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Solange de Lalène (Autre)Georges de Lalène (Autre)
EAN : 9782020056151
Seuil (01/09/1980)
3.85/5   115 notes
Résumé :
"Je suis clown. Désignation professionnelle : "artiste comique"." Ainsi s'exprime Hans Schnier, rejeton d'une famille protestante allemande qui, depuis sa dixième année, n'a pas cédé d'un pouce aux hypocrisies de la société allemande.

Vagabond de l'après-guerre, il évoque la figure de Marie, seule femme qu'il ait jamais désirée, et qui l'a quitté pour mener une vie d'une consternante banalité.

Il relate sa propre déchéance, et fustige... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Hans Schnier, fils d'un magnat de l'industrie, n'entend pas suivre un chemin qui semblait clairement tracé étant donné le statut de sa famille. Il souhaite devenir clown. Sa vie bascule quand Marie la femme qu'il aime le quitte pour un autre. Il devient trop marginal, on le voit d'un mauvais oeil, les groupuscules catholiques n'ont plus un regard positif sur lui. C'est le début de la déchéance : celui qui aurait pu être un parfait fils à papa va connaître l'alcoolisme, la mendicité, la révolte ...
Il va devenir un clown malheureux mais avisé. Il assène des vérités et sa franchise étonne. le roman s'apparente à de longs monologues. Hans téléphone régulièrement aux siens et ce ne sont que des règlements de compte.
Heinrich Böll, par le biais de son personnage, éreinte l'hypocrisie de l'Allemagne au lendemain de la guerre par le personnage de la mère de Hans qui souhaite se donner bonne conscience. ( Böll appartient au mouvement que l'on appelle "la littérature des ruines", groupe d'écrivains allemands qui n'ont pas hésité à critiquer leur pays et certains choix après la seconde guerre mondiale ... ). L'histoire se déroule pourtant bien après la guerre, mais on ne peut effacer en quelques années des épisodes traumatisants. Il critique aussi certains groupes catholiques, l'univers bourgeois conformiste et les industriels.
Un roman dur, sombre, révolté qui reflète le mal être de certains intellectuels allemands.
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Lu dans le cadre du challenge Nobel 2013/2014

C'est mon deuxième livre de Heinrich Boll après  « l'honneur perdu de Katharina Blum » et encore une fois je suis impressionnée par son imagination et son écriture limpide. On croit réellement qu'il a vécu cette histoire, que c'est une histoire vraie.

En fait, il s'agit bien d'une fiction qui se déroule bien après la guerre en Allemagne dans les années 60. le narrateur, un clown, Hans vient de subir une rupture sentimentale avec Marie. Rupture d'autant plus douloureuse qu'il n'a jamais désirer qu'elle, et qu'il a fait pas mal de concession pour elle. Marie rêvait d'un mariage et une vie placée sous le signe du catholicisme pratiquant, ce dont Hans a refusé. le contexte de l'époque fait que la « consommation » avant le mariage n'était pas bien vu et que Marie le vivait très mal. Elle fréquente régulièrement les cercles, réunions qui sont organisés régulièrement, pour discuter des problèmes de la société actuelle et de la religion.

Comme je le disais, le style est limpide. Il est très agréable à lire. Pas mal de sujets sont évoqués : la reconversion des anciens collaborateurs passifs vers les oeuvres de charité, la religion, les jeunesses allemandes de la fin de la guerre où des très jeunes enfants apprenaient à manier des armes,… C'est assez intéressant de voir le vécu des allemands après la guerre. Heinrich Boll dénonce le climat ambiant : la volonté d'étouffer ce qui s'est passé pendant la guerre, oublier toute responsabilité en s'engageant dans une oeuvre de charité et/ou en se tournant davantage vers la religion. le catholicisme dicte alors la nouvelle morale.

Il y a des références culturelles allemandes qui auraient méritées quelques notes de bas de page. C'est assez perturbant. Par exemple, je ne savais pas qui était Benn. Son nom est cité à un moment donné, a priori le lecteur, donc moi aurait dû comprendre pourquoi il était gênant d'en parler dans ce livre. Je pensais que j'allais finir par comprendre quelques lignes plus tard et puis non. En fait, il s'agit d'un auteur allemand qui était prisé par les nazis et répudié après la guerre. Fallait le savoir.

Bref, une bonne lecture mais pas un coup de coeur.


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Challenge Nobel 2013-2014
14/15

Hans va mal. Marie l'a quitté et depuis il sombre. Dans l'alcool et dans les cachets de ses engagements. Car Hans est clown. Un mélange entre un clown et le fou du roi. Il met le doigt là où ça fait mal. Et dans l'Allemagne des années 60, il semblerait que ça fasse mal partout.
L'argent, l'hypocrisie sont partout. le pays a opéré un miracle économique mais à quel prix : on s'aveugle, on présente une façade lisse. Les passés troubles et douteux sont présentés de manière respectable. Comme l'argent, la religion chrétienne joue un grand rôle (voire la religion de l'argent) dans la vie de la bonne société. Or Hans a toujours été un électron libre ; héritier d'une grande famille il abandonne tout, ne s'intéresse ni à l'argent ni à la religion, bien au contraire et dénonce le tout dans ses spectacles. Et accuse cette même bonne société de sa rupture avec Marie. L'occasion d'un retour sur le passé et de règlements de compte. Il ne pardonne rien. Ne se pardonne rien.
Un portrait bien sombre de notre grand voisin. Il lui manque parfois la puissance de Hesse ; il fait preuve de plus de mordant, d'ironie d'impartialité. Il renvoie chacun devant ses contradictions ; pourtant il fait figure de perdant. Un roman assez déroutant et une expérience à renouveler.
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Une virulente critique de l'Allemagne
Hans Schnier, fils d'un magnat de l'industrie, n'entend pas suivre un chemin qui semblait clairement tracé étant donné le statut de sa famille. Il souhaite devenir clown. Sa vie bascule quand Marie la femme qu'il aime le quitte pour un autre. Il devient trop marginal, on le voit d'un mauvais oeil, les groupuscules catholiques n'ont plus un regard positif sur lui. C'est le début de la déchéance : celui qui aurait pu être un parfait fils à papa va connaître l'alcoolisme, la mendicité, la révolte ...

Il va devenir un clown malheureux mais avisé. Il assène des vérités et sa franchise étonne. le roman s'apparente à de longs monologues. Hans Téléphone régulièrement aux siens et ce ne sont que des règlements de compte.

Heinrich Böll, par le biais de son personnage, éreinte l'hypocrisie de l'Allemagne au lendemain de la guerre par le personnage de la mère de Hans qui souhaite se donner bonne conscience. ( Böll appartient au mouvement que l'on appelle "la littérature des ruines", groupe d'écrivains allemands qui n'ont pas hésité à critiquer leur pays et certains choix après la seconde guerre mondiale ... ). L'histoire se déroule pourtant bien après la guerre, mais on ne peut effacer en quelques années des épisodes traumatisants. Il critique aussi certains groupes catholiques, l'univers bourgeois conformiste et les industriels.

Un roman dur, sombre, révolté qui reflète le mal être de certains intellectuels allemands.
Lien : http://www.critiqueslibres.c..
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Hans Schnier est un clown mélancolique et migraineux. Il est coupable du pire de tous les péchés qu'un clown puisse commettre : éveiller la pitié. À vingt-sept ans, il se considère comme complètement foutu : professionnellement, mentalement, physiquement, financièrement. Sa Marie l'a quitté, car il a bronché comme un cheval devant l'obstacle, à son exigence d'un engagement par écrit à élever leurs futurs enfants dans la religion catholique. Suite à cela il s'est mis à téter un peu trop du boulot, ce qui a fatalement nui à ses compétences de pantomime, et à sa côte artistique. Ajoutez à cela un genou en berne, ultime conséquence de sa dernière et foireuse performance sur les planches. le voilà donc sans un sou vaillant, malgré des parents qui ont fait fortune dans la lignite, mais qui ont des oursins dans les poches, tout juste bons à lui rappeler les vertus du travail et de l'économie en bon protestants qu'ils sont. Notre homme rumine, vitupère, se fait le contempteur de la bonne bourgeoisie de Bonn, n'en saisissant pas moins son combiné de téléphone pour essayer de taper de quelque marks sa famille et ses connaissances. 

Roman du ressassement, la Grimace est une charge dans la veine satirique - dont l'auteur est passé maître, de la société ouest-allemande. L'auteur dépeint une bourgeoisie philistine et mesquine, confite en hypocrisie, composée d'individus dont la lâcheté n'a d'égale que la bêtise. Un livre particulièrement drôle bien que certaines thématiques confessionnelles ne semblent guère plus d'actualité. 
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
L'argent, c'était comme le "désir charnel", personne n'en parlait de façon précise, n'y pensait même de façon précise. Ou bien on le "sublimait" - comme un prêtre l'avait dit à Marie du désir charnel - ou bien on le tenait pour vulgaire en soi, mais sans y songer jamais en fonction de ce qu'il représentait dans l'immédiat : nourriture ou taxi, paquet de cigarettes ou chambre avec salle de bains.
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J'aime être entouré de jolies femmes, telle cette Mme Grebsel ma voisine, quoique je n'éprouve pour elle nul "désir charnel". Ce qu'en général elles considèrent d'ailleurs comme une offense. Et pourtant, si j'éprouvais ce désir et prétendais l'assouvir sur elles, elles seraient les premières à appeler la police. C'est quelque chose de bien compliqué, de bien cruel aussi, que le désir charnel. Pour les non-monogrammes, ce doit être une constante torture, alors que pour les monogames comme moi c'est la constante obligation d'être discourtois. La plupart des femmes considèrent en effet comme une offense qu'on ne les désire pas. Mme Blothert elle-même, femme pieuse et vertueuse s'il en fut, me parut toujours légèrement offensée par ma froideur. J'en viens parfois à comprendre ces forcenés dont les journaux nous rebattent les oreilles, et quand je songe que cette chose existe qu'on nomme le 'devoir conjugal", j'en ai la chair de poule. Lorsque c'est par l'Etat et l'Eglise qu'une femme se voit imposer le devoir de "faire ça" comment de telles unions n'engendreraient-elles pas d'affreuses tragédies?
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Cessez donc ces absurdités, Schnier. Qu’est-ce qui ne va pas ?
- Les catholiques me rendent nerveux, dis-je, parce-qu’ils ne jouent pas le jeu.
- Et les protestants ? demanda-t-il en riant.
- Ils me rendent malade avec l’étalage de leurs éternels problèmes de conscience.
- Et les athées ?
- Ils m’ennuient parce qu’ils ne parlent jamais que du bon dieu.
- Et vous alors, qu’êtes-vous au juste ?
- Je suis un clown, dis-je, et pour l’instant meilleur que sa réputation.

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Tout clown qui se met à boire dégringole plus vite encore qu'un couvreur saoûl de son toit.
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Si notre ère mérite un nom, il faut l’appeler l’ère de la prostitution. Les gens s’habituent au vocabulaire des prostituées. Le lendemain d’un débat télévisé auquel Sommerwild avait participé, je le rencontrai dans la rue. Il me demanda aussitôt : « Ai-je été bien ? m’avez-vous trouvé bien ? » Exactement le genre de question qu’une prostituée pose à son client après l’opération.
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