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ISBN : 2873175176
Éditeur : Lettre volée (06/10/2018)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
"Valses et enterrement"s se présente comme une suite de courtes proses narratives articulées autour de la figure d'un écrivain solitaire. Désireux d'écrire un vaste roman qui le ferait reconnaître de ses contemporains et signerait une vision unique de son temps, un auteur s'inscrit en parallèle à des cours de danse, avec une préférence pour la valse. tout s'effondre : le roman s'effrite en de petites proses qui paraissent plus vraies que toute prétention romanesque ... >Voir plus
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   01 janvier 2019
Extrait 9
 
 
Toc toc, fit donc Grenade. Elle venait d'enchanter l'assistance ;
chacun était mort à sa façon. La politesse fait que nous restions
à ses côtés. Lors d'une telle pâmoison, la mort se satisfait des
apparences. Toc toc.  La porte s'ouvrit  — l'œil se referma.
Simultanément. Je vous ai raconté comment à peine en face
l'un de l'autre s'inviter fut danser. Eh bien là, sachez-le : entre
ces deux protagonistes, ce fut le même type d'aventure. La
mort ferma son œil au même instant où Grenade fermait les
siens. Il devait bien être minuit quand je me retrouvai avec
un cadavre sur les bras.
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coco4649coco4649   01 janvier 2019
Extrait 5
 
 
Oui, tout corps est une projection solide émanant du
regard de la mort.  Il vit sa vie, tantôt belle,  tantôt
morne. Comme si des pieds à la tête, nous n'étions
que l'émanation d'un regard, d'un point de vue, d'un
coup d'œil. Là, par exemple — et je m'en veux d'être
en matière de mort le seul exemple — assis devant le
luisant clavier des mots, tout en angles, dos droit et
jambes pliées, ne suis-je pas projeté sur l'écran de la
terre comme une image mouvante, appliquée à cette
heure à écrire, et dont la tête sérieuse coule délicate-
ment de l'œil de la mort ? Ensuite, ignoble vérité, je
mourrais quand le regard fixe de la mort d'un coup
sec se refermera. Clic clac. Adieu ma vie, et pas mo-
yen, à moins d'être pourvu d'une âme, pour vérifier
cette effrayante théorie.
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coco4649coco4649   01 janvier 2019
Extrait 4
 
 
Je dis choses : le mot corps n'est plus à  convier —
ce serait en dire trop ou pas assez. On veut arpenter
l'espace ; on invente une parole qui a les vertus d'un
mètre. On l'assouplit pour qu'elle supporte nos intimes
vérités ; rien n'y fait : l'élasticité du monde ne nous est
pas donnée. Vous voilà veuf, ce n'est plus l'époque qui
est devenue indésirable ; c'est l'ombre qui vous portait,
le corps qui soutenait, l'esprit qui colportait. Dans votre
vie, un chapitre s'écrit  :  une suite d'égarements, ou
l'impossibilité de convoquer un souvenir sans bredouiller.
Grenade était apparue. Elle avait joint son geste au mien,
la parole à l'absence de parole, et nous dansions,
messieurs-dames, nous dansions.
Quelle danse ? Doit-on la nommer ? Je vous l'ai dit : nous
dansions, dansions, et vrillant sans la moindre monotonie
Grenade perçait le ciel où — en avait-elle quelque certitu-
de ? — sa mort l'attendait.  Aussi m'est-il arrivé de  me
demander si un corps n'est pas le regard solide de la mort,
sa forme de pesanteur parmi nous, là : tombé du ciel —
ou d'ailleurs.
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coco4649coco4649   01 janvier 2019
Extrait 8
 
 
Étrange composition humaine, où se glissait un peu du vert
des feuillages de ce château que le temps a depuis recouvert
d'un voile. Élancée en elle-même, Grenade approchait l'art
de la statuaire sans s'y  enferrer.  Qu'était-ce alors ? Une
valse ? Un tango ? Messieurs-dames, cela se passe de nom.
Je ne dis pas que cela n'en a pas, qu'il n'y ait pas d'intérêt à
en prononcer : comment pourrais-je prétendre à pareils re-
fus ? Mais vous n'y étiez pas à ce bal ouvert sur un parterre
de fleurs excessives. Oh je ne suis pas accrédité à être le seul
mémorialiste de ces soirées. J'ai toutefois vu la créature en
mourir.  À force de frapper à la porte du ciel,  un jour elle
s'ouvre. C'est l'Enfer qui en descend.
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coco4649coco4649   01 janvier 2019
Extrait 6
 
 
Pas de tels encombrements dans le corps de Grenade !
Ni brune ni blonde, mademoiselle dansait, et le ferait
encore si... D'où vient cette façon si particulière des
femmes de mourir ? Elles ne cessent de fasciner en se
tenant droites comme des statues ; on leur attribue
toutes les paroles possibles au croisement de l'ombre
et de la lumière ; soudain ce grand silence : on ne peut
plus compter que sur nos larmes.  N'avais-je pas été
charmant avec elle ? Même étreinte, Grenade demeu-
rait à l'envers de tout déchiffrement. Chacun son mys-
tère. En creusant le ciel d'une tête ambitieuse, sans ne
rien perdre au passage de sa grâce ni de ce léger rire
d'où les mots poliment s'excluent, elle en vint à mourir.
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