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EAN : 9782070727223
154 pages
Éditeur : Gallimard (03/11/1992)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 23 notes)
Résumé :
«Pour quelques-uns, il était d'un abord étrangement facile ; pour d'autres, environné d'une innocence merveilleusement lisse au-dehors, mais au-dedans faite de mille arêtes d'un cristal très dur, de sorte qu'à la moindre tentative d'approche, il risquait d'être déchiré par les longues et fines aiguilles de son innocence. Il était là légèrement en retrait, parlant très peu, avec des mots très pauvres et très ordinaires ; il était presque enfoncé dans le fauteuil, d'u... >Voir plus
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
MessagerMessager   25 juillet 2011
A la vérité, presque rien ne le distinguait des autres. Il était plus effacé, mais non pas modeste, impérieux quand il ne parlait pas ; il fallait alors lui prêter silencieusement des pensées qu'il rejetait doucement ; cela se lisait dans ses yeux qui nous interrogeaient avec surprise, avec détresse : pourquoi ne pensez-vous que cela? pourquoi ne pouvez-vous pas m'aider? Ses yeux étaient clairs, d'une clarté d'argent, et faisaient songer à des yeux d'enfant. Il y avait, du reste, sur son visage quelque chose d'enfantin, expression qui nous invitait à des égards, mais aussi à un vague sentiment de protection.
Certainement il parlait peu, mais son silence passait souvent inaperçu. Je croyais à une sorte de discrétion, parfois à un peu de mépris, parfois à un trop grand recul en lui-même ou hors de nous. Je pense aujourd'hui que peut-être il n'existait pas toujours ou bien qu'il n'existait pas encore. Mais je songe à quelque chose de plus extraordinaire : qu'il avait une simplicité dont nous n'étions pas surpris.
Il gênait pourtant. Il m'a gêné plus que d'autres. Peut-être a-t-il changé la condition de tous, peut-être seulement la mienne. Peut-être fut-il le plus inutile, le plus superflu de tous les êtres.
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HammerklavierHammerklavier   14 novembre 2014
Parfois, le ciel change de couleur. Noir, il devient plus noir. Il s’élève d’un ton comme pour indiquer que l’impénétrable a encore reculé. Je pourrais craindre d’être seul a m’en rendre compte. Tout, prétend-il, nous serait commun, sauf le ciel. Par ce point passe notre part de solitude. Mais il dit aussi que cette part est la même pour tous et qu’en ce point nous sommes tous unis jusque dans notre séparation, unis la seulement et non ailleurs : Ce serait le but ultime. Ce qui le prouve, c’est que chaque fois que le noir devient plus noir par une nuance qui ne peut être communiqué qu’au cœur de nous même, ce que chacun dit secrètement pour donner réalité a ce signe, s’élève de toute parts en un même cri commun qui seul nous révèle ce que nous avons fait entendre a nous seuls. Cri terrible, apparemment toujours le même.Ce qui est terrible a son degrés le plus haut ne change pas, et pourtant nous savons qu’il varie imperceptiblement pour répondre a la variation insensible du ciel. C’est en cela qu’il est terrible.
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blanchenoirblanchenoir   20 février 2016
Mais lentement - brusquement - se fit jour la pensée que cette histoire était sans témoin : j'étais là - le "je" n'était déjà plus qu'un Qui ? une infinité de Qui ? pour qu'il n'y eût personne personne entre lui et son destin, pour que son visage restât nu et son regard indivisé.
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MessagerMessager   25 juillet 2011
Ce je - c'est cela que je ne puis dire - était terrible : terriblement doux et faible, terriblement nu et sans décence, un frisson étranger à toute feinte, tout à fait pur de moi, mais d'une pureté qui allait au bout de tout, qui exigeait tout, qui découvrait et livrait le tout à fait obscur, peut-être le dernier je, celui qui étonnera la mort, que celle-ci attire à elle comme le secret qui lui est interdit, une épave, une trace toujours vivante de pas, une bouche ouverte dans le sable.
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blanchenoirblanchenoir   25 février 2016
Comme s'ils s'étaient enfermés dans un sentiment inviolable, propre à eux seuls, sorte de sarcophage dressé dont la cloison supérieure était sa vie à elle, son corps que j'y voyais sculpté avec ses reliefs vivants et qui arrêtait la dangereuse poussée de nos vies à tous. Elle était là, comme une calme gardienne, veillant et surveillant le vide, fermant scrupuleusement les issues, porte, belle porte de pierre qui nous protégeait de sa faiblesse et le protégeait de notre force.
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Vidéo de Maurice Blanchot
Leslie Kaplan L'excès-L'usine éditions P.O.L: où Leslie Kaplan tente de se souvenir comment a été publié "L'excès-L'usine" en 1982 aux éditions P.O.L/Hachette, puis ré-édité aux éditions P.O.L en 1987, et où il est notamment question de Paul Otchakovsky-Laurens, de Maurice Blanchot et de Marguerite Duras, à l'occasion de la parution en 2018 de Mai 68, le chaos peut être un chantier, à Paris avril 2018 "L?excès-l?usine montre de face l?usine, le travail à l?usine et le devenir de ceux qui y vivent, leur enfermement dans cet espace immense, dans « la grande usine univers », infini en morceaux. L?usine est vécue au féminin, ce qui rend son impersonnalité d?autant plus impersonnelle (le « je » cède la place au « on ») et le « cela » vécu dans l?usine dépasse, excède tous les mots qui pourraient le décrire, ces mots sont en trop."
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