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EAN : 9782374911236
Quidam (02/01/2020)
3.77/5   163 notes
Résumé :
Baptiste sait l'art subtil de l'imitation. Il contrefait à la perfection certaines voix, en restitue l'âme, ressuscite celles qui se sont tues. Mais voilà, cela ne paie guère. Maigrement appointé par un théâtre associatif, il gâche son talent pour un quarteron de spectateurs distraits. Jusqu'au jour où l'aborde un homme assoiffé de silence. Pas n'importe quel homme, Pierre Chozène. Un romancier célèbre et discret, mais assiégé par les importuns, les solliciteurs, le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
3,77

sur 163 notes
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ithaque
  14 mai 2021
‌Très marrant ce livre ! une écriture-zodiac qui nous emporte à vive allure sur les flots d'une tragi-comédie très piquante.

Jubilation de se laisser embarquer par une bête du verbe, très beau tour de main littéraire, ça transpire l'aisance, le plaisir d'écrire, de choisir le mot qui fait Ting! dans la bonne case; l'auteur ne résiste pas à l'envie de placer quelques croustillances linguistiques pour les amateurs de mots rares, j'adore.

Il est si facile de se prendre d'affection pour Baptiste, il est désarmant, aussi prompt à s'enflammer qu'à se laisser couler dans le plaisir régressif d'un paquet de Figolu. On le voit s'enferrer dans des situations inextricables avec une candeur terrible. Malheureusement nos appels désespérés derrière la vitre n'y pourront rien , il va réellement réussir à foutre un bazar monumental dans la vie du grand écrivain dont il sert de prête-oreille téléphonique.

C'est un roman qui fourmille de biais pour méditer sur toutes les formes de communication, verbale ou non, sur tout ce qui nous parvient intuitivement sans passer par un canal classique.
Inévitablement, Baptiste va accumuler les bonnes grosses boulettes irréversibles, puisqu'il ne peut connaître la complexité des relations des intimes de l'écrivain : fille, père, ex-femme, ex-amante.
Il ignore tout des sujets glissants propres à chacun de ses interlocuteurs, mots tabous, non-dits pesant une tonne, points de suspension vocaux, douilletteries psychologiques.
Tel un labrador s'invitant benoitement dans une partie de Mikado, Baptiste va faire du petit bois de tous les rituels figés des uns et des autres et va bouleverser les relations, parfois pour le pire mais pas que.
Si le projet de l'écrivain capote franchement, celui-ci en tirera néanmoins des bienfaits rafraîchissants, l'empêchant finalement de s'enferrer dans sa névrose familiale.
Il y a des pages balèzes sur le décryptage à la loupe des émotions, leur survenue subreptice nous saisissant au dépourvu, leurs interpénétrations, leurs revirements brutaux, c'est fin et c'est très bien décrit.
C'est amusant aussi de voir qu'en s'enhardissant, Baptiste vire au démiurge, il trouve bien tentant de jouer au Grand Ordonnateur du Bien et du Mal. Voulant parfaire le monde, il va bien entendu faire dérailler le train, c'était couru.
Ça me chagrine de l'avouer mais la fin de cet excellent bouquin perd un peu en force , la malice qui collait étroitement au texte se fait inexplicablement porter pâle, c'est ballot. Il n'empêche que ce serait fort dommage de se priver de ce savoureux moment de lecture, on rigole, on serre les fesses en voyant les catastrophes arriver, on médite plaisamment. Un caméléon qui mérite le détour !
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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  30 novembre 2020
Baptiste est un jeune imitateur doué mais inconnu, sauf des rares spectateurs d'un obscur petit théâtre non subventionné. Sa vie prend un tournant aussi inattendu que radical le jour où Pierre Chozène assiste à son spectacle.
Pierre Chozène, écrivain célèbre et reconnu, voudrait pouvoir se consacrer, se concentrer pleinement sur l'écriture de son prochain livre, le plus ambitieux, le plus personnel. Sans être sans cesse dérangé par les appels de journalistes, de son éditeur, de sa fille, de son ex, ou autres importuns. le grand écrivain a donc eu l'idée d'engager Baptiste pour répondre à sa place au téléphone, en se faisant passer pour lui. Un boulot improbable, mais que Baptiste accepte, en même temps que le téléphone portable de Chozène et un fichier des gens les plus susceptibles de l'appeler, chaque fiche étant annotée de quelques mots-clés censés aider Baptiste à appréhender l'entourage et l'univers de l'écrivain.
La mission du jeune homme, forcé de s'immiscer dans la vie privée de Chozène sans presque rien en connaître, ne tarde pas à tourner au vaudeville. Gaffes, quiproquos, approximations, extrapolations, malentendus, la situation, difficile à gérer, dérape. D'autant que Baptiste tombe amoureux d'Elsa, la fille de Chozène. Bientôt les dégâts menacent d'être irréparables.
Le roman démarre fort, drôle et caustique, rebondissant. Puis ça s'essouffle à mesure que Baptiste se pose des questions sur une possible relation avec Elsa. D'une satire d'une certaine littérature et de son monde, centrée sur Chozène, on passe en s'y engluant un peu à une bluette douceâtre dans laquelle Baptiste tient la vedette, au propre et au figuré.
Globalement c'est divertissant, même si ça manque de mordant et de profondeur, et que le vocabulaire gagnerait à être moins recherché.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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hcdahlem
  10 janvier 2020
La doublure du grand écrivain
Le grand écrivain Pierre Chozène veut se concentrer sur la rédaction de son nouveau livre. En décidant d'engager un imitateur pour répondre à sa place, il ne se rend pas compte des conséquences… Luc Blanvillain réussit un superbe petit traité très ironique sur la difficulté de communiquer.
Ceux qui aiment les romans qui mettent en scène les écrivains et le milieu littéraire vont, comme moi, se régaler avec le nouveau roman de Luc Blanvillain. Si Baptiste, le narrateur, est un jeune homme qui essaie de réussir une carrière d'imitateur, le personnage au centre du roman est un écrivain célèbre.
Après l'une de ses représentations saluée par un public de 27 personnes, Vincent –qui croit au talent de Baptiste mais met en péril l'équilibre financier de son théâtre en continuant à le programmer – vient lui annoncer que quelqu'un l'attend dans sa loge.
«Il n'en revenait pas. Un producteur, il aurait pu comprendre. Mais un écrivain? Peut-être l'un de ceux qu'il admirait le plus, un auteur aussi célèbre que discret, Goncourt à la toute fin du vingtième siècle, prosateur raffiné dont la voix douce et rare illuminait certaines fins d'après-midi d'automne, sur France Culture. Par quelle fantaisie du destin Pierre Chozène avait-il pu se retrouver dans sa loge? C'était inimaginable.»
Plus surprenante encore est la demande formulée par l'écrivain: pour lui permettre de terminer son grand livre autobiographique sans être dérangé, il va proposer à Baptiste de l'imiter, de répondre à sa place aux appels téléphoniques.
À la fois par admiration et pour se prouver qu'il a du talent Baptiste accepte de relever le défi. À l'aide des fiches préparées par Jean ainsi que des renseignements qu'il trouve sur internet, il va engager la conversation avec l'éditeur, l'attachée de presse, un jeune romancier, un critique littéraire, mais aussi l'ex-femme, le père et la fille du romancier.
Et découvre tout à la fois la difficulté de cet emploi et l'exaltation qu'il peut y avoir à se mettre dans la peau d'un homme célèbre. Au fur et à mesure, sa voix se fait plus juste, plus travaillée et son assurance le pousse à prendre des initiatives.
En enchaînant les coups de fil, Baptiste construit toute une série d'histoires, de dialogues qui sont autant de moyens de harponner le lecteur, avide de savoir jusqu'où il va aller dans la manipulation.
D'autant que Baptiste s'enhardit très vite. Il lui prend par exemple l'envie de savoir à quoi ressemble le nouvel amoureux de la fille de Chozène et décide illico d'aller l'observer dans le bar où il a ses habitudes. Ils échangent quelques propos, font connaissance, puis deviennent rivaux. Car Baptiste a jeté son dévolu sur Elsa. Elsa qui a demandé à son père un avis sur cet homme dont elle est «vraiment amoureuse». On le voit pour Baptiste la situation est tout à la fois très excitante et très périlleuse. Mais n'en disons pas davantage.
Ajoutons toutefois que le lecteur, qui sait depuis le début de quoi il en retourne, ne peut plus lâcher le ce formidable roman et découvrir comment «le répondeur» va pouvoir s'en sortir, maintenant qu'il a transformé la vie de ses interlocuteurs – et la sienne – et joué avec leurs sentiments. Ne va-t-il pas finir comme Icare par se brûler les ailes en s'approchant trop près du soleil?
Luc Blanvillain a l'humour léger et la plume incisive. À l'image d'un jeu de l'oie, il pousse ses pions vers l'épilogue, parsemant son parcours d'indices et de sous-entendus qui nous montrent combien, à l'heure des réseaux sociaux et de la communication tous azimuts, il devient paradoxalement si difficile de dire les choses.
Lien : https://collectiondelivres.w..
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Ziliz
  28 avril 2021
Baptiste a un job alimentaire le jour, et déploie ses talents d'imitateur le soir dans un petit théâtre. La salle est loin d'afficher complet, et le jeune homme s'en voudrait de couler l'affaire de son ami Vincent, propriétaire des lieux. Aussi, lorsqu'un écrivain renommé (dont il apprécie l'oeuvre et qu'il admire) le contacte pour un travail un peu particulier, de nouveaux horizons s'ouvrent. L'expérience se révèle grisante, Baptiste se prend à ce nouveau jeu de pouvoir.
.
L'idée de base est géniale, je n'en dirai pas plus, j'ai aimé tout découvrir.
Luc Blanvillain nous parle ici de la célébrité et du revers de la médaille, de mensonge/duperie, apparences, de communication, séduction, vengeance, double, copie, parodie. Il montre également les petites & grandes saloperies de l'entre-soi littéraire, artistique (show-biz, peinture...) et médiatique...
.
Le portrait de Baptiste est convaincant (double portrait, même, avec cette mise en abîme amusante) : jeune homme discret et timide qui s'enhardit, personne honnête et altruiste tentée d'avancer les pions d'un autre pour son bénéfice personnel. Son jeu de marionnettiste, tour à tour improvisé et calculé, est souvent jubilatoire.
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J'ai évidemment pensé à Cyrano (d'ailleurs cité par l'auteur) et au travail de nègre littéraire tel que nous l'avait présenté Pascal Fioretto sur un salon.
.
Dommage que l'intrigue s'essouffle sur un dernier tiers poussif (les éditeurs imposent-ils aux auteurs un nombre minimal de pages ?). Mais le final m'a bien plu.
Quoi qu'il en soit, je conseille ce roman original, fin et drôle.
.
• sélection Cezam 2021 •
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Cigale17
  18 juillet 2020
Baptiste, jeune imitateur extrêmement doué, ne rencontre pas le succès. C'est compréhensible : il se cantonne habituellement à contrefaire des voix qui ne passionnent pas ses contemporains. Malraux, Gide, Céline, Mendès ou Zitrone ne remplissent pas les salles de spectacle aujourd'hui... Mais un grand écrivain, Chozène (anagramme d'Echenoz) lui propose un arrangement : Baptiste répondra au téléphone à sa place, en prenant sa voix ; ainsi l'écrivain pourra enfin se concentrer sur le livre difficile auquel il travaille sans être dérangé par divers fâcheux. L'employeur de Baptiste lui fournit un classeur, une « bible », où le jeune homme trouvera les renseignements essentiels sur ses futurs interlocuteurs, et il lui confie son portable. C'est entendu, on essaye !
***
C'est sur ce postulat bien improbable que Luc Blanvillain va baser son roman, le Répondeur. Avec la bénédiction de Chozène qui le rémunère généreusement, Baptiste va petit à petit s'immiscer dans la vie de l'écrivain et réussir à se faire passer pour lui, non sans commettre quelques impairs et des gaffes plus ou moins graves, même avec les renseignements, parfois très succincts, contenus dans la bible confiée par le grand homme. Il ne résistera pas à jouer les caméléons, s'essaiera à d'autres voix, à ses risques et périls. Ce sera l'occasion pour lui de fréquenter un microcosme parisien possédant ses codes, jouant des coudes pour les premières places, se renvoyant l'ascenseur ou, au contraire, écrasant sans remord un susceptible gêneur. Si on est bien ici dans la fantaisie, on n'est pas forcément dans la légèreté… C'est l'occasion de décortiquer les relations humaines (filiales, amicales, professionnelles), d'épingler l'hypocrisie ou l'ambition des uns, de faire ressortir la veulerie et la lâcheté des autres. En plus de l'écrivain misanthrope on verra apparaître son père, ancien instituteur atrabilaire et mesquin, sa fille, peintre talentueuse et passablement névrosée, son ex-femme, dépressive et légèrement érotomane, son éditeur, sa maîtresse, un journaliste ambitieux que rien n'arrête, et Fanny, une amie de Baptiste, aussi mal dans sa peau que généreuse. Et lui, Baptiste, comment va-t-il se sortir de cette histoire qui se transformera forcément en impasse ? Vous ne croyez quand même pas que je vais vous le dire ! J'ai bien aimé ce roman à la fois fantaisiste et sérieux, plein d'humour et de profondeur. L'écriture de Luc Blanvillain m'a plu, malgré quelques préciosités ici où là. La recherche du mot juste, le goût de la métaphore originale, l'ancrage dans le présent et les nombreuses allusions littéraires, des yeux d'Elsa aux oaristys, m'ont conquise.
***
J'ai gagné ce roman original en participant à un tirage au sort organisé par lecteurs.com de la Fondation Orange. Je la remercie infiniment : j'ai pris du plaisir à découvrir cet auteur et ce roman.
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   10 janvier 2020
INCIPIT
Baptiste soupira. Il avait encore massacré François Hollande.
C’était toujours pareil. Il n’était pourtant pas dur à faire, Hollande. Chez lui, dans l’intimité, Baptiste y parvenait parfaitement. Il suffisait de se figurer un fauteuil de cuir épais, des ongles sur les accoudoirs, et c’était parti. Il avait tenté d’expliquer plusieurs fois sa méthode, à ses parents d’abord, puis à d’autres artistes. Les plus polis faisaient semblant de comprendre mais apparemment, il était totalement atypique. Aucun autre imitateur n’avait besoin de se concentrer sur des images mentales pour s’approprier des voix. Ils s’entraînaient plutôt à la façon des chanteurs, parlaient tessiture et tonalité, travaillaient au casque. Lui, il écoutait la personne jusqu’à ce qu’une représentation figurative ou abstraite se forme dans son esprit et s’y fixe. Pour Balladur, une oseraie sous la lune, pour Françoise Hardy deux hélicoptères, une mare pâle pour Zidane et ainsi de suite. Après quoi, il reproduisait le phrasé, les intonations avec un réalisme étonnant. Peut-être, avait un jour suggéré un médecin, une forme d’imaginaire sonore synesthésique.
Mais le problème n’était pas là. Le problème était que le public lui faisait perdre ses moyens. Pas complètement, certes, mais sur scène il versait dans la caricature. En tête à tête avec Vincent, le directeur du théâtre, Baptiste était presque inquiétant d’authenticité. Les absents peuplaient la salle, les morts jacassaient.
Le rideau tomba dans une bruine d’applaudissements évasifs. On aurait pu, à l’oreille, compter le nombre de spectateurs. Baptiste s’écroula sur une chaise, dans la coulisse.
— C’était bien, affirma Vincent, c’était pas mal du tout.
Baptiste lui lança un regard navré. Entre eux, le courant était passé tout de suite. Ils avaient d’abord échangé des mails, bien avant que Baptiste ne quitte Angoulême pour tenter sa chance à Paris. Le théâtre alternatif de Vincent l’avait séduit d’emblée, une salle minuscule coincée entre un immeuble de bureaux et une supérette, dans le quatorzième, restaurée et animée par des bénévoles au sein d’une association sans le moindre espoir lucratif. La buvette proposait du maté, des orangeades bio et des bières fermières aux noix. Le public était essentiellement constitué d’amis d’amis.
— Non, j’ai foiré Hollande.
Baptiste s’essuya les cheveux. Tous les soirs, il suait comme Brel au soir de ses adieux à la scène. C’était sans doute ce qu’il aurait de mieux à faire. Ses adieux. Avant d’avoir complètement coulé Vincent. Il payait le loyer de sa chambre de bonne en rédigeant des newsletters pour une chaîne de magasins discount. Un boulot provisoire. Ses collègues de travail adoraient ses imitations, il animait tout l’open space.
— Hollande était un peu guindé, mais tu as vraiment transcendé Gide.
— Vincent ! Qui connaît Gide aujourd’hui?
C’était l’autre problème. Il était particulièrement doué pour les voix méconnues, oubliées, les premiers ministres de la quatrième république, les chanteuses rive gauche, les animateurs de l’ORTF. Il pratiquait l’imitation de niche.
— A propos de Gide…
Quelque chose, dans l’intonation de Vincent, intrigua Baptiste. Dans la pénombre des coulisses, il l’entendait sourire.
— Oui?
— Quelqu’un veut te voir. Je l’ai fait attendre dans ta loge.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   19 octobre 2020
Baptiste avait souvent envisagé cette question de la célébrité. À certains égards, il lui fallait même reconnaître qu'il l'avait désirée. Mais il n'avait jamais fait l'effort de se la représenter, de s'en figurer les implications. Né à la fin du XXème siècle, il avait intégré l'idée qu'elle constituait un état sans contour net ni causes précises. Il y avait eu une époque, déjà terriblement lointaine, son enfance ou celle de ses parents, au cours de laquelle elle était perçue comme la récompense publique d'un mérite, d'un talent. Il y avait eu des scientifiques célèbres, des écrivains célèbres puis des acteurs, des chanteurs, des mannequins célèbres.
Ensuite, progressivement, étaient apparues les célébrités.
En inversant les causalités, la renommée s'était quintessenciée. On n'était plus célèbre parce qu'on avait tourné dans un film. On devenait acteur parce qu'on était célèbre.
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Cigale17Cigale17   18 juillet 2020
Au réveil, saisi d’une impulsion philanthropique, il lika sur Facebook les statuts de ses amis. Fabien dénonçait un projet félon du gouvernement. Tony relayait une pétition en faveur des migrants et Yannick, un ancien collègue qui ne faisait pas mystère de son admiration pour Élisabeth Levy ironisait sur l’écriture inclusive. Concernant ce dernier, au terme d’un bref débat intérieur, il substitua au pouce bleu une émoticône souriante, parfaitement amphibologique, susceptible d’être interprétée comme une adhésion distanciée ou de suggérer une ironie bonhomme. Baptiste se méfiait, certains de ses contacts lui prêtant des affinités avec la nébuleuse néo-réac parce qu’il avait, une fois, exprimé dans un commentaire des réticences à propos d’un éditorial des Inrockuptibles. (p. 125)
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hcdahlemhcdahlem   10 janvier 2020
Il n’en revenait pas. Un producteur, il aurait pu comprendre. Mais un écrivain? Peut-être l’un de ceux qu’il admirait le plus, un auteur aussi célèbre que discret, Goncourt à la toute fin du vingtième siècle, prosateur raffiné dont la voix douce et rare illuminait certaines fins d’après-midi d’automne, sur France Culture. Par quelle fantaisie du destin Pierre Chozène avait-il pu se retrouver dans sa loge ? C’était inimaginable.
— Tous mes livres?
Chozène paraissait sincèrement épaté. Pourtant, il écrivait peu. Un roman tous les quatre ans, en moyenne. Une demi-douzaine en tout, traduits dans vingt langues.
— J’ai commencé par hasard, dans une librairie, les premières lignes du Voyage d’été… p. 11-12
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ZilizZiliz   24 avril 2021
A peine sorti de l'adolescence, il possédait une conscience aigüe de la finitude et de l'urgence. Il savait que des vies entières pouvaient se dérouler sans événement. Celle de ses grands-parents, qui habitaient dans une petite ville du Cher, était rythmée par la télé, le jardin, l'ouverture et surtout la fermeture des volets électriques, à heures fixes, été comme hiver. Le ronronnement des volets électriques lui avait déclenché très tôt des crises d'angoisse, quand, par malheur, on l'envoyait passer quelques jours chez eux, pour les vacances.
(p. 17-18)
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