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EAN : 9782377290444
Libertalia (18/10/2018)
4.18/5   31 notes
Résumé :
Cet ouvrage met en lumière les liens entre la création des super-héros et une volonté politique liée à des événements de l'histoire des Etats-Unis, à travers l'exemple de Captain America, créé pour combattre Hitler dans des comics ou celui de Wonder Woman pour promouvoir l'émancipation des femmes, entre autres.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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ErnestLONDON
  30 mars 2022
Depuis l'apparition de Superman en juin 1938, les super-héros ont envahi la culture populaire planétaire et constituent « une mythologie largement diffusée dans l'industrie des loisirs en ce début de XXIe siècle ». L'historien William Blanc montre comment, imaginés d'emblée comme des « outils politiques » par leurs créateurs issus de milieux modestes, ils ne peuvent être réduits à de simples produits de divertissement : Captain America devait corriger Hitler et Wonder Woman promouvoir l'émancipation des femmes.
(...)
Personnellement peu familier de cet univers, mais toujours curieux de comprendre ce que véhiculent les différentes cultures populaires, cet ouvrage nous aura, sinon réconcilié avec le genre, tout du moins profondément captivé. Loin d'être de simples divertissements, les aventures des super-héros sont indissociables de l'histoire américaine contemporaine, et bien plus subversives qu'elles n'y paraissent au prime abord.
Article complet sur le blog :
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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Flaubauski
  12 janvier 2022
Historien qui a choisi de s'intéresser au rôle des super-héros dans la société états-unienne, William Blanc nous présente dans cet ouvrage, riche et accessible, tant en termes d'analyse qu'en termes d'iconographie, comment certains de ces personnages, qui ont commencé à apparaître dans les comics dans les années 1930, ont été utilisés politiquement par leurs auteurs, pour décrire des faits de société, en dénoncer...
Ainsi, nous sont proposées, dans de courts chapitres, des mises en perspective politique de super-héros, comme Superman, Batman, Wonder-Woman, The Punisher... selon leur moment de création, et au fil de leur évolution, graphique et cinématographique, depuis cette création.
Une découverte intéressante : même si je n'ai pas finalement appris grand chose, j'ai au moins découvert des personnages qui m'étaient totalement inconnus, comme Howard The Duck !
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ZeroJanvier79
  18 janvier 2019
Super-héros, une histoire politique est un ouvrage publié en octobre 2018 chez Libertalia, un éditeur que j'ai découvert à cette occasion. Son auteur, William Blanc, est un historien médiévaliste, spécialiste des cultures populaires, qui s'était notamment fait connaître en co-signant en 2013 avec Aurore Chéry et Christophe Naudin Les Historiens de garde , un livre qui s'attaquait à la façon dont des personnalités comme Lorànt Deutsch ou Patrick Buisson racontaient l'Histoire comme un roman national à des fins idéologiques.
Le propos est tout autre ici, avec le livre consacré aux comics, aux super-héros, et à la façon dont ces oeuvres populaires ont aussi été tout au long de leur histoire des outils politiques et idéologiques.
" Cinéma, séries télévisées, romans, jeux… les super-héros, nés il y a quatre-vingts ans avec l'apparition de Superman, ont envahi la culture populaire planétaire.
Loin d'être un simple produit de divertissement, le genre super-héroïque a été pensé dès son origine comme un outil politique par des auteurs issus de milieux modestes. Captain America a ainsi été créé par deux auteurs juifs pour corriger Hitler dans des comics avant même que les Etats-Unis n'entrent en guerre, alors que Wonder Woman a été pensée pour promouvoir l'émancipation des femmes.
D'autres super-héros ont rapidement eu pour fonction de faire croire à l'existence d'un futur radieux à portée de main dans lequel le modèle démocratique se répandrait sur l'ensemble du globe pour triompher des tyrannies » féodales » totalitaires. Plus tard, de nouveaux personnages plus troubles ont symbolisé une Amérique en plein doute, frappée de plein fouet par la crise pétrolière et la défaite au Vietnam, puis le 11 septembre 2001.
Evoquant tour à tour Superman, Batman, WonderWoman, Captain America, Namor, l'Escadron suprême, Black Panther, Luke Cage, Green Arrow, Red Sonja, Howard the Duck, Punisher, Iron Man, les super LGBT et Wolverine, cet ouvrage se propose d'explorer les discours politiques qui se cachent derrière le masque des surhumains. "
Après une très bonne préface signée Xavier Fournier, l'un des plus grands spécialistes français des comics, et une brève introduction par l'auteur, le corps du livre se compose de 28 chapitres, chacun étant consacré à un super-héros ou un phénomène particulier, l'ordre étant principalement chronologique.
Après un premier chapitre sur la naissance des super-héros et notamment la symbolique des châteaux médiévaux par opposition au futur, on commence par le premier super-héros, Superman, symbole du futur et d'une Amérique en pleine ascension. Suit Batman, plus sombre et qui interroge sur les crises urbaines. L'auteur montre bien l'opposition entre les deux héros et notamment leurs villes respectives : Métropolis et Gotham City étant les deux faces d'une même pièce : la ville américaine, tour à tour stimulante et angoissante.
Wonder Woman apparait ensuite comme un symbole de libération pour les femmes, quand Captain America réunit toute l'Amérique contre un ennemi commun : le fascisme. Dans les années 1960 et 1970, d'autres super-héros vont faire leur apparition et coller à l'actualité et aux préoccupations des américains et du monde en général : Namor pour la décolonisation en l'Afrique, Black Panther pour la lutte pour les droits civiques, Green Arrow pour la question sociale, etc.
L'auteur évoque également des super-héros que je ne connaissais pas ou très peu, comme Red Sonja, une barbare alliée de Conan, devenue égérie du féminisme, Howard the Duck, candidat à l'élection présidentielle de 1976 face à Ford et Carter.
Sont également évoqués le Punisher, pendant violent de Captain America, lui aussi ancien combattant d'une guerre (d'abord le Vietnam puis l'Afghanistan) et qui prend les armes pour se venger des criminels qui ont massacré sa famille, Iron Man, un chevalier qui fait s'interroger sur l'industrie de l'armement et le rôle des Etats-Unis à l'international, ou Wolverine, anti-héros ou « dernier » super-héros, symbole d'un pessimisme ambiant sur l'avenir de notre monde.
Plusieurs chapitres disséminés au fil du livre, mais toujours de façon logique, abordent des sujets transversaux : la réutilisation d'anciennes images pour les comics (la figure de Jeanne d'Arc ou le mythe arthurien), les rapports entre super-héros et baseball, et les questions LGBTQ dans un chapitre passionnant.
Ce livre fait plus de 350 pages mais je l'ai lu en moins de trois jours. D'abord car il m'a passionné : j'ai dévoré chaque chapitre en étant impatient de lire le suivant. Ensuite car l'ouvrage est truffé d'illustrations : chaque chapitre s'achève avec en moyenne une dizaine d'images référencées dans le texte, et il y a également un cahier couleur de 32 pages au milieu du livre. Enfin, car l'auteur mêle parfaitement culture populaire et histoire sociale et politique, ce qui était semble-t-il son objectif : il est largement atteint avec cet ouvrage captivant !
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PaulineDeysson
  27 juillet 2019
Essai acquis suite à la conférence de William Blanc au Salon Fantastique de Paris 2018, Super-héros : une histoire politique analyse l'évolution des États-Unis au fil de la naissance d'icônes comme Batman, Superman, Iron Man ou Wonder Woman. Loin de se résumer à des amas de clichés exaltant de manière manichéenne la toute-puissance américaine, les super-héros, souvent créés par des personnes issues de communautés juives ou noires, incarnent le rêve mais aussi les contradictions et les faiblesses d'un pays qui s'est voulu maître du monde durant le XXème siècle. Découvertes et réflexions sont au rendez-vous dans ce texte passionnant, amplement illustré, qui démontre avec brio la profondeur des surhumains costumés.
Combat de l'avenir contre le passé, de la liberté contre le totalitarisme, pour les droits des femmes, des noirs et des homosexuels, le genre super-héroïque rejoint en maintes occasions le camp des contestataires, que combattent avec ferveur les puritains blancs. Super-héros : une histoire politique nous apprend ainsi que les antagonistes des comics ont longtemps vécu dans des châteaux médiévaux et souligne le parallèle entre l'habillement des religieux fanatiques au temps de l'Inquisition et celui des membres du Ku Klux Klan. Batman lui-même, derrière ses armes de haute technologie, se comporte en tout point comme les chevaliers du passé. À l'inverse, le caractère extra-terrestre ou divin de personnages comme Superman ou Wonder Woman nous rappelle que la perfection ne peut être qu'inhumaine.
Les personnages analysés dans les pages de Super-héros : une histoire politique dressent en creux l'histoire des États-Unis. Créé en 1941, Captain America, drapé dans les oripeaux du drapeau américain, a pour vocation de combattre l'Allemagne nazie, avec l'aide d'une armée vue comme bénéfique. Quelques décennies plus tard, en 1974, le Punisher dresse le portrait d'un soldat à la gâchette facile, traumatisé par la guerre du Vietnam. Hulk rappelle l'horreur et la violence massive de la bombe atomique. Wolverine a été torturé par l'armée pour devenir une machine à tuer. le pays qui se rêvait en puissance mondiale et rêve d'avenir à travers Superman a connu de nombreux échecs qui lui ont fait perdre ses illusions, et pousse même certains héros à émigrer, loin d'une terre qui, en dépit de ses promesses, a trop souvent cédé aux trompettes de l'impérialisme et du racisme.
J'ai trouvé les parallèles dressés entre le Moyen-Âge et les super-héros très pertinents : j'aurais aimé que le texte analyse davantage de personnages.
Pauline Deysson - La Bibliothèque
Lien : http://www.paulinedeysson.co..
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SaigneurDeLivres
  11 mai 2022
Un ouvrage vraiment intéressant sur les questions politiques à travers les super héros. William Blanc nous gâte à travers ses analyses tout en ayant une écriture fluide et très agréable. Chaque chapitre s'arrête sur un super héros en particulier et sur les questions politiques qui lui sont liés, montrant la diversité et la richesse des héros de comics.
À ceux qui s'intéresse aux comics (même si c'est seulement à travers les films), c'est un livre à lire !
À quand un prochain sur d'autres héros ??!!
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critiques presse (1)
BDZoom   19 octobre 2018
William Blanc, historien médiévaliste, signe avec « Super-héros une histoire politique » un des meilleurs ouvrages sur les comics…
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
ErnestLONDONErnestLONDON   13 mars 2022
Depuis les années 1940, Captain America reprend régulièrement du service pour pointer du doigt les éléments qui menaceraient l'unité nationale et la pérennité du melting-pot et combattre aux côtés de super-héros qui incarnent des communautés accédant à la pleine citoyenneté. 
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KjeldKjeld   04 novembre 2018
Avec Tony Stark, le chevalier arthurien, parangon des vertus et modèle d'une masculinité idéalisée, se mue en guerrier technologique qui emprunte également à la mythologie typiquement américaine associée à Thomas Edison (1847-1931). En effet, à travers cette figure controversée d'entrepreneur, tout un pan de la culture populaire d'outre-Atlantique a célébré, dans des récits désignés sous le nom aujourd'hui d'edisonade, l'archétype de l'inventeur génial parti de rien et améliorant le sort de l'humanité grâce à ses inventions. Encore aujourd'hui, cette imagerie fait partie des lieux communs employés pour décrire les parcours de grands patrons de la Silicon Valley, comme Bill Gates en passant par Steve Jobs, ou bien Elon Musk, directeur du programme spatial privé Space X. Dans les comics, ce type de personnage et largement présent sous les traits de Bruce Wayne, mais aussi de Reed Richards (alias Mister Fantastique), d'Iran Fist ou de certaines versions de Green Arrow. (p. 284)
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KjeldKjeld   28 octobre 2018
[...] Mais les créateurs de Bruce Wayne lui adjoignent un élément nouveau : son costume, qui lui confère l'apparence d'une chauve-souris géante. Beaucoup ont cherché l'origine de cette caractéristique étonnante dans des personnages comme Zorro (qui voit le jour en 1919) ou bien dans le film noir The Bat Whisper (1930). Il faut sans doute ajouter à cette liste le comic strip arthurien Prince Vaillant de Harold Foster. Dans les épisodes publiés entre décembre 1937 et janvier 1938, le jeune chevalier venant de Camelot doit reprendre un château à une bande de brigands. Remarquant leur crédulité, il décide de ruser et se grime en monstre afin de les terroriser. Affublé d'un masque et d'une longue cape noire flottant au vent, "il se rend invisible dans les recoins sombres. Surgissant à l'improviste, il glace le sang des hommes de main". (p. 60)
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SebastienCreoSebastienCreo   04 juillet 2021
Contrairement à ce dont ils seront accusés dans les années 1950, pendant les enquêtes qui aboutiront à la création du Comic Code (voir chapitre IV), la grande majorité des auteurs de comics ne rêvent donc pas de créer, à l'exemple des nazis, une race d"Übermenschen - de surhommes - écrasant les "sous-hommes".
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SebastienCreoSebastienCreo   04 juillet 2021
Durant l'élection présidentielle de 2008, l'un des artistes les plus connus de l'industrie des comics, Alex Ross, prend ouvertement position pour Barack Obama et le dépeint à l'image de Superman, en train d'enlever sa veste, révélant un costume rouge et bleu frappé d'un immense "O" sur la poitrine.
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Videos de William Blanc (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de William Blanc
Christophe Naudin est un historien, professeur dans un collège. Ses travaux portent notamment sur l'islam médiéval et l'islam politique. Il y a quelques années il avait publié avec William Blanc "Charles Martel et la bataille de Poitiers", un ouvrage sur les récupérations politiques de la célèbre confrontation.
Le 13 novembre 2015, le professeur était au Bataclan avec deux amis, un est malheureusement décédé. Resté caché dans un cagibi, pour sortir il a du enjamber les cadavres... Des faits racontés dans son ouvrage "Journal d'un rescapé du Bataclan" aux éditions Libertalia.
Un récit souvenir brut de ce que l'auteur a vu et entendu ce soir-là, mais aussi une réflexion que le narrateur se fait d'un point de vue historique. "Lorsque j'écris ce journal, j'ai besoin d'évacuer les choses. J'y décris ce que j'y ai vécu sans me rendre compte que je suis dans une démarche d'historien. J'ai mis trois ans pour l'écrire, le temps de me reconstruire, de faire des rencontres et petit à petit j'interviens moins dans le livre, je réagis de façon moins épidermique, la colère s'estompe et j'arrive à prendre du recul."

Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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