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Marthe Metzger (Traducteur)
ISBN : 2070393097
Éditeur : Gallimard (23/06/1995)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Personne ne pourra ouvrir ce merveilleux livre sans céder du début à la fin au charme impétueux, tendre et plein d'humour, de l'auteur. Il ne semble guère possible, au cours des quatre récits brefs et limpides composant l'ouvrage, de manifester autant de féminité authentique jointe à une indomptable vaillance virile. Et c'est pourtant l'évidence : Karen Blixen tue un lion comme une femme ordinaire se rend au marché.

Dans une ferme située sur les hauts... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Mimeko
  12 février 2018
Karen Blixen, dans Ombres sur la prairie évoque les personnes et les moments qu'elle a connus quand elle était à la tête de sa ferme africaine, avec un premier témoignage en forme d'hommage à Farah son homme de confiance, somali musulman, celui qui l'accueille quand elle arrive pour la première fois en Afrique et celui qui la verra partir définitivement en Europe. Elle évoque également des moments comme la chasse et les safaris qu'elle pratique et auxquels elle renonce (sauf la chasse au lion) ainsi que sa fonction de "médecin", consultée régulièrement par la population environnante. le dernier évoque son retour et les nouvelles qu'elle obtient de temps en temps de ses amis africains qui maintiennent son souvenir vivant.
A la lecture d'Ombres sur la prairie, c'est une femme à la fois forte et sensible qui nous est révélée, une femme qui à force d'humilité et de patience, s'adapte aux populations somali, kikuyu, masaïs, des groupes dont il faut souvent ménager les rites et traditions pour obtenir leur respect. On sent à chaque page l'amour et le bonheur qu'elle décrit et même l'honneur qu'elle ressent d'avoir connu des personnes d'exception, quelque soit leur statut social, leur religion, coutumes ou nationalité. On peut ressentir un peu de colonialisme mais il faut replacer ces récits dans leur contexte et l'attitude respectueuse dont Karen Blixen fait preuve pendant sa vie au Kenya montre qu'elle a toujours placé sur un pied d'égalité le personnel avec lequel elle travaillait et ses amis européens.
Une belle leçon de respect et d'humanité.
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Northanger
  02 avril 2012
Denys Finch Hatton, le Concerto pour clarinette, le survol de l'Afrique...
Tous les fans d'Out of Africa connaissent ces images ainsi que celle de Karen Blixen, incarnée par Meryl Streep dans son plus beau rôle (enfin, d'après moi^^), le destin exceptionnel de Karen Blixen, née au Danemark en 1885. Rejetant un mode de vie bourgeois et linéaire, elle part s'installer en Afrique avec le baron Bror Blixen où elle reste de 1914 à 1931. Elle est obligée de quitter sa ferme africaine après avoir fait faillite et retourne au Danemark, mais elle reste fidèle à cette nation où elle aurait « désiré laisser ses os ».
Si la biographie de Jean-Noël Liaut, Karen Blixen m'a montrée que sa relation avec Denys était largement moins idyllique que dans le film, elle m'a donné envie de me plonger dans son oeuvre. Je lirai donc d'ici peu Les Contes d'hiver et pourquoi pas Les Contes gothiques, dont le titre m'attire beaucoup...
La plus grande partie de la vie de Karen Blixen en Afrique est racontée dans La Ferme africaine et dans les Lettres qu'elle a échangées avec ses amis et sa famille ; Ombres sur la prairie constitue un prolongement de ces oeuvres et régalera ceux qui rêvent de retrouver cet univers. Composé de quatre récits, ce recueil est un tissu de souvenirs, d'émotions, de réflexions anthropologiques, et d'érudition, liés par un fil parfois ténu mais toujours présent. Karen Blixen raconte les liens de confiance tissés avec ses domestiques et les tribus vivant sur « ses » terres, les échanges, les difficultés mais aussi les moments émouvants qu'ils ont pu partager et réussit à retrouver leurs traces vingt ans après son départ d'Afrique.

Si certaines remarques peuvent surprendre le lecteur contemporain, par exemple sur les comparaisons qu'elle établit entre les différents peuples qu'elle rencontre et sa propre culture, il faut situer l'oeuvre dans un contexte colonial, à une époque où les européens s'installaient en Afrique en conquérants, pour y faire fortune, parfois aux dépens de la population. Ce qui n'est finalement pas le cas de Karen Blixen qui s'est sincèrement intéressée au sort des peuples vivant sur ses terres, à leur santé, leurs coutumes, leur manière d'envisager le monde. En témoigne la première nouvelle, Ombres sur la prairie, où elle rend hommage à son domestique Farah et où on la voit soigner avec dévouement ses « gens ».

Ma préférence va Barua a soldani, dans lequel elle raconte comment une lettre écrite de la main du roi du Danemark devient une sorte de talisman pour les gens qui vivent sur ses terres et permet d'apaiser les souffrances les plus terribles par le simple contact. Un mélange de réalisme, de réflexion et de poésie dans lequel elle révèle une grande humanité et beaucoup de sang-froid.
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ivredelivres
  06 février 2014
Si vous n'avez pas lu La Ferme africaine vous avez certainement vu le film ! Rarement l'adaptation d'un livre fut aussi réussie au point de ne pouvoir à nouveau lire Karen Blixen sans avoir le visage de Meryl Streep en filigrane.
Je vous parlerai un jour ou l'autre de sa correspondance mais aujourd'hui j'avais envie de retrouvailles avec un livre court moins connu que la Ferme Africaine.

Quatre petits récits placé dès les premières lignes sous la protection de Farah « le gardien de mon univers africain » dit Karen Blixen.
Ces Ombres sur la prairie complètent très heureusement la magnifique Ferme Africaine et éclairent certains aspects de la vie de Karen Blixen qu'elle a passé sous silence dans son roman.
Elles revient sur les tribus qui peuplaient alors le Kenya, leurs pratiques ancestrales, sur ses lectures pour comprendre la loi musulmane et la confiance que lui font les africains qui l'entourent.
Elle revient longuement sur Farah à qui elle est attachée de façon très forte et dont elle dit qu'il est « le plus authentique gentleman que j'aie connu. » qui dirigeait la maison et conduisait la vieille Ford « comme si elle eût été la Rolls Royce des Rothschild » elle donne des nouvelles de Juma ou de Kamante « le grand solitaire » et sa fameuse « sauce Cumberland » et prouve ainsi que son attachement ne s'est pas interrompu avec son retour au Danemark.
Elle revient sur certains épisodes évoqués dans la Ferme Africaine, chasse aux lions, chasse aux éléphants. Et vous verrez le rôle que peut jouer une « lettre du roi ».
Karen Blixen revient sur les soins qu'elle dispensât tout au long de son séjour « je finis par savoir réduire la fracture d'un bras ou d'une cheville » ou ses tentatives vaines pour soigner les morsures de serpent.
Les récits ne sont pas exempts de parfum colonialiste mais rien qui n'entache la sincérité de Karen Blixen dans l'attachement qu'elle avait pour tous les africains qui ont gravité autour d'elle, qui ont travaillé sur la ferme et l'on sent un grand dévouement de part et d'autre.
Elle revient sur les derniers temps passés en Afrique, le retour au Danemark, les lettres échangées pendant des années avec les uns et les autres mais inexorablement l'Afrique s'éloigne « La Croix du sud était restée suspendue au ciel pendant quelque temps, telle une trace lumineuse de ce monde englouti » et finit par disparaître.

Un petit livre que j'ai eu beaucoup de plaisir à relire.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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ACO
  18 janvier 2012
Pour ceux qui, comme moi, ont apprécié "la ferme africaine"
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
gedigedi   23 février 2011
Sans m'en rendre bien compte, je savais déjà sur cette pente herbeuse que j'avais atteint le plus haut sommet auquel il me serait jamais donné de parvenir sur cette terre. Créature minuscule dans cet alambic formidable de l'air, de la terre et des herbes mais cependant ne faisant qu'un avec eux. Me doutais-je alors que j'avais atteint aussi le sommet de ma propre vie ? L'espace autour de moi était empreint d'une sorte de solennité douloureuse.
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MimekoMimeko   11 février 2018
-" Le prince (de Galles) vient à la ferme vendredi pour le dîner et voir danser les gens. Et tu sais que l'on ne danse pas à cette époque de l'année".
Les Ngoma étaient des danses rituelles rattachées à la fête de la moisson et tous les colons savaient qu'en cette matière les indigènes préfèrent mourir que d'enfreindre une loi sacrée en vigueur depuis mille ans.
La nouvelle bouleversa Farah autant qu'elle m'avait bouleversée moi-même. Pendant quelques instants il resta muet et comme pétrifié. Enfin il dit :
- Tu as raison, Memsahib, et à mon avis il n'y a qu'une chose à faire. Je vais prendre l'auto et ferai la tournée des grands chefs. Je leur parlerai et leur dirai qu'il faut qu'ils viennent à ton secours, et je leur rappellerai que c'est toi qui est venue à leur secours il y a trois mois.
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MimekoMimeko   12 février 2018
Les Masais étaient mes voisins. Lorsque je traversais le fleuve qui formait la limite de mes terres je me trouvais dans leur réserve.Mais les Masais n'y étaient pas toujours. Ils erraient avec leurs grands troupeaux d'un bout à l'autre de la savane, vaste à peu près comme l'Irlande, se guidant d'après les chutes de pluies et la poussée de l'herbe.
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dbreitdbreit   13 août 2013
La rencontre que j'ai faite en Afrique d'une race essentiellement différente de la mienne a contribué puissamment à l'heureuse expansion de mon univers. La tendresse est née entre nous au premier regard. J'entendais résonner de tous côtés des accords nouveaux et prolongés. On eut dit que ma propre voix s'amplifiait grâce à leur accompagnement ou en leur faisant écho.
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MimekoMimeko   11 février 2018
Je chevauchais lentement dans la forêt toute verte pendant la courte saison des pluies. Des senteurs délicates et variées m'arrivaient par bouffées. J'étais de retour dans cette contrée d’exception. Une fois de plus, j'appartenais au monde africain.
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