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ISBN : 2843047994
Éditeur : Zulma (24/08/2017)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 82 notes)
Résumé :
C’est l’histoire de ce qui se passe dans l’esprit d’un homme. Ou le roman vrai de Manuel Cortès, rêvé par son fils – avec le perroquet Heidegger en trublion narquois de sa conscience agitée. Manuel Cortès dont la vie pourrait se résumer ainsi : fils d’immigrés espagnols tenant bistrot dans la ville de garnison de Sidi-Bel-Abbès, en Algérie, devenu chirurgien, engagé volontaire aux côtés des Alliés en 1942, accessoirement sosie de l’acteur Tyrone Power – détail qui p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Archie
  01 février 2018
Pas facile d'extraire la substantifique moelle de Dans l'épaisseur de la chair, un ouvrage dense, parfois confus et déroutant, dont la lecture exige un minimum de persévérance. Il ne m'a pas été inutile, après coup, de refeuilleter quelques pages et de prendre du recul pour étayer mon opinion d'ensemble.
S'agit-il d'un livre d'histoire, d'une saga familiale, de la biographie romancée d'un « pied-noir » nommé Manuel Cortès, ou de l'hommage tardif d'un homme à un père très âgé ?
Dans l'épaisseur de la chair est un peu tout cela à la fois. Jean-Marie Blas de Roblès, l'auteur, est lui-même une personnalité riche, au parcours complexe. Il est philosophe, archéologue, historien, avant d'être poète et romancier. Dans une interview récente, il déclare : « mon but est de faire de la littérature, pas de raconter l'histoire de ma famille »…
Ma foi, l'on peut très bien faire de la littérature tout en racontant l'histoire de sa famille, et cet ouvrage en témoigne. Il dresse un large panorama historique de l'Algérie coloniale, depuis la conquête par les Français jusqu'à l'indépendance. Sur ce fond très documenté, se superpose le parcours d'une famille modeste de pieds-noirs d'origine espagnole, venue s'installer à Bel Abbès, une ville créée à partir d'une ancienne antenne des troupes du général Bugeaud. Emerge ensuite la personnalité du dénommé Manuel Cortès. Il est le père du narrateur, ce dernier étant le double de l'auteur.
A dater de l'indépendance et de l'exode des pieds-noirs, le récit prend une tournure résolument autobiographique, même si le personnage central reste Manuel Cortès. Aux documents et aux témoignages sur lesquels il s'appuyait, l'auteur substitue ses propres souvenirs, son vécu personnel d'enfant, de jeune homme, puis d'homme mûr. Ce qui ressort finalement, c'est la prise de conscience par un fils, des blessures endurées par un père tout au long des vicissitudes de sa vie. Encore a-t-il fallu que ce fils se retrouve empêtré dans une situation suffisamment périlleuse pour remonter le fil de sa généalogie, comme dans les fictions où celui qui va mourir repasse en un clin d'oeil le film de sa vie.
A l'instar de nombreux Français d'Algérie de sa génération, Manuel Cortès avait cru en l'avenir radieux promis par la France coloniale. Ses espérances avaient été contrariées par la seconde guerre mondiale, puis balayées par ce qu'on appela les événements d'Algérie, conclus par l'exode des pieds-noirs. J'aime à croire qu'en célébrant les heurts et malheurs de son père, Blas de Roblès a voulu rendre hommage à tous les Français d'Algérie modestes, devenus « les rapatriés », dont nul ne peut dire qu'ils aient été des profiteurs de la colonisation, mais dont il est incontestable qu'ils ont compté parmi les perdants de l'indépendance.
Chez nombre d'entre eux, l'auteur avait déploré l'absence de sensibilité politique, l'aveuglement devant l'absurdité du concept de colonie, un antisémitisme enkysté, et l'incompréhension devant des actes de rébellion qui n'avaient cessé de prendre de l'ampleur dès la fin de la seconde guerre mondiale.
Il leur reconnaît une vraie générosité, une propension spontanée à aider son prochain et une tendance méridionale sympathique à l'excès dans la démonstration. Une tendance que l'on retrouve chez lui-même, lorsqu'il ne résiste pas, à côté de références érudites de bon aloi, à l'envie de sortir des mots en pataouète, des anecdotes de café de commerce, des petites blagues éculées et des démonstrations d'enthousiasme « comme là-bas » pour des passions personnelles qu'on a le droit de ne pas partager, comme la pêche, par exemple.
L'écriture, très travaillée, est brillante, flamboyante. Superbe ! Mais Blas de Roblès prend aussi un malin plaisir à égarer son lecteur dans des digressions liées à ses autres ouvrages, ou dans le recours à des cartes de tarot à la symbolique mystérieuse pour titrer les quatre parties de son ouvrage.
J'ai apprécié son respect pour les souffrances des deux communautés qui se sont déchirées sur un sujet qui mit la France au bord de la guerre civile, et qui a laissé des cicatrices douloureuses dans l'épaisseur de la chair de beaucoup de monde. Si j'ai aimé le travail de reconstitution historique et la couleur picaresque du récit, j'ai été moins sensible à la quête de rédemption filiale. Après tout, c'est son père, pas le mien.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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motspourmots
  26 août 2017
Jean-Marie Blas de Roblès est un conteur extraordinaire. Sa plume est d'une fluidité extraordinaire au service d'un univers reconnaissable dès les premières lignes. le graphisme soigné des éditions Zulma s'accorde avec une belle harmonie avec l'élégance de l'auteur. Il n'y a plus qu'à embarquer...
Dans ce roman, pas de grands voyages à la Jules Verne comme dans le génial L'île du Point Nemo mais une inspiration certainement plus autobiographique, plus personnelle de l'auteur, une influence qui touche à ses propres racines. L'Algérie, terre d'accueil puis d'exil.
"Toi, de toute façon tu n'as jamais été un véritable pied-noir". C'est cette phrase prononcée par son père qui a tout déclenché dans la tête du narrateur. Pas un véritable pied-noir ? Mais c'est quoi au fait un véritable pied-noir ?
Pour tenter de trouver la réponse, il remonte le temps et se plonge dans l'histoire de son père, Manuel Cortès, fils d'immigrés espagnols installés à Sidi-Bel-Abbès en tant que tenanciers d'un café restaurant. Il deviendra chirurgien, s'engagera aux côtés des alliés, fera vibrer les coeurs (il est plutôt beau gosse), avant de subir "les événements" et de traverser définitivement la Méditerranée.
Une vie digne d'un roman, en somme. Un fil conducteur qui permet à l'auteur de dérouler l'écheveau de la grande Histoire et de revenir sur les épisodes tragiques qui ont marqué tous les hommes qui les ont traversés. Sous sa plume se mêlent les questionnements d'un fils (bien assisté par son perroquet, compagnon philosophe baptisé Heidegger), les silences d'un père, les mythologies familiales, les mensonges historiques et un poil de pédagogie bienvenue pour faire la part des choses.
Ça coule tout seul, c'est rudement bien ficelé, très agréable à lire. Personnellement j'ai tellement adoré L'île du Point Némo que j'ai été un peu troublée de cette facture beaucoup plus classique... Mais cela n'a en rien gâché le plaisir et l'intérêt pris à cette lecture.
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Herve-Lionel
  19 février 2018
La Feuille Volante n° 1218
Dans l'épaisseur de la chair - Jean-Marie Blas de Roblès - Zulma.
Cette saga familiale commence bizarrement par un chavirage de Thomas, le narrateur, lors d'une promenade solitaire en méditerranée. A la suite d'une altercation avec son père qui lui reproche de « ne pas être un vrai pied-noir » il prend seul la barque familiale et passe par-dessus bord. Ce séjour dans l'eau, rendu assez long par l'impossibilité de remonter dans son « pointu », lui donne l'intuition de sa mort inéluctable. C'est pour lui l'occasion de revoir, un peu sa propre vie comme dit-on celui qui va quitter ce monde, mais, remontant les traces de la mémoire, également celle de son père, la probabilité de la noyade lui rappelant les risques auxquels cet homme a dû faire face pendant sa longue vie. Par le biais de l'écriture, il lui rend un authentique et émouvant hommage et cela donne lieu à de nombreux analepses, sous forme de courts paragraphes, où il égrène les grands et les petits moments de cette famille déchirée entre l'Espagne, l'Algérie et la France. Il y a certes ce témoignage en faveur du père, mais, au fil de ma lecture, j'ai cru comprendre que le narrateur-auteur mena la vie dure à cet homme pendant quelques temps et fut invité par sa mère à plus d'indulgence envers lui, ainsi ce livre peut-il être aussi une manière de rachat. Ainsi il évoque son papa, Manuel Cortes, ancien chirurgien, engagé volontaire au côté des Alliés en 1942 qui, à 93 ans, vit retiré sur la côte d'Azur. Il est fils d'immigrés espagnols établis à Sidi-Bel-Abbès, une ville de garnison de la Légion étrangère, en Algérie, où son père, Juan, tenait un bistrot. C'est donc un roman de « pieds-noirs », plein du soleil de ce pays, des illusions entretenues de son rattachement à la France qui se termineront avec le triste slogan « la valise ou le cercueil », la découverte d'un pays lointain, inconnu et hostile, pas mal de regrets, d'incompréhensions et de trahisons politiques. C'est la petite histoire de cette famille qui se confond avec celle de ce pays, de son époque coloniale et militaire qui s'inspirait selon lui de la conquête romaine, de cette cohabitation cahoteuse entre européens, juifs, musulmans et bien entendu Espagnols, ces erreurs politiques qui ont jalonné la présence française en Algérie et de son issue, des épisodes de la deuxième guerre mondiale du retour au pays. le lecteur découvre par le menu la libération de l'Italie puis de la France à travers l'épopée personnelle de Manuel, incorporé comme médecin auxiliaire dans un tabor marocain puis dans un régiment de génie, avec blessures, décorations et citations. Il partage les actions d'éclats de ces soldats, déplore leurs exactions sur les populations civiles mais profite aussi aussi ces moments d'exception où l'on oublie la guerre et, au milieu de ces combats, Manuel, avec une baraka insolente, semble immortel, en plus d'être un séducteur impénitent dans la vie ordinaire. Puis ce sont les événements de Sétif qui ont lieu en Algérie et sont le départ de ce processus d'indépendance qui fera de lui et de sa famille des «rapatriés ».
L'architecture de ce roman s'articule comme un jeu de cartes espagnol avec ses figures caractéristiques et différentes des nôtres, « l'as de deniers », le« de deux d'épée », le «  trois de bâton » et le « quatre de coupes ». Cette progression symbolise la vie qui s'écoule, mais peut-être surtout ce que le hasard ou la destiné donnent à chacun en lui confiant le soin de le faire fructifier, sans oublier la chance et son contraire, la scoumoune, les événements extérieurs ou l'action des autres qui viennent favoriser ou contrecarrer les projets personnels, une image assez fidèle du parcours individuel en ce bas monde entre liberté, fatalité, erreurs et succès... A l'occasion de ce roman, l'auteur-narrateur remet en cause nombre d'idées reçues sur la guerre et sur la colonisation, mais c'est la nostalgie de ce pays et du temps passé qui transparaît. Il porte sur son histoire un regard critique égrenant les phases qui iront irrémédiablement vers les combats, les attentats, l'indépendance et le départ en catastrophe, un travail d'historien d'une remarquable précision. Ce faisant, il porte aussi un jugement sur la condition humaine.
A titre personnel, je ne lis jamais une saga sans ressentir une sorte de vertige que me procure le temps qui passe et la vie qui s'écoule malgré soi et malgré sa volonté d'y imprimer sa marque. Ce fils de pauvres immigrés espagnols devient, à cause de la guerre, un brillant chirurgien, mais les événements, et aussi ses semblables se chargèrent de briser ses rêves et sa volonté. Il a mené une vie à la fois longue, aventureuse et tellement romanesque qu'on croit lire une fiction.
Thomas est accompagné des railleries de son perroquet qui, bien qu'absent, hante son esprit au point de pouvoir être regardé comme la voix de sa conscience, ce qui donne à ce roman une incontestable dimension humoristique.
J'ai retrouvé avec plaisir le style fluide et agréable à lire que j'avais déjà rencontré dans « Là où les tigres sont chez eux » (La Feuille Volante n°329). J'ai, avec ce roman, à nouveau passé un bon moment de lecture, dépaysant et passionnant.
© Hervé GAUTIER – Février 2018. [http://hervegautier.e-monsite.com
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nilebeh
  13 novembre 2017
« Toi, de toute façon, tu n'as jamais été un vrai pied-noir ».
Voilà la phrase assassine prononcée par son père qui va pousser Thomas Cortès à plonger dans les souvenirs de son père durant ces heures où, accroché au bateau sur lequel il ne peut remonter, il va attendre dans l'eau... Quoi ? La mort par hypothermie? La rédemption et le pardon ?
Et c'est une vraie leçon d'histoire, le témoignage d'un « Pied-Noir » qui nous est rapporté.
Avec un retour aux années de honte en Espagne, quand en 1492, Isabelle la Catholique a promulgué le décret de l'Alhambra qui donnait un mois aux juifs d'Espagne pour plier bagages et quitter le pays, avec interdiction d'emporter or et argent. Tout leur était devenu interdit, l'école, le travail - y compris le commerce - Les musulmans chassés par la Reconquista, il fallait encore se débarrasser des juifs...On a vu alors des parents affolés marier dans l'urgence des gamins de douze ans, le départ des « couples » étant réputé plus facile ! Les chiffres manquent de précision : pour quelques dizaines de milliers de juifs convertis au catholicisme mais qui pratiquaient en secret leur propre religion, les « marranes » et restés sur place, combien de centaines de milliers sont partis, au Maghreb et dans toute l'Europe ?
Et quand on sait que ce décret n'a été abrogé qu'en 1967... !
Ce sont ces juifs d'Algérie dont on va nous parler, mal perçus par les autochtones algériens, par les colons français, trop voyants, trop arrogants, surtout : trop riches !
En 1940, le gouvernement de Vichy interdit à Manuel Cortès d'entrer à l'Université, alors que ses deux frères font la guerre ! Pétain prononce la déchéance de citoyenneté pour les juifs en Algérie : ils perdent tout, profession, revenus, droit d'aller à l'école. Albert Camus est renvoyé de son poste de professeur, ce qui sera peut-être à l'origine de l'écriture de « La Peste ».
Manuel Cortès, le père de Thomas qui lutte dans l'eau de la Méditerranée, a participé aux grandes batailles de la guerre de 1939-1945, notamment à celle de Monte Cassino en Italie. Il raconte la vie de ces goumiers, soldats d'Afrique du Nord et d'Afrique noire, connus pour leur courage et leurs faits d'armes mais aussi pour leurs exactions. Manuel entend encore les hurlements des nonnes violées, ceux des hommes émasculés devant leurs femmes... L'auteur ne nous épargne (presque) rien des horreurs de la guerre, y compris de celle de l'indépendance de l'Algérie. A cette occasion, Manuel, médecin militaire, travaillera comme un forcené pour épargner la vie autant des uns que des autres, serment d'Hippocrate oblige, s'attirant ainsi la haine des deux camps.
Et quand il sera rapatrié vers la France, lui, le chirurgien honnête, se verra rejeté par ses confrères, obligé de renoncer à la chirurgie et à ouvrir un modeste cabinet de généraliste. Avant d'être recruté par la CGT pour devenir un médecin social, aux appointements modestes mais heureux d'être utile à des patients peu favorisés par la vie.
Un beau roman, sans parti pris, bien documenté et vivant. Sans doute le résultat d'une expérience personnelle...
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Olivia-A
  31 août 2017
La vie de nos pères nous paraît souvent admirable. Ils ont survécu aux guerres, aux révolutions politiques, aux divisions raciales et aux préjugés bien ancrés du siècle passé. Manuel Cortès est de ces pères-là, un de ceux qui inspirent leurs enfants à se dépasser pour atteindre cet idéal désormais révolu. D'origine espagnole, médecin dans les tabors lors de la libération de l'Italie, chirurgien en Algérie, il devient médecin généraliste en France, luttant contre la discrimination à l'encontre des pied-noirs pour faire vivre sa famille. C'est son fils, Thomas, tombé à l'eau un beau matin de décembre après un accrochage avec son père, qui nous raconte son histoire, et l'histoire de son père Juanico avant lui. L'histoire d'une famille, certes venue d'Espagne, mais faisant partie intégrante d'une chimère sur le point d'exploser : l'Algérie française.
Jean-Marie Blas de Roblès nous charme par son style unique, ici mis au service d'un témoignage profond et émouvant, une apologie du père, illustrée de quelques réflexions philosophiques et historiques. Il parvient à merveille à décrire toutes les scènes variées qui ont fait la vie de Manuel Cortès : les anecdotes familiales sont drôles et émouvantes, les scènes de guerre hachées et horribles de réalisme, les interventions d'Heidegger, le perroquet imaginaire, tout simplement hilarantes. le narrateur complète son témoignage familial avec des faits véridiques, des digressions parfois surprenantes mais qui, systématiquement nous amènent à réfléchir. Il fait preuve d'une lucidité sans pareille dans sa démarche pour répondre à l'accusation de son père : "- Toi, de toute façon, tu n'as jamais été un vrai pied-noir !" Il interroge tour à tour la conception de l'Algérie française de ces gens qui y ont fait leur vie, qui ont participé au maintien de cette chimère et ont aimé passionnément ce pays comme le leur, malgré le racisme latent, les divisions superficielles entre les peuples, les règles tacites creusant les différences. On sent qu'il aurait aimé que le colonialisme français ait l'intelligence de ne pas faire dans l'assimilation et la discrimination, pour lui permettre à lui, Thomas, d'être un "vrai" sans être "pied-noir".
C'est sur la fin que tout le roman prend son sens symbolique, et je ne peux pas vous dévoiler la fin, quelque part, c'est à vous d'aller la chercher. J'ai été dubitative tout au long du récit sur ce stratagème romanesque qui consiste à coincer un personnage dans une situation improbable (ici, le mettre à l'eau littéralement), et de s'en servir comme prétexte pour le faire réfléchir et se souvenir. C'est à la fin que j'ai compris pourquoi l'auteur avait choisi ce procédé, finalement assez approprié pour finir en beauté, pour rendre justice au père comme au fils, pour clôturer les souvenirs avec un présent plein d'espoir. Très différent de L'île du Point Némo (superbe aussi soit dit en passant), ce roman plus terre à terre, plus réaliste, plus ancré dans l'histoire, est un roman puissant, émouvant, perturbant aussi. Mais surtout, c'est un message d'espoir pour l'avenir, un doigt pointé vers l'horizon qui nous dit que tout va bien se passer, quoique l'histoire mette en travers de notre chemin, et qu'il faut se battre, coûte que coûte.
Merci aux Editions Zulma pour ce beau moment de lecture.
Lien : https://theunamedbookshelf.w..
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critiques presse (1)
LaCroix   10 novembre 2017
L’auteur de « Là où les tigres sont chez eux » et de « L’île du Point Némo », Jean-Marie Blas de Roblès, livre dans cette fiction la belle déclaration d’amour d’un fils à son père.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
Herve-LionelHerve-Lionel   17 février 2018
Je n'ai pas peur ou pas encore. Quant à prier, j'ai toujours préféré la violence de mes angoisses au sommeil de la raison; je suis heureux que mon cerveau m'épargne la déchéance de la supplique... J'ai biffé rageusement sourates et versets, puis recopié en marges la fière injonction de Marc Aurèle " Vivez une bonne vie. S'il y a des dieux et qu'ils sont justes, alors ils ne se soucieront pas de savoir à quel point vous avez été dévots, mais vous jugeront sur la base des vertus par lesquelles vous avez vécu. S'il y a des dieux mais qu'ils sont injustes, alors vous ne devriez pas les vénérer. S'il n'y a pas de dieux, alors vous ne serez pas là, mais vous aurez vécu une vie noble qui continuera d'exister dans la mémoire de ceux que vous aurez aimés. Je n'ai pas peur."
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Olivia-AOlivia-A   30 août 2017
La France s'est dédouanée de l'Algérie française en fustigeant ceux-là même qui ont essayé tant bien que mal de faire exister cette chimère. Les pieds-noirs sont les boucs émissaires du forfait colonialiste.
Manuel ne voit pas, si profonde est la blessure, que ce poison terrasse à la fois ceux qui l'absorbent et ceux qui l'administrent. La meule a tourné d'un cran, l'écrasant au passage, sans même s'apercevoir de sa présence.
Il y aura un dernier pied-noir, comme il y a eu un dernier des Mohicans.
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Herve-LionelHerve-Lionel   18 février 2018
Flavi était resplendissante, de cette beauté qui transforme le corps plurôt qu'elle n'en résulte. Un chignon lâche de cheveux blonds, retenu assez bas sur la nuque, des yeux en amande avec ce bleu regard de myope, cette trouée de ciel où se lisait d'emblée sa franchise désarmante comme le filigrane de son élégance.
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nilebehnilebeh   13 novembre 2017
«  Il en va des pieds-noirs comme des Byzantins, ils n’ont existé en tant que tels qu’une fois leur monde disparu. » (page 59)
"Mon père a assisté aux massacres de Sétif, il n'a rien fait, rien dit, rien ressenti, et je ne parviens ni à l'excuser ni à l'en blâmer. Il n'est pas si facile de percevoir ce que l'on voit ; il faut beaucoup d'efforts, de concentration sur l'instant présent, sur ce qu'il offre à notre regard, pour ne pas limiter ses yeux à leur simple fonction de chambre noire." (p.241).
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montmartinmontmartin   22 octobre 2017
Manuel se demanda si ce type était un héros, un saint martyr ou un abruti, l'une des trois couleurs primaires dont le mélange produit l'infinie diversité de la palette humaine.
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Videos de Jean-Marie Blas de Roblès (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Marie Blas de Roblès
Librairie de Paris (16 mai 2019) - Texte et Lecture de Lucile Bordes, extrait du Dictionnaire des mots parfaits (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution 16 mai 2019).
Le Dictionnaire des mots parfaits
Pourquoi certains mots nous plaisent-ils tant ? S?adressant à notre sensibilité, à notre mémoire ou à notre intelligence du monde, ils nous semblent? parfaits. Bien sûr, parfait, aucun mot ne l?est ? ou alors tous le sont. Pourtant, chacun de nous transporte un lexique intime, composé de quelques vocables particulièrement aimés. Après ceux consacrés aux mots manquants et aux mots en trop, ce troisième dictionnaire iconoclaste invite une cinquantaine d?écrivains à partager leurs mots préférés. Il vient parachever une grande aventure collective où la littérature d?aujourd?hui nous ouvre ses ateliers secrets.
Avec : Nathalie AZOULAI, Dominique BARBÉRIS, Marcel BÉNABOU, Jean-Marie BLAS DE ROBLÈS, François BORDES, Lucile BORDES, Geneviève BRISAC, Belinda CANNONE, Béatrice COMMENGÉ, Pascal COMMÈRE, Seyhmus DAGTEKIN, Jacques DAMADE, François DEBLUË, Frédérique DEGHELT, Jean-Michel DELACOMPTÉE, Jean-Philippe DOMECQ, Suzanne DOPPELT, Max DORRA, Christian DOUMET, Renaud EGO, Pierrette FLEUTIAUX, Hélène FRAPPAT, Philippe GARNIER, Simonetta GREGGIO, Jacques JOUET, Pierre JOURDE, Cécile LADJALI, Marie-Hélène LAFON, Frank LANOT, Bertrand LECLAIR, Alban LEFRANC, Sylvie LEMONNIER, Arrigo LESSANA, Alain LEYGONIE, Jean-Pierre MARTIN, Nicolas MATHIEU, Jérôme MEIZOZ, Gilles ORTLIEB, Véronique OVALDÉ, Guillaume POIX, Didier POURQUERY, Christophe PRADEAU, Henri RAYNAL, Philippe RENONÇAY, Pascale ROZE, Jean-Baptiste de SEYNES, François TAILLANDIER, Yoann THOMMEREL, Laurence WERNER-DAVID, Julie WOLKENSTEIN, Valérie ZENATTI
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