amis de Pancho Villa (en réalité, Fierro est mort en 1915, soit 8 ans avant Pancho Villa) c'est un homme au soir de sa vie et perclus de douleurs qui revient sur les grands exploits qui ont fait de Général Villa la légende que l'on connait. L'entrée victorieuse dans Mexico, l'admiration pour Emiliano Zapata, la méfiance envers les gringo,s le refus de céder devant les "federales", la douleur des nombreuses trahisons de ceux qu'il croyait ses compadres et enfin, l'assassinat fourbe et lâche concluant une vie dédiée à la rébellion.
James Carlos Blake, avec ces mémoires apocryphes nous fait proprement vivre la Révolution mexicaine de l'intérieur. Ça fleure bon la poudre, le sang, la sueur et la colère... Qu'est-ce que c'est bon !
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
StockardStockard   09 décembre 2015
Urbina aimait à parler de l’époque où, à Juárez, lui et un groupe de ses gars allèrent voir un des premiers spectacles de cinéma de la ville. Les problèmes commencèrent à la caisse de l’entrée, quand Cholo Martinez insista pour ne payer que moitié prix, parce qu’il n’avait qu’un seul œil. Le caissier maintint résolument que Cholo devait payer le même prix que tous les autres spectateurs. Et si tout le monde portait un bandeau sur l’œil, pour éviter de payer le plein tarif, et l’enlevait ensuite dans la salle pour regarder le film avec les deux yeux ? Qui escroquerait qui, alors ? « Dans ce cas, suggéra Cholo, demandez à tous ceux qui ont un bandeau sur l’œil de vous montrer ce qu’il y a en dessous. » Il retira son bandeau et il fourra son orbite vide et à vif sous le nez du petit homme zélé. Urbina rapportait que le bonhomme en avait presque vomi. Il permit à Cholo d’entrer à moitié prix.
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StockardStockard   13 décembre 2015
Un matin, je repérai trois fédéraux morts, pendus par les pieds à la porte d’un poste de police, chacun avec un écriteau épinglé à la poitrine. L’un portait : «Cet homme a été tué parce qu’il était un voleur.» Le suivant indiquait : «Cet homme a été tué parce qu’il fabriquait de la fausse monnaie.» Le troisième faisait savoir : «Cet homme a été tué par erreur.»
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GodefroidGodefroid   26 juillet 2015
J'arrivais difficilement à croire qu'il avait eu la naïveté de penser qu'on combattait pour les pauvres. De tous les motifs pour lesquels un homme meurt dans ce monde, mourir pour une cause est la chose la plus bête, et les pauvres sont la cause la plus bête de toutes. Jamais je n'ai combattu pour les pauvres. J'ai combattu contre les riches – ce qui n'est bien entendu pas du tout la même chose. En tout cas, c'est combattre qui est essentiel. On ne combat pas pour devenir libre – combattre c'est être libre.
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StockardStockard   16 décembre 2015
«La mort nous venge de la vie, la dépouille de toutes ses vanités, de toutes ses prétentions, et la convertit en ce qu’elle est véritablement : quelques os bien nets et une grimace horrible.»
Octavio Paz
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StockardStockard   09 décembre 2015
Voilà un autre gringo de merde qui veut s’exciter au milieu des Mexicains. Tous ces gens croient que nous sommes juste un de leurs spectacles de cinéma à la con. Ils veulent tous faire partie du spectacle et agir à l’image de Jesse James. 
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