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ISBN : 2918059609
Éditeur : Libertalia (17/04/2015)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 6 notes)
Résumé :
La bataille de Poitiers, en 732 (ou 733), opposant les troupes arabo-berbères d’Abd el-Rahman aux Francs de Charles Martel, est un événement de l’histoire de France, peu à peu devenu mythe historiographique et enjeu de mémoire. Alors que le dernier livre véritablement consacré à la question date de 1966, les années 2000 ont vu l’apparition d’un nombre croissant de publications souvent écrites sans distance ni mesure. Au même moment, la commémoration de l’événement d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Erik35
  27 septembre 2018
MAIS OÙ EST CHARL(I)ES...?
«En 732, Charles Martel arrête les arabes à Poitiers.»
Quel élève un peu attentif des programmes de cours élémentaire n'a gardé en mémoire cette phrase, aussi lapidaire que, à bien y regarder, sibylline ? Pourquoi sibylline ? Parce que tellement rarement contextualisée qu'on peut y mettre un peu tout ce que l'on y veut, selon sa sensibilité politique, selon ses connivences, selon ses engagements, ses convictions ou sa retenue (comme si l'histoire devait inévitablement en passer par tout cela...). Alors, reprenons :
- 732 ? Oui, sans doute. Quoi que ! Selon les sources, il pourrait tout aussi bien s'agir de 733 (l'autre année la plus plausible) mais aussi 731 ou 734 !
- Charles Martel : C'est probablement la seule certitude, le "Maire du Palais", fils de Pépin de Herstal, père de Pépin le bref (fondateur de la dynastie des Pippinides et grand père d'un autre Charles bien plus célèbre, à savoir Charlemagne - NB : Carolus Magnus -) fut bel et bien aux commandes de cette bataille mais, a contrario de ce que laisse supposer son "wikipedia" (au passage totalement invraisemblable d'inexactitudes, d'à-peu près historiques et de subjectivité mémorielle. Les "historiens de garde" de l'extrême-droite veillent au grain sur ces pages...), son surnom de "Martel" n'a possiblement pas grand chose à voir avec son arme de prédilection au moment des faits ni sa supposée vivacité à écraser le chef des malheureux Sarrasins qu'il eût à occire alors, mais plus probablement bien plus avec son caractère, y compris belliqueux, prompt qu'il était à briser toute forme de résistance à son pouvoir. Sans omettre de préciser qu'il fallait aussi un moyen de ne pas le confondre avec les autres Charles qui lui succédèrent ("Le Grand", "Le Pieux"). Quoi qu'il en soit ce pseudonyme ne sera généralisé qu'à partir du XIIIème siècle... Ceci n'est qu'un détail mais montre à quel point l'histoire de Charles Martel et de sa victoire sur les Sarrasins est, pour une large part, une construction ultérieure à sa réalité historique, laquelle demeure, toutefois, factuellement incontestable.
- Les "arabes" : Quels ? Ceux qui prirent La Mecque en compagnie de Mohammed un siècle auparavant ? Les conquérants de El-Andalus ? Des berbères, des Maures, des sarrasins ? Des guerriers avec toutes leurs familles, ainsi que certaines sources l'affirment, ou seulement des militaires aguerris sous commandement de l'émir et général omeyyade Abd el-Rahman - qui y perdra d'ailleurs la vie - en quête de razzias, de pillages tels que notoirement pratiqués alors, ainsi qu'il est par ailleurs avéré et certainement bien plus probable que cette idée d'une invasion prévue de longue date de la Gaule sous domination franque ? Sous cette dénomination - "les Arabes" - tellement générale il y a tellement le risque de mettre toute la complexité du monde arabo-musulman de l'époque dans un même fourre-tout tellement aisément réutilisable, sans aucune prévention ni sérieux plus d'un millénaire plus tard, que d'aucuns ne se sont d'ailleurs pas gênés pour le faire, depuis Chateaubriand en passant par l'abject Drumont (même si leurs thèses ne se chevauchent pas forcément exactement) et autre contempteur du fameux, fumeux, "choc des civilisations" théorisé et promu par l'universitaire américain Samuel Huntington, jusqu'aux discours extrême-droitisant de l'influent groupuscule "génération identitaire" de triste réputation, repris plus ou moins en coeur par certains membres du Front National ou du MNR de Bruno Megret. Voire par des "historiens" médiatiques bien en place tel que Dimitri Casali qui intenta un procès en sorcellerie - sans étude solide à l'appui autre que son propre sentiment - à l'encontre des auteurs d'ouvrages pédagogiques ou des concepteurs des programmes scolaires accusés de supprimer toute référence à Charles Martel à des fins strictement idéologiques. L'essai de William Blanc et de Christophe Naudin démontre, entre autre, à quel point ce genre d'assertion ne tient pas au regard de l'historiographie de notre "héros" du moment.
- Poitiers : c'est jusqu'au lieu précis de cette bataille qui s'est perdu dans les abîmes du temps. le site de Moussais-la-Bataille (commune de Vouneuil-sur-Vienne au sud de Châtellerault) est aujourd'hui généralement retenu mais, à être honnête, rien ne permet d'accréditer irréversiblement ce site plus qu'un autre, entre Poitiers et Tours, les sources écrites étant, là encore, bien trop précaires et postérieures aux faits pour permettre la moindre affirmation sérieuse et surtout définitive.
Quant au nombre de victimes et au déroulé de cette bataille - dont tout laisse à penser que les témoins de l'époque ne les retinrent pas comme suffisamment essentiels pour en tenir chronique ou édification par un chant, un lai, etc -, tout laisse ainsi à penser que nous ne connaîtrons jamais ces "détails" et que le chiffre parfois avancé de 375 000 victimes du côté Sarrasin contre seulement 1 500 du côté des francs (rejoignant à la rescousse les aquitains de Eudes d'Aquitaine... qui aurait -rien n'est moins sûr- d'abord conclu des alliances avec ces mêmes Sarrasins), il y a tout lieu de croire que le chroniqueur médiéval, en l'occurrence Paul Diacre, les a confondus avec les pertes subies durant une autre bataille d'importance au moins équivalente bien qu'oubliée aujourd'hui, à savoir la bataille de Toulouse en... 721 (On sait par ailleurs que le chiffre avancé des victimes de ce conflit est déjà très fortement exagéré).
Pourquoi une telle mise en train ? Afin de garder en mémoire que tous les vendeurs de certitudes faciles, de vérités supposément éternelles, que les contempteurs de discours clé en main, les concepteurs de romans nationaux lénifiant ou arrogant usent et abusent de leur subjectivité souvent immédiatement assujettie à leur volonté d'instrumentaliser l'histoire, d'en faire un moyen de propagande dans le but de justifier des thèses éventuellement malsaines - pour ne pas dire mortifères - ou, à tout le moins, sans grand rapport avec une étude sérieuse, passionnante mais dépassionnée de cette matière Ô! combien fragile dès lors qu'il s'agit de remonter le temps long et tout particulièrement en ces époques que les britanniques qualifient "d'âges sombres" ("dark ages"), où les sources olographes sont relativement minces et très souvent sujettes à caution. Certes, cette instrumentalisation de l'histoire n'est en rien nouvelle - c'est par ailleurs ce que nos deux auteurs expliquent avec brio - mais elle n'a peut-être jamais atteint une telle force de frappe, une telle capacité de pénétration des esprits qu'aujourd'hui, entre réseaux sociaux, médias "mainstream" et éditions papier à fort tirages.
Il va sans dire que la recherche scientifique mise en oeuvre ici quant à l'Histoire de cette fameuse bataille et de ses diverses interprétations au fil des siècles répond exactement à ce besoin - urgent, impérieux - de tordre le cou aux idées reçues et de se retourner vers les sources, toutes les sources, du moins celles qui auront échappé au ravages du temps.
Ainsi en apprend-on, dans ce considérable ouvrage, non seulement beaucoup plus sur Charles Martel et sur ce combat lointain entre la cavalerie légère sarrasines et la lourde infanterie franque (la puissante chevalerie franque, trop souvent avancée comme explication de cette victoire, n'apparut véritablement qu'à partir de Charlemagne), mais aussi sur la conquête des arabes après la disparition du "Prophète", sur les rapports internes entre conquérants (Omeyyades, Abbassides, Arabes, Berbères, etc), sur ceux entretenus entre l'Islam et la Chrétienté d'alors, sur la politique menée par l'antique Maire du Palais (bien plus soucieuse d'assurer son pouvoir face aux germains et aux saxons, à l'est, qu'aux arabes au sud-ouest), nul doute que le pépinide eût lui-même considéré cette grosse échauffourée comme un moment parmi bien d'autres de ses innombrables coups de force, etc. Mais les deux auteurs, William Blanc et Christophe Naudin vont beaucoup plus loin. Afin d'expliquer comment, quelque mille trois cents années plus tard, une frange, certes minoritaire mais influente, du spectre politique français (pour aller vite : l'extrême-droite ainsi qu'une frange "dure" de la droite conservatrice) ont pu faire de Charles Martel le héraut de leurs luttes contre les migrations et l'Islam, nos deux historiens montre quelle fut l'influence de l'image du francs à travers l'histoire. le moins qu'on puisse en dire, c'est qu'avant le dix-neuvième, il ne laissa qu'un souvenir modeste, diffus, très souvent ambigu, n'étant guère plus apprécié de la plupart des rois de France (ne fut-il pas, en quelque sorte, un usurpateur ? Or, comment une monarchie encourageant la stabilité, l'ordre, le droit divin auraient-ils pu glorifier telle attitude chez un prédécesseur, lui préférent, par exemple, l'image beaucoup rassurante et positive de son petit-fils, Charlemagne ?) que de l'église, celle-ci ne lui ayant jamais pardonné sa confiscation de biens séculiers à fin de récompenser ses hommes (pratique qui se faisait pourtant régulièrement en ces temps lointains). Par ailleurs, jamais en ces temps longs de la France monarchique il n'est question de Charles Martel comme du défenseur de la chrétienté contre l'islam conquérant ni de l'affrontement entre deux civilisations que tout aurait opposé. C'est dire si l'interprétation donnée aujourd'hui par d'aucuns est presque strictement contemporaine et répond bien plus à des angoisses politiques, des thématiques culturelles et sociétales, des idéologies actuelles qu'à une quelconque réalité tant historique que mythographique.
Et puis, il y eut le XIXème siècle au cours duquel s'inventa la Nation française puis, après la défaite de Sedan et la montée en puissance de la IIIème République, l'émergence du "sentiment national" ; une période durant laquelle, «alors que se crée dans les années 1880 un nouveau «nous» - le corps civique - s'affirme en parallèle un nouveau «eux», une figure inédite de l'étranger que le personnage du Juif va incarner» nous expliquent les deux historiens. Ainsi, ce siècle débute-t-il avec la remise au goût du jour de Charles Martel par François-René de Chateaubriand dans son célèbre essai "Le Génie du Christianisme" où l'auteur de René «craint une idée, le despotisme, ici incarné par l'Islam et l'Orient» tandis que le second, une cinquantaine d'années plus tard, «Drumont, lui, place le propos sur le terrain racial», et là est la grande "nouveauté" de la fin de ce XIXème siècle, s'agissant, toujours selon William Blanc et Christophe Naudin, de la figure de Charles Martel dans les mémoires et dans les intentions propagandistes. Malgré tout, et a bien regarder l'état de l'édition, tant littéraire que pédagogique de cette période moderne jusqu'à notre contemporanéité, on peut affirmer sans malice que le fameux Charles ne martèle guère son ouvrage auprès des consciences ni des "chères têtes blondes" et demeure un personnage certes important mais toutefois secondaire, Jeanne d'Arc (plus qu'aucun autre personnage du Moyen-Âge), Louis XI, St Louis, les invasions vikings et autre Charlemagne lui damant le pion sans aucun conteste possible, recherches documentaires à l'appui.
Il aura cependant fallu l'émergence de ces "historiens de garde" - dénoncés ailleurs dans un excellent essai polémique, lui aussi publié par les excellentes éditions Libertalia par nos deux auteurs, en compagnie d'Aurore Chéry - concomitamment à la montée en puissance de groupuscules d'extrême-droite ("Génération Identitaire") ainsi qu'une espèce de course à l'échalote entre anciens amis politiques (MNR de Bruno Megret et FN du consortium le Pen), les uns et les autres appuyés par les démonstrations sans fondements historiques critiques sérieux de l'américain Samuel Huntington pour que la vision la plus rance qui soit de notre - malheureux - Charles Martel reprenne du poil de la bête, jusqu'à cet insupportable et nauséeux "Charlie Martel" affiché crânement par quelques poignées d'imbéciles dangereux et haineux aux frontispices de leurs réseaux sociaux, après le massacre que l'on sait dans les locaux de l'hebdomadaire satirique. Fort heureusement, des contre-feux se mettent en place, avec patience, avec sapience et très largement au-delà des polémiques stériles mais à force de documentation, de retour aux sources, d'hypothèses souvent prudentes mais aussi très décapantes. Là réside sans aucun doute l'intérêt second (juste après le simple bonheur d'apprendre, de découvrir, d'approfondir ses propres connaissances) de ce volume foisonnant, riche de documents annexes, de notules bibliographiques, d'illustrations soigneusement sélectionnées et d'un index permettant à tout instant toutes les vérifications possibles et, pour les plus passionnés des lecteurs, d'aller y voir d'encore plus près.
Ainsi est-on en droit d'affirmer que nos deux historiens mettent en pratique ce qu'ils appelaient de leur voeux dans leurs conclusions de "Les historiens de garde", à savoir de se réapproprier l'histoire, à partir d'une méthode scientifique éprouvée, continuer à en faire un objet d'étude et de critique permanent mais devant absolument se faire accessible au plus grand nombre, à mille lieues de cet objet figé, plus passionnel et putassier que passionnant, que d'aucuns voudraient nous vendre (on en a encore un exemple d'actualité que nous ne citerons pas plus précisément, de crainte de faire une réclame que cet ouvrage récent ne mérite pas), ayant pour seule finalité de nous gaver d'une conscience historique utilitaire, nauséabonde et dévoyée.
Objectif rempli haut la main tout au long de cet indispensable "Charles Martel et la bataille de Poitiers : de l'histoire au mythe identitaire" se lit (presque) comme un roman et s'il nécessite un rien d'attention, sa lecture en est toujours passionnante, enrichissante, éclairante et, mieux que tout sans aucun doute, questionnante ! Que demander de plus ?
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Kjeld
  21 juillet 2015
Un livre très intéressant dans la démarche avec la volonté de distinguer histoire et mémoire. Les auteurs appliquent également la méthode de Georges Duby pour l'analyse de l'événement, qui est une référence dans l'étude historique.
Enfin, cet ouvrage à le mérite de poser la question sur le contenu des programmes d'histoire : doit on rester sur l'exposition d'événements dans l'optique de perpétuer un roman national (dont les enjeux sont donc mémoriels et non plus historiques) ou doit on utiliser des périodes sans distinctions géographiques ou culturelles comme support pour l'application de méthodes historiques ?
Plus généralement, il confronte différentes visions de l'histoire, notamment celle qui se base sur une opposition continue entre blocs civilisationnels et une autre bien plus nuancée, prenant en compte la complexité des événements et les replaçant dans leur dimension réelle.
Le livre est un bon outil avec des documents visuels reproduits, des références et des cartes. le propos est bien illustré et donc plus vivant.
Ce livre reflète bien les différents questionnements que se posent les historiens dans le domaine universitaire mais fait également la connexion avec l'histoire telle que se la représente le grand publique. Se lit très facilement quel que soit le niveau dans la discipline. Accessible à toutes les personnes intéressées par le sujet.

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little2804
  09 mai 2015
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critiques presse (1)
Bibliobs   20 avril 2015
Cette nostalgie d’une époque qui savait honorer Charles Martel ne repose pourtant sur aucun fondement: voilà ce que démontrent deux historiens, William Blanc et Christophe Naudin.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   27 septembre 2018
[Petite mise en garde personnelle : l'extrait qui suit est tiré d'un des pires livres jamais écrit en langue française, du moins parmi les écrits "modernes". L'un des pires, car non seulement il eût une immense popularité pour son temps - la fin du XIXème siècle - mais parce qu'il fonda pour une large part ce que l'on pourrait qualifier d’ "antisémitisme scientifique" et eût des répercussions bien après sa publication. Cet extrait intéresse les deux auteurs de ce livre car, s'appuyant sur l'histoire pour démontrer ses théories mortifères, Drumont, l'auteur fumeux de "La France juive", cite Charles Martel en exemple. De ce point de vue, il est essentiel de le lire (un peu) afin de mieux comprendre d'où viennent certaines thèses délétères actuelles. Les premières lignes ci-après sont des deux historiens. Suit un long passage tiré de l'essai polémique de Drumont :]

Mais Drumont s'appuie aussi sur l'histoire. Pour lui, le Sémite - qui englobe comme nous le verrons plus que le Juif - a toujours menacé la France et, plus largement, l'Aryen :

«Le rêve du Sémite, en effet, sa pensée fixe a été constamment de réduire l'Aryen en servage, de le mettre à la glèbe. Il a essayé d'arriver à ce but par la guerre et Littré a montré, avec sa lucidité habituelle, le caractère de ces grandes poussées qui faillirent donner aux Sémites l'hégémonie du monde. Annibal qui campa sur les murs de Rome fut bien près de réussir. Abdéramane qui, maître de l'Espagne, arriva jusqu'à Poitiers, put espérer que l'Europe allait être à lui. Les ruines de Carthage, les ossements de Sarrazins que la charrue rencontre parfois dans les champs où triompha Charles Martel, raconte quelle leçon fut donnée à ces présomptueux.
Aujourd'hui le sémitisme se croit sûr de sa victoire. Ce n'est plus le Carthaginois ou le Sarrazin qui conduit le mouvement, c'est le Juif ; il a remplacé la violence par la ruse. À l'invasion bruyante a succédé l'envahissement silencieux, progressif, lent. Plus de hordes armées annonçant leur arrivée par des cris, mais des individualités séparées, s'agrégeant peu à peu en petits groupes [...]. Au lieu d'attaquer l'Europe en face, les Sémites l'ont attaquée à revers : ils l'ont tournée ; dans les environs de Wilna, ce "Vagina Judeorum", se sont organisés des exodes qui ont occupé l'Allemagne, franchi les Vosges et conquis la France.»
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Erik35Erik35   23 septembre 2018
La figure de Charles Martel est-elle forcément associée, dans l'espace politique, à l'extrême-droite ? La question mérite d'être posée. C'est à la fin du XIXème siècle, alors que s'affirme le sentiment national, que naît en France le courant nationaliste contemporain. Celui-ci ne se construit plus seulement sur le désir d'un retour à un ordre ancien fantasmé, mais sur l'affirmation d'une forme exclusive de la citoyenneté. Alors que se crée dans les années 1880 un nouveau «nous» - le corps civique - s'affirme en parallèle un nouveau «eux», une figure inédite de l'étranger que le personnage du Juif va incarner.
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Erik35Erik35   20 septembre 2018
Certes, l'importance de la bataille de Poitiers fait débat, mais la discussion n'occupe pas historiens et écrivains plus que de raison. Si on parle de 732, c'est au détour d'un paragraphe, d'une note de bas de page, pas plus, et Charles Martel ne devient pas l'objet central d'une polémique majeure. Mesurant la fortune éditoriale des grandes figures médiévales dans les biographies et les livres d'histoire entre 1790 et 1990, Christian Amalvi montre que c'est Jeanne d'Arc (780 oeuvres), suivie de loin par saint Louis (325), puis Charlemagne (170) et Louis XI (140) qui ont suscité le plus de travaux. Le vainqueur de Poitiers n'apparaît pas dans les 15 noms les plus cités.
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Erik35Erik35   19 septembre 2018
La bataille de Poitiers est intervenue dans ce contexte, à la suite de la conquête par les Sarrasins de l'Espagne wisigothique et de la Septimanie. Mais il a également fallu tenir compte du côté franc : affaiblissement de la dynastie mérovingienne, indépendance fragile de l'Aquitaine, montée en puissance des Pippinides. La célèbre bataille, si elle n'a pas eu l'impact que certaines idées reçues le laissent à penser, a été importante pour la Gaule, et plus encore dans son utilisation postérieure, par la propagande, dès Charles Martel lui-même.
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Erik35Erik35   22 septembre 2018
La mémoire historique d'un groupe ou d'une nation n'existe pas sans réalité matérielle pour la traduire, que ce soit à travers des textes, des images, des objects décoratifs, des célébrations, toutes ces expressions qui dépassent et débordent les livres écrits par des historiens, encore aujourd’hui réservés principalement (et malheureusement) à un public de spécialistes. En fin de compte, ce sont les fictions romanesques qui vont toucher le grand public.
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