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Colette Audry (Traducteur)
EAN : 9782070386338
311 pages
Gallimard (23/04/1993)
3.91/5   58 notes
Résumé :

Le récit dont nous proposons aujourd'hui l'édition bilingue - Le train était à l'heure - est le premier livre publié en Allemagne par Heïnrich Böll , en 1949.

Ce récit est très fortement marqué par l'impression immédiate des souvenirs de la guerre. L'histoire commence dans la gare d'une ville du pays de la Ruhr. Un soldat cherche une place dans un train de permissionnaires en partance pour le front.

Pour le soldat, C'est son de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Tout soldat qui va a la guerre va a la mort. Ceux qui n'arrivent pas a destination peuvent revenir chez eux, pas sains mais saufs. Les autres resteront pour toujours sur les champs de bataille.


Andreas, le protagoniste de ce bref mais saisissant roman d'Henirich Boll, est une jeune recrue allemande, envoye en 1943 au front de l'Est. Il prend un train empli de soldats pour la Pologne, penetre de l'idee, de la croyance certaine, qu'il n'arrivera pas jusqu'au front et qu'il mourra quelque part entre Lemberg et Czernowitz. Pendant trois jours, cet angoissant voyage va devenir une reflexion sur la vie et la mort, sur l'amour, sur le role de la religion et des consensus sociaux en des situations extremes comme l'est la guerre.


J'ai eu le sentiment que Boll tracait deux vecteurs allant en directions opposees: le soldat vers la mort, la mort vers le soldat. le point de rencontre devenant ineluctable. C'est une tragedie. Et j'ai senti la douleur, les tripes nouees du condamne a mort dans toutes les pensees et tous les dires d'Andreas. "Je ne veux pas mourir!". Plus rien ne l'importe, ni qui va gagner la guerre ni comment elle continuera a se derouler. Il n'y a plus que le temps qui s'ecoule, inexorable, et la conviction que le sursis que lui ont donne ses proches, son entourage, sa societe, est en train d'expirer. Mais il reste, comme ceux qui l'entourent, dans ce train de condamnes a mort, par un exces d'obedience conformiste et fataliste, comme si la liberte etait une chimere n'ayant jamais existe.
Il pense a ce qu'il a laisse derriere lui: manger chaud, dormir dans un lit. La banalite heureuse de la vie. Mais comment oser se rappeler ces bagatelles alors que ce qu'il devrait faire c'est prier? Et prier, ca sert a quoi, dans ce train? Quelle consolation peut apporter la priere face au destin fatal et horrible qui l'attend, qui le rejoint?


J'en viens a croire qu'il n'y a que ceux qui ont fait la guerre – et en sont revenus – qui peuvent en parler de cette facon. Comme Boll. L'horreur est dans tous les instants. Pas seulementt quand on se bat activement. Mais aussi quand on boit et devise avec des camarades, quand on chante, quand on couche avec une prostituee frontaliere, quand on monte dans un train.


Le train etait a l'heure est un court roman qui traite de l'horreur de la guerre depuis la perspective de l'echelle la plus basse des combattants: les simples soldats. Ceux qui ne savent rien des grandes strategies qui les menent d'un endroit a un autre. La seule chose qu'ils connaissent c'est la peur, l'angoisse, ou le fatalisme. Et quand ils s'en sortent, les cauchemars.
Un grand petit livre.
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Der Zug war pünktlich suivi de : Über die Brücke, Kumpel mit der langen Haar, Steh auf, steh doch auf, Damas in Odessa, Trunk in Petöcki, So ein Rummel, Abschied, Die Essenholer, Wiedersehen in der Allee, In der Finsternis, Geschäft ist geschäft, An der Angel, Kerzen für Maria, Die schwarzen Schafe"

Traduction : Colette Audry pour "Le Train Etait à l'Heure" et Mathilde Camhi pour les quatorze nouvelles


Ce recueil paru chez Gallimard dans la collection "Folio" recense les premiers textes de Böll, à commencer par le tout premier, "Der Zug war pünklitch / le Train Etait A L'Heure." le thème : en 1943, un jeune soldat allemand regagne son poste, à la frontière russo-polonaise. A peine est-il monté dans le train que s'installe en lui la certitude qu'il n'atteindra jamais sa destination finale. Comme dans un jeu morbide, il pense à des noms de villes, à des tronçons de parcours. Et tombe finalement sur la certitude qu'il mourra quelque part entre Lemberg et Czernowitz. Au fur et à mesure que le train poursuit sa route et que le principal protagoniste noue amitié avec deux compagnons de route, le lecteur se rend compte que, sauf miracle, le jeune homme est en effet en route vers son destination ultime.

Deux choses m'ont frappée dans cette histoire. La première est de peu d'importance. Simplement, André, le héros, passe beaucoup de temps à prier. Il prie d'ailleurs pour tout le monde, aussi bien pour les Juifs que pour les S. S. croisés à un arrêt du train. C'est très oecuménique et hautement chrétien et je me suis même demandé, à un certain moment, si je n'étais pas en présence d'un futur saint. Mais enfin, probablement prie-t-on avec plus d'ardeur quand on sent rôder la Faucheuse - impression qui taraude André, c'est indéniable.

La seconde remarque est plus intéressante. Avec son développement lent, ses prières aussi étonnantes que radieuses, le viol de l'un des deux compagnons d'André par un adjudant abusif, la drame personnel du sous-officier Willi qui, retour de permission, est tombé sur un Russe dans le lit de sa femme, et enfin avec l'intégralité de l'épisode se déroulant dans une maison close de Lemberg, "Le Train Etait A L'Heure" ne saurait avoir été écrit que par un Allemand.

Non en raison de l'époque à laquelle se déroule l'action, encore moins en raison de la couleur des uniformes des protagonistes, mais parce que, sous ses dehors de conte moderne s'enracinant profondément dans l'un des grands conflits mondiaux du XXème siècle, cette longue nouvelle recèle en elle, par je ne sais quel miracle, toutes les composantes du conte romantique allemand. Avec des phrases plus longues et plus ampoulées, Von Kleist aurait pu l'écrire. C'est à Goethe mais aussi aux grands romantiques allemands comme Arnim et les grands poètes de l'époque que l'on songe irrésistiblement en lisant cette histoire. Böll aurait-il un peu plus forcé sur le macabre et l'onirisme qu'on aurait pu citer aussi Hoffmann. Quoique, je le répète, à mes yeux, ce soit bien Kleist que de manière parfaitement inexplicable, rappelle "Le Train Etait A L'Heure."

C'est en lisant des textes comme celui-ci qu'on se rend compte que la sentimentalité allemande n'est pas une expression vaine, dépourvue de tout sens. Au-delà les siècles, c'est toute une nation qui vibre dans "Le Train Etait A L'Heure", une nation certes trahie par une idéologie et vaincue par la guerre qu'elle avait elle-même déclenchée mais une nation libérée, qui retrouve d'instinct les valeurs inaltérables de son passé littéraire et artistique.

Face à ce récit curieusement prenant en dépit de sa lenteur, les nouvelles qui suivent baignent comme d'habitude dans une inégalité certaine. Toutes - sauf la dernière - se déroulent soit durant la guerre, soit immédiatement après celle-ci. Böll nous décrit le quotidien de protagonistes qui, le plus souvent, vont à la dérive car ils ont perdu tous leurs points de repère. Avec un minimum de mots, il brosse des scènes réalistes comme les immondes tanières dans lesquelles les soldats attendent la relève sous les obus qui tombent ("Dans le Noir"), le transport d'une moitié de cadavre ("Corvée de Soupe"), la Mort guettant tranquillement le soldat qu'elle doit emporter tout au fond d'une allée qui n'existe que dans le rêve de ce soldat ("Rencontre dans une allée").

L'ironie reprend parfois ses droits : il faut bien survivre. Il y a l'humour désespéré de "Jadis à Odessa" et de "Boire à Petöcki", celui, presque printanier, des "Adieux" et celui, complètement noir, des "Brebis galeuses". En prime, on a le droit à un soupçon d'humour tendre avec la nouvelle "Des Cierges pour la Vierge."

Tel quel, ce recueil donne au lecteur une assez bonne approche de l'art de Heinrich Böll. Si l'on veut voir à quoi ressemble son univers, c'est un premier pas somme toute très instructif qui donne envie d'aller plus avant. ;o)
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Un livre dur, plutôt déprimant à lire, surtout en cette période grise de Toussaint. Ecrit par Heinrich Boll, juste après la guerre, c'est le récit d'un jeune soldat, persuadé qu'il mourra une fois le train arrivé à destination. On suit ses réflexions, ses regrets, ses peurs, ses prières, son étonnement d'avoir encore de l'appétit malgré tout. Il fait connaissance de deux autres soldats tourmentés par ce qu'ils ont vécu, il passe le temps en jouant aux cartes et en buvant. le livre est très bien écrit et on ne peut qu'admirer le talent de l'auteur pour écrire un roman dans un tel huis-clos avec si peu d'éléments : un voyage en train, un soldat face à sa mort prochaine. Malheureusement, le récit change d'atmosphère vers la fin et se termine de façon un peu trop mélo-dramatique après une nuit passée (chastement) dans un bordel auprès d'une prostituée qui tombe amoureuse du soldat et fait des plans d'évasion.
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Peu de souvenirs de ce roman qui m'a permis de découvrir Böll.
Il raconte l'histoire d'un soldat qui part à la guerre et qui sait qu'il va mourir. C'est un roman profondement antimilitariste et qui dénonce la passsivité du peuple allemand face à la guerre et au nazisme.
Je me souviens d'une écriture fluide et simple mais beaucoup de monologues intérieurs qui ralentissaient l'action.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
C'en est fait de l'Allemagne.Le train a quitté l"Allemagne pendant que je dormais.Il y avait quelques part une ligne,une ligne invisible au travers d'un champ ou d'un village,et c'était la frontière,et le train l'a froidement franchie et je n'ai plus été en Allemagne,et personne ne m'a réveillé pour que je puisse une fois encore ouvrir les yeux sur la nuit,et voir au moins un morceau de la nuit,et voir au moins un morceau de la nuit qui couvrait l'Allemagne.Personne ne sait que je ne verrai plus l'Allemagne,personne ne sait que je vais mourir,personne dans ce train.
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C'est à ceux qu'on aime qu'on fait le plus de mal, telle est la loi de l'amour.
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"Nous vivons d'espoir", à dit un jour Paul, comme on dirait "nous vivons à crédit". Nous n'avons aucune assurance...
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