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Marthe Metzger (Traducteur)
EAN : 9782070393091
158 pages
Éditeur : Gallimard (23/06/1995)
3.74/5   40 notes
Résumé :
Personne ne pourra ouvrir ce merveilleux livre sans céder du début à la fin au charme impétueux, tendre et plein d'humour, de l'auteur. Il ne semble guère possible, au cours des quatre récits brefs et limpides composant l'ouvrage, de manifester autant de féminité authentique jointe à une indomptable vaillance virile. Et c'est pourtant l'évidence : Karen Blixen tue un lion comme une femme ordinaire se rend au marché.

Dans une ferme située sur les hauts... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Mimeko
  12 février 2018
Karen Blixen, dans Ombres sur la prairie évoque les personnes et les moments qu'elle a connus quand elle était à la tête de sa ferme africaine, avec un premier témoignage en forme d'hommage à Farah son homme de confiance, somali musulman, celui qui l'accueille quand elle arrive pour la première fois en Afrique et celui qui la verra partir définitivement en Europe. Elle évoque également des moments comme la chasse et les safaris qu'elle pratique et auxquels elle renonce (sauf la chasse au lion) ainsi que sa fonction de "médecin", consultée régulièrement par la population environnante. le dernier évoque son retour et les nouvelles qu'elle obtient de temps en temps de ses amis africains qui maintiennent son souvenir vivant.
A la lecture d'Ombres sur la prairie, c'est une femme à la fois forte et sensible qui nous est révélée, une femme qui à force d'humilité et de patience, s'adapte aux populations somali, kikuyu, masaïs, des groupes dont il faut souvent ménager les rites et traditions pour obtenir leur respect. On sent à chaque page l'amour et le bonheur qu'elle décrit et même l'honneur qu'elle ressent d'avoir connu des personnes d'exception, quelque soit leur statut social, leur religion, coutumes ou nationalité. On peut ressentir un peu de colonialisme mais il faut replacer ces récits dans leur contexte et l'attitude respectueuse dont Karen Blixen fait preuve pendant sa vie au Kenya montre qu'elle a toujours placé sur un pied d'égalité le personnel avec lequel elle travaillait et ses amis européens.
Une belle leçon de respect et d'humanité.
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AmyFarrah
  01 avril 2021
Plus j'en apprends sur le colonialisme et plus ça devient compliqué pour moi de lire un roman se passant dans ce contexte. Cependant, je suis plus à l'aise avec Karen Blixen, dont les récits sur sa tentative de gérer une ferme en Afrique, ne montrent pas le même caractère condescendant qui apparait dans d'autres romans et dans L Histoire en général. "Ombres sur la prairie", recueil de quatre nouvelles, est une sorte de complément à "La ferme africaine", qui met surtout l'accent sur ses relations avec les Africains auprès desquels elle vit, certains étant ses employés, et avec qui elle interagit d'une manière bien à elle. Désireuse de se rendre utile, elle n'impose cependant pas "sa science" occidentale - bien faible elle l'avoue elle-même, en matière de soins médicaux - et essaie de s'intégrer, en respectant les traditions. Son écriture est habile à dessiner des portraits plus vrais que natures. Farah, en particulier, semble surgir sous nos yeux quand elle en parle. Il est vrai qu'il joue un rôle particulier : ami, majordome, trésorier (même parfois grippe-sou quand elle lui demande un peu d'argent pour s'acheter un pantalon car c'est lui qui tient véritablement les cordons de la bourse) , il est aussi un grand frère qui la ramène à ses devoirs de maîtresse de maison ou lui rappelle comment elle doit s'habiller quand elle reçoit des hôtes de marque : délégation de Chefs de tribu, ou le Prince de Galles. Ceci nous ramène donc à la situation coloniale : le gouvernement anglais est en place à Nairobi et ses intentions ne plaisent pas à Karen. Elle voit d'un mauvais oeil le projet d'une colonisation de masse par des gens qui n'auront pas une attitude correcte envers ceux dont les ancêtres ont vécu sur ces terres depuis des millénaires. Elle déplore le massacre des éléphants pour leur ivoire. Plus tard, rentrée au Danemark, elle apprendra que les savanes ou paissaient autrefois les zèbres sont devenues des courts de tennis pour la gentry coloniale. Malgré ses terribles difficultés dans son entreprise d'agricultrice, Karen Blixen a vécu une expérience idyllique, hors normes, avec les peuples du Kenya. On pourrait lui reprocher un jugement parfois Euro-centré sur l'intelligence de certains groupes ethniques mais ce serait oublier que le récit se passe il y a une centaine d'années et que l'étude de l'intelligence humaine a fait des progrès depuis. Ce serait aussi oublier tout le reste - je ne vais pas tout spoiler - qui montre qu'elle observe avec un regard sortant des sentiers battus, sans jugement, et qu'elle sait rester à sa place quand on ne lui demande rien, désireuse de ne pas intervenir mal à propos dans une civilisation qui fait son chemin comme celle de son pays a fait le sien. L'atmosphère de ces récits est aussi envoutante que celle de "la ferme africaine", l'écriture semble couler de source, comme au fil des souvenirs. Certains lecteurs ont reproché à Karen Blixen de trop vanter ses qualités humaines. Pour ma part, je pense que si elle a été une piètre et malchanceuse agricultrice, et une épouse malheureuse - bien qu'elle n'en parle pas - elle a simplement voulu partager l'extraordinaire aventure humaine qu'il lui a été donné de vivre.
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Northanger
  02 avril 2012
Denys Finch Hatton, le Concerto pour clarinette, le survol de l'Afrique...
Tous les fans d'Out of Africa connaissent ces images ainsi que celle de Karen Blixen, incarnée par Meryl Streep dans son plus beau rôle (enfin, d'après moi^^), le destin exceptionnel de Karen Blixen, née au Danemark en 1885. Rejetant un mode de vie bourgeois et linéaire, elle part s'installer en Afrique avec le baron Bror Blixen où elle reste de 1914 à 1931. Elle est obligée de quitter sa ferme africaine après avoir fait faillite et retourne au Danemark, mais elle reste fidèle à cette nation où elle aurait « désiré laisser ses os ».
Si la biographie de Jean-Noël Liaut, Karen Blixen m'a montrée que sa relation avec Denys était largement moins idyllique que dans le film, elle m'a donné envie de me plonger dans son oeuvre. Je lirai donc d'ici peu Les Contes d'hiver et pourquoi pas Les Contes gothiques, dont le titre m'attire beaucoup...
La plus grande partie de la vie de Karen Blixen en Afrique est racontée dans La Ferme africaine et dans les Lettres qu'elle a échangées avec ses amis et sa famille ; Ombres sur la prairie constitue un prolongement de ces oeuvres et régalera ceux qui rêvent de retrouver cet univers. Composé de quatre récits, ce recueil est un tissu de souvenirs, d'émotions, de réflexions anthropologiques, et d'érudition, liés par un fil parfois ténu mais toujours présent. Karen Blixen raconte les liens de confiance tissés avec ses domestiques et les tribus vivant sur « ses » terres, les échanges, les difficultés mais aussi les moments émouvants qu'ils ont pu partager et réussit à retrouver leurs traces vingt ans après son départ d'Afrique.

Si certaines remarques peuvent surprendre le lecteur contemporain, par exemple sur les comparaisons qu'elle établit entre les différents peuples qu'elle rencontre et sa propre culture, il faut situer l'oeuvre dans un contexte colonial, à une époque où les européens s'installaient en Afrique en conquérants, pour y faire fortune, parfois aux dépens de la population. Ce qui n'est finalement pas le cas de Karen Blixen qui s'est sincèrement intéressée au sort des peuples vivant sur ses terres, à leur santé, leurs coutumes, leur manière d'envisager le monde. En témoigne la première nouvelle, Ombres sur la prairie, où elle rend hommage à son domestique Farah et où on la voit soigner avec dévouement ses « gens ».

Ma préférence va Barua a soldani, dans lequel elle raconte comment une lettre écrite de la main du roi du Danemark devient une sorte de talisman pour les gens qui vivent sur ses terres et permet d'apaiser les souffrances les plus terribles par le simple contact. Un mélange de réalisme, de réflexion et de poésie dans lequel elle révèle une grande humanité et beaucoup de sang-froid.
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ivredelivres
  06 février 2014
Si vous n'avez pas lu La Ferme africaine vous avez certainement vu le film ! Rarement l'adaptation d'un livre fut aussi réussie au point de ne pouvoir à nouveau lire Karen Blixen sans avoir le visage de Meryl Streep en filigrane.
Je vous parlerai un jour ou l'autre de sa correspondance mais aujourd'hui j'avais envie de retrouvailles avec un livre court moins connu que la Ferme Africaine.

Quatre petits récits placé dès les premières lignes sous la protection de Farah « le gardien de mon univers africain » dit Karen Blixen.
Ces Ombres sur la prairie complètent très heureusement la magnifique Ferme Africaine et éclairent certains aspects de la vie de Karen Blixen qu'elle a passé sous silence dans son roman.
Elles revient sur les tribus qui peuplaient alors le Kenya, leurs pratiques ancestrales, sur ses lectures pour comprendre la loi musulmane et la confiance que lui font les africains qui l'entourent.
Elle revient longuement sur Farah à qui elle est attachée de façon très forte et dont elle dit qu'il est « le plus authentique gentleman que j'aie connu. » qui dirigeait la maison et conduisait la vieille Ford « comme si elle eût été la Rolls Royce des Rothschild » elle donne des nouvelles de Juma ou de Kamante « le grand solitaire » et sa fameuse « sauce Cumberland » et prouve ainsi que son attachement ne s'est pas interrompu avec son retour au Danemark.
Elle revient sur certains épisodes évoqués dans la Ferme Africaine, chasse aux lions, chasse aux éléphants. Et vous verrez le rôle que peut jouer une « lettre du roi ».
Karen Blixen revient sur les soins qu'elle dispensât tout au long de son séjour « je finis par savoir réduire la fracture d'un bras ou d'une cheville » ou ses tentatives vaines pour soigner les morsures de serpent.
Les récits ne sont pas exempts de parfum colonialiste mais rien qui n'entache la sincérité de Karen Blixen dans l'attachement qu'elle avait pour tous les africains qui ont gravité autour d'elle, qui ont travaillé sur la ferme et l'on sent un grand dévouement de part et d'autre.
Elle revient sur les derniers temps passés en Afrique, le retour au Danemark, les lettres échangées pendant des années avec les uns et les autres mais inexorablement l'Afrique s'éloigne « La Croix du sud était restée suspendue au ciel pendant quelque temps, telle une trace lumineuse de ce monde englouti » et finit par disparaître.

Un petit livre que j'ai eu beaucoup de plaisir à relire.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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boubili
  27 juillet 2020
Dans ombres sur la prairie, Karen Blixen nous offre 4 nouvelles sur sa vie en Afrique. de son amitié avec Farah, un somali musulman, à la chasse, en passant par ses fonctions de médecin de campagne, l'autrice évoque plusieurs aspects de ses années africaines.
Ce livre est un recueil de souvenirs, on sent l'émotion ressentie par cette femme pour son domaine, ses domestiques et les tribus voisines. On n'échappe pas à des passages racistes et très colonialistes. Même si le livre a été publié en 1960, il faut se rappeler que Karen Blixen a vécu en Afrique entre 1914 et 1931 : ses réflexions et remarques sont le fruit de son époque. Mais ça m'a tout de même gênée.
Malgré ces aspects, j'ai découvert dans cet ouvrage une femme à la vie rocambolesque et j'ai envie d'en savoir plus sur elle et sa vie ! Prochaines lectures : La ferme africaine et Baronne Blixen (de Dominique de Saint Pern).
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   11 février 2018
-" Le prince (de Galles) vient à la ferme vendredi pour le dîner et voir danser les gens. Et tu sais que l'on ne danse pas à cette époque de l'année".
Les Ngoma étaient des danses rituelles rattachées à la fête de la moisson et tous les colons savaient qu'en cette matière les indigènes préfèrent mourir que d'enfreindre une loi sacrée en vigueur depuis mille ans.
La nouvelle bouleversa Farah autant qu'elle m'avait bouleversée moi-même. Pendant quelques instants il resta muet et comme pétrifié. Enfin il dit :
- Tu as raison, Memsahib, et à mon avis il n'y a qu'une chose à faire. Je vais prendre l'auto et ferai la tournée des grands chefs. Je leur parlerai et leur dirai qu'il faut qu'ils viennent à ton secours, et je leur rappellerai que c'est toi qui est venue à leur secours il y a trois mois.
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gedigedi   23 février 2011
Sans m'en rendre bien compte, je savais déjà sur cette pente herbeuse que j'avais atteint le plus haut sommet auquel il me serait jamais donné de parvenir sur cette terre. Créature minuscule dans cet alambic formidable de l'air, de la terre et des herbes mais cependant ne faisant qu'un avec eux. Me doutais-je alors que j'avais atteint aussi le sommet de ma propre vie ? L'espace autour de moi était empreint d'une sorte de solennité douloureuse.
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Jean-DanielJean-Daniel   06 août 2020
Nous autres, Blancs, lorsque nous entrons en contact avec la population de l'ancien continent, nous oublions qu'elle a un passé que nous ignorons ; nous refusons de reconnaître qu'elle a existé avant notre rencontre.
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MimekoMimeko   12 février 2018
Les Masais étaient mes voisins. Lorsque je traversais le fleuve qui formait la limite de mes terres je me trouvais dans leur réserve.Mais les Masais n'y étaient pas toujours. Ils erraient avec leurs grands troupeaux d'un bout à l'autre de la savane, vaste à peu près comme l'Irlande, se guidant d'après les chutes de pluies et la poussée de l'herbe.
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dbreitdbreit   13 août 2013
La rencontre que j'ai faite en Afrique d'une race essentiellement différente de la mienne a contribué puissamment à l'heureuse expansion de mon univers. La tendresse est née entre nous au premier regard. J'entendais résonner de tous côtés des accords nouveaux et prolongés. On eut dit que ma propre voix s'amplifiait grâce à leur accompagnement ou en leur faisant écho.
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Videos de Karen Blixen (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Karen Blixen
En 2005 a paru Dictionnaire égoïste de la littérature française , immense succès immédiat critique et public. Chroniqué par tous les médias en France et beaucoup même à l'étranger, ce livre qui n?avait pas d?équivalent a reçu cinq prix littéraires. Il est aujourd?hui devenu un classique.  Le Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale est consacré aux littératures des autres pays du monde. Et non pas « étrangers ». Un article l?explique, l?auteur ne croit pas à la notion d?étranger, surtout en matière de littérature. Nous ne sommes pas seuls au monde, et aucun lecteur français n?a été constitué par l?unique lecture de livres français. de même, aucun lecteur n?est constitué par l?unique lecture des livres de son temps. Un lecteur est de tous les temps et de tous les pays. Et c?est ainsi que ce livre comprend aussi bien Eschyle (le plus ancien) que Gabriel García Márquez (le plus récent). Pour « égoïste », cela signifie que l?auteur ne parle que de choses qui, en bien ou en mal, l?intéressent, le passionnent, l?éveillent, et non à partir d?on ne sait quels canons de la littérature.  Le « DELM » comprend, comme son frère aîné, quatre types d?articles : sur des auteurs (Karen Blixen, Jorge Luis Borges, F.S. Fitzgerald, Yukio Mishima, Elsa Morante, Platon, Gertrude Stein?), des ?uvres ( Amant de Lady Chatterley (L?) , Guépard (Le) , Petit Livre rouge (Le)? ), des personnages (Ali-Baba, Lady Bracknell, Mademoiselle Else, le prince André, Arturo Ui?), des notions (« Bonheur », « Enterrements d?écrivains célèbres », « Imagination », « Verbes réfléchis »?). Il a, en plus, des « express » (« Esthétique Express », « Machiavel Express »?). On y retrouvera tous les grands noms célèbres, et on y découvrira des méconnus délicieux. On y trouvera un esthétique, et des anecdotes qui sont peut-être un peu plus que des anecdotes, comme Joyce en train de dicter Finnegans Wake à Beckett qui répond « entrez » à un visiteur, Beckett écrivant le mot par mégarde et Joyce lui disant : « Laissez. » Allègre, partial, drôle, sérieux, brillant, inattendu. Un livre qui donne envie d?en parler avec l?auteur. Venez converser avec Charles Dantzig...
En savoir plus sur le "Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale" : https://www.hachette.fr/livre/dictionnaire-egoiste-de-la-litterature-mondiale-9782246820741
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