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Nelly Lemaire (Traducteur)
EAN : 9782021022025
392 pages
Éditeur : Seuil (04/11/2010)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 115 notes)
Résumé :
La jeune Jasna vit avec ses six sœurs dans une cabane misérable avec un père alcoolique et brutal. Celui-ci la vend à un homme de passage qui cherche une épouse pour son fils Danilo. Une fois le mariage célébré et la nuit de noce passée, Danilo ne touchera plus jamais la jeune fille. Une rumeur court sur ce dernier : serait-il un vampire ? Et pourquoi empêche-t-on Jasna d'aller à l'église ? Tandis que le mystère plane, elle rencontre un jeune bûcheron, Dusan, dont e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
Melisende
  22 février 2012
Ces derniers mois, j'avais vu ce titre plusieurs fois sur les blogs mais même si les avis semblaient plutôt positifs, le titre et l'illustration de couverture ne me tentaient pas des masses. Et puis en octobre dernier, lors d'une brocante lyonnaise que j'aime beaucoup (j'y découvre toujours des petits trésors), j'ai trouvé La Femme du vampire en parfait état à 1 ou 2€… J'ai hésité, mais à ce prix-là, je me suis dit que je ne risquais pas grand-chose… Et j'ai bien fait car cette lecture a été une excellente surprise… j'irais même jusqu'au coup de coeur ! Je remercie donc Kassandra qui a organisé la lecture commune sur Livraddict, grâce à celle-ci, j'ai eu la motivation nécessaire pour sortir ce livre de ma PAL… et je n'ai aucun regret !
Avant d'aller plus loin, une chose me semble primordiale : ne vous fiez absolument pas à la couverture et au titre. En effet, ces deux-là pourraient nous faire croire qu'on s'apprête à lire un énième livre du genre « bit-lit », mais il n'en est rien, c'est même très très loin d'être le cas ; et ce fut une excellente surprise ! S'il faut comparer La Femme du vampire à un autre titre, je le rapprocherais des grands romans gothiques de XIXe siècle et des romans fantastiques (je pense à la définition originelle du genre).
On se retrouve propulsé dans une Europe de l'Est (la Serbie, plus précisément), au XVIIIe siècle. Les villageois sont plein de superstitions et craignent comme la peste les trois tours de la famille Vukovic. C'est dans une de celles-ci que va devoir vivre Jasna, vendue par son père pour devenir l'épouse du fils du domaine, le jeune Danilo. La jeune fille n'a absolument pas l'intention d'accepter la situation sans broncher et si elle se soumet à certains ordres, elle est bien décidée à faire le jour sur certains secrets de la famille. Tout est étrange ici. Elle sent une présence qui l'épie, elle découvre que ses affaires bougent sans qu'elle n'en soit à l'origine, elle aperçoit des ombres et pire encore… des moutons sont égorgés, les chevaux du domaine ont d'étranges blessures à l'encolure et les villageois meurent d'une maladie étrange les uns après les autres… mais quand elle pose des questions, quand elle veut comprendre ce qui se passe autour d'elle, elle se retrouve face à un mur, aucun habitant des trois tours ne veut lui répondre. Doit-elle croire les villageois qui accusent un vampire qui serait intimement lié aux Vukovic ?
Pendant plus de la moitié de l'ouvrage, on nage dans le doute, dans un climat de suspicion (et on soupçonne tout le monde tour à tour !)… est-ce qu'il y a vraiment une créature surnaturelle derrière tous les évènements ? Est-ce que les superstitions et l'atmosphère angoissante des lieux entraînent des visions ou de la paranoïa ? Et quel lourd secret cache cette famille ?! Franchement, j'ai adoré suivre l'héroïne dans ses « investigations » et j'ai beaucoup douté avec elle, soupçonnant tour à tour tout son entourage !
On se retrouve dont en présence d'une histoire mi-fantastique, mi-policière, mi-romanesque et surtout… mi-historique ! Et oui, comme nous l'annonce Nina Blazon en « annexes », elle s'est inspirée de faits réels, ceux survenus l'hiver 1731 dans la région de la Serbie qu'elle nous présente. Elle cite également d'autres sources, notamment un ouvrage de Claude Lecouteux (c'est un grand expert du folklore et des mythes médiévaux, scandinaves,… j'ai utilisé plusieurs de ses ouvrages lors de mes études et surtout pour la rédaction de mon mémoire… je vous conseille vraiment les ouvrages de Claude Lecouteux ; il écrit très bien, c'est abordable sans non plus être trop vulgarisé/simplifié). On sent qu'il y a énormément de travail derrière la rédaction de ce roman. C'est très agréable de se retrouver dans la Serbie du XVIIIe siècle, de découvrir ses innombrables superstitions et surtout de pouvoir se dire que tout est historiquement vrai ! Ainsi, on apprend qu'il fallait : veiller les morts pour qu'aucun animal ne passe au dessus de la dépouille (même une mouche !), installer des pierres sur la tombe (pour empêcher le mort de sortir) ou encore, déposer des graines de pavot sur la sépulture (le mort devra alors compter chaque graine une par une avant de prendre la poudre d'escampette !)… J'ai appris des dizaines de choses et j'ai été complètement embarquée dans le contexte… j'adore faire des lectures « intelligentes » mais qui restent également très abordables car romancées.
En outre, je n'ai eu aucun mal à accrocher à l'intrigue et je n'ai rien vu venir. Lorsque j'ai découvert l'ampleur du secret, j'ai été bien surprise… On ne peut pas dire que l'action remplisse chaque page, mais il y a assez de rebondissements et de questionnements pour qu'on ne s'ennuie pas une seule seconde !
Et si j'ai autant apprécié cette lecture, c'est aussi parce que j'ai beaucoup aimé l'héroïne Jasna. Mariée de force à 15 ans, complètement déracinée, seule contre tous, elle ne se laisse pas abattre. Elle est vive, intelligente, débrouillarde… tout en restant une jeune fille tout droit sortie de la Serbie du XVIIIe siècle, c'est-à-dire pieuse et plus ou moins soumise à l'autorité masculine.
S'il y a un tout petit point auquel j'ai moins accroché pendant ma lecture, c'est l'aspect « romantique » de l'histoire ; mais je ne boude pas mon plaisir car j'ai été surprise par la tournure des évènements (disons qu'en lisant les premières pages, avec les bases, je n'avais pas imaginé cette évolution pour l'héroïne…). Et puis cet aspect romantique n'empiète pas trop sur le reste, c'est pile le bon dosage !
Je ne sais pas si la traduction est particulièrement brillante ou si le texte d'origine (en allemand) de Nina Blazon est déjà très bon, mais j'ai vraiment beaucoup apprécié cette narration à la première personne du singulier. le point de vue interne permet au lecteur de s'attacher à la narratrice (Jasna) et surtout de s'imprégner totalement de l'histoire. On doute avec la jeune fille, on découvre de nouveaux éléments de réponse en même temps qu'elle…
Nina Blazon a, qui plus est, le d'on d'offrir des descriptions convaincantes et de créer une atmosphère particulière, pas loin d'une ambiance gothique/fantastique comme je le disais en introduction.
Je me répète mais surtout, ne vous fiez ni au titre ni à l'illustration de couverture qui, à mon goût, ne rendent pas du tout hommage à ce texte, mélange de fantastique/gothique, de policier, et de roman historique. L'ensemble est équilibré et maîtrisé… vraiment une très bonne surprise !
Lien : http://bazar-de-la-litteratu..
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Syl
  15 mai 2013
L'histoire débute comme un conte… l'hiver, la neige, des bourrasques de vent, la nuit, une forêt, une masure éloignée du village, une famille pauvre, un père violent qui élève seul ses cinq filles, un criminel qui rode dans les parages avec sa bande, et… un homme égaré qui tape à la porte en demandant l'hospitalité ; ami, loup, démon ? il faut montrer patte blanche.
La quatrième de couverture annonce le prélude : une jeune fille de quinze ans vendue à un inconnu qui souhaite la marier à son fils. le mot vampire est dans le titre et on l'associe aussi au futur marié.
Nous sommes dans un temps obscur, une Europe de l'Est meurtrie par les guerres et les invasions, une campagne imprégnée de folklore, de rites, de superstition, de religiosités et de barbaries.
Le personnage de Jasna a un beau tempérament. Guerrière dans l'âme, elle peut aussi se montrer respectueuse des traditions et de ses aînés. Dans une région hostile et étrangère, elle est une "apatride" qui recherche à s'implanter, avec courage et dignité.
Sur le domaine de sa riche belle-famille, il y a les tours dont une est délabrée, inspirant la peur, le danger. Un drame s'est produit et personne ne doit en effleurer la pensée. Il y a Néma, la domestique muette, dont les yeux sombres renvoient tour à tour de l'hostilité et de la prévenance, Siméon, l'homme de confiance de la famille, un être compatissant et de bons conseils, Jovan, son beau-père, un homme torturé, toujours en conflit avec son fils et Danilo, un jeune homme mystérieux, souvent absent, son mari.
Après ces terres, au-delà des bois et des routes réputés maléfiques, il y a le village dont le rejet invoque toutes les croyances envers la magie noire, le diable et les fables sanguinaires. Aucun chrétien n'adressera la parole aux maudits Vukovic et la terre ne sera pas souillée par leurs sépultures.
L'ambiance dès le début est donnée et s'enrichit d'arcanes surnaturelles dues aux histoires imaginées et d'énigmes plus terrestres avec les meurtres de villageois. Tiraillée entre deux mondes, Jasna est partagée et mène le lecteur dans sa quête de vérité.
Loups-garous, vampires, esprits possédés, pacte avec le diable, mêlent leurs légendes à des intrigues, une vengeance et une romance… l'auteur dévoilent dans cette histoire l'ascendance de Dracula, d'une manière plus édulcorée que les faits rapportés à cette époque, en 1731. Car, à la fin du roman, elle écrit que, comme elle, Bran Stoker et John Pilidori se sont inspirés de vieux rapports racontant des évènements qui se seraient passés au XVIIIème siècle, entre l'Empire Ottoman et les Habsbourg… "Des gens mouraient dans des circonstances inexplicables, comme dans la région de la Morava. Les villageois, persuadés qu'un vampire hantait les lieux, demandèrent au commandant autrichien la permission de détruire ce mort-vivant. Une délégation fit le voyage, examina le corps et exhuma aussi les autres morts. La destruction (enfoncement d'un pieu dans le coeur, décapitation, crémation) fut autorisées et l'on rédigea un rapport médical précis… Ce rapport du commandant Fluckinger suscita un intérêt proche de l'hystérie qui déclencha dans toute l'Europe une vague de traités et d'analyse."
Ces anecdotes s'enracinent dans des croyances encore plus vieilles, confondant les esprits du Malin.
Un livre jeunesse qui se lit très facilement, intéressant pour les informations historiques distillées avec intelligence, pour les images qu'il apporte, sombres, romantiques, féodales, et pour les mystères qui entraînent notre lecture à tourner les pages plus vite. Quant à la romance, elle est à mon goût beaucoup trop légère, pas assez soignée, pour mon coeur de Midinette.
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leinavaleski
  17 septembre 2012
Surtout, ne pas se fier à l'illustration et au titre en commençant la lecture ! Même si il est bien question de vampire, il ne s'agit pas de ce qu'on peut lire en bit lit habituellement et la robe de la jeune femme me semble assez différente des tenues décrites par l'auteure (ce sont des tenues traditionnelles de la Serbie du 18e siècles). Je m'attendais à une histoire à l'eau de rose plutôt nunuche mais j'ai été surprise. C'est vraiment un excellent roman, plein d'informations sur les traditions/superstitions de l'Est avec une une très bonne histoire.

L'héroïne, Jasna, m'a plu tout de suite. Elle est très mature malgré ses 15 ans et a un caractère très fort. Elle est respectueuse des conventions et superstitions de son époque mais a aussi une forte volonté qui va lui permettre de s'imposer dans les évènements plutôt que de les subir. Les autres personnages ne sont pas en reste, chacun a son rôle à jouer et est très convaincant dans celui ci. C'est un plaisir de les découvrir et de les suivre. L'histoire d'amour est totalement différente de ce à quoi je m'attendais : il n'y a rien de niais là dedans. On voit évoluer les sentiments de Jasna de manière très naturelle. Les romances ne sont pas au centre du roman mais elles apportent un plus à l'histoire et aux personnages, ça les rend plus attachants.

J'ai beaucoup aimé l'histoire et j'ai été de surprise en surprise, le tout restant vraiment très crédible. Certaines phrases ne prennent tout leur sens que lorsque les révélations arrivent . Quand on croit que tout est résolu, il se passe encore des choses. On ne s'ennuie pas un seul instant ! J'ai aussi appris sur les traditions pour empêcher les morts de se relever (ce qui était une grande crainte à l'époque). Celle qui m'a le plus marquée, c'est celle avec les graines de pavot (on en répartit sur la tombe et le mort est obligé de tout compter avant de sortir, ce qui est trop long à faire pour qu'il finisse avant la fin de la nuit). C'est très bien présenté, et je pourrais dire aussi bien documenté, ce qui ne donne pas une impression de “bêtise populaire” qu'on peut avoir quand il s'agit de revenants et d'esprits.

Le contenant ne laissait pas deviner la qualité du contenu. C'est donc une excellente surprise que ces personnages à fort caractères, cette époque de superstitions bien présentée et ces nombreux rebondissements. C'est un coup de coeur !
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Yumiko
  22 février 2012
J'ai acheté ce livre sans trop savoir à quoi m'attendre. La couverture me plaisait et le titre m'intriguait grandement, du coup je me suis dit pourquoi pas? Constamment entourée de vampires et de séries bit-lit, je craignais un peu quant au contenu de cette histoire. Et bien je me suis inquiétée pour rien! Ce livre est sublime et bien différent des autres sagas tournant autour du même thème.
Jasna est une jeune fille qui est vendue par son père pour épouser un homme qu'elle ne connaît pas. Arrivée dans son nouveau village, elle va découvrir que tout ne tourne pas très rond et qu'elle et les autres habitants des trois tours sont craints et mis à l'écart. Bien décidée à faire toute la lumière sur les raisons d'une telle haine, elle va essayer d'en apprendre plus. Elle va découvrir des secrets qui auraient mieux fait de rester enterrés à jamais et sa vie va devenir encore plus compliquée…
Entre mysticisme et croyances populaires, ce récit est bien loin des histoires classiques de vampires. le doute plane longtemps… Pourquoi les gens et les animaux meurent? Est-ce quelqu'un ou quelque chose qui les tue? Ce loup qu'elle croise parfois y est-il pour quelque chose? Et les plaies que les chevaux ont sur le cou, qui les leur fait? Qui s'amuse à boire leur sang? Un vampire? Un membre des trois tours?
Jasna nous emmène dans une vraie enquête haletante qui mettra sa vie en danger. Soutenue en partie par un bûcheron qui cache aussi bien des secrets et qui ne la laisse pas indifférente, elle fera tout pour savoir ce que les gens lui cachent, mais est-elle bien prête à l'apprendre? Son mari qui l'ignore totalement, son beau-père, les serviteurs, tous semblent détenir une vérité qu'ils ne sont pas prêts à partager…
J'ai tout simplement adoré cette histoire qui se présente comme une fresque historique de la Serbie du 18ème siècle. L'auteur s'est documentée sur le sujet et s'en est bien imprégnée. C'est un bonheur de découvrir les paysages, le mode de vie, les croyances, l'attitude face aux étrangers; tant de thèmes qui font de ce livre un bijou pour les fans de ce type de lecture.
Le style est vrai, fort et touchant. Les personnages, même les plus dérangeants, deviennent humains et proche du lecteur. Les émotions se déversent et touchent en plein coeur, nous empêchant de reposer le livre avant la fin. le fait qu'il soit écrit à la première personne y contribue grandement. Tant de questions, tant de réponses qui restent longtemps en suspens, pour notre plus grand plaisir! J'ai adoré décortiquer cet univers et je n'ai pas boudé mon plaisir.
Du grand art digne des plus grands auteurs! Un livre inoubliable de part son originalité et son thème si justement traité! A découvrir de toute urgence :D
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CoquelicoteAzimutee
  24 janvier 2014
C'est l'avis de Méli qui m'avait donné envie de découvrir La Femme du Vampire, roman de l'auteure allemande Nina Blazon. Elle m'avait convaincue de tenter ma chance avec ce roman en soulignant que ce roman n'était pas de la bit-lit (ne vous fiez pas à la couverture !). Non pas que je n'aime pas la bit-lit (je prends beaucoup de plaisir à lire Maeve Regan pur l'instant !), mais renouer avec les « vrais » vampires, j'adore (voir mon article sur le Mal en la Demeure, de Stéphane Soutoul). Sur cet aspect traditionnel, j'ai été comblée. D'autres choses cependant m'ont moins plu, et c'est pour cela que malgré que ce fût une très bonne lecture, ce n'est pas un coup de coeur.

Nous sommes au XVIIIème siècle. Jasna a quinze et vit avec son père et ses cinq soeurs en Serbie quand, lors d'une nuit de tempête, surgit Jovan. Rapidement son destin va être scellé : son père la vend à Jovan pour qu'elle épouse le fils de celui-ci, Danilo. Jasna doit quitter sa famille et partir vivre dans le domaine des Vuković, les trois tours. Pourquoi Jovan a-t-il choisi une jeune fille vivant si loin des trois tours comme épouse pour son fils ? Pourquoi la famille est-elle mise au ban du village ? Comment expliquer les choses étranges auxquelles Jasna assiste dans la tour où elle vit ? Des objets déplacés ou cassés, des ombres dans la nuit, un visage affreux derrière une vitre. Lorsqu'elle pose des questions, tout le monde s'échine à la mettre sur une mauvaise piste. Mais Jasna veut la vérité, surtout quand des bêtes et des gens du village meurent étrangement…

La première chose qui m'a plu, avant même de commencer ma lecture, c'est que juste après la page de garde, on trouve une page intitulée « Prononciation des sons et des noms slaves ». Ça met de suite dans l'ambiance ! Ainsi, Jasna se dit « Yassna ». Il y a plein d'accents bizarres sur les consonnes, et si au début je devais souvent retourner sur cette page pour savoir comment prononcer correctement un nouveau mot, je m'y suis faite assez vite et ça donne un charme certain à la lecture. Je n'avais jamais rien lu se passant en Serbie, et si je savais qu'on situe généralement les origines du vampire dans ces pays, je connaissais mal ces vieilles légendes. Se plonger ainsi dans les superstitions, dans les traditions à la limite de la Serbie, de la Hongrie mais aussi de l'Autriche et de la Turquie, était très intéressant, même si au final je ne pense pas avoir retenu beaucoup de choses (il y a trop de choses dans ma tête en ce moment).

L'histoire nous mène de surprise en surprise, de découverte en découverte à la suite de Jasna. Mais quand elle croit trouver une réponse, une autre vérité se cache encore derrière, jusqu'à ce que tout s'éclaire à la fin. Chacun a son secret et personne ne connaît toute l'histoire. le lecteur doit attendre la fin, et lui aussi se poser des questions, soupçonner chaque personnage. de quoi doit-on se méfier ? de Jovan, le beau-père ? Danilo, l'époux ? Nema, la vieille servante sourde ? Siméon, l'ami de la famille ? Marja, la défunte épouse ? Ou Dušan, le bûcheron nomade ? Personnellement je n'avais rien deviné des tenants et des aboutissements de cette histoire, et le suspense a duré jusqu'au bout ! Et je reste très intriguée par le personnage de Bela, qui est pour moins de loin le plus intéressant de tous. le roman est globalement bien dosé, équilibré.

Mes réserves se portent notamment sur la narration. C'est Jasna qui parle, ce qui permet de la sentir assez proche de soi et de douter avec elle. J'ai eu du mal à me l'imaginer, à vraiment l'aimer malgré son fort caractère. Impossible non plus de croire qu'elle a quinze ans, même si l'ont était adulte plus tôt qu'aujourd'hui à cette époque-là. Je n'ai pas non plus adhéré vraiment à la romance qui s'ajoute à l'histoire. L'écriture est la plupart du temps agréable, mais j'ai repéré d'assez nombreuses erreurs dans la traduction qui m'ont parfois gênée (oubli de mots notamment). Et par moments, la narration passait au présent, chose qui est très difficile à faire correctement en français et qui m'a bien embêtée. En outre, impossible de savoir si c'est là maladresse de la traductrice ou de l'auteure.

Dans l'ensemble, cette lecture était un vrai plaisir d'ailleurs mais qui ne m'a pas totalement convaincue. Je suis néanmoins très curieuse de lire d'autres romans de Nina Blazon.
Lien : http://sans-grand-interet.co..
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
MariloupMariloup   05 novembre 2017
_ Tu t'entends parler? s'énerva Dusan. Tu continues à dire "les miens" comme si tu ne les avais pas quittés. Non mais, regarde-toi! A peine remise sur pied, tu n'as plus qu'un seul souci en tête: "les tiens".
_ Ce ne sont pas les "miens"!
_ Tu en es sûre? Quand tu vas revoir Danilo...
Dusan s'interrompit brusquement et je compris enfin ce qui le préoccupait vraiment.
_ Tu penses que je vais retourner vers lui?
_ Maintenant, tu sais ce qui t'attend avec moi, dit froidement Dusan. Quelques baisers et de belles nuits... Bien. Mais tout cela perdra aussi de son éclat dans l'âpreté de la vie quotidienne. La vie des errants est dure, Jasna. Des cabanes en forêt, aucune sécurité, la pluie à l'intérieur. Et l'hiver n'a même pas encore vraiment commencé. Peut-être que le prix à payer pour la chaleur d'un foyer au domaine ne te paraît plus du tout si élevé?
Si tu savais combien il me coûte, pensai-je.
_ Alors, tu me connais tout aussi peu que je te connais, répliquai-je froidement. Tu crois peut-être que l'on peut m'acheter...
_ On peut tout acheter, me renvoya-t-il sèchement. Tout et tout le monde.
C'était là l'autre Dusan. Celui que j'aurais aimé gifler pour ses paroles cyniques et blessantes.
_ Ah, ah! Tu penses donc que je me glisse dans tous les lits et que j'embrasse tous les hommes! lui criai-je. Pou qui me prends-tu? Combien de fois t'ai-je dit que ma décision était prise!
_ Se décider et s'enfuir sont deux choses différentes, rétorqua Dusan. Pour se décider, il faut avoir le choix. L'avais-tu?
C'en était trop!
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ArcaaleaArcaalea   15 avril 2013
"Autrefois, quand le Seigneur a créé les animaux et les hommes, il a donné à l'homme trente ans à vivre. L'homme ne s'en est pas satisfait, et les animaux lui ont alors offert leurs années de surplus. C'est donc ainsi qu'il vit encore aujourd'hui : de la naissance à la trentième année, il est comme Dieu voulait l'avoir : fort, sain et beau. Un tsar parmi les créatures ! Entre trente et cinquante ans, il s'apparente à l'âne qui lui a donné tout ce temps : il trime jour après jour pour les siens et ses maîtres. De cinquante à soixante-dix ans, il devient un chien qui flaire toutes sortes de choses et défend en jappant ce qu'il a amassé. De soixante-dix à quatre-vingt ans, il retombe en enfance et ressemble au singe qui lui a offert tout ce temps."
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CielvariableCielvariable   14 avril 2013
Mot de l' auteur:

Dans FEMME DE VAMPIRE, je me suis inspirée de faits qui dse sont produits dans cette région de Serbie en l' hiver 1731 et du rapport d' expertise de Flûckinger.
J' ai toutefois laisser mourir moin (!) de gens et adapté les les événements à l' action du roman. Ainsi, par example, l' expertise s' effectue déja en octobre. Je mets dans la bouche du medecin Tramner quelques phrases et analyses du traité ( en langue allemande ) de Michel Ranft: DE LA MASTICATION DES MORTS DANS LES TOMBEAUX, datant de 1734. Les rites d' inhumation décrits ne proviennent pas seulement de cette région de la Morava, mais ils représentent plus généralement ceux de l' éspace culturel sud-européen, ceux du Banat par exemple. Des coutumes indo-européennes comme celle des offrandes déposées dans la tombe ont précisément perduré dans les enclave de foi orthodoxe de l' ancien territoire national turc et se rencontrent encore de nos jours sous une forme symbolique. J' ai emprunteé les chant populaires, parmi lesquels le chant d' amour ( bosniaque ) de Dusan et la chanson de Jasna aux receuils de Friedrich Salomo Krauss. Pour qui désirerait en savoir un peu plus sur mes recherches et la genèse de ce livre, on peut trouver tout cela ( en allemand ) à l' adresse: "www.ninablazon.de" à la rubrique "Vampyrus Serviensis" .
+ Lire la suite
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CielvariableCielvariable   14 avril 2018
_Tu t'entends parler? s'énerva Dusan. Tu continues à dire "les miens" comme si tu ne les avais pas quittés. Non mais, regarde-toi! A peine remise sur pied, tu n'as plus qu'un seul souci en tête: "les tiens".

_ Ce ne sont pas les "miens"!

_ Tu en es sûre? Quand tu vas revoir Danilo...

Dusan s'interrompit brusquement et je compris enfin ce qui le préoccupait vraiment.

_ Tu penses que je vais retourner vers lui?

_ Maintenant, tu sais ce qui t'attend avec moi, dit froidement Dusan. Quelques baisers et de belles nuits... Bien. Mais tout cela perdra aussi de son éclat dans l'âpreté de la vie quotidienne. La vie des errants est dure, Jasna. Des cabanes en forêt, aucune sécurité, la pluie à l'intérieur. Et l'hiver n'a même pas encore vraiment commencé. Peut-être que le prix à payer pour la chaleur d'un foyer au domaine ne te paraît plus du tout si élevé?

Si tu savais combien il me coûte, pensai-je.

_ Alors, tu me connais tout aussi peu que je te connais, répliquai-je froidement. Tu crois peut-être que l'on peut m'acheter...

_ On peut tout acheter, me renvoya-t-il sèchement. Tout et tout le monde.

C'était là l'autre Dusan. Celui que j'aurais aimé gifler pour ses paroles cyniques et blessantes.

_ Ah, ah! Tu penses donc que je me glisse dans tous les lits et que j'embrasse tous les hommes! lui criai-je. Pou qui me prends-tu? Combien de fois t'ai-je dit que ma décision était prise!

_ Se décider et s'enfuir sont deux choses différentes, rétorqua Dusan. Pour se décider, il faut avoir le choix. L'avais-tu?

C'en était trop!
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Milka2bMilka2b   25 janvier 2012
- Ferme-la ! hurla-t-il. Tu n'as pas d'ordres àd onner ici ! Jelka baissa la tete et se tut ; je fus la seule à la voir pincer les levres.
- Menace ton chien du baton, mais frappe ta fille pour qu'elle se taise ! dit mon pere en s'adressant à notre hote.

Combien de fois n'avais-je entendu cet adage, mais chaque fois je sentais la colere monter en moi des que notre pere degoisait son couplet.
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