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EAN : 9782070421138
393 pages
Gallimard (31/12/2001)
3.71/5   94 notes
Résumé :
Au milieu du XVe siècle, en Albigeois, Simon est compagnon dans l'atelier de teinture de son père. Selon l'usage du temps, l'enseigne «Au caméléon» pratique une seule couleur : le rouge. A la suite du vieux maître, le compagnon se destine à devenir teinturier d'écarlate. N'est-il pas « rouge jusqu'à la figure », avec cette tache de vin sur le visage?

Mais voici que Simon fait la connaissance d'un riche marchand de pastel, Joachim Fressard, qui l'initi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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J'ai découvert ce livre grâce à Babelio. Je ne pouvais que m'en saisir. D'abord son titre, “pastel”, mon médium préféré entre tous, "pastel" aussi, symbole aussi du pays de Cocagne et de la terre albigeoise et de la place d'Albi, où j'ai choisi de couler ma retraite...
L'histoire débute ainsi : Nous sommes dans les années 1420 en Albigeois, le négoce du pastel, cette plante (l'isatis tinctoria l'appelle-t-on aujourd'hui) qui produit un bleu recherché, prospère. Maître Lucas Terrefort est maître teinturier renommé en Albigeois. Lui travaille le rouge, la garance, le coquelicot et même la pourpre... Fier et jaloux de son art, tout son héritage, dame son illustre ancêtre fondateur de sa lignée ne travaillait-il pas l'écarlate du chêne, “ce rouge d'un mérite si rare qu'une loi le réserve aux princes de sang” ! il tient le bleu pour teinture de vilain et de mécréant et en veut point en entendre parler.
Lui vient un fils, Simon, qu'il initie dès l'enfance à son art. Celui-ci, en passant, naît avec une tache de vin au visage, comme “marqué par la couleur” : “Dame, la figure du petit est tout éclaboussée !”. le petit a soif d'apprendre, mais quand vient l'heure de mettre la main à l'ouvrage, il est vite rebuté par l'âpreté de la tâche qui s'avère ingrate et peu ragoûtante, d'autant plus que le père ne le ménage en rien de ses erreurs. Il progresse toutefois et son père le nomme compagnon. L'atelier est agrandi ainsi que l'enseigne qui voit apparaître le nom du fils au côté de celui du père. Mais le maître, orgueilleux de son savoir règne en maître, continue de faire languir sa clientèle de drapiers, conscient de sa puissance “Demandez-moi la couleur du nuage, se vantait-il, celle du mufle du lion, je fais serment de l'imiter” et il tenait parole... C'est que l'art de la teinture est le plus déprécié des métiers, mais le vieux maître n'est pas dupe “ nous sommes moqués à la face du monde, mais secrètement loués et recherchés. C'est le prodige qu'obtiennent nos couleurs à nulle autre pareilles”.
Malgré et ou à cause de ce caractère exécrable du vieux maître, le travail conjugué du père et du fils porte ses fruits et leur petit atelier albigeois rivalise bientôt jusqu'avec d'illustres fabriques italiennes... et le vieux maître règne en sa boutique et tous lui mangent dans la main : “regarde-les mon fils, des boeufs à la mangeoire !” … Puis ce fut le triomphe, “ils devinrent populaires comme le maître Patelin des farces, Mélusine la fée ou Dame Tartine”.
Mais bientôt Simon qui, acharné au travail avait acquis de solides compétences, malgré tout son zèle ne se voyait pas reconnu, il traînait toujours l'image de l'apprenti qu'il fut, pas même soutenu par son père, pire même il en était rabroué à la moindre demande : “apprends la couleur, chéris-là, elle te prouvera la vanité de l'argent, des égards, de tout ce dont l'homme commun fait son miel”.
De sorte que Simon se mit à nourrir des rancoeurs et des idées de fortune et de gloire, et à rêver de destinée à son compte. Mésentente s'en suivit évidemment entre eux et à un point où Eléonore, l'épouse et mère, trouvant la situation insoutenable entreprit d'y mettre fin d'une façon tout à elle et fort cocasse (et des plus réjouissante), les sommant, sous la menace d'un tisonnier, de s'expliquer sur le champ.
Ce qui fut fait et à la suite de quoi un arrangement fut convenu : le fils s'installerait dans son propre atelier. Affaire fut faite par l'entremise du prévôt de la corporation des teinturiers.
Alors qu'il s'en fut signer le contrat, il rencontra sur son chemin un dénommé Joachim Fressard, négociant en pastel, dit (donc) le “pastelier”. Advint ce qui devait advenir Simon qui avait un instant douté de l'avantage du contrat promis, se laissa aisément convaincre, à l'énoncé d'une promesse plus avantageuse, à signer affaire avec lui.
Ainsi Simon en vint à choisir le bleu, choix que son père vit naturellement comme un outrage. Ce fut évidemment pour le moins la rupture.
La suite révéla que le sieur Fressard était bien le coquin que lui avait prédit le vieux teinturier, pour ne pas dire un vrai goupil.
L'histoire ensuite ne manque pas de péripéties, c'est le moins que l'on puisse dire, cependant déçoit quelque peu, trop d'incohérences, rebondissements et catastrophes nuisent à la crédibilité de l'intrigue et le misérabilisme qui pèse sur notre « héros » est un peu trop appuyé... cependant ces deux passions l'une pour le rouge, l'autre pour le bleu se lit aussi avec tout autant de passion et nous rendent attachants les personnages. Bref l'histoire se dévore du début à la fin sans baisse d'appétit.
On a par moment aussi l'impression d'assister aux débuts de l'économie de marché et d'être en présence des premiers loups qui peupleront notre siècle... de même qu'on peut y déceler certaines formes d'individualisme ou de meutes aveugles et butées.
Concernant le ton et le style, je me suis régalée et j'ai souvent beaucoup ri, les dialogues, les formules, les jurons et autres joutes verbales... eux, ne se disputent ni le rouge ni le bleu mais sont un feu d'artifice de couleurs hautement intrépides dont je me suis beaucoup régalée voire parfois tordue de rire.
De belles pages aussi, intéressantes, sur le travail des teintures à l'époque, mais j'aurais préféré les trouver plus en nombre et davantage détaillées, rien par exemple sur la culture du pastel... un manque de documentation de la part de l'auteur donc, au profit de l'intrigue.
Quoi qu'il en soit, j'ai passé, un excellent moment avec ce “pastel”.
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Pastel, qu'est ce donc ? C'est en lisant ce livre que j'ai découvert que "Pastel" était tout comme la garance, matière à teinter. Pastel pour le bleu, la garance plus connue pour le rouge. Voilà deux couleurs que tout oppose de par les tons, couleur froide, couleur chaude, par la technique de coloration, qui se bataillent l'estime de la corporation du métier haut en couleur. Une famille en somme avec ses fidèles, ses secrets, ses querelles, etc...

Pour résumé, Simon fils de la famille 'garance' fait faux bond et s'en va chez la famille Pastel ! Aura-t-il fait le bon choix ? Entre le rouge et le bleu, tout un chemin, d'aventures et mésaventures vous attend au sein de roman historique qui nous plonge au coeur du moyen-âge, avec le langage qui s'y apprête et je dois dire que parfois j'ai souri, surtout pour certaines expressions notamment "Tricoter au paradis!" Diantre si vous voulez en savoir la signification plongez vous donc dans ce livre, sans attendre mâtine, pour le découvrir. Vous en ressortirez pas indemne, un peu déboussolés certes, des couleurs plein les mirettes, des expressions à sourire, en somme, un agréable moment de lecture qui nous apprend les us et coutumes de cette époque, sur les corporations des métiers, et notamment sur celui de teinturier. Certes, l'auteur aurait pu d'avantage explorer ce domaine de la teinture, mais peut-être au détriment de l'intrigue au risque d'ennuyer le lecteur.

Une histoire qui peut sembler parfois un peu tirée par les cheveux, le vocabulaire peut aussi rebuter certains, mais ce livre en vaut le détour.
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Un livre haut en couleurs ( facile!) mais en écriture et en histoire également. il m'a fallu parfois relire certaines phrases pour en savourer le langage médiéval. le récit est captivant, chargé de rebondissements divers et de descriptions magnifiques. A recommander aux amoureux d'histoire aussi. J'ai beaucoup appris sur le monde des teinturiers d'alors. Une fois le livre refermé, j'ai envie de tout colorer de rouge et de bleu.
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Pastel d'Olivier Bleys, nous amène au XVème siècle, en pays de Cocagne, territoire français qui occupe le quart Sud-Ouest du département du Tarn.
Simon Terrefort est notre héros et dans sa famille, on est teinturiers de père en fils. le rouge est la couleur dominante et essentielle de leur métier. Or, devenu homme, Simon se passionne pour une autre couleur: le bleu. Malheureusement, le bleu, symbole d'éternité est interdite pour les teinturiers. Un pastelier cupide et roi du bleu, Joachim de Fressard, va profiter de la situation et des rêves de Simon et la vie de notre jeune teinturier connaîtra plusieurs tournures....
J'ignorais tout du pastel, dérivant de la plante Isatis Tinctoria, et dont le commerce fut très florissant dans la région à partir du XIVème siècle. le roman détaille le travail des teinturiers ainsi que leur technique de préparation avant de se focaliser sur le bleu des pasteliers pour ensuite créer un parallèle et mettre en évidence une forte rivalité entre les deux corporations, rendant certaines situations cocasses et dures à la fois. Au milieu du rouge et du bleu, la vie mouvementée de Simon suit son cours. J'ai été tentée par le titre et au travers des destins du teinturier, son père Lucas, Joachim de Fressard et son épouse Maguelonne, les couleurs s'imbriquent parfaitement dans l'ensemble des situations rencontrées par les protagonistes! A découvrir!
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J'avais gardé de très bons souvenirs de mes lectures passées de romans d'Olivier Bleys à caractère historique (Le fantôme de la tour Eiffel et Haut-vol). J'avais donc hâte de lire Pastel, un roman qui prend place dans le monde des teinturiers au Moyen-Âge. Malheureusement, j'ai été déçue par ma lecture. J'ai même lu le dernier quart en diagonale.

Le langage employé, qui aurait été plaisant s'il avait été utilisé avec parcimonie, m'a rebuté sur la longueur. Je me pose toujours la question de l'utilisation par les auteurs qui placent leur intrigue au Moyen-âge d'une langue soutenue, de tournures alambiquées et/ou d'un vocabulaire désuet. Je me demande si cela reflète la réalité de l'époque ou si ce sont des suppositions qu'ils font sans véritables fondements.

Par ailleurs, j'espérais découvrir plus en profondeur les thématiques de la pratique de la teinture au Moyen-Âge et de la culture du pastel. Mais, elles sont assez vite délaissées. L'intrigue met surtout en avant la rivalité entre des hommes pour obtenir le monopole sur leur activité professionnelle ou encore le coeur d'une femme.

Malgré ces points négatifs, je ne déconseille pas pour autant la lecture de Pastel. Si vous êtes passionné par la période médiévale et qu'une écriture très travaillée ne vous fait pas peur, lancez-vous dans sa lecture car, comme on dit, les goûts et...les couleurs !
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
- Je prie pour revoir le rouge-gorge, venu hier becqueter mon quignon de pain. Une merveille, sais-tu? Son jabot de plumes étincelait, comme semé de cristaux, peut-être s'était-il baigné à la fontaine?
(...)
- Je veux des couleurs, Eléonore.Ecrase un peu de cochenille et de garance dans une gaufre, et apporte-la-moi. je teindrai cette affreuse camisole avec l'eau de mon broc, et ma pisse s'il le faut.
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Que les riches fassent ainsi révérence à un simple artisan donnait beaucoup d'aise aux pauvres gens. Lucas n'était pas le dernier à en rire.
"Regarde-les, mon fils, des bœufs à la mangeoire ! Cela prouve assez l'artifice qui fait le prestige des grands. Si teindre est assez pour tenir messeigneurs à sa botte, je prédis qu'un jour, les troubadours faiseurs de chansons porteront le sceptre du monde.
- Cela ne se peut, mon père !
- Tout se peut par la sottise, qui court toujours devant l'intelligence !
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Sache qu'un client mesure son plaisir à l'argent qu'il débourse, et couramment dira d'une teinture médiocre qu'elle est belle parce qu'il l'a payée cher.
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Tu ne peux rien, Simon. Cette vie est celle que Dieu a faite aux teinturiers. Beaucoup méprisent notre art pour s'allier à l'ordure et à la pestilence. Pourtant, ton père tient à sa porte les lieutenants du roi, il fait traîner leurs éperons dans la boue du séchoir. Nous sommes moqués à la face du monde", mais secrètement loués et recherchés. C'est le prodige qu'obtiennent nos couleurs à nulles autres pareilles.
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pére je dois confesser quel martyre fut pour moi le travail de teinture pendant cette dernière année. Mes efforts n'etaient jamais compris, ni mon honoré malgré tout le zèle que je montrais à pratiquer cet art.
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Vidéo de Olivier Bleys
Marcher, près de chez soi ou au bout du monde, parcourir les rues de nos villes ou s'échapper dans des espaces aux horizons plus dégagés : quelle que soit la forme qu'elle prend, la marche est parée de mille vertus pour le corps et l'esprit.
Aurélie Luneau en parle avec deux écrivains randonneurs, Noëlle Bréham et Olivier Bleys, dans "De cause à effets, le magazine de l'environnement".
Visuel de la vignette : Jordan Siemens / Getty
#environnement #marche #nature __________ Écoutez l'ensemble des émissions de cause à effets, le magazine de l'environnement https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/de-cause-a-effets-le-magazine-de-l-environnement
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