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EAN : 9782070222483
224 pages
Éditeur : Gallimard (02/10/1980)
4.5/5   20 notes
Résumé :

Résumé descriptif:

Élaboré sous forme de fragments, L’écriture du désastre donne à lire une réflexion qui, non seulement éprouve le fragment à travers l’acte même d’écrire, mais rend également compte des théories du fragmentaire. Aussi, c’est en réaction à toutes ces formes d’écriture qui ne laissent aucune place à l’inachevé que «le fragment, en tant que fragments, tend à dissoudre la totalité qu’il suppose et qu’il emporte vers la dissoluti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
blanchenoir
  12 janvier 2016
Aucune critique sur L'écriture du désastre ?
Je me lance....
"Entre l'homme de foi et l'homme de savoir, peu de différences : les deux se détournent de l'aléa destructeur, reconstituent des instances d'ordre, en appellent à un invariant qu'ils prient ou théorisent - tous deux - hommes d'arrangement et d'unité pour qui l'autre et le même se conjuguent, parlant, écrivant, calculant, éternels conservateurs, conservateurs d'éternité, toujours en quête de quelque constance et prononçant le mot ontologique avec une ferveur assurée."
"Reste l'innommé au nom de quoi nous nous taisons".

Dès le début de ce livre de Blanchot, on sent l'ambiance des Camps de la mort. Pourtant, ce n'est qu'à la moitié de ce livre remarquable que Blanchot nous parle d'Antelme et de son grand livre, L'espèce humaine.
La mort, le désastre, la patience et l'écriture : tout est là. Un là qui n'est pas un "il y a", un là qui ne se donne pas, ni présent ni absent, hors de la pensée dialectique, à côté de la logique.
Blanchot est ici proche de Heidegger et de Lévinas. Ses aphorismes, splendides, nous rappellent parfois Cioran.

L'écriture du désastre demande une lecture lente. L'exigence fragmentaire nous est confiée. A côté du système et de l'étymologie, Blanchot indique, le fragment. La réserve ; une parole neutre, déliée d'un je fondateur. Pas de Je chez Blanchot... le lecteur goûte et se sent apaisé... La lecture de ce livre provoque un dépaysement total. Nous sommes face à une pensée inconnue qui se cherche mais jamais ne se trouve...Blanchot nous fait appréhender la dérive du sens pour un autre langage, langage de l'autre ? Un langage troué par le silence.
Dans L'écriture du désastre, l'écrivain, le critique littéraire et le philosophe sont les multiples narrateurs. Narrateurs d'un désastre qui est aussi celui là même de l'écriture, de la parole.
"Ecrire, certes, c'est renoncer à se tenir par la main ou à s'appeler par noms propres, et en même temps ce n'est pas renoncer, c'est annoncer, accueillant sans le reconnaître l'absent - ou, par les mots en leur absence, être en rapport avec ce dont on ne peut se souvenir, témoin du non-éprouvé, répondant non seulement au vide dans le sujet, mais au sujet comme vide, sa disparition dans l'imminence d'une mort qui a déjà eu lieu hors de tout lieu".
Merci Corinne de m'avoir fait découvrir L'écriture du désastre. Sarah Kofman m'avait interpellée il y a dix ans sur Blanchot dans son livre sublime Paroles suffoquées, c'est le moment pour moi de le lire...
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viduite
  25 mai 2020
Écriture différée du désastre, en rapport d'irrégularité avec elle-même, pensée hors pouvoir par un essai sur le fragmentaire, réflexion sur l'Autre où semblent converger toutes les spéculations de Blanchot sur la littérature. La littérature du désastre poursuit une pratique de l'écart absolu, une pensée du Neutre, de l'effacement, de l'oubli.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
blanchenoirblanchenoir   12 janvier 2016
Ecrire, certes, c'est renoncer à se tenir par la main ou à s'appeler par noms propres, et en même temps ce n'est pas renoncer, c'est annoncer, accueillant sans le reconnaître l'absent - ou, par les mots en leur absence, être en rapport avec ce dont on ne peut se souvenir, témoin du non-éprouvé, répondant non seulement au vide dans le sujet, mais au sujet comme vide, sa disparition dans l'imminence d'une mort qui a déjà eu lieu hors de tout lieu.
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blanchenoirblanchenoir   01 janvier 2016
L'angoisse de lire : c'est que tout texte, si important et si intéressant qu'il soit (et plus il donne l'impression de l'être), est vide - il n'existe pas dans le fond ; il faut franchir un abîme, et si l'on ne saute pas, on ne comprend pas.
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PartempsPartemps   29 septembre 2020
Dans " Bartleby ", l'énigme vient de la "pure" écriture qui ne peut être que copie (ré-écriture), de la passivité dans laquelle cette activité disparaît at qui passe insensiblement et soudainement de la passivité ordinaire (la re-production) à l'au-delà de tout passif ; vie si passive, ayant la décence cachée du mourir, qu'elle n'a pas la mort pour issue , bartleby copie ; il écrit incessamment et ne peut s'arrêter pour se soumettre à ce qui ressemblerait à un contrôle.Je ne préférerais pas (le faire).Cette phrase parle dans l'intimité de nos nuits : la préférence négative, la négation qui efface la préférence et s'efface en elle, le neutre de ce qu'il n'y a pas à faire, la retenue, la douceur qu'on ne peut dire obstinée et qui déjoue l'obstination avec ces quelques mots ; le langage se tait en se perpétuant.
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blanchenoirblanchenoir   03 janvier 2016
Ne nous confions pas à l'échec, ce serait avoir la nostalgie de la réussite.
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moraviamoravia   25 novembre 2015
Si le livre pouvait pour une première fois vraiment débuter, il aurait pour une dernière fois depuis longtemps pris fin.
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Vidéo de Maurice Blanchot
Leslie Kaplan L'excès-L'usine éditions P.O.L: où Leslie Kaplan tente de se souvenir comment a été publié "L'excès-L'usine" en 1982 aux éditions P.O.L/Hachette, puis ré-édité aux éditions P.O.L en 1987, et où il est notamment question de Paul Otchakovsky-Laurens, de Maurice Blanchot et de Marguerite Duras, à l'occasion de la parution en 2018 de Mai 68, le chaos peut être un chantier, à Paris avril 2018 "L?excès-l?usine montre de face l?usine, le travail à l?usine et le devenir de ceux qui y vivent, leur enfermement dans cet espace immense, dans « la grande usine univers », infini en morceaux. L?usine est vécue au féminin, ce qui rend son impersonnalité d?autant plus impersonnelle (le « je » cède la place au « on ») et le « cela » vécu dans l?usine dépasse, excède tous les mots qui pourraient le décrire, ces mots sont en trop."
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Dans la catégorie : EssaisVoir plus
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