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ISBN : 2843046971
Éditeur : Zulma (21/08/2014)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.65/5 (sur 319 notes)
Résumé :
Découvrez une usine de cigares dans le Périgord noir, embarquez à bord du Transsibérien, grimpez dans un dirigeable, poursuivez votre périple en sous-marin à la recherche du diamant volé de Lady MacRae. Et croisez au fil des pages un dandy opiomane, l'ignoble monsieur Wang, une épouse nymphomane et frustrée, l'insaisissable Enjambeur Nô. Quelle folle imagination a pu faire naître un tel roman ?

«C'est étrange la manière dont l'imagination fonctionne, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (103) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  09 septembre 2014
Intrigues à foison, mises en abymes, références à de grands romans du XIXème, humour, inventions extravagantes, prises de position politiques, écologiques et économiques : impossible de s'ennuyer - c'est d'ailleurs presque " too much " par moments, au risque de se perdre.
Ici, lire est en soi une aventure, c'est un peu comme se retrouver embarqué par hasard dans un wagonnet de montagnes russes, complétées d'un train fantôme hanté par Verne, Doyle, Lovecraft, Dumas, mais aussi Melville, Stevenson et probablement d'autres que je n'ai peut-être pas identifiés, mais qui font partie de notre imaginaire culturel collectif et que, par jeu, j'ai pris plaisir à identifier grâce aux indices semés par l'auteur tout au long du récit.
Bref, une étonnante mixture, hommage à la littérature d'aventures et au pouvoir de l'imagination.
Il n'y a véritablement que le fil conducteur de ce roman totalement déjanté qui soit simple : un inestimable diamant a été volé à lady MacRae.
John Shylock Holmes, descendant de l'illustre détective, a été engagé par celle-ci et par la compagnie d'assurances pour le retrouver. Accompagné de son majordome, Grimod de la Reynière, mais aussi de Martial Canterel, dandy richissime et de sa gouvernante, miss Sherrington, Holmes se lance à la poursuite du criminel Enjambeur Nô dans un périple ébouriffant qui entraîne le lecteur de Londres, à la Sibérie - avec un inoubliable déraillement du Transsibérien - en passant par la Chine et l'Australie, pour finir sur un îlot inconnu du Pacifique qui réserve des surprises pour le moins inattendues.
Et encore ne s'agit-il là que de l'intrigue principale. Ma plus grande surprise probablement fut la découverte d'une galerie de personnages, héros d'intrigues secondaires hautes en couleurs et en variété qui semblent n'avoir aucun rapport avec le corps du roman et qui coupent en quelque sorte la narration principale. Assez déroutant au début, ils permettent de donner cependant un rythme à l'ensemble, et surtout de jeter des passerelles vers une époque et des thèmes plus contemporains. C'est selon moi la seconde grande originalité et le tour de force habile de ce roman.
L'île du point Nemo n'apparaît donc qu'au terme d'une odyssée délirante qui vaut le détour, d'une aventure littéraire inattendue et réussie.
J'ajoute juste que le fameux point Nemo, " est le nom donné au pôle maritime d'inaccessibilité, c'est-à-dire l'endroit de l'océan le plus éloigné de toute terre émergée. ", histoire de s'éloigner des rivages bien balisés de la littérature probablement.
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LiliGalipette
  02 novembre 2014
Ici, il est question :
d'une bataille entre Alexandre le Grand et Darius,
d'un dandy opiomane,
d'une gouvernante bien sous tous rapports, mais qu'il ne faut pas chercher,
d'un certain John Shylock Holmes,
d'un majordome noir au front balafré,
de trois pieds coupés chaussés de baskets,
d'un nombre restreint d'unijambistes,
du diamant volé de Lady MacRae,
de B@bil Books, l'entreprise de Monsieur Wang,
d'une jeune fille endormie depuis plus de dix ans,
de fiacres et de tablettes tactiles,
d'un mari qui bande mou, au grand désespoir de son épouse un brin nymphomane,
de la lecture à voix haute dans les fabriques de cigares,
d'un homme enfermé dans un sous-sol, avec son épouse endormie, des livres et des journaux,
d'une femme qui a jadis peut-être été un homme,
d'un jeune hacker qui milite pour la liberté des livres et des histoires,
des amours platoniques entre le susdit et sa jolie compagne de travail,
d'un voyage à bord de l'Orient-Express,
d'un voyage en dirigeable,
d'un voyage en bateau,
d'un voyage en sous-marin, commodément appelé Nautilus,
d'un criminel surnommé l'Enjambeur Nô,
d'un pigeon de concours nommé Free Legs Diamond,
de plusieurs monstres marins, dont un certain Cthulhu,
d'une île qui dérive
et de bien d'autres curiosités, personnages et péripéties. On ne va pas tout vous raconter !
Si cela n'était pas encore tout à fait évident, ce roman est impossible à résumer tant les évènements s'enchaînent sans cesse autour de personnages et au sein de récits divers. le lecteur est invité à suivre trois histoires qui se répondent à différents niveaux et l'on se demande bien quel récit nourrit l'autre. « Tout livre est l'anagramme d'un autre. Peut-être même de plusieurs. Il n'appartient qu'au lexique d'être celui de tous les autres. » (p. 453) Allons plus loin et rappelons l'osmose essentielle entre réalité et fiction : « Il n'y a pas de réalité qui ne s'enracine dans une fiction préalable. » (p. 409) L'île du point Némo, ce n'est qu'une expression de la réalité passée à la moulinette de l'imagination. Un mot sur ce fameux point Némo qui va susciter tant d'interrogations, de recherches et de frissons (Oui, ça en rappelle un autre…) : « C'est le joli nom donné par les scientifiques au pôle maritime d'inaccessibilité, l'endroit de l'océan de l'océan le plus éloigné de toute terre émergée. » (p. 262) Voilà une définition qui colle assez bien avec la création : quel auteur n'a jamais rêvé de produire un texte à nul autre pareil, un texte qui explorerait un pan narratif encore vierge de toute écriture ?
Le récit principal (appelons-le ainsi par commodité) offre une congruence étonnante et réussie entre une atmosphère victorienne et une technologie estampillée 21e siècle, du steampunk à son meilleur ! Au fil du roman, on visite un cabinet de curiosité qui n'en finit pas de faire s'écarquiller les yeux qui ont été ceux d'une enfant émerveillée (Oui, c'est moi, évidemment.) par les romans de Jules Verne, de Sir Conan Doyle ou de Ian Fleming. Car le ton est donné : ce roman est à la fois d'aventure et d'espionnage, mais également policier et d'amour (un peu). C'est aussi une fable écologique et un conte philosophique. L'île du point Némo, c'est surtout un glorieux palimpseste, celui d'un auteur qui a beaucoup lu et dont l'esprit fourmille de personnages et de situations romanesques. « Que reste-t-il dans nos mémoires, sinon un résumé flou et poussiéreux, de ces livres qui ont bousculé notre existence ? » (p. 46) En secouant le tout, en le saupoudrant d'un brin de folie et en l'arrosant d'une grande rasade de second degré, on obtient un texte qui, s'il est foutraque, polymorphe et labyrinthique, n'est jamais insaisissable ou incompréhensible. Parce que ce qui compte, finalement, c'est le plaisir qu'éprouve tout lecteur quand on lui raconte une bonne histoire. Et celle-ci est bonne, foutrement bonne !
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isabelleisapure
  23 août 2014
Quel talent !
De deux choses l'une, soit Jean-Marie Blas de Robbles est le fils spirituel de Stevenson et Jules Verne, soit il a consommé des champignons hallucinogènes sur l'île du point Nemo pour oser nous servir une histoire aussi délirante et réussir à le faire avec un tel brio !
Deux mots de l'histoire, pas plus, car résumer ce livre est impossible.
Tout commence avec un somptueux diamant l'Ananké volé à une lady anglaise.
Aussitôt prévenu Martial Canterel flanqué de son fidèle complice et ami John Shylock Holmes se lance à la recherche du joyau.
Nous voyageons à bord du Transibérien, visitons la Russie, la Chine, pour arriver sur l'île du point Nemo.
Impossible de ne pas parler des personnages, de quelques-uns seulement car autant vous dire qu'il y en a autant dans le livre que dans le Transibérien.
Je vous dirai quelques mots de mes préférés.
Mr Wang, un chinois vivant dans le Périgord patron de B@bilbook, usine d'assemblage de liseuses numériques, colombophile passionné à ses moments perdus.
Dulcie Présage, haïtienne qui découvre les livres dans une fabrique de cigares qui ont pour noms : Jean Valjean, Rastignac ou Salambô.
Carmen Bonacieu, en manque de sexe ne trouve rien de mieux pour guérir l'impuissance de son époux que de lui appliquer des abeilles sur le zizi. Souffrance assurée pour le pauvre garçon, pour un résultat pas très convaincant, vous vous en doutez.
Il y en a tellement d'autres, tous plus déjantés les uns que les autres.
La grande force de se livre est de nous emmener dans une aventure improbable, avec des péripéties multiples sans nous perdre en chemin.
Les protagonistes trouvent leur place au bon moment.
Un livre que je n'ai pu lâcher. Pas une minute d'ennui. le sourire aux lèvres en permanence, parfois de grands éclats de rire, que demander de plus.
J'ai aimé « là où les tigres sont chez eux » et j'ai adoré « lîle du point Némo ».
Un merveilleux remède contre la morosité ambiante !
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Sando
  30 août 2014
L'Anankè, le plus gros diamant du monde, détenu jusque-là par Lady MacRae, vient d'être dérobé ! Afin d'éviter le scandale, celle-ci va solliciter les services de John Shylock Holmes, le descendant direct du célèbre détective, afin qu'il retrouve le précieux trésor. Mais pour mener son enquête et résoudre cette énigme, Holmes va avoir besoin de l'aide de Grimod, son talentueux majordome, et de son vieil ami Martial Canterel, un dandy opiomane féru d'aventures et de mystères… Accompagnés de Miss Sherrington, la gouvernante, de Lady MacRae et de sa fille, les trois hommes vont ainsi se lancer sur les traces de l'inquiétant Enjambeur Nô et entreprendre une quête qui les mènera au bout du monde, vers des merveilles encore insoupçonnées.

En parallèle, on suit la mauvaise fortune d'Arnaud, le patron d'une fabrique de cigares du Périgord obligé de mettre la clé sous la porte et dont la femme est plongée dans le coma. Son usine vient d'être rachetée par Monsieur Wang, un chinois voyeur et libidineux, directeur de B@bil Books, une entreprise spécialisée dans l'assemblage de liseuses numériques. On découvre également Carmen dont le mari, Dieumercie Bonacieux est atteint de « cécité sexuelle » et qui va tout faire pour réveiller son appétit sexuel… Sans oublier Fabrice Petitbout, le geek abandonné par sa mère et la jolie Charlotte qui ont également un rôle à jouer ... Vous vous demandez peut-être comment toutes ces histoires parviennent à tisser un lien entre elles… Alors pour le découvrir, il ne vous reste plus qu'à plonger vous aussi dans « L'île du Point Némo » !

Jean-Marie Blas de Roblès s'était déjà fait connaître du grand public en 2008, lorsqu'il avait reçu le prix Médicis pour son roman « Là où les tigres sont chez eux ». C'est avec un immense plaisir qu'on le retrouve cette fois dans une aventure palpitante et survoltée digne d'un texte de Jules Verne ! Les références à « L'île mystérieuse » et à « 20.000 lieues sous les mers » sont d'ailleurs nombreuses et rendent un hommage éloquent au maître du roman d'aventures.

Ce qui séduit d'abord dans « L'île du Point Némo », c'est cette plume riche et fouillée, qui enchante par la précision de ses descriptions et crée avec un talent indéniable des décors qui prennent vie sous nos yeux et nous font voyager à travers le monde. Les personnages quant à eux sont hauts en couleurs et animent le récit par leur vitalité et leur sens de la répartie qui donne droit à des traits d'humour particulièrement plaisant.

Ce qui surprend au début, c'est cette alternance entre le récit principal, celui de la quête de l'Anankè, et la multitude de petites histoires qui surviennent au fil des chapitres et qui semblent indépendantes du reste. Il n'en est rien bien sûr et l'auteur imbrique au fur et à mesure les récits entre eux. Par ailleurs, afin de donner une ampleur encore plus romanesque, il n'hésite pas à jouer avec la notion de temps. On a ainsi l'impression que l'intrigue se déroule sur deux époques différentes, les ballons dirigeables et les transports en calèche côtoyant dans un même chapitre les baskets et les tablettes tactiles, ce qui destabilise le lecteur tout en stimulant son intérêt.

Malgré quelques longueurs, « L'île du Point Némo » est un roman d'une grande richesse, extrêmement ingénieux, qui, sous prétexte de divertir offre toute une réflexion sur l'humanité et ses travers ainsi que sur l'importance de la littérature et de la transmission orale. Une aventure à ne pas manquer !
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joedi
  12 novembre 2016
Des aventures loufoques dans lesquelles les périodes chronologiques se télescopent. Quand Jean-Marie Blas de Roblès situe une aventure sur l'île du Point Némo, clin d'oeil au capitaine et à son Nautilus, le sol de l'île étant constitué en partie de déchets de plastique, il attire l'attention sur l'écologie ; quand au pouvoir, il le représente notamment sous les traits de, monsieur Wang, chinois voyeur et libidineux, directeur de l'usine de liseuses numériques, B@bil Books, cet homme obsédé par les seins, abuse de ses employées ; clin d'oeil à Fidèle Castro quand il raconte les lectures dans les usines ... La grande aventure c'est le vol de l'Anankè, le plus gros diamant du monde, détenu par Lady MacRae qui fait appel à John Shylock Holmes, descendant du grand détective.
Le style inimitable de Jean-Marie Blas de Roblès a comblé la lectrice que je suis.
Challenge Atout Prix - Sélection 2017 - Prix du meilleur roman des lecteurs de Points
Prix Libr'à Nous
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critiques presse (6)
Bibliobs   23 octobre 2014
Son livre offre tant de pistes de lecture qu'on l'emporterait bien sur une île déserte, en oubliant derrière soi beaucoup de pauvres petites autofictions.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LesEchos   22 septembre 2014
Entrez dans la tête bibliothèque de Jean-Marie Blas de Roblès, où les livres délurés n’ont de cesse de s’accoupler. Pour notre plaisir.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LeFigaro   19 septembre 2014
Ce qui semblait, au début, un jeu, un pastiche étourdissant, révèle sa profondeur, sa nécessité vitale. Quel hydrogène, quel hélium que l'imagination de Blas de Roblès!
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaLibreBelgique   17 septembre 2014
Il signe une nouvelle épopée foisonnante, une odyssée fantastique, une chasse au trésor trépidante agrémentée de réflexions sur le pouvoir et la société contemporaine.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LesEchos   17 septembre 2014
Le lecteur flotte dans un drôle d’éther hallucinogène où l’humour et la poésie sont rois.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Lexpress   01 septembre 2014
C'est un festival, une odyssée au coeur de la fiction, à laquelle le lecteur, dans son éternelle jeunesse, ne peut qu'adhérer s'il accepte de se laisser embarquer dans un futur antérieur de belle facture, non dénué de réflexions sur le pouvoir, la littérature, Internet...
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (86) Voir plus Ajouter une citation
GabySenseiGabySensei   22 août 2014
La vérité, songea Wang, lorsqu'il fut enfin seul, c'est que c'était du pipeau ; la guerre ne répugnait à aucune ruse. En clair, si les textes inclus dans la liseuse étaient tous du domaine public, il ne fallait pas compter y trouver La Comédie humaine ou Les Rougons-Macquart en collection complète, annotée, illustrée et agréable à lire. Les éditeurs historiques de Balzac et de Zola en auraient attrapé des boutons de fièvre. Ces versions-là, il faudrait encore les racheter pour quelques euros sur les plates-formes dédiées. Pas question de les mettre directement sur le B@bil Book. Parmi les deux cents livres proposés, il n'y avait que des œuvres ultraconnues, choisies pour la façon dont elles entraient en résonance avec le cinéma. Hugo ? Les Misérables ; Zola ? Germinal ; Balzac ? Le Colonel Chabert ; La Recherche ? le premier tome, pas les autres, et ainsi de suite. S'ils ne les avaient pas lus plusieurs fois, les gens pouvaient se rattraper avec les aventures complètes de Sherlock Holmes, les Fables de La Fontaine ou Vingt Mille Lieues sous les mers. Cela lui rappelait la Chine sous Mao, quand tout le corpus littéraire et philosophique se limitait peu ou prou à la production du XIXe siécle.

Du point de vue des éditeurs, il s'agissait simplement de produits d'appel pour vendre ensuite leurs nouveautés. Pour les concepteurs de liseuses, cela n'avait aucune espèce d'utilité. Le temps que les acheteurs ouvrent leur e-books, ne serait-ce que pour les feuilleter, et on aurait changé trois fois de tablettes et de normes de fichiers. L'important, ce n'était même pas qu'ils achètent des livres numériques récemment parus, mais qu'ils achètent encore et encore la possibilité de les acheter. Le même système que partout ailleurs, et qui fonctionnait à vide, comme le reste de l'économie. La bibliothèque numérique n'était qu'une variation moderne du péché d'orgueil, celui de parvenus pressés d’exhiber leur prospérité, s'entourant de livres tape-à-l’œil -voire de simples reliures vides- qu'ils n'avaient jamais lus et ne liraient jamais.

Dans les bureaux de recherche de la maison mère, on travaillait déjà à des liseuses one shot, des B@bil Books jetables qui ne contiendraient qu'un seul titre et se réduirait à une feuille de plastique souple. La technologie était au point, il n'y avait plus qu'à développer des stratégies de communication permettant de la rendre indispensable. Un autre projet, tout aussi avancé, visait à se passer définitivement des écrivains. Monsieur Wang avait pu tester une version du logiciel, une merveille d'intelligence artificielle qui combinait la mécanique bien rodée du storytelling et plusieurs générateurs de textes, de situations, de personnages, dans le style désiré. Il voyait déjà ce que cela donnerait dans quelques années. "Déçu par la littérature contemporaine ? Réagissez, ne lisez plus que les romans dont vous êtes l'auteur !" Ou ceux de vos enfants, de vos amis, de votre chien.

(P359)
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PiatkaPiatka   13 septembre 2014
- Chez les ceratoïdes, par exemple, des poissons qui mesurent à peine quatre à huit centimètres, les rencontres ont dû être si difficiles que la nature a réglé le problème d'une façon toute différente : dès qu'un mâle, dix fois plus petit, rencontre une femelle, il la mord, à peu près n'importe où ; ses mâchoires et sa langue se greffent alors sur les tissus, si bien qu'il reste fixé à son corps pour le reste de sa vie.
- Une fidélité à toute épreuve, railla Canterel, le rêve d'Othello !
- Rien n'est moins sûr...La femelle y trouve sans doute son compte, mais pour le mâle, c'est un enfer définitif. Il devient un parasite de celle qu'il a mordue, sa circulation sanguine s'anastomose avec la sienne, au point de ne recevoir toute nourriture que par ce biais.
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SilikaniSilikani   01 janvier 2015
La vérité, songea Wang, lorsqu'il fut enfin seul, c'est que c'était du pipeau; la guerre ne répugnait à aucune ruse. En clair, si les textes inclus dans la liseuse étaient tous du domaine public, il ne fallait pas compter y trouver La Comédie humaine ou les Rougon-Macquart en collection complète, annotée, illustrée et agréable à lire. Les éditeurs historiques de Balzac et de Zola en auraient attrapé des boutons de fièvre. Ces versions-là, il faudrait encore les racheter pour quelques euros sur les plates-formes dédiées. Pas question de les mettre directement sur le B@bil Book. Parmi les deux cent livres proposés, il n'y avait que des œuvres ultraconnues, choisies pour la façon dont elles entraient en résonance avec le cinéma. Hugo? Les Misérables; Zola? Germinal; Balzac? Le Colonel Chabert; La Recherche? Le premier tome, pas les autres, et ainsi de suite. S'ils ne les avaient déjà lus plusieurs fois, les gens pouvaient se rattraper avec les aventures complètes de Sherlock Holmes, les Fables de La Fontaine ou Vingt Mille Lieues sous les mers. Cela lui rappelait la Chine sous Mao, quand tout le corpus littéraire et philosophique se limitait peu ou prou à la production du XIXe siècle.

Du point de vue des éditeurs, il s'agissait simplement de produits d'appel pour vendre ensuite leurs nouveautés.
Pour les concepteurs de liseuses, cela n'avait aucune espèce d'utilité. Le temps que les acheteurs ouvrent leurs e-books, ne serait-ce que pour les feuilleter, et on aurait changé trois fois de tablettes et de normes de fichiers. L'important, ce n'était même pas qu'ils achètent des livres numériques récemment parus, mais qu'ils achètent encore et encore la possibilité de les acheter. Le même système que partout ailleurs, et qui fonctionnait à vide, comme le reste de l'économie. La bibliothèque numérique n'était qu'une variation moderne du péché d'orgueil, celui de parvenus pressés d'exhiber leur prospérité, s'entourant de livres tape-à-l'oeil - voire de simples reliures vides - qu'ils n'avaient jamais lus et ne liraient jamais.
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PiatkaPiatka   07 septembre 2014
C'est étrange la manière dont l'imagination fonctionne, et comme elle s'apparente au rêve. On prend un bec par ici, une patte par là, un plumage, des écailles luisantes, et une machine en nous les recompose pour en faire une créature nouvelle, un collage monstrueux de bribes, de choses vues, de lectures oubliées, de peurs enfantines, qui reviennent, s'agglomérèrent la nuit pour former des îles, des continents noirs. De l'aléatoire programmé, du factice. Strictement rien qui ne naisse d'un recyclage, d'une laisse de mer sur la grève.
Nous sommes agis par des marées que nous ne maîtrisons pas, mais de temps à autre il en advient un bois flotté dont l'énigme semble avoir la puissance de modifier le monde.
+ Lire la suite
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cecilitcecilit   16 juillet 2017
Son premier grand périple, il l'avait fait enfant, en compagnie de sa mère. Femme de tête, excentrique au point d'en paraître anglaise, veuve de fraîche date, Marguerite avait décidé un jour qu'elle ne pouvait se dispenser plus longtemps de faire le voyage aux Indes. Elle avait loué un yacht et son équipage, convaincu une dizaine d'amis de venir avec elle, et embarqué à Cannes, avec son chef cuisinier, sa femme de chambre, et le cercueil en bois d'ébène où elle rangeait ses robes. Après plusieurs semaines d'une croisière agréable, ce petit monde arriva en vue du port de Bombay.Le navire n'était plus qu'à quelques encablures, lorsque sa mère demanda qu'on lui passe une paire de jumelles. Elle scruta la côte un moment ,tordit la bouche comme à l'écoute d'une fausse note durant un concert et se tourna vers le capitaine :
-C'est donc ça les Indes ! dit-elle en lui rendant les jumelles. Inutile d'aborder, Monsieur, donnez l'ordre de faire demi-tour, je vous prie ; nous rentrons.
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