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Pierre Léon (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070414140
Éditeur : Gallimard (20/03/2003)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 16 notes)
Résumé :
1880-1921 : un destin de poète par grande accélération de l'histoire. Monde bouleversé, société secouée de fond en comble, vies qui s'improvisent entre exaltation et ravage... Alexandre Blok est l'un de ceux qui eurent à traverser l'épreuve, éblouissante et atterrante, de la révolution. Mais, comme le souligne Pierre Léon dans sa préface, ce poète semble requis par des mutations plus radicales encore. Il «a l'oreille collée à la terre, et il écoute. Il écoute et il ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Wozniaksandy
  22 octobre 2017
Alexandre Blok aura marqué les lettres russes par sa poésie.
Des poèmes magnifiques qui vous prennent à la gorge.
Blok c'est la trajectoire d'un homme qui tente de continuer à vivre ses valeurs dans une modernité qui se révélera barbare. Un homme qui n'entend que ses chants intérieurs qui clament en lui au risque de recouvrir les bruits du monde. Fasciné par l'ouragan révolutionnaire, anéanti par la cruauté et la bêtise meurtrière, il en sortira broyé. Pris dans la tempête​ de 1917, à sa mort, il était méconnaissable. Mort de chagrin, il aura vu s'écrouler tout ce qui pour lui était beau.
Blok ne prenait pas seulement appui sur les malheurs de la Russie, il était regard, il était vision.
Il aime et hait la Russie « Cet amour qui hait » sera le pivot de son oeuvre et de sa vie.
L'univers de Blok est un univers visionnaire, il était l'homme des sons et des visions, il les liaient, les faisaient chanter, et savait entendre le bruit obscur de la chute du vieux monde et les clameurs de la révolution.​. Block fait chanter le vent et les sentiments.
Tout coule naturellement dans ses vers. Tout est aérien et suspendu. La forme l'indiffère. La poésie de Blok est étrange, obscure souvent. Il faut tendre l'oreille pour que ce flou qui coule dans ses vers vienne à vous. Tout est insaisissable, léger, car cela vient d'ailleurs, du fond de territoires d'autres mondes, d'étranges visions, de musiques irréelles.
Son ode de 1918 sur les « Douze » reste considérée comme le poème absolu de la révolution d'octobre, et sera placardée partout. il n'était pas un poète engagé, il était le passeur du monde invisible.
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naddev
  08 mars 2015
Le monde est terrible. Terriblement beau, terriblement terrifiant. Surtout quand Aleksandr Aleksandrovic Blok l'écrit. Je ne cesse de lire et relire ces poésies trop peu connues ici, malheureusement.
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Charybde2
  07 août 2017
De larges extraits richement commentés de la grande « Trilogie lyrique » (1900-1916)
Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2017/08/07/note-de-lecture-le-monde-terrible-alexandre-blok/
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Citations et extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   12 septembre 2015
Livre deuxième 1904-1908

LA VIOLETTE DE LA NUIT
Songe


Les jours incertains ont passés
Et des nuits indifférentes,
Et pourtant, je ne puis oublier
Ce que je voudrais vous conter,
Ce qui en songe m'arriva.

La ville nocturne était restée derrière moi,
Une pluie fine commençait à tomber.
Au loin, tout au bout, là-bas,
Où le ciel, las de dissimuler
Les actes et les pensées de mes concitoyens,
S'abat dans le marais,
Là-bas rougeoyait le bandeau du couchant.

En quittant la ville,
Je suivis lentement la pente
D'une rue aux maisons clairsemées,
Et mon ami m'accompagnait, je crois.
En tout cas, s'il avait marché près de moi,
Il ne dit mot tout le long du chemin.
Lui avais-je demandé de se taire
Ou était-il lui-même d'humeur mélancolique ?
Cependant, étrangers l’un à l’autre,
Nos visions étaient différentes :
Il voyait une voiture découverte,
Avec des gandins jeunes et chauves
Etreignant des femmes maquillées.
Il ne semblait pas surpris davantage
Par ces demoiselles regardant aux fenêtres,
Cachées derrière des œillets d'Inde…
Mais voilà que tout devient gris et sombre,
Comme le regard de mon compagnon,
Et d'autres désirs, certainement,
Eurent raison de lui,
Quand il disparut au coin de la rue,
Sa casquette enfoncée sur la tête,
M'abandonnant à ma solitude
(J'en fus infiniment heureux,
Car qu'y a-t-il de plus agréable au monde
Que de perdre ses meilleurs amis ?).

p.102-103

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NuitDeChineNuitDeChine   14 avril 2014
L'inconnue.

« Au-dessus des restaurants, le soir,
L’air est épais, sauvage et lourd,
Et règne sur les cris d’ivrognes
Un souffle de printemps malsain.

Au-dessus des rues poussiéreuses,
De l’ennui des villégiatures,
Luit le bretzel du boulanger,
Un enfant pleure quelque part.

Et aux barrières, chaque soir,
Le melon collé sur l’oreille,
Les hâbleurs patentés promènent
Des dames dans les fossés.

Les tolets grincent sur l’étang,
Une femme glapit au loin,
Et, dans le ciel, on voit le disque,
Blasé, stupide, grimacer.

Et chaque soir, mon seul ami
Vient se refléter dans mon verre,
Comme moi il est étourdi
Par le liquide âpre et étrange.

Tandis que les laquais somnolent
Plantés près des tables voisines,
Des ivrognes aux yeux de lapin
Proclament : « In vino veritas ! »

Et chaque soir, à l’heure dite
(Ou est-ce un songe qui me vient ?),
Une taille svelte, serrée de soie,
Paraît dans la vitre embrumée.

Et, passant entre les ivrognes,
Toujours seule, d’un pas lent,
Sentant le parfum et la brume,
Elle s’assoit près de la fenêtre.

Et les légendes d’autrefois
Imprègnent la soie élastique,
Les plumes noires de son chapeau
Et les bagues à la main étroite.

Charmé par l’étrange présence,
Au-delà de ce voile noir,
Je vois un rivage enchanté,
Je vois un lointain enchanteur.

J’ai la garde d’obscurs mystères,
Je dois veiller sur un soleil,
Et l’âpre vin a pénétré
Tous les méandres de mon âme.

Et les plumes d’autruche penchent,
Se balancent dans mon esprit,
Et ces yeux bleus, ces yeux sans fond
Sur le rivage, au loin fleurissent.

Mon âme recèle un trésor,
La clef m’en a été confiée !
Tu as raison, ivrogne, je sais :
La vérité est dans le vin. »
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   20 août 2015
Le masque de neige (1907)

Tourment


Cœur, entends-tu
Le pas léger
Derrière toi ?

Cœur, vois-tu ?
Quelqu'un te fait signe,
Un signe furtif de la main.

Est-ce toi ? Est-ce toi ?
La neige tourbillonne,
Le croissant se fige…

Est-ce toi qui descends ?
Est-ce toi qui m'emmènes ?
Toi, dont je suis épris ?

Au-dessus des neiges sans fin
Envolons-nous !
Par-delà les mers brumeuses,
Brûlons jusqu'au bout !

Oiseau du tourbillon,
Aux sombres ailes,
Donne-moi deux ailes !

Qu'avec toi, chère à mon cœur,
Dans le cercle de lune d'argent,
Mon âme se languisse !

Que les braises de l'hiver
Calcinent la croix
Lointaine et menaçante !

Que nous volions, flèches sifflantes,
Vers l'abîme des étoiles noires.
4 janvier

p.161-162
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NuitDeChineNuitDeChine   14 avril 2014
Les poètes.

Un quartier désert a poussé hors de la ville
Sur le sol mouvant d’un marais.
Là vivaient les poètes — et chacun saluait
L’autre avec un sourire hautain.

Et l’aube vainement chaque jour se levait
Au-dessus de ce triste marais :
L’habitant du quartier consacrait sa journée
Aux travaux zélés et au vin.

Une fois ivres morts, ils se juraient l’amitié,
Palabraient, acerbes et cyniques.
Au matin, ils vomissaient, puis se remettaient
Au travail ardent et obtus.

Puis, comme des chiens, ils rampaient hors des niches,
Regardaient flamboyer la mer.
Et devant chaque tresse de cheveux dorée
D’un air connaisseur se pâmaient.

Tout attendris, ils rêvaient de l’âge d’or,
Injuriant l’éditeur tous en chœur,
Et puis se lamentaient sur la petite fleur
Sur les petits nuages gris-perle…

C’est la vie des poètes. Lecteur et ami !
Peut-être crois-tu qu’elle est pire
Que tous tes efforts impuissants quotidiens
Dans ta mare petite-bourgeoise ?

Oh non, cher lecteur, non, aveugle critique,
Au moins, le poète possède
Et la tresse, et les nuages, et l’âge d’or —
Et pour toi, c’est inaccessible !…

Tu te satisfais de toi-même et de ta femme,
De ta Constitution étriquée.
Le poète, lui, a l’universelle beuverie,
Et foin de la Constitution !

Que je crève comme un chien sous une palissade,
Que la vie me piétine, tant pis —
J’ai foi : c’est Dieu qui m’a enfoui sous la neige,
La neige-bourrasque qui me baisait !
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coco4649coco4649   23 mai 2015
Dans la chambre bleue lointaine
Ton enfant repose.
Un nain sort tout doucement,
Qui vient arrêter l'horloge .

Rien ne change. À part l'étrange
Calme qui s'installe là.
Et dans ton carreau — brumeuse,
La rue paraît terrifiante.

Comme si tout n'était pas dit,
De ce qui vibre et vibre encore…
Et que le fil se dénouait,
Qui tenait compte des années.

Et, seule, blanche-ensommeillée,
Tu as traversé les pièces,
Et baissé d'une main craintive
Le store de la fenêtre bleue.

Alors, imperceptiblement,
Tu lèves le rideau du lit.
Et, obscure comme le temps,
La nuit se penche en frémissant.

Plus un bruit dans cette chambre
Au loin. Le crépuscule est bleu.
Pourquoi ? — parce que, de sa main,
Un nain retient le balancier.

4 octobre 1905

p.122-123
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Videos de Alexandre Blok (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alexandre Blok
À Anna Akhmatova, Alexandre Blok lu par Renée Elkaïm-Bollinger
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