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ISBN : 109188708X
Éditeur : Inculte éditions (22/03/2013)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 14 notes)
Résumé :
A la publication du Métronome de Lorànt Deutsch, les médias saluent unanimement le travail d'un passionné d'histoire sachant se mettre au niveau du public. Pourtant, son approche fait l'apologie de la monarchie, évoque avec nostalgie un passé fantasmé et réduit les révolutions à des instants de terrorisme sanglant. Les travaux de Lorànt Deutsch participent au retour en force de récits orientés, portés, notamment, par des conseillers politiques comme Patrick Buisson ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Erik35
  10 juin 2018
GARE AUX GORILLES...!
S'inscrivant ouvertement dans la veine du célèbre pamphlet philosophique de Paul Nizan - Les Chiens de garde - mais, plus encore sans doute, dans la lignée de son successeur contemporain, succès de librairie absolument inattendu car répondant vraisemblablement à un besoin de compréhension du monde médiatique, généralement nié par ceux qui le domine quotidiennement, que fut la publication de l'opus de Serge Halimi "Les nouveaux chiens de garde", ce Les historiens de garde est une réponse contradictoire à la fois détaillée, précise, complète et engagée à l'encontre de cet engouement, de cette surexposition de ces intervenants médiatiques (écrits ou audiovisuels, lorsque ce n'est pas sur l'ensemble de ces moyens communicationnels qu'on les retrouve) aussi omniprésents qu'ils s'avèrent, bien plus que des historiens sérieux et solides, de véritables machines à populariser des thèses a minima farfelues mais généralement ouvertement réactionnaires, rétrogrades et, pour tout dire, politiquement très orientées.
Ces personnalités plus ou moins connues du grand public sont généralement reçue avec complaisance par la presse, les radios, la TV mais aussi nombre d'institutions politiques peu regardante sur la qualité pour peu qu'on lui serve un discours prémâché facile à vendre (cf Nicolas Sarkozy et la réflexion nationale tronquée et nauséeuse lancée par lui sur les conseils de Patrick Buisson, un ancien du journal d'extrême-droite "Minute" sur l' "identité nationale"). Une complaisance aussi coupable qu'intéressée parce que ces pseudo-historiens-là proposent une histoire clé en main agréable, faites de grands hommes et de belle continuité chronologique et géographique presque sans faille (hormis un cas d'espèce : les phénomènes révolutionnaires, systématiquement dévalorisés, à commencer par notre Révolution Française, assez systématiquement ramenée à deux faits, pour schématiser : la tête de Louis XVI et la terreur. Une complaisance liée aussi au fait que cette interprétation détournée de l'histoire est très aisément "bankable", pour peu qu'on ait la bonne têt de gondole (le "cas" Lorànt Deutsch est à ce niveau exemplaire) et le "storytelling" impeccablement ciselé, malgré des ficelles énormes. L'ensemble va généralement dans le sens du poil d'une bonne partie du public, avide de récits plus sirupeux et immédiatement accessibles que véritablement sérieux et risquant de remettre bien souvent en question des certitudes acquises dans les années d'apprentissage ou... dispensées à longueur d'antenne ou de papiers par ceux-là même qui font profession de vulgarisation de cette vision tronquée, strictement idéalisée et totalement idéologique de notre histoire pourtant incroyablement chaotique où il est pourtant vain de chercher une continuité qui ne vaut que pour ces adeptes du fameux - et dangereux - "Roman National" dans la continuité de prédécesseur lointains mais encore influent que furent des Ernest Lavisse au XIXème et début XXème ou du royaliste Jacques Bainville dont l'oeuvre et la pensée influent encore sur quelques esprits contre-révolutionnaire à travers un "Cercle Jacques Bainville".
Mais qu'on ne s'y trompe pas : ce ne sont pas les thèses elles-même qui sont la cible première de ces trois historiens en colère contre ceux qu'ils nomment donc "Les Historiens de garde" dans cet ouvrage (même si, bien évidemment, ils en critiquent les bien fondés pour des motifs si nombreux qu'il y aurait fallu plusieurs autres volumes). C'est avant tout la méthode de ces historiens auto-désignés qu'ils remettent, avec intelligence, perspicacité et force exemples, en doute. Car si l'histoire n'est pas, comme les mathématiques, une science "exacte" ou "dure", elle n'en figure pas moins à sa juste place au sein des sciences dites "sociales" (s'appuyant d'ailleurs de plus en plus sur la transversalité avec toutes ces matières connexes) et s'appuient sur des méthodes communes à toutes les études scientifiques : étude approfondie des textes, des sources, des archives, apport de l'archéologie et éventuellement de l'archéologie expérimentale, reconstitutions, etc, sont croisés, recoupés, expertisés afin d'en dégager les lignes de force ou de fracture, d'approcher au plus près (sans se faire non plus d'illusion sur le fait que le moindre moment historique ne peut intégralement être recomposé, d'autant plus si le domaine d'étude est chronologiquement, socialement, culturellement très éloigné du notre), mais de le faire en ayant toujours l'humilité de qui ne détiendra jamais nulle vérité définitive, que le doute scientifique doit encore et toujours être le moteur premier en ce domaine d'étude si complexe. Or, nos "Historiens de garde" n'ont que faire de cette approche de l'histoire. Pire : au lieu de prendre les différentes source et leurs éventuelles analyses comme point de départ à leurs théories, ils renversent en grande partie la démarche. Dès lors, seuls les faits, les moments d'histoires qui abondent dans le sens de leur thèse - cet inévitable "Roman National" - ont droit de cité. de là, leur critique pour ne pas dire leur rejet presque systématique de l'histoire vue par les universitaires mais aussi, à l'autre bout de l'enseignement, celui proposé par l'éducation nationale toujours soupçonné de vouloir mettre à bas les certitudes et autres grands hommes (les femmes n'ont évidemment qu'une place dérisoire dans cette fable nationale), de Clovis à Charles Martel, de Charlemagne à Henri IV, de Louis XIV à Napoléon, supposés révéler une sorte de spécificité immémoriale française, sous entendant que ces personnages éminemment historiques ont toujours eu en visu "une certaine idée de la France" quand bien même celle-ci n'existait pas plus sur la carte que sur le territoire. Ce fatras intellectuel n'a pourtant, à y réfléchir quelques instant, pas grand sens si ce n'est une totale et définitive incongruité conceptuelle ou la volonté de faire passer des messages idéologiques précis, renfermés sur eux-mêmes, empestant le nationalisme - malgré les apparences d'un certain patriotisme "bon teint" -, un certain négationnisme (du fait colonial et de sa cohorte d'erreurs et d'horreurs, en particulier). Quant à ce cher Loràant Deutsch, c'est un pur cas d'école car, non content d'adopter cette non-méthode de recherche, il n'hésite pas à trafiquer et même inventer des faits qui n'ont pas la moindre réalité dans l'histoire qu'il prétend vulgariser ! Un comble puisque son fameux Métronome fut un temps âprement conseillé par la ville de Paris auprès des écoles et des institutions.
Une ultime précision : à aucun moment nos trois historiens polémistes ne réclament que l'étude de l'Histoire soit la seule exclusive des "spécialistes de la spécialité" (chartistes, normaliens, universitaires, etc). Bien au contraire ! Sans même devoir rappeler que l'un d'eux au moins (William Blanc) n'est ni enseignant ni universitaire si ce n'est de formation, les trois auteurs en appellent à l'émergence d'une étude plus citoyenne de notre histoire, entremêlant chercheurs "professionnels" et passionnés amateurs mais qui auraient eux-même intégré cette méthodologie absolument essentielle propre à cette matière. Ils rappellent aussi qu'il est plus que jamais temps que ces doctes enseignants descendent de leurs piédestaux, qu'ils fassent oeuvre de vulgarisation intelligente et abordable au risque de se voir toujours un peu plus confisquer leur domaine d'étude par des marchands de rêves plus que douteux.
Quoi que le lecteur pourra penser à la découverte de cet essai polémique, cette ultime recommandation est parfaitement remplie par nos trois libellistes car ce petit ouvrage, dont la première édition date de 2013 aux éditions Inculte, repris et complété d'une longue et explicite postface dans une édition datant de 2016 en format poche et aux éditions Libertalia, se lit comme une véritable enquête historiographique, très aisément et fort agréablement car d'une verve jamais pompeuse ni présomptueuse de style comme de forme ni de fonds. Un texte revigorant pour tous ceux ayant estime et passion pour ce domaine délicat et jamais définitivement fixé des sciences sociales et qui fait définitivement sien cet utile plagiat du titre du passionnant film documentaire de Pierre Carles : L'histoire est un sport de combat !
Ci après, et en complément de cette humble chronique, la retranscription d'un long entretien aussi passionnant que définitivement éclairant sur les intentions de nos trois jeunes historiens :
Les Historiens de garde : de Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national. Dans cet essai d'historiographie et d'histoire critique, les auteurs s'inquiètent du réveil d'une histoire nationaliste dont Lorànt Deutsch est le poste avancé et où l'histoire n'est envisagée que comme support d'un patriotisme rétrograde.
Questions de classe(s) : Pouvez-vous nous expliquer la genèse de ce livre ? le fait de travailler à trois historiens répond-il seulement à une question de spécialisation ? Avez-vous une "histoire" commune ?
Les auteurs : Nous sommes trois à avoir écrit ce livre. Nous avons certes nos différences, mais une chose nous rassemble, c'est la méthode historique. Pour nous, l'Histoire n'est pas un grand mythe qui sert à fédérer une population autour d'une patrie (le "roman national") ou d'un parti, mais bien une pratique d'interrogation critique du passé qui consiste à trouver des sources, à les interroger, à les comparer.
Nous sommes tributaires des réflexions déjà engagées il y a plus de trente-cinq ans par Suzanne Citron (voir son livre essentiel : le mythe national : l'histoire de France en question, première parution en 1987) dont il faut saluer le travail ici, et qui ont été reprises par des collectifs comme Aggiornamento Hist-Géo ou le CVUH (Comité de Vigilance face aux Usages publics de l'Histoire) notamment lors du quinquennat Sarkozy qui a constitué le moment du retour en force du roman national.
QdC : Pouvez-vous définir la notion de "roman national" ?
Les auteurs : Il s'agit d'une version mythifiée de l'histoire nationale, qui induit de l'unité et de la continuité là où il y a eu au contraire des ruptures constantes. Beaucoup d'historiens de garde insistent sur le fait que la France a toujours été "déjà là" pour reprendre l'expression de Suzanne Citron. Pour Max Gallo par exemple, dans son livre L'âme de la France (paru peu avant les élections de 2007 et qui est, plus on y pense, le véritable opus programmatique des historiens de garde), c'est le territoire, le terroir même, qui a sans cesse assimilé les hommes qui s'y sont installés pour les changer en des Français qui ont eu, de tout temps, les mêmes caractéristiques culturelles ou mentales.
Cette continuité souffre, pour tous les historiens de garde, d'une rupture récente qui menacerait selon eux l'identité nationale. Stéphane Bern va même jusqu'à parler de "crise identitaire". Pour les plus radicaux, comme Deutsch, cette brisure s'incarnerait dans la Révolution française qui aurait "coupé la tête à nos racines" [sic]. D'autres mettent ça sur le compte de "la pensée 68", notamment ceux qui, comme Dimitri Casali, se sont investis dans la polémique sur les programmes scolaires.
C'est justement cette polémique qui renseigne le plus sur ce que Nicolas Offenstadt (auteur de la préface du livre) a appelé le néo-roman national. En effet, depuis la fin de la décennie 2000, les programmes se sont ouverts (timidement) sur une histoire plus globale, en proposant d'étudier des civilisations extra européennes, comme la Chine des Han ou les empires africains [empires africains dont l'étude a disparu des programmes 2016]. Certains historiens de garde y ont vu une menace identitaire. Pour eux, l'histoire ne doit pas servir à éveiller une curiosité, à interroger des différences pour mieux se forger une opinion, mais bien à créer un sentiment d'adhésion patriotique basé sur une vision glorieuse de la France.
QdC : Votre livre consacre presque la moitié de la pagination au cas Lorànt Deutsch. Pouvez-vous parler de votre travail de critique sur le livre et les émissions de L. Deutsch, ses méthodes, son idéologie, sa vision de l'histoire ?
Les auteurs : Lorànt Deutsch est un cas d'école. En guise de méthode, il n'hésite pas à inventer des faits afin d'embellir son roman national rétrograde tout en prétendant agir comme un historien et ne rapporter que des événements authentiques. Cela n'aurait pu avoir l'écho qu'on lui connaît si l'acteur et son éditeur avait usé des méthodes les plus agressives du marketing : packaging attrayant (la figure de l'acteur lui-même, qui est l'argument de vente principal) et un storytelling grossier mais efficace. Les résultats sont là : Métronome s'est vendu à plus de 2 millions d'exemplaires, une adaptation télévisuelle a été produite sur une chaîne du service public (qui a coûté un million d'euros), et l'acteur a été invité dans des classes d'établissement publics afin de faire la promotion de son livre.

QdC : L. Deutsch sert de façade sympathique à un courant d'extrême droite incarné par Patrick Buisson et d'autres intellectuels. Pouvez-vous nous brosser le paysage passé et présent de ce courant réactionnaire ?
Les auteurs : Précisons que L. Deutsch a été soutenu par le Bloc Identitaire. Quant à Patrick Buisson, il s'inspire largement de l'Action française qui fit de l'Histoire, au début du XXe siècle, un de ses chevaux de bataille. Il s'agissait à l'époque pour les monarchistes de remettre en cause l'histoire universitaire majoritairement républicaine en réinventant un récit glorieux célébrant l'action positive des monarques tout en fustigeant les mouvements populaires. Cela va passer par la création d'une véritable contre-université (l'Institut d'Action française), mais aussi par la rédaction de nombreux livres de vulgarisation. Parmi ces auteurs, le plus prolifique d'entre eux était certainement Jacques Bainville (1879-1936), dont les oeuvres, - ce n'est pas un hasard -, connaissent depuis une dizaine d'années une nouvelle jeunesse.
Cette radicalité réactionnaire traverse le courant des historiens de garde. Évidemment, la plupart n'assument pas cette filiation. Elle est pourtant bien présente. Jean Sévillia est par exemple un proche des cercles monarchistes du Renouveau français. Dimitri Casali participe au site Boulevard Voltaire et n'hésite pas à en appeler au recours d'un "homme providentiel" à la tête de l'État.

QdC : Vous faites également référence au roman national "de gauche". Quelle analyse en faites-vous ?
Les auteurs : le roman national, dans sa forme originelle, est une création d'historiens républicains où domine notamment la figure d'Ernest Lavisse (1842-1922). Il s'agissait pour eux de faire de la Troisième République l'aboutissement logique de l'Histoire de France, qui finissait par se résumer à la longue marche d'un peuple pour son émancipation (avec, en point d'orgue, la Révolution française).
D'aucuns tentent aujourd'hui de ressusciter ce type de récit, comme Jean-François Kahn qui nous explique sans rire dans son dernier livre que les droits de l'homme ont été inventés par les Gaulois au Ier siècle de notre ère (voir cette analyse sur le site du livre)...

QdC : Dans le dernier chapitre, "L'histoire est un sport de combat", vous voulez répondre "au double phénomène qui relève à la fois d'un repli sur le roman national à des fins identitaires et par des stratégies marketing dont le but n'est ni plus ni moins que de transformer des citoyens libres en consommateurs d'image d'Épinal." Quelles sont vos propositions ?
Les auteurs : Tout d'abord, réagir et sensibiliser le public. Ensuite, proposer une vulgarisation historique de qualité, qui sorte du carcan de l'histoire nationale. Cela passe par l'écriture de livre grand public, mais aussi par le développement de médias alternatifs, comme la radio.
[La deuxième partie de cet entretien a été réalisée en octobre 2016] Plus de trois ans après cette interview, la situation a-t-elle évolué ?
Les auteurs : Oui, et dans le mauvais sens d'abord. Cette rentrée 2016 a été le théâtre d'une vaste offensive des tenants d'un récit identitaire et nationaliste du passé, comme Dimitri Casali. Pareillement, nombre de politiques, à droite notamment, affirment ouvertement vouloir promouvoir le retour du roman national à l'école, comme François Fillon ou Nicolas Sarkozy, mais aussi Emmanuel Macron. Mais, d'un autre côté, nous remarquons que de plus en plus d'historien-ne-s se préoccupent maintenant de proposer de la vulgarisation de qualité en passant par des médias populaires, comme la télévision, la radio ou la bande dessinée. Il faut que ces interventions se multiplient.
QdC : Votre livre a-t-il ouvert le débat dans les milieux enseignants ? Quelle a été la réception du livre ?
Les auteurs : Difficile de répondre précisément pour les enseignants. le livre a permis d'ouvrir un débat plus large sur les usages publics de l'histoire et on sait qu'il a pas mal circulé.
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Hardiviller
  31 août 2017
J'ai lu ce livre en réaction de son contraire , de l'acteur Laurent Deutsch : "Métronome " et " Hexagone " et aussi à cet autre ouvrage " le Paris de Céline" qui aurait été écrit conjointement par le mauvais génie de Sarkozy et monsieur Deutsch , ce que nie ce dernier , affirmant qu'il ne serait que présentateur du livre .
C'est peut-être subjectif , mais " les historiens de garde " m'est bien plus sympathique . Toute idéologie mise à part il faut dire qu'il ne saurait exister différentes versions de l'Histoire , qu'il y ait des interprétations différentes , je le constate mais , seuls les faits bruts m'intéressent , pas les interprétations , toujours sujettes à caution en fonction de la doxa de l'auteur .
Kennedy a été assassiné , c'est bien , c'est mal .... il a été assassiné , point barre ! Son assassin était commandité par la mafia , par ses opposants politiques , c'était un assassin , point barre ! les digressions permettent de trafiquer L Histoire à la sauce que l'on veut , chacun ses opinions . Hélas les livres d'Histoire sont bien trop souvent mensongers , tout autant que les discours des médias cherchant à fabriquer l'opinion au profit du clan au pouvoir .
LE LIVRE : Je n'en donnerai pas de critique personnelle , mon appartenance au courant de pensée opposé à celui de Deutsch et Buisson me faisant peut-être mauvais juge . Voici cependant quelques extraits de critiques parus dans la presse :
--Dans la revue" Lectures " : En 2013 , le médiéviste William Blanc épaulé par Aurore Chéry et Christophe Naudin réagissaient avec " Les historiens de garde " aux ouvrages de Laurent Deutsch .....La présente réédition intervient à un moment où l'acteur est mis en cause par les journalistes de " Buzfeed " pour dénoncer des propos injurieux et menaçants tenus par l'acteur sur les réseaux sociaux à l'égard des critiques négatives concernant ses ouvrages .
Les trois auteurs entendent démontrer que les écrits de Deutsch seraient de piètre qualité mais aussi politiquement tendancieux ..... la force des auteurs est de pointer les erreurs factuelles d'interprétation de faits historiques sujets à caution qui sont induits par l'idéologie de Deutsch qui affirme ce qui l'arrange sans en être bien certain et va jusqu'à dire le contraire de ses sources ....Les soutiens de l'acteur confirment son analyse idéologique de l'histoire : Dimitri Casali , Jean Sévilla , Eric Zemmour qui tous reprennent comme références historiques les écrits de Jacques Bainville , historien et journaliste de " L'action française " .....
Critique signée Vincent Bollenot .
--Dans " le combat syndicaliste " de décembre 2016 : Valls , Sarko , Fillon récemment , rameutant Marianne sans voile , les ancêtres les gaulois , le " récit national " dans les programmes scolaires : le mythe du roman national est de retour en force . Le comédien monarchiste Deutsch est un des fers de lance du moment ...... Une soupe trafiquée d'histoire patriotique qui tend à faire croire que la nation est le fil conducteur , héritée de l'épopée des rois qu'il faut présenter comme un temps d'harmonie sociale , en gommant soigneusement l'oppression .......Les identitaires , les " villiéristes " ( De Villiers ) en font leur miel ..... Ce baratin brandi par des politiciens de droites diverses .... où figure Patrick Buisson ; Ce dernier et Deutsch ont collaboré à la publication du " Paris de Céline " en gommant l'antisémitisme de l'auteur de " Bagatelle pour un massacre " .Le paysage n'oublie pas les tsars de la tchatche télévisuelle : Zemmour , Onfray etc... ni les films de Sacha Guitry......
Le bouquin retient aussi d'autres tripatouilleurs de mémoire Jacques Bainville , Alain Decaux etc .........
Critique signée Nicolas Interco Nantes .

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de
  29 mai 2017
Contre les poncifs du roman national et les légendes contre-révolutionnaires

Dans leur préface, « Les récits rances et l'histoire de plein air », William Blanc, Aurore Chéry, Christophe Naudin parlent des « malins trompeurs », de ceux qui transforment l'histoire en outil d'exclusion « sous l'apparence d'un beau récit national »
Elle et ils expliquent le sens de leur livre, « Il opère un travail critique, aussi approfondi qu'astucieux, pour démonter faussetés, impostures et approximations volontaires, pour faire saillir des intentions à peine masquées, pour situer dans de longues séries des textes qui prétendent à l'actualité ».
Les auteur-es parlent de passé idéalisé fabriqué contre ce qui déplait dans le présent, d'accumulation répétitive de faits choisis, de non mise à distance, « le passé ne se fixe pas par testament chez le notaire », de l'histoire comme discipline, des mots et des catégories historiques, de démarche critique, du passé dans l'espace public démocratique, de lecture de documents, de l'incertitude des évolutions jamais données d'avance, « il est important de lutter pour que l'étude du passé et les réflexions auxquelles elle conduit demeurent un lieu ouvert »…
Des analyses précieuses sur les « historiens de garde », ces nouveaux « chiens de garde » réactionnaires et faussaires, sur l'enfermement d'un « cadre national et héroïque », le fantasme d'une « identité nationale » transcendant le temps, les petits et grands arrangements avec les réalités, les reconstitutions fantaisistes et les images d'Epinal, les affabulations, les mythes pris comme des faits « sans tenter de comprendre leur signification », des continuités tressées comme des mécanismes au futur déjà contenu…
La Gaule, Paris, un Louvre sur mesure, une cathédrale au fond d'un parking, la haine des révolutions, le mépris du « peuple », la valorisation de la royauté, l'imaginaire « génocide vendéen », l'approche historico-religieuse et le refus de la laïcité, les liens entre « histoire, identité et religion », la détestation de la commune, les traditions réactionnaires…
Je souligne les pages sur les royalistes d'hier et aujourd'hui (sur ce sujet, Jean-Paul Gautier : La restauration nationale), l'idéalisation de la monarchie, la valorisation d'un patrimoine limité (même avant la création de cette notion), la crispation sur le « millénaire capétien », l'histoire comme apologie d'une certaine vision politique… sans oublier l'exaltation de la colonisation, les fictions historiques « centrées sur la glorification des grands hommes », les légendes noires contre-révolutionnaires, les emballages divertissants « aux allures inoffensives », les plongées dans la nostalgie, les discours émotionnels et simplificateurs, la vague anti-intellectuelle…
Les auteur-e-s proposent, contre ces histoires au rabais, les moyens d'une histoire à la fois « scientifique » et chaude des récits, la vulgarisation non réductrice des hypothèses, des méthodes adéquates à leurs objets.
Elles et ils soulignent des « compromissions » d'hommes et de femmes de « gauche », font un retour sur certains historiens et une certaine conception de « l'histoire de France », abordent la fascination pour l'histoire-spectacle et le développement de l'histoire-business…
Les nouveaux « historiens de garde » construisent un néoroman national, figent « dans un même moule l'histoire et l'identité », développent des idées ouvertement réactionnaires et xénophobes, se font passer pour des victimes méthode qu'ils partagent avec la droite extrême, les conspirationnistes et les négationnistes de tout poil.
« Il ne s'agit plus d'aiguiser l'esprit critique, de susciter des découvertes puis des analyses, mais de vendre une forme de bien-être nostalgique », donc, rien qui permette aux citoyen-ne-s de prendre parti.
J'ai volontairement choisis de ne pas citer de noms.
Dans leur postface à l'édition de 2016, William Blanc, Aurore Chéry, Christophe Naudin reviennent sur la réception de leur livre, sur le soutien des médias aux historiens de garde, sur les récupérations de l'histoire à des fins nationalistes par la droite extrême mais aussi par des personnalités se réclamant de la gauche d'émancipation, sur la contestation renforcée d'une partie des enseignements – en particulier ceux autour de l'islam, de la traite négrière, de l'esclavage, de la colonisation ou de l'immigration. Elle et ils abordent l'histoire et l'engagement politique, la fausse neutralité politique, la prise de distance nécessaire pour comprendre le point de vue des femmes et des hommes que l'on étudie, l'histoire comme science qui n'a rien d'une « science froide », l'empathie avec les sujets étudiés, le refus d'un regard égocentrique, l'incomplétude et le caractère imparfait des connaissances, « le récit du passé n'est jamais clos »…
Elle et ils soulignent que face aux blessures mémorielles, « la meilleure réponse à apporter n'est pas d'imposer un récit fermé, venant d'en haut, un roman national, quelle que soit sa couleur politique, mais de présenter les recherches historiques comme un possible outil de mise à distance collective ».
William Blanc, Aurore Chéry, Christophe Naudin proposent de développer une approche plus critique de l'histoire dite nationale, de rompre avec l'idéal de méritocratie républicaine, d'étendre l'histoire publique…
Lien : https://entreleslignesentrel..
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narmiz
  09 juin 2013
Oh le joli pamphlet que voilà ! Comme on les aime : court, vif, efficace, documenté, avec ce qu'il faut de mauvaise foi et d'acidité, mais au service d'une vraie thèse, et qui la défend brillamment.
Au départ, on sent bien qu'ils ont été plus qu'énervés par le succès de librairie et médiatique de Lorant Deutsch et de son « Métronome ». Tellement énervés qu'ils consacrent 4 chapitres (sur les 6 de l'ouvrage) à démonter son argumentaire, son dispositif scientifique, ses présupposés idéologiques, ses liens politiques, ses connections médiatiques…Rien ne trouve grâce à leurs yeux et, il faut bien le dire, ils font souvent mouche. On s'étonne d'ailleurs qu'il ait fallu attendre ce livre pour trouver une vraie charge contre l'acteur « historien », tellement il semble prêter facilement le flanc à la critique.
Echauffés par ces banderilles, les 3 auteurs élargissent leur propos, de manière assez élégante et convaincainte, aux tenants du « roman national » d'une part, y compris Bainville, Jean Sévillia, Sacha Guitry, le Castelot/Decaux de la Caméra explore le temps, ou le Puy du Fou, et d'autre part à la nouvelle garde des historiens médiatiques, à la Franck Ferrand et Stéphane Bern, ou encore Eric Zemmour et Dimitri Casali.
Ils prônent dans une conclusion judicieuse et sensée une histoire qui sache éviter la tentation du « roman national », de droite comme de gauche, voire du « roman européen », mais qui au contraire réhabilité l'histoire comme discipine de savoir, ouverte sur le monde, ouverte à la critique, sans doute plus ouverte à la société, ayant moins peur du débat, de la vulgarisation mais aussi de la pédagogie sur ses méthodes et ses principes. On ne saurait dire mieux.
Cerise sur le gâteau, quelques conseils de lectures dans la bibliographie dont on n'a qu'une hâte : démarrer la lecture.

Lien : http://lespicilege.wordpress..
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Joad
  07 novembre 2018
En dépit de toutes les qualités de l'ouvrage, et elles sont nombreuses, on ne peut s'empêcher de penser que ce réquisitoire, justifié, contre ces pantins (ou furoncles... C'est au choix) de l'histoire touche des lecteurs convaincus d'avance que les thèses nauséabondes de cette « droite réactionnaire » le sont précisément: c'est ainsi que les pages les plus intéressantes sont celles qui démontent minutieusement les rouages anciens des idoles nouvelles, celles de la « Nouvelle garde ».
Paradoxalement, c'est lorsque qu'il y a recours à l'histoire (pour « l'ancienne garde ») que l'on s'ennuie le plus. On regrette également le passage autour de P.Buisson. On ne sait d'ailleurs pas s'il est trop exposé (jusqu'au titre) ou pas assez car partant dans beaucoup de généralités, on a parfois du mal à débusquer le Buisson pourtant bien ardent.
On déplore enfin un aspect purement formel: la notion de garde. Après tout, une garde s'imagine comme « action, fait d'entourer de soins attentifs et vigilants » (cnrtl) et donc comme quelque chose de finalement positif, de la même manière que le « bastion »... Deux termes qui s'opposent à d'éventuels envahisseurs. On en vient donc à la question suivante: qui sont les envahisseurs? Peut-être faudrait-il inverser les rôles car, à première vue, les historiens veilleurs ou chiens de garde sont autant acharnés des deux côtés (et heureusement). N'oublions pas que la « garde meurt mais ne se rend pas ».
Enfin, et de manière à nouveau paradoxale, même si le présent est souvent présent dans l'ouvrage, il n'y a pas de réaction concrète aux réactionnaires (ou anti-modernes). Certes, l'histoire est un combat mais « Que faire? ». Les réponses sont de:
- Faire comme les sciences exactes (dures?)
- Créer des débats, notamment via internet.
- Instaurer des cours du soir.
- Multiplier les groupes de recherches locaux.
- Faire éclater des controverses publiques.
C'est beaucoup et peu! Beaucoup de promesses un peu floues. Un florilège d'initiatives locales aurait pu être plus bénéfique (et il y en a). La place publique, elle, se dérobe depuis longtemps, malgré quelques résistances éparses et fugaces (de Fabrice Dalmeida à Pascal Ory en passant par Nicolas Offenstadt).
Il y a bientôt 40 ans Pierre Vidal-Naquet mordait déjà à la vérité un autre furoncle, BHL, dans Le Nouvel Observateur (http://www.pierre-vidal-naquet.net/spip.php?article49) ... L'un est décédé depuis, l'autre intellectuellement décédé mais médiatiquement possédé.
Ainsi, à la question « Que faire? » de Lénine répond une autre question:
« Où sont les historiens? » ... Pas assez là, assurément, pour appeler au calme.
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critiques presse (2)
Lhumanite   22 avril 2013
Ce livre défend donc la démarche qui doit guider le travail des historiens: analyse critique des documents, élaboration d’un questionnaire, étude et éventuelle remise en cause des travaux publiés précédemment, mise en scène des faits…
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Liberation   08 avril 2013
Que faire alors pour satisfaire l’appétit d’histoire des Français, sans les assommer et à une heure de grande écoute ? Les auteurs restent assez vagues. [...] On retiendra plutôt la finesse de leurs analyses sur les «historiens de garde».
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   08 mai 2018
C'est sans doute là que se situe la différence majeure entre «les historiens de garde» et les tenants de toute forme de roman national et nous [les historiens "scientifiques"]. Nous fouillons le passé pour partir à la rencontre d'un Autre et tenter de le comprendre. Eux tente de tordre le passé pour justifier leurs choix et leurs obsessions d'aujourd'hui. Loin d'apercevoir une altérité dans le passé, ils ne partent qu'à la recherche de leur propre reflet égocentrique.
Cette mise à distance de soi qui définit, bien plus qu'aucun titre universitaire, la pratique historienne, ne fait pas de ceux qui en font leur métier et leur passion des surhommes. Quiconque a fait des recherches historiques sait pertinemment à quel point nos recherches restent imparfaites. On ne peut reconstituer exactement le passé, notamment celui des sociétés où les sources sont rares, malgré l'apport précieux de l'archéologie. C'est encore plus vrai pour les catégories sociales les plus modestes qui, jusqu'à une date récente, ont laissé peu de traces. Et si nous pouvons parfois avancer quelques certitudes, celles-ci pèsent toujours bien peu face à la masse de notre ignorance.
Cet état de fait enseigne au pratiquant de l'histoire - car oui, l'histoire est avant tout une pratique qui ne nécessite en rien des grades académiques - la modestie et à considérer que le récit du passé n'est jamais clos. C'est pour cela que les affirmations péremptoires des «historiens de garde» qui prétendent en trois lignes analyser des phénomènes historiques complexes nous font réagir.

[Extrait de la postface à l'édition de 2016]
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Erik35Erik35   02 mai 2018
Le très large consensus médiatico-politique entourant Métronome est symptomatique de la coupure existant entre la société et l'histoire scientifique. Derrière ce fossé se cache une absence de réflexion sur la rôle que l'on assigne à cette discipline, qui est au mieux assimilée à une culture de niche réservée à une élite. La faute en incombe peut-être aux historiens, mais surtout aux politiques et au monde médiatique. Métronome correspondrait, selon eux, au goût du public. Mais en le soutenant, en lui permettant d'occuper un espace sans commune mesure avec ses qualités intrinsèques, n'ont-ils pas imposé l'ouvrage de Lorànt Deutsch dans les goûts du grand public ? Pensent-ils que l'histoire n'a comme vertu que d'être le levain du patriotisme le plus primaire ? L'idée, en tout cas, n'est pas neuve.
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Erik35Erik35   30 avril 2018
L'historien serait donc confiné, selon l'un des conseillers de l'ex-président de la République [NB : Henri Guaino, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy], à un rôle de vérification chronologique et à taire toute interprétation. Autant dire qu'il ne sert à rien. pourtant l'affaire "Métronome" peut aussi être un moyen pour les historiens de réaffirmer leur rôle dans la cité, un rôle engagé, qui, sans donner de leçons, rappelle simplement les limites entre affabulation, mythes (qu'ils soient nationaux, religieux, politiques) et histoire. C'est pour cela que petit à petit, nombre d'entre eux (citons entre autres Nicolas Offenstadt, Gérard Noiriel, Christophe Prochasson, Joël Cornette) ont fini par critiquer ouvertement les ouvrages de Lorànt Deutsch, qui, contrairement à ce qu'il affirme, n'est pas confronté à une cabale de militants politiques, mais bien à des professionnels qui entendent défendre une histoire de qualité pour tous.
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Erik35Erik35   03 mai 2018
Si au temps de Lavisse le roman national permettait d'insuffler un sentiment patriotique aux soldats, il devrait aujourd'hui, pour M. Casali, servir à préparer des futurs VRP aptes à gagner des parts de marché en usant de l'histoire et du patrimoine comme d'un produit touristique et ludique. Cette dystopie entrepreneuriale a un ennemi : l'histoire scientifique, critique et publique, qui enseigne la distance, la réflexion, et qu'il faut en fin de compte étouffer ou contourner. Ces dernières années, rarement l'offensive aura été aussi ample.

[Cette conclusion de chapitre suit la retranscription d'une intervention radiophonique de M. Casali dans l'émission d'Eric Brunet sur RMC.
M. Casali y développe l'intérêt éminemment économique, touristique et même marchande de l'histoire vue comme un roman national.]
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Erik35Erik35   29 avril 2018
Loin d'exonérer les communards de quoi que ce soit, nous avons simplement voulu montrer ce que pouvait être le travail d'un historien. Confronter les sources, aller dans les archives, dépasser les légendes et surtout, surtout, ne pas en créer d'autres. Il ne s'agit pas non plus de se poser en procureur ou en défenseur de quiconque, pas non plus de «juger», mais d'expliciter les faits et de les expliquer. Tout l'inverse du propos de Lorànt Deutsch.
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