AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782714478344
Belfond (25/01/2018)
4.06/5   206 notes
Résumé :
28 octobre 1980. Jefferson Petitbois, condamné à la peine de mort, est incarcéré à la maison d'arrêt de Fresnes. Pour rejoindre sa cellule dans le couloir de la mort, il croise la "Louisette". Comme un outrage à la dignité humaine, un doigt d'honneur à la vie, la guillotine trône au milieu de la cour. Accompagné de deux gardiens, il la frôle et sent son odeur de graisse et de limaille. Dix-sept ans ! Suffisamment grand pour tuer donc assez vieux pour mourir... Deux ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
4,06

sur 206 notes
5
47 avis
4
36 avis
3
4 avis
2
2 avis
1
0 avis

Jeanfrancoislemoine
  30 avril 2018
J'ai rencontré Christian Blanchard hier après midi à la fête du livre de Limoges.Son enthousiasme m'a convaincu et j'ai commencé la lecture d'Igoba" dès mon retour à la maison.
Aujourd'hui,je viens de sortir de l'enfer où il m'avait convié. L'enfer,c'est une prison.Le condamné c'est un certain Jefferson Petitbois.Sa condamnation ,c'est la mort,rien de moins.Et l'enfer,c'est aussi et surtout l'attente,l'attente du matin où on viendra le chercher pour le conduire à la "Louisette". Son crime,on l'ignore....Seule compte sa solitude,pour le moment...
Dix mètres carrés, l'isolement,l'attente,voici la vie de Jeff,17 ans en 1980,condamné à mort....
1980,1981,-Mitterand au pouvoir,la peine est commuée en prison à perpétuité. ...et commence alors une autre attente...de rien! Pas d'avenir,un présent désespérément fait de solitude,un passé sans cesse ressasse .Et,aussi etrange que cela puisse paraître, me voici pris d'empathie pour ce personnage dont je ne me sentais guère proche depuis le début.Mieux même ,ses angoisses deviennent mes angoisses,et j'ai envie d'avancer dans le roman,pour savoir,bien sûr mais aussi pour "sortir,sortir,sortir"de l'enfer dans lequel je suis englué. ..
C'est un roman noir dur,oppressant.Le style de l'auteur colle au sujet,sec,brutal,questionnant.
Je ne connaissais pas cet auteur,il m'a vraiment importune,dérangé, interpellé ,bousculé et...j'ai adoré C'est avec ce genre de roman que l'on peut affiner sa réflexion ,porter un regard plus critique sur les comportements sociétaux ,ne pas rester dans l'émotionnel mais le dépasser .Et ça ,c'est difficile,quand l'actualité nous met sous le nez certaines atrocités brutales , revoltantes,insupportables.
Monsieur Blanchard,vous avez aiguisé ma réflexion, me voilà désormais enfermé dans mon "moi"et ce n'est pas une position naturellement confortable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          602
Ziliz
  06 avril 2019
« Je suis toujours vivant… et toujours dans l'attente de ne plus l'être. »
Lorsqu'on rencontre Christian Blanchard sur un salon, il dit apprécier (presque sans réserves) l'oeuvre de Karine Giebel et en particulier 'Meurtres pour Rédemption'. Moi aussi, ça démarre bien !
'Iboga' nous immerge également dans le milieu carcéral, et plus exactement dans la tête de Jefferson, un jeune détenu de dix-sept ans promis à la guillotine. Nous sommes en France, en 1980, à quelques semaines des élections présidentielles. Le condamné peut-il espérer une grâce ? Cette décision est à double tranchant pour un homme politique (mais je m'éloigne du livre)...
Contrairement à Karine Giebel, Christian Blanchard ne donne pas dans la caricature et le spectaculaire. Les rapports humains (même les plus violents) et les sentiments sont décrits plus subtilement. L'intrigue est à la fois simple, pleine de surprises, crédible et bouleversante.
La couverture est trompeuse, on peut s'attendre à des affaires de gangs, de caïds, avec pléthore d'action et d'effusions de sang. On n'est pas dans ce registre, mais dans une analyse fine du parcours d'un tueur. Mieux : dans la tête d'un homme sans ancrage, sans enfance - qu'on se surprend à aimer et à vouloir aider quoi qu'il ait pu faire.
« Je suis une erreur de la nature que la justice humaine va effacer. »
Grandiose ! ❤️
___
Voir aussi 'La dernière marche' (Tim Robbins, 1995), La Ligne verte (Frank Darabont, 1999, d'après un roman de Stephen King), lire 'En ce lieu enchanté' (Rene Denfeld), 'L'arbre des pleurs' (Naseem Rakha)...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          564
si-bemol
  02 mai 2019
28 octobre 1980. le verdict de la Cour vient de tomber : pour Jefferson Petitbois, jeune black assassin de dix-sept ans, “suffisamment grand pour tuer donc assez vieux pour mourir”, ce sera la peine de mort… Et ce sera le début de l'attente, entre terreur, révolte et colère dans le couloir de la mort, avec dans la cour, de l'autre côté de sa cellule, la guillotine - Louisette - qui attend, patiente, et affûte sa lame.
L'attente sera en fait interminable : grâce présidentielle puis abolition, en 1981, de la peine de mort… sa peine est commuée en réclusion à perpétuité. Une perpétuité de jours et d'années, à l'isolement, sans avenir, sans projets, sans espoir. Que faire encore d'une vie qui n'a plus aucun sens, à tourner en rond dans sa cellule, dans ses souvenirs, son angoisse et ses regrets ? Dix-huit ans et une perpétuité de vide devant soi. Enfermé et absolument seul.
Christian Blanchard place le récit, à la première personne, dans la bouche de son héros qui raconte par bribes et sur plus de vingt ans son enfance à l'abandon, son parcours chaotique, ses blessures, sa dérive... jusqu'à sa rencontre, à quatorze ans, avec Max, mentor diabolique, gourou dément qui voit en lui l'Élu du chaos, un nouveau Messie de ténèbres et de sang. Sous l'influence conjuguée de Max et de sa drogue - l'Iboga - il commettra douze meurtres, aussi atroces que gratuits.
Avec "Iboga", Christian Blanchard ne nous propose pas un récit carcéral de plus parmi bien d'autres mais une immersion dans la psyché d'un individu placé dans des conditions extrêmes de solitude et de désespérance. le choix du point de vue narratif est habile puisqu'il provoque immédiatement et mécaniquement chez le lecteur une compréhension - voire une empathie - qui rend cette exploration en profondeur particulièrement sincère et poignante. Toutefois, en raison de la lucidité de son personnage sur lui-même (“je suis une erreur de la nature que la justice humaine va effacer”, dit-il), il évite par ailleurs l'écueil de la complaisance et de l'auto-justification chez cet homme qui n'éprouve aucun remords, le dit et ne se cherche pas d'excuses.
Venue à bout en quelques heures de ce roman très noir, terriblement oppressant et totalement addictif, je le referme avec un sentiment d'effroi et l'impression glaçante d'avoir fait un bout de chemin avec une âme perdue à qui a été refusé à jamais la moindre possibilité de rédemption, et qui, d'ailleurs, se la refuse à elle-même. Avec un questionnement, également, (mais qui n'est heureusement pas de ma compétence) sur la pertinence de substituer à la mort un enfermement à vie, à l'isolement, sans possibilité de réduction de peine : “J'aurais préféré passer sous le couperet de la guillotine. La douleur aurait été plus douce. En une fraction de seconde je serais passé de la lumière aux ténèbres sans en avoir conscience. Bien sûr, il y avait la souffrance de l'attente et la peur des derniers instants. Les tourments que j'endure depuis sont pires parce qu'ils ne s'arrêtent jamais. Ils continueront jusqu'à ma mort.” Bienvenue en enfer !
Un roman coup de poing, particulièrement sombre et d'une rare violence psychologique, d'un auteur que je ne connaissais pas, assurément à suivre.
[Challenge MULTI-DÉFIS 2019]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          469
Deslivresalire
  01 mai 2018
Jefferson Petitbois n'a pas eu de chance dans la vie.
Abandonné à la naissance, il sera placé en famille d'accueil jusqu'à sa fugue et sa tentative de suicide à 14 ans.
A 17 ans, il sera condamné à mort. le dernier condamné avant l'abolition de la peine capitale... Seul espoir (mais en est-ce vraiment un ?) sa peine pourrait bientôt être commuée en prison à vie par le nouveau président Mitterrand.
Entre temps, il aura connu Max et il aura tué. Les deux années passées à ses cotés le marqueront à jamais et donneront à son existence une orientation qui le mènera à la guillotine.
Dans le couloir de la mort, il se remémore sa vie, et ses expériences avec Max et l'Iboga, cette plante hallucinogène, qui pourrait bien être à l'origine de ces horreurs qu'il a commises.
Enfin, non, tout ça c'est bien de sa faute...
A mon avis :
Une plongée dans l'univers carcéral et dans la psyché de ce garçon, si jeune, mais déjà en âge de tuer et d'être condamné.
On oscille ainsi entre sa vie emmurée, avec ses difficultés quotidiennes, les brimades, la crainte de la mort, la souffrance physique et psychologique et les souvenirs que l'on découvre au rythme de ses dessins et de ces cahiers qu'il noircit pour passer le temps.
Curieusement, sans l'excuser pour ces crimes odieux, on s'attache à ce personnage car on comprend progressivement comment il en est arrivé là.
C'est ce qui fait l'intérêt de ce roman, qui n'est ni vraiment un thriller, ni vraiment un policier et qui pourtant tient le lecteur en haleine jusqu'au bout.
Récit court et facile à lire, on est ainsi pendu aux révélations successives sur son passé.
Pas de longueur sur la vie en prison (ce que je redoutais au départ), mais un livre fort, bien résumé par Karine Giébel en couverture : "une plongée saisissante dans l'âme humaine".
Retrouvez d'autres avis sur d'autres lectures sur mon blog : https://blogdeslivresalire.blogspot.com/
Lien : https://blogdeslivresalire.b..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          463
Crossroads
  28 décembre 2021
Jefferson Petitbois vient d'être condamné à mort.
La Louisette lui apparait désormais promise.
À 17 ans, le garçon semble d'une précocité rare, notamment dans le domaine si recherché, et apprécié, du flingage de chakra, d'éparpilleur de yin et de yang, bref, du meurtre à répétition.
Mais le gamin, aussi monstrueux soit-il, pourrait bien trouver son maître en un lieu censé cadenasser ses pires instincts, la zonzon.
Iboga, c'est l'histoire d'une rencontre funeste.
De celles qui infléchissent le cours de votre vie pour finalement la réduire à néant.
Le gamin a fauté, il doit payer.
Et il le fera, au centuple, les gardiens, tristes hères racistes avides des pires turpitudes qui soient s'en assureront chaque minute de chaque heure.
Tous ? Nein.
Car chacun possède sa p'tite étoile perso. Celle qui vous fait tenir, vous raccroche au peu d'espoir qu'il vous reste histoire de ne pas tomber dans la facilité et lâcher la rampe, définitivement.
Iboga, c'est une grosse mandale en bonne et due forme.
C'est la mimine de Teddy Riner dans la tronche, avec élan.
C'est l'histoire d'un mec au bout du rouleau et de sa rencontre avec un ange exterminateur.
C'est le récit, sans fioritures, d'un gusse parachuté sans billet retour dans l'enfer des prisons.
C'est le parcours tourmenté de Jefferson Petitbois qui, dès sa naissance, ne reçut comme présents que souffrance et affliction de la part de la Fée Rocité qu'est pas franchement la marraine idéale, on va pas se mentir.
Iboga se révèle d'une puissance narrative rare.
Véritable uppercut livresque qui ne vise qu'un seul et unique but, le KO
émotionnel.
Dix, neuf, huit...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          403

Citations et extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
JeanfrancoislemoineJeanfrancoislemoine   30 avril 2018
Je me tourne,me retourne sur mon lit.Je me lève, fais des pompes,me recouche en sueur.La fièvre monte.Je ne tiens plus en place.Ma cellule est trop petite.La solitude est une ennemie insidieuse.Elle s'accroche à vous et ne vous lâche plus.Elle est en train de me bouffer de l'intérieur.
Je vais finir fou si je ne sors pas d'ici.L'année 2002 sera ma dernière dans cette prison.
Bientôt je serai libre.Peu importe de quelle façon. (p 201)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
ZilizZiliz   03 avril 2019
[ cellule d'un condamné à mort ]
Déverrouillage de la porte de la cellule. Un homme en blouse blanche entre, accompagné d'un gardien.
- Assieds-toi sur ton lit, Jeff. Visite médicale.
Je ne dois pas mourir avant l'heure. Caméra de surveillance pour éviter le suicide et médecin pour vérifier ma forme physique.
- Fallait pas vous déranger, Doc. Mourir en bonne ou mauvaise santé, est-ce important ?
Le médecin ne me répond pas. Il ne semble pas à l'aise. Normal. Son rôle est de soigner les gens, de leur éviter si possible de mourir ou, au pire, de retarder le moment fatidique. Alors pourquoi vient-il me voir ?
C'est le maton qui parle :
- On suit la procédure. Tous les détenus, quel que soit leur statut, doivent passer une visite médicale.
(p. 20)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
ZilizZiliz   03 avril 2019
Je tente de raconter une nouvelle fois mon histoire… Quelques minutes plus tard, toujours aucun mot sur la page.
Je ne peux pas.
Prise de conscience du décalage entre la pensée et sa transcription en mots, en phrases, en paragraphes… J'essaie de dessiner. Aucun trait n'apparaît sur la feuille. Les images sont dans ma tête mais, pire que l'écriture, je suis incapable de les tracer sur une page.
[Il] comprend mes difficultés. Après plusieurs semaines d'impasse, il me dit que je ne prends pas le problème par le bon bout.
- Pourquoi veux-tu absolument transcrire la vérité dans un ordre chronologique ? Pourquoi veux-tu qu'un dessin soit une photo ? Laisse aller ton imagination. Laisse naviguer ta main sur la feuille.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
si-bemolsi-bemol   02 mai 2019
J'aurais préféré passer sous le couperet de la guillotine. La douleur aurait été plus douce. En une fraction de seconde je serais passé de la lumière aux ténèbres sans en avoir conscience. Bien sûr, il y avait la souffrance de l'attente et la peur des derniers instants. Les tourments que j'endure depuis sont pires parce qu'ils ne s'arrêtent jamais. Ils continueront jusqu'à ma mort.
Commenter  J’apprécie          130
ZilizZiliz   03 avril 2019
Je ne sais pas qui est ma mère. J'ai été abandonné. Très tôt, j'ai compris qu'aucune des femmes qui gravitaient autour de moi n'était ma mère… ni une mère pour personne. Elles en avaient parfois le nom et le rôle… Il leur manquait quelque chose que je ne saurais définir. Une chaleur, des sentiments… des trucs comme ça...
Commenter  J’apprécie          110

Videos de Christian Blanchard (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christian Blanchard
Vidéo de Christian Blanchard
autres livres classés : peine de mortVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
2340 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre