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Bret Blevins (Illustrateur)John Ridgway (Illustrateur)
ISBN : 0486798518
Éditeur : Dover Publications Inc. (01/09/2015)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
This is the first single-volume publication of a six-part comic cult favorite, in which a suicidal alien and a plucky prostitute form a detective agency that accepts cases rejected by Scotland Yard. A Victorian setting evokes the Sherlock Holmes mysteries, spiced up with supernatural sleuthing in the manner of Dr. Who and a touch of steampunk style. Includes bonus pin-up by Brandon Graham.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  03 octobre 2016
Ce tome constitue une histoire complète et indépendante de toute autre. Il contient les épisodes 1 à 6, initialement parus en 1985/1986, écrits par David Michelinie, dessinés et encrés par Bret Blevins (à l'exception de l'épisode 4 dessiné par John Ridgway), avec une mise en couleurs de Steve Oliff pour les épisodes 1 & 2, puis de Petra Scotese pour les suivants. Al Williamson a réalisé l'encrage de l'épisode 3. Il comprend également une introduction de Brandon Graham, une de David Micheline explicitant sa source d'inspiration, et une de Bret Blevins. En fin d'ouvrage se trouve une page de texte rédigée par John Ridgway.
L'histoire se déroule à Londres, à l'époque victorienne. Alors qu'elle s'apprête à réaliser une passe dans un immeuble désaffecté, Amanda (Mandy) Flynn arrive dans la pièce où elle exerce son métier, et découvre un grand individu à la peau jaune qui s'est pendu. Son micheton prend la poudre d'escampette, pendant qu'elle décroche ce grand et gros gaillard (plus de 2 mètres), avec un long appendice caudal. 6 mois plus tard, ils sont installés dans une belle maison à Londres, et exercent le métier d'enquêteurs privés, sous le nom de Boswell & Flynn. Pamela Grieves vient sonner à leur porte pour les embaucher concernant son employeur Lord Giles qui semble insensible aux balles de revolver.
Au cours de 6 épisodes, Mandy Fynn et Bozz Boswell (le surnom donné à l'extraterrestre par Mandy) enquêtent sur des manifestations surnaturelles ou des avancées scientifiques relevant de l'anticipation, avec l'aide de Salem Hawkshaw, un cowboy venu se mettre au vert, le temps que ses affaires se tassent de l'autre côté de l'Atlantique. Ils sont parfois sollicités par la police, par le biais de l'inspecteur Colin Fitzroy.
En 1980, l'éditeur Marvel Comics décide de diversifier son offre en créant une anthologie pour adulte, portant le nom d'Epic Magazine, et ressemblant fort à une déclinaison de Heavy Metal, magazine devant lui-même beaucoup à Métal Hurlant. Après 2 ans, les ventes sont assez satisfaisantes pour que Marvel lance dans des séries sous forme de comics portant le label Epic, ou des miniséries, à commencer par Dreadstar de Jim Starlin. Dans la foulée suivent plusieurs projets remarquables, dont Bozz Chronicles. David Micheline est déjà un scénariste avec de la bouteille, ayant écrit pour les superhéros Marvel. Bret Blevins est alors un jeune débutant, et John Ridgway est plutôt connu en Angleterre.
Dans l'introduction, le scénariste explique que l'inspiration lui est venue en allant voir ET de Steven Spielberg. Toujours à la recherche d'idée, il se dit qu'un extraterrestre coincé sur Terre, ça peut aussi fonctionner à une autre époque. Il réalise alors un mélange d'aventures à l'ancienne (façon fin du dix-neuvième siècle, dans le registre pour adolescent mâle), de pulps, d'un zeste de steampunk (qui ne s'appelait pas comme ça à l'époque, on aurait plus parlé de rétro-futurisme), et de drôles de personnages. Pour commencer, le personnage principal est sans conteste une femme : Mandy Flynn. Cet état de fait n'est pas si courant que ça à l'époque et mérite d'être souligné. Elle exerce donc le métier de prostituée lorsque le lecteur la découvre pour la première fois. Michelinie a l'intelligence de ne pas abuser de cette caractéristique, Mandy se rangeant des voitures dès que l'agence d'enquêteurs est sur pied.
Ensuite, le scénariste s'amuse beaucoup avec un parler émaillé de locutions d'époque. Pour un lecteur non anglophone, l'illusion résiste à la lecture, et l'accent des faubourgs londoniens semble authentique. Face à l'énergique Mandy, Michelinie installe un gaillard doué avec ses poings (et préparant un chili à réveiller les morts) venant des États-Unis, c'est-à-dire sans bonne manière, assez rustre. Pour autant, Salem Hawkshaw ne cherche pas à profiter de Mandy, s'écartant lui aussi de la caricature de mâle au sang chaud sautant sur tout ce qui bouge (et il fait réellement la cuisine à plusieurs reprises). le scénariste introduit encore un inspecteur issu de la noblesse, un individu qui a décidé de travailler plutôt que de vivre de ses rentes, et le temps d'un épisode, Ollie un gamin de la rue. Mais finalement ces personnages secondaires ne servent que de faire-valoir à Mandy et Bozz, leur personnalité n'évoluant pas au cours de ces épisodes.
Au centre de ces histoires se trouve donc un extraterrestre de forme humanoïde (plus l'appendice caudal), très grand avec un fort embonpoint et un air lunatique. Quelle que soit sa source d'inspiration, Michelinie a choisi une autre forme de récit que celle de Spielberg. le portrait de Bozz est saisissant en ceci qu'il est sujet à de forts vagues à l'âme, conscient qu'il ne pourra pas regagner sa planète, et qu'il est condamné à vivre au milieu d'une race arriérée tant technologiquement, que culturellement, et même spirituellement. D'un côté, le scénariste s'en sert comme deus ex machina assez pratique, avec des capacités qui s'expriment au gré de la fantaisie du personnage. de l'autre côté, c'est également un individu qui dépare des stéréotypes en vigueur concernant les héros d'aventure. le lecteur se laisse gagner par la mélancolie exhalée par Bozz, son ennui existentiel, son statut de prisonnier dans un monde qui n'est pas le sien.
Bret Blevins met cette histoire en images, avec une approche graphique qui se démarque de celle des superhéros. Mandy Fynn porte de jolies toilettes, avec des dessous à froufrou que le lecteur peut entrapercevoir le temps d'une case mais guère plus. Elle dort nue, mais là encore le dessinateur ne la dessine qu'une seule fois dans le plus simple appareil et de dos. On peut y voir une forme de pruderie spécifique aux comics américain, mais aussi un choix en cohérence avec le scénario qui fait de cette femme un personnage avec de l'épaisseur, et pas un simple objet sexuel à agiter sous le nez du lecteur.
Blevins dessine dans une veine réaliste avec un réel investissement dans les costumes et les décors. Bozz est splendide dans son costume et sa redingote très stricts. Hawkshaw est vêtu à la cowboy, l'inspecteur porte l'uniforme réglementaire, les robes de Mandy sont variées et élaborées. Au fil des épisodes, l'artiste se retrouve à dessiner des intérieurs de maison (avec des ameublements réalistes et d'époque), les égouts de Londres (avec une taille d'émissaire peu probable, héritée des pulps), les rues pavées, un débit de boisson, une jungle africaine. Il est visible qu'il a effectué des recherches (et à l'époque internet n'existait pas) pour recréer un Londres victorien suffisamment crédible. Il apparaît aussi que de temps à autre, il s'affranchit des arrière-plans. Ces passages sont rendus criants (alors qu'ils ne sont pas si nombreux que ça) par la colorisation qui recourt à des couleurs parfois très vives, plus issues d'un comics de superhéros que d'un récit d'aventure traditionnelle, ce qui dessert le rendu final des images concernées.
Rapidement, le lecteur se rend compte que Blevins a une petite tendance à l'exagération dans les visages et dans les morphologies, en particulier une forme d'étirement. Dans ces épisodes, ce maniérisme n'est pas encore devenu un tic systématique, et il permet de bien accentuer des expressions veules ou idiotes, et de conférer des difformités vraiment dérangeantes aux monstres surnaturels. le lecteur plonge donc un monde peuplé d'individus à la morphologie réaliste, avec des décors présents très régulièrement et présentant un degré d'authenticité suffisant. Blevins se montre également inspiré pour donner une forme aux éléments relevant des pulps, qu'il s'agisse d'une technologie rétrofuturiste, ou d'un séjour dans la savane de l'Afrique noire, recélant des mystères insondables.
John Ridgway réalise un épisode dont le parti pris graphique se rapproche plus du naturalisme, sans les exagérations des visages ou les postures accentuées, avec un fort niveau de détail. Comme pour Blevins, ses cases souffrent à quelques reprises d'un choix de couleurs désastreux, car beaucoup trop vives. Néanmoins, comme à chaque fois qu'un dessinateur remplace le créateur originel le temps d'un épisode, les personnages perdent une partie de leur personnalité graphique.
À la fin du tome, le lecteur regrette un peu que ces histoires se contentent de resservir les trames classiques des aventures des pulps, ou des romans d'action du dix-neuvième siècle avec une touche de surnaturel. Il se rend compte qu'il est sous le charme de la mélancolie de Bozz, et de la force de caractère de Mandy Flynn. Or David Michelinie privilégie l'aventure et le spectacle, au détriment du développement des personnages. Ses intrigues sont bien construites, mais restent assez basiques, sans réelle innovation par rapport à leur modèle, alors que ses personnages sont plus originaux. À ce niveau, le lecteur se dit qu'il a apprécié côtoyer Bozz et Mandy, mais qu'il aurait aimé mieux les connaître, et que les péripéties avaient parfois un goût de convenu. 4 étoiles pour une série originale dont les qualités laissaient deviner un potentiel encore bien plus important.
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