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EAN : 9782070770298
294 pages
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)
4.6/5   5 notes
Résumé :

" Il faisait grand jour. Thomas qui jusque-là avait été seul vit avec plaisir un homme d'aspect robuste, tranquillement occupé à balayer devant sa porte. Le rideau de fer du magasin était à demi levé. Thomas se pencha un peu et aperçut à l'intérieur une femmecouchée dans un lit qui tenait toute la place laissée libre par les autres meubles. Le visage de la femme, quoique tourné vers le ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
NMTB
  19 décembre 2014
Thomas en passant dans la rue aperçoit à la fenêtre d'un immeuble une jeune fille qui lui fait signe. Il entreprend la lente ascension de cet immeuble. Histoire minimaliste, environnement étrange, personnages décalés, écriture ciselée, intellectuelle, d'une grande beauté.
Ce livre est donc le voyage de Thomas, et il ne faut pas avoir peur du dépaysement pour l'accompagner. Si Blanchot était à rapprocher d'un autre écrivain, ce serait Kafka, car c'est l'absurdité qui frappe en premier. Thomas est un être à l'abord délicat jeté dans une maison de fou où les rapports entre locataires et domestiques sont complexes. Ce livre a une thématique très proche d'un autre roman de Blanchot « le Très-Haut » : La maladie, les souterrains, la loi... Quelle loi ? Loi de Dieu, de l'Administration, de la Nature, de la Raison ? Ça n'a pas d'importance, il y a beaucoup à interpréter et chacun le fera comme il l'entendra ou en restera au vague concept. Autant que son parcours, ce qui fascine ce sont les rapports qu'entretient Thomas avec les autres personnages. Des rapports inextricables, qui n'ont rien de simples, mais tout ce qui concerne le monde extérieur pose, dans ce livre, sinon des problèmes au moins des questions. Thomas est assailli de questions et si l'on redoute de s'en poser ou de remettre en question, il ne faut pas lire Aminadab. Sinon, c'est déjà trop tard, il faut lire ce livre magnifique qui atteint la beauté des plus belles relations mystiques.
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LucienRaphmaj
  28 novembre 2012

Un roman des profondeurs où l'on s'enfonce avec Thomas et Dom son compagnon, dans les labyrinthes de clarté et de mystère des lois d'une Maison presque fantastique, aux domestiques bien inquiétants. Il s'agit de la découverte du fonctionnement très complexe des différents niveaux, et des rouages indistincts de la maisonnée. En même temps il ne s'agit pas seulement de cela, mais de quoi donc ?
Un roman qui se lit en apnée (pas de division de chapitre) et à la manière de Kafka : une aventure plein de symboles dont manquent à jamais le sens. Lecture éblouissante ou décourageante, selon qu'on accroche ou non au procédé d'écriture et aux descriptions presque hypnotiques de ce monde sans référents et pourtant minutieusement décrit et discuté jusqu'au vertige.

Lien : http://www.senscritique.com/..
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viduite
  17 mai 2020
Un homme entre dans une maison, se croit appelé par une femme à la fenêtre ; il entre dans un domaine où la parole fait Loi, énigmatique, où le désir de connaissance n'est qu'une discussion cauchemardesque, où identité, représentations et ressemblances s'amalgame dans une prose inquiète. Aminadab, second roman de Blanchot, fait de cet immense critique un romancier de l'étrangeté, du désastre, de la nuit mais surtout du dévoilement sans cesse repoussé.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
NMTBNMTB   19 décembre 2014
… et lorsque la jeune fille se mit à lui mordre la bouche furieusement, comme pour épuiser cette source de fausses paroles, il l’attira lui-même contre lui afin de lui montrer qu’il était tout à fait d’accord avec ce qui arrivait. Ce furent des instants qui lui parurent durer sans fin. Il luttait désespérément non pas pour sa vie, mais pour mettre un terme à cette vie. Il cherchait, en pressant de toutes ses forces la poitrine de la jeune fille, une dernière explication, un dernier éclaircissement qu’on ne pouvait plus lui refuser et qu’il ne pouvait trouver que là. Parfois, ils s’arrêtaient et se regardaient en grimaçant. Puis ils roulaient à nouveau sur le sol, se heurtant tantôt au tabouret tantôt au pupitre, s’attirant et se rejetant avec des gémissements qui n’étaient que des paroles incompréhensibles, perdus tous deux, égarés parmi d’infâmes châtiments qu’ils essayaient d’atteindre, sans un espoir de lumière, dans des ténèbres de plus en plus épaisses, n’ayant plus ni mains ni corps pour se toucher, entraînés par une transformation déchirante dans un monde de malheur et de désespoir.
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blanchenoirblanchenoir   29 octobre 2015
Malgré la distance qu'il y avait entre lui et ces gens orgueilleux, il se sentait moins dépaysé, il était attiré par un espoir brillant et tentateur, il ouvrait de grands yeux sur quelque chose qui était mieux adapté à sa vue que tous les autres objets de la terre.
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NMTBNMTB   19 décembre 2014
D’ailleurs, il n’aurait pu comprendre ces paroles ; elles étaient dites sur un ton qui leur enlevait tout sens ; aucune signification ne pouvait répondre à une expression d’une aussi grande tristesse ; il fallait pour que les mots pussent porter tant de désespoir qu’ils fussent tout à fait privés de la légère clarté qu’il y a dans un mot intelligible. Quels mots douloureux ! Quelles paroles d’une continuelle détresse ! Thomas écouta quelques instants le mot chambre et le mot raison, puis il frappa son compagnon pour le faire taire.
- Que de bavardages ! lui dit-il. Voilà qui a assez duré.
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NMTBNMTB   19 décembre 2014
Thomas eût aimé parler à cette lumière. Etait-il possible qu’elle l’éclairât en vain ? Ne pouvait-il pas lui dire qu’un homme ne se perd pas ainsi, sans un signe, sans un mot d’éclaircissement, sans rien comprendre aux efforts infinis qu’il a faits pour arriver jusque-là ? Il regarda encore en haut. Absurdes, sottes pensées. Qui pouvait l’entendre ? Qui savait quelque chose de son histoire ?
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NMTBNMTB   19 décembre 2014
Il y avait donc pire, et ceux qui ne savaient où aller, qui ne disaient rien, qui se promenaient sans but, le vrai but leur étant à jamais interdit, semblaient plus étrangers encore à ce qu’ils cherchaient. Thomas les regarda pourtant avec envie. C’étaient les seuls sur qui son regard pût s’arrêter.
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Vidéo de Maurice Blanchot
Leslie Kaplan L'excès-L'usine éditions P.O.L: où Leslie Kaplan tente de se souvenir comment a été publié "L'excès-L'usine" en 1982 aux éditions P.O.L/Hachette, puis ré-édité aux éditions P.O.L en 1987, et où il est notamment question de Paul Otchakovsky-Laurens, de Maurice Blanchot et de Marguerite Duras, à l'occasion de la parution en 2018 de Mai 68, le chaos peut être un chantier, à Paris avril 2018 "L?excès-l?usine montre de face l?usine, le travail à l?usine et le devenir de ceux qui y vivent, leur enfermement dans cet espace immense, dans « la grande usine univers », infini en morceaux. L?usine est vécue au féminin, ce qui rend son impersonnalité d?autant plus impersonnelle (le « je » cède la place au « on ») et le « cela » vécu dans l?usine dépasse, excède tous les mots qui pourraient le décrire, ces mots sont en trop."
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