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Isabelle Liber (Traducteur)Martin Winckler (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782742755271
281 pages
Actes Sud (02/05/2005)
4.12/5   12 notes
Résumé :
"Si on pouvait autrefois espérer trouver un jour un traitement pour chaque maladie, nous explique Jörg Blech, les marchands de la santé, aujourd'hui plus que jamais, semblent plutôt vouloir trouver une maladie pour chaque molécule fabriquée.

En manipulant des membres influents de la communauté médicale, les lobbys industriels ont peu à peu modifié les ""normes" de certaines valeurs biologiques - comme le taux de cholestérol et la tension artérielle -... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Minirelie
  25 octobre 2014
Alors moi qui suis déjà une grande phobique de tout ce qui est médical, cette lecture ne m'a pas arrangée (comment ça je le cherche ?). Même s'il y a des choses qu'on sait déjà (que les médecins sont "achetés" par les industries pharmaceutiques par exemple), ce documents nous en apprends quand même de belles.
Déjà avec le docteur Knock (le même que la pièce de théâtre), en l'absence de patients on a organisé des conférences sur les grands dangers des micro-organismes pour voir le nombre de consultations augmenter considérablement. Aujourd'hui, ces manoeuvres continuent et de nouvelles pathologies apparaissent sans cesse : des processus normaux de l'existence sont envisagés comme des maladies (comme la chute de cheveux), idem pour des problèmes sociaux (la timidité devient vue comme "une phobie sociale" ou le dueil comme "un trouble d'adaptation pathologique"), de simples risques également, ou des symptômes anodins comme des signes avant-coureur de graves maladies. Il devient normal d'être malade avec tout ça. Chaque maladie a son comprimé et de plus en plus souvent chaque comprimé a sa maladie. Or, plus le système injecte de l'argent dans la santé, plus il est probable que les individus se sentent malades. Et le marché pharmaceutirque l'a bien compris, se préoccupant souvent moins des besoins médicaux que des conditions de croissance de l'industrie.
Bref, ça a été une lecture très intéressante que je recommande.
Lien : http://lylou-bouquine.blogsp..
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MarcBibliotheca
  02 mars 2009
"Les gens bien portants sont des malades qui s'ignorent." C'est sur ce principe que le médecin Knock, dans la pièce Knock ou le Triomphe de la médecine de Jules Romains, fait enfin triompher la médecine sur le monde, càd. mettre tout le monde sous traitement. Et ce tiomphe a peut-être réellement eu lieu depuis. En tout cas c'est ce que pense un certain nombre de personnes.
Sur base d'un grand nombre d'articles parus dans de nombreuses revues scientifiques, le rédacteur scientifique allemand Jörg Blech mène son enquête sur les abus de l'industrie pharmaceutique qui semblent vouloir trouver une maladie pour tout le monde, y compris pour les gens sains...
Pour la suite: lien ci-dessous
Lien : http://bibliotheca.skynetblo..
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belette42
  23 juillet 2018
Dans cet essai , Jörg Blech vous aide à comprendre les connivences entre certains membres du corps médical, les États et les laboratoires pharmaceutiques. Il montre aussi comment des maladies se sont accentuées à cause des changements des normes biologiques. Certes, il s'appuie sur des données allemandes mais ceci peut très bien se transposer à la France.
Bref à lire pour mieux comprendre le monde pharmaceutique.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
jmlire92jmlire92   27 avril 2021
Plus de cinquante mille enfants prennent chaque jour en Allemagne des psychostimulants destinés à les rendre plus calmes et plus attentifs. Les comprimés sont censés combattre un trouble qui se répand comme une épidémie : le trouble déficitaire de l'attention ( TDA ), souvent lié à l'hyperactivité ( TDAH)... Derrière la consommation grandissante de médicaments se cache bien plus qu'une simple bougeotte. Cela fait des années que les laboratoire pharmaceutiques, aidés de certains neurologues, s'appliquent à présenter  leurs contemporains nerveux et instables comme des individus malades devant être traités. Mais le mythe de l'enfant hyperactif fait aujourd'hui comme jamais l'objet d'une attention passionnée, promettant ainsi des millions de chiffre d'affaires...
  Aux Etats-Unis, même si l'on se réfère aux critères de diagnostics figurant sur les fiches d'évaluation réalisées par les défenseurs du TDAH, la moitié des enfants sous méthylphénidate ne seraient pas réellement atteints du syndrome. Au pays des enfants inattentifs, la consommation de méthylphenidate représente 80 % de la consommation mondiale. Le TDAH y fait partie du quotidien, au même titre que Burger King et McDonad's : cinq millions d'enfants environ sont considérés comme souffrant du TDAH. Pour chaque patient reconnu, les écoles américaines reçoivent une prime annuelle de 400 dollars- un dédommagement pour la prise en charge des élèves particulièrement casse-pieds. En 1999, un tribunal a même condamné des parents à administrer le médicament à leur enfant de sept ans... En 2005, le National Institute of Mental Health a financé dans des crèches une étude clinique portant sur plus de trois cents enfants à peine sortis des langes. Pendant trois ans, le méthyldphénidate dût être administré sous surveillance médicale aux patients, âgés de trois à cinq ans.
  Pourtant, on ne sait toujours pas de manière univoque si, à long terme, le méthylphénidate permet vraiment aux enfants de mieux apprendre, notamment car l'on ne dispose pour l'instant d'aucune étude de longue durée. D'après les résultats d'une enquête, le traitement médicamenteux n'entraînerait à long terme ni amélioration des résultats scolaires, ni adaptation du comportement social...
  Nombre de parents et de médecins renoncent à administrer la pilule d'obéissance par crainte d'éventuels effets à retardement. les médicaments modifient en effet les conditions dans lesquelles le cerveau de l'enfant se développe. Car un point fait l'unanimité : le méthylphénidate laisse des traces durables dans le cerveau. La substance agit par exemple sur le choix des gènes devant être activés ou désactivés au sein des cellules nerveuses. A Gottingen, un groupe de chercheurs dirigé par le neurologue Gérald Hüther a mis en évidence, dans le cadre d'expériences sur l'animal, des modifications sur le cerveau des rongeurs. Les chercheurs ont administré du méthylphénidate à de jeunes rats, puis les ont laissés grandir avant d'étudier leur cerveau : dans une petite région de l'encéphale, le nombre de transporteurs de la dopamine avait diminué de moitié.
  D'après Gérard Hüther, ceci pourrait conduire à une carence en dopamine - et ainsi déclencher à long terme une maladie de Parkinson...
  Il est pourtant possible d'aider les enfants sans avoir recours aux médicaments, par exemple par de simples modifications de la vie quotidienne. L'histoire de ce jeune anglais, qui allait à l'école à la fin du XIXème siècle et serait aujourd'hui certainement considéré comme hyperactif, pourrait faire exemple : afin de calmer son énergie débordante, l'enfant remuant et ses enseignants décidèrent d'un commun accord que le jeune garçon serait autorisé à faire le tour de l'école en courant à la fin de chaque heure de cours, ce qui améliora notablement le quotidien - aussi bien celui de l'élève que celui de ses enseignants. Le héros de cette histoire a par la suite complètement renoncé à la pratique sportive. Son nom : Winston Churchill.
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FemiFemi   22 décembre 2013
La sociologue Eva Schindele considère la première visite de la jeune fille chez le gynécologue comme "l'entrée dans une culture au sein de laquelle sa féminité sera définie et contrôlée par les hommes". Et en effet, ce sont communément des médecins hommes qui déterminent quels sont chez la femme les processus et états physiologiques devant être désignés comme pathologiques. En Allemagne, on procède chaque année à quelques 160 000 ablations de l'utérus - au moins 60 000 de ces interventions étaient jugées superflues par les experts.
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FemiFemi   22 décembre 2013
La "femme ménopausée" apparaît à présent comme un être dynamique et soigné -mais dont la position enviable est menacée! Afin de ne pas entamer leur capital santé, les femmes d'âge mûr feraient bien, dixit les slogans publicitaires, de prendre des hormones jusqu'à la fin de leurs jours.
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