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ISBN : 2070421139
Éditeur : Gallimard (31/12/2001)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Au milieu du XVe siècle, en Albigeois, Simon est compagnon dans l'atelier de teinture de son père. Selon l'usage du temps, l'enseigne «Au caméléon» pratique une seule couleur : le rouge. A la suite du vieux maître, le compagnon se destine à devenir teinturier d'écarlate. N'est-il pas « rouge jusqu'à la figure », avec cette tache de vin sur le visage?

Mais voici que Simon fait la connaissance d'un riche marchand de pastel, Joachim Fressard, qui l'initi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Mimimelie
  02 juin 2013
J'ai découvert ce livre grâce à Babelio. Je ne pouvais que m'en saisir. D'abord son titre, “pastel”, mon médium préféré entre tous, "pastel" aussi, symbole aussi du pays de Cocagne et de la terre albigeoise et de la place d'Albi, où j'ai choisi de couler ma retraite...
L'histoire débute ainsi : Nous sommes dans les années 1420 en Albigeois, le négoce du pastel, cette plante (l'isatis tinctoria l'appelle-t-on aujourd'hui) qui produit un bleu recherché, prospère. Maître Lucas Terrefort est maître teinturier renommé en Albigeois. Lui travaille le rouge, la garance, le coquelicot et même la pourpre... Fier et jaloux de son art, tout son héritage, dame son illustre ancêtre fondateur de sa lignée ne travaillait-il pas l'écarlate du chêne, “ce rouge d'un mérite si rare qu'une loi le réserve aux princes de sang” ! il tient le bleu pour teinture de vilain et de mécréant et en veut point en entendre parler.
Lui vient un fils, Simon, qu'il initie dès l'enfance à son art. Celui-ci, en passant, naît avec une tache de vin au visage, comme “marqué par la couleur” : “Dame, la figure du petit est tout éclaboussée !”. le petit a soif d'apprendre, mais quand vient l'heure de mettre la main à l'ouvrage, il est vite rebuté par l'âpreté de la tâche qui s'avère ingrate et peu ragoûtante, d'autant plus que le père ne le ménage en rien de ses erreurs. Il progresse toutefois et son père le nomme compagnon. L'atelier est agrandi ainsi que l'enseigne qui voit apparaître le nom du fils au côté de celui du père. Mais le maître, orgueilleux de son savoir règne en maître, continue de faire languir sa clientèle de drapiers, conscient de sa puissance “Demandez-moi la couleur du nuage, se vantait-il, celle du mufle du lion, je fais serment de l'imiter” et il tenait parole... C'est que l'art de la teinture est le plus déprécié des métiers, mais le vieux maître n'est pas dupe “ nous sommes moqués à la face du monde, mais secrètement loués et recherchés. C'est le prodige qu'obtiennent nos couleurs à nulle autre pareilles”.
Malgré et ou à cause de ce caractère exécrable du vieux maître, le travail conjugué du père et du fils porte ses fruits et leur petit atelier albigeois rivalise bientôt jusqu'avec d'illustres fabriques italiennes... et le vieux maître règne en sa boutique et tous lui mangent dans la main : “regarde-les mon fils, des boeufs à la mangeoire !” … Puis ce fut le triomphe, “ils devinrent populaires comme le maître Patelin des farces, Mélusine la fée ou Dame Tartine”.
Mais bientôt Simon qui, acharné au travail avait acquis de solides compétences, malgré tout son zèle ne se voyait pas reconnu, il traînait toujours l'image de l'apprenti qu'il fut, pas même soutenu par son père, pire même il en était rabroué à la moindre demande : “apprends la couleur, chéris-là, elle te prouvera la vanité de l'argent, des égards, de tout ce dont l'homme commun fait son miel”.
De sorte que Simon se mit à nourrir des rancoeurs et des idées de fortune et de gloire, et à rêver de destinée à son compte. Mésentente s'en suivit évidemment entre eux et à un point où Eléonore, l'épouse et mère, trouvant la situation insoutenable entreprit d'y mettre fin d'une façon tout à elle et fort cocasse (et des plus réjouissante), les sommant, sous la menace d'un tisonnier, de s'expliquer sur le champ.
Ce qui fut fait et à la suite de quoi un arrangement fut convenu : le fils s'installerait dans son propre atelier. Affaire fut faite par l'entremise du prévôt de la corporation des teinturiers.
Alors qu'il s'en fut signer le contrat, il rencontra sur son chemin un dénommé Joachim Fressard, négociant en pastel, dit (donc) le “pastelier”. Advint ce qui devait advenir Simon qui avait un instant douté de l'avantage du contrat promis, se laissa aisément convaincre, à l'énoncé d'une promesse plus avantageuse, à signer affaire avec lui.
Ainsi Simon en vint à choisir le bleu, choix que son père vit naturellement comme un outrage. Ce fut évidemment pour le moins la rupture.
La suite révéla que le sieur Fressard était bien le coquin que lui avait prédit le vieux teinturier, pour ne pas dire un vrai goupil.
L'histoire ensuite ne manque pas de péripéties, c'est le moins que l'on puisse dire, cependant déçoit quelque peu, trop d'incohérences, rebondissements et catastrophes nuisent à la crédibilité de l'intrigue et le misérabilisme qui pèse sur notre « héros » est un peu trop appuyé... cependant ces deux passions l'une pour le rouge, l'autre pour le bleu se lit aussi avec tout autant de passion et nous rendent attachants les personnages. Bref l'histoire se dévore du début à la fin sans baisse d'appétit.
On a par moment aussi l'impression d'assister aux débuts de l'économie de marché et d'être en présence des premiers loups qui peupleront notre siècle... de même qu'on peut y déceler certaines formes d'individualisme ou de meutes aveugles et butées.
Concernant le ton et le style, je me suis régalée et j'ai souvent beaucoup ri, les dialogues, les formules, les jurons et autres joutes verbales... eux, ne se disputent ni le rouge ni le bleu mais sont un feu d'artifice de couleurs hautement intrépides dont je me suis beaucoup régalée voire parfois tordue de rire.
De belles pages aussi, intéressantes, sur le travail des teintures à l'époque, mais j'aurais préféré les trouver plus en nombre et davantage détaillées, rien par exemple sur la culture du pastel... un manque de documentation de la part de l'auteur donc, au profit de l'intrigue.
Quoi qu'il en soit, j'ai passé, un excellent moment avec ce “pastel”.
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saphoo
  04 janvier 2017
Pastel, qu'est ce donc ? C'est en lisant ce livre que j'ai découvert que "Pastel" était tout comme la garance, matière à teinter. Pastel pour le bleu, la garance plus connue pour le rouge. Voilà deux couleurs que tout oppose de par les tons, couleur froide, couleur chaude, par la technique de coloration, qui se bataillent l'estime de la corporation du métier haut en couleur. Une famille en somme avec ses fidèles, ses secrets, ses querelles, etc...
Pour résumé, Simon fils de la famille 'garance' fait faux bond et s'en va chez la famille Pastel ! Aura-t-il fait le bon choix ? Entre le rouge et le bleu, tout un chemin, d'aventures et mésaventures vous attend au sein de roman historique qui nous plonge au coeur du moyen-âge, avec le langage qui s'y apprête et je dois dire que parfois j'ai souri, surtout pour certaines expressions notamment "Tricoter au paradis!" Diantre si vous voulez en savoir la signification plongez vous donc dans ce livre, sans attendre mâtine, pour le découvrir. Vous en ressortirez pas indemne, un peu déboussolés certes, des couleurs plein les mirettes, des expressions à sourire, en somme, un agréable moment de lecture qui nous apprend les us et coutumes de cette époque, sur les corporations des métiers, et notamment sur celui de teinturier. Certes, l'auteur aurait pu d'avantage explorer ce domaine de la teinture, mais peut-être au détriment de l'intrigue au risque d'ennuyer le lecteur.
Une histoire qui peut sembler parfois un peu tirée par les cheveux, le vocabulaire peut aussi rebuter certains, mais ce livre en vaut le détour.
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myriampele
  15 décembre 2014
Un livre haut en couleurs ( facile!) mais en écriture et en histoire également. il m'a fallu parfois relire certaines phrases pour en savourer le langage médiéval. le récit est captivant, chargé de rebondissements divers et de descriptions magnifiques. A recommander aux amoureux d'histoire aussi. J'ai beaucoup appris sur le monde des teinturiers d'alors. Une fois le livre refermé, j'ai envie de tout colorer de rouge et de bleu.
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Kathleene
  21 mars 2011
Lu il y a trop longtemps pour en faire une véritable critique.
Ce livre nous montre l'avénement du bleu à une époque ou seule la couleur rouge était reconnue en tant que teinture.
L'arrivée du bleu va bien évidemment soulever des problèmes d'argent, de pouvoir, de commerce, de convoitise.
Une magnifique histoire où les protagonistes nous dépeignent la réalité de ce monde en Albigeois au milieu du XVe siècle.
Un livre que je relirais avec un plaisir certain.
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Elphe07
  20 mars 2012
Quelle belle histoire que celle de cette couleur bleu produit à partir d'une plante : le pastel. Une découverte de l'art de la teinture à la renaissance pleine de poésie et de passion pour un art. Un beau roman historique sur une corporation que l'on connait finalement peu et la rivalité entre le rouge et le bleu... toute une poésie !
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
myriampelemyriampele   15 décembre 2014
- Je prie pour revoir le rouge-gorge, venu hier becqueter mon quignon de pain. Une merveille, sais-tu? Son jabot de plumes étincelait, comme semé de cristaux, peut-être s'était-il baigné à la fontaine?
(...)
- Je veux des couleurs, Eléonore.Ecrase un peu de cochenille et de garance dans une gaufre, et apporte-la-moi. je teindrai cette affreuse camisole avec l'eau de mon broc, et ma pisse s'il le faut.
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MimimelieMimimelie   30 mai 2013
Que les riches fassent ainsi révérence à un simple artisan donnait beaucoup d'aise aux pauvres gens. Lucas n'était pas le dernier à en rire.
"Regarde-les, mon fils, des bœufs à la mangeoire ! Cela prouve assez l'artifice qui fait le prestige des grands. Si teindre est assez pour tenir messeigneurs à sa botte, je prédis qu'un jour, les troubadours faiseurs de chansons porteront le sceptre du monde.
- Cela ne se peut, mon père !
- Tout se peut par la sottise, qui court toujours devant l'intelligence !
+ Lire la suite
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MimimelieMimimelie   30 mai 2013
Sache qu'un client mesure son plaisir à l'argent qu'il débourse, et couramment dira d'une teinture médiocre qu'elle est belle parce qu'il l'a payée cher.
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diane37diane37   16 septembre 2015
pére je dois confesser quel martyre fut pour moi le travail de teinture pendant cette dernière année. Mes efforts n'etaient jamais compris, ni mon honoré malgré tout le zèle que je montrais à pratiquer cet art.
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MimimelieMimimelie   08 février 2014
Le jaune apporte toujours une lumière et l'on peut dire que, de même, le bleu amène toujours une ombre. (Goethe Traité des couleurs)
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Videos de Olivier Bleys (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Olivier Bleys
« À l?âge où les vrais aventuriers raccrochent leur sac à dos », Olivier Bleys a choisi d?entreprendre un « tour du monde particulier » : marcher un mois par an, sans jamais dévier de son cap ? plein est, vers le soleil levant. Nous le suivons pas à pas, caméra à l?épaule. Les jours se succèdent, sur les routes ou sur les sentiers, à travers les plaines ou les montagnes, en pleine nature ou dans les zones industrielles. Parti de Pampelonne, petit village du Tarn, il traverse l?Europe : Albertville, Andermatt, Tresenda, Venise, Dubrava Krizovljanska en Croatie, Miskolc enfin, en Hongrie, terme provisoire de ses six premières étapes. Dans la langue inspirée qui est celle de son ?uvre romanesque, Olivier Bleys décrit les joies, les fatigues, la solitude, les rencontres, les menus tracas et les grands plaisirs du long chemin. À une époque où tout va vite, trop vite, l?auteur de Discours d?un arbre sur la fragilité des hommes exalte l?esprit de lenteur, chante ce « voyage sans fin qui peut se poursuivre tout le long d?une vie », et fait de ce tour du monde par étapes l?aventure extraordinaire d?un homme ordinaire.
http://www.albin-michel.fr/L-Art-de-la-marche-EAN=9782226326065 Lire un extrait : http://fr.calameo.com/read/0019186722a74e484edb6
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