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EAN : 9782021513202
60 pages
Seuil (09/09/2022)
3.72/5   58 notes
Résumé :
En France, le quinquennat d’Emmanuel Macron aura suffi à installer Netflix dans nos habitudes de consommateurs, au même titre qu’Amazon, Uber ou Deliveroo. Entre le patron de la plateforme et celui de l’Élysée, un même profil se dessine : ce sont deux ultralibéraux, qui n’aiment rien tant que l’innovation. Netflix est ainsi devenu le fournisseur officiel d’images de la start-up nation, le média de nos vies immatérielles et domestiquées. Nous avions une longue histoi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Oh merveilleux titre, Netflix ce vomi libéral qui gangrène notre société française par des séries et des films aliénant notre capacité de plaisir, celui de la vie et de notre terre féconde de la vie, la virtualité du numérique vampirise notre jugement de choisir, Romain Blondeau par ce manifeste acide et lucide, dénonce ce qui transpire en moi, un Netflix néolibérale, assassinant notre jeunesse par une lobotomisation d'images et des dialogues prémâchés, comme le dit l'un de ces fondateurs Reed Hastings « Notre seul concurrent dans cette industrie, c'est le sommeil », phrase brutale, d'une violence inouïe, le consommateur doit dépenser quitte à ne plus dormir, Netflix hypnotise ces téléspectateurs, Netflix drogue ces clients, Netflix est un vide absolu, son seul but et de gagner de l'argent à n'importe quel prix et sa mission est presque religieuse, sa bible c'est d'inonder la terre entière de ces compositions codifiées à l'extrême pour asservir ces humains devenus zombis, ils seront prisonniers de cette plateforme numérique, enchainés à cet écran défilant des images choisies par un algorithme machiavélique. Je suis sans pitié pour cette industrie nihilisme américaine, les États-Unis, cette terre lointaine nourricière de la vénalité déshumanisante, la jungle libérale avec ces enseignes qui submergent le monde de ces produits indigestes, ces petits soldats implantés dans le monde entier, comme Mac-Do, KFC, Dominos, Coca-Cola et je n'oublie pas Amazon !

Romain Blondeau fut journaliste à ces débuts à Transfuge, puis journaliste-pigiste dans différents journaux comme le Monde, Les Inrockuptibles, Marie-Claire et Vanity Fair, pour devenir Responsable du développement et producteur associé dans une agence de cinéma CG cinéma, produisant séries et films comme First Love, une série Blackpills (Prix meilleure série digitale Série Mania 2018) et Garçon Chiffon de Nicolas Maury (Label Cannes 2020, Nomination César du meilleur premier film), cette panoplie s'étouffe avec l'écriture d'un essai au vitriol, Netflix l'aliénation en série, prose courte sur cette plateforme de streaming américaine, une courte genèse de cette start-up, germant de la Silicon Valley en 1997 par deux cerveaux en ébullitions, Marc Randolph et Reed Hastings, leur arrivée en France, avec ce tapis rouge de nos pouvoirs publics, et sa stratégie d'aliénation, sans oublier le constat de la déroute du cinéma où Netflix devient le pourvoyeur de ce cimetière cinématographique, le désert des salles de cinéma et de leur fermeture !

Romain Blondeau prêche pour sa paroisse, le cinéma est son gagne-pain, l'exponentielle ascension de Netflix dans le monde et surtout en France, sonne le clairon de la mort certaine du cinéma traditionnel avec ces salles de projection, le couperet final sera sans nul doute la crise sanitaire de la Covid-19, dans sa gestion française, de cette perte de liberté avec ces choix liberticides politiques et idéologiques, la peur de sortir aura laissé une France dans l'impasse du numérique, celle d'Amazon, Netflix et tous ces partenaires, une France enfermée, une France dans sa prison dorée du monde libérale américain qui de ces tentacules, nous asservit à une modèle économique ultralibérale, Netflix tisse sa toile lentement avec l'appui de nos dirigeants politique, comme Macron, un président donnant en pâture la France aux hyènes du monde capitaliste, nous voici en viager, dans la nasse ultralibérale de ces entreprises du profit et de ces actionnaires, mais Romain Blondeau explore son essai sur le paradigme Netflix, son mode de fonctionnement, l'analyse perpétuelle du client, son algorithme pour happer le client et l'aimanté à son écran hypnotique, cette faiblesse du gouvernement à laisser faire cette "gangrénation" de la culture du vide pour même leur allouer des subventions publiques pour produire Français.
C'est avant tout une histoire d'affinité socioéconomique entre trois personnes, Macron, notre président par défaut, ancien banquier pour la famille Rothschild, Reed Hasting, le cofondateur de Netflix et Didier Casas, ancien élève de l'ENA, ancien directeur adjoint de Bouygues Télécom, lui ouvrant les portes d'un canal de diffusion pour conquérir la France dans un « climat politique plutôt favorable », comme l'écrit Romain Blondeau. Romain Blondeau maitrise bien l'évolution fulgurante de Netflix, ces séries à succès qu'il connait bien, travaillant dans ce milieu, pouvant les critiquer à leur juste valeurs, je ne suis pas cet expert, n'ayant pas cette plateforme numérique chez moi, je ne suis pas un adepte de Netflix et Amazon, je lutte contre ces envahisseurs américains, nous vendant leur pourriture pour mieux s'enrichir, nous sommes juste des vaches à lait qu'il faut traire de leur argent et rien d'autre, Mac Do peut continuer leur propagande publicitaire, ce n'est que de la mal bouffe et un managérial catastrophique, Netflix est ce qu'il y a de pire dans ces valeurs du monde, comment ces séries pompent l'énergie de ces clients pour leur voler leur espoir et leur liberté, ce ne sont que des voleurs de sommeil… Des nouvelles pratiques apparaissent, comme le binge watching, une orgie numériques, dévorer sa série en une seule gorgée, « un cul sec », regarder tous les épisodes en une seule fois, c'est fini l'attente de son épisode, voguer ailleurs pour d'autres activités, nous sommes devenus ogres numériques, c'est ce que Romain Blondeau dénonce par son titre Netflix l'aliénation en série. Dans son paragraphe nommé le spectateur passif, l'auteur souligne le jeu de sommeil de Netflix, au même titre que les patrons de la Silicon Valley, en citant une phrase de l'essai coécrit par Yves Marry et Florent Souillot, La guerre de l'attention, pour souligner notre aliénation passive face à l'économie e l'attention.

Il y a dans cette orgie vénale, ce paradigme de transformer le spectateur consommateur impulsif et curieux en un zombie passif qui ingurgite en un clic ces séries à la suite comme le dit si bien Romain Blondeau « vous n'avez plus qu'à regarder le train passer », cette image acide et ironique est une si cruelle vérité, c'est désormais un algorithme et des statistiques qui vont déterminer la politique vénale de Netflix, le client sera sondé pour déterminer ce qu'il veut, lui donner sa pitance quotidienne, des séries d'audience, Netflix « avance en flux tendu » avec ce refrain connu des actifs financiers « Mangeons et buvons, car demain, nous mourrons ». Tous scenarii seront passés au crible d'un filtre Netflixien, « Creator Workshop EMEA », une bible de 69 pages, c'est la culture américaine du script writing !

Romain Blondeau résume parfaitement ce que Netflix est comme nouvelle économie, celle de la vitesse et d'un capitalisme attentionnel, Netflix est une hybridation plane de tous de ce qu'elle produit, sa réalisation est bâclée, ces images sont vides, c'est une ligne plane pour aboutir aux génériques finaux, Netflix ne tente pas à nous faire réfléchir, Netflix veut juste nous rendre consommateur payeurs…

Romain Blondeau se lamente du cinéma, de ces salles vides, il a la nostalgie du cinéma créateur, semble-t-il celui-ci est déjà mort depuis longtemps, le cinéma devient un corps malade perdu dans des soins palliatifs avec la nouvelle génération numérique et cette société que va nous imposer nos dirigeants, le flux de la libéralisation mondiale, comme en ce moment avec l'énergie, le consommateur sera là pour payer les dividendes des actionnaires des grandes sociétés, l'État français brade ces concitoyens pour assouvir la soif de l'argent de certain, Netflix est le reflet sombre de notre économie libérale, l'argent doit aller au plus riche sans valeur morale, l'argent est le virus du mode actuel, le cinéma va se transformer pour se prostituer à ces plateformes numériques, j'en suis certain, c'est déjà commencer !
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J'avais découvert cette petite collection « SeuilLibelle » des éditions Seuil avec ma précédente lecture "Pour une télé libre : Contre Bolloré" de Julia Cagé. Une collection qui a pour but « d'accueillir des textes courts d'auteurs engagés creusant l'information et devançant les polémiques » créée pour « pallier l'érosion du débat publique en proposant des réponses argumentés ».
Une idée que je trouve intéressante et nécéssaire, ayant effectivement constaté (comme beaucoup) la dégradation, voire l'hystérisation, du débat publique.

Pour cet ouvrage, l'auteur Romain Blondeau, critique et journaliste, fait le choix de nous parler de la plateforme la plus célèbre du monde : Netflix.
Il nous explique comment cette entreprise, pourtant crée il y a 25 ans, a connu en l'espace de ces 10 dernières années seulement un boom absolument stupéfiant en passant d'un obscur site de location vidéos au géant écrasant à +200 millions d'abonnés.
Ce qu'on apprend grâce à l'auteur c'est qu'au début lorsque l'entreprise est passée à une offre dématerialisée et qu'ils ont commencé à produire leurs propres fictions, puisqu'il n'y avait forcément aucune attentes, leurs premières créations avaient non seulement une certaine originalité mais aussi pas mal de potentiel. Tout change lorsqu'en 2017 la série La casa de papel devient un phénomène mondial et amorce le début d'un changement radical de la plateforme. À partir du moment où ils comprennent ce qui marche et pourquoi, exit tout originalité ou même diversité de styles, dorénavant tout se ressemblera. le but étant maintenant de capter et garder l'audience. Et comme l'a cyniquement déclaré l'un des dirigeants du site « notre seul concurrent est le sommeil ». Et donc pour garder le spectateur accro à la plateforme, non content d'uniformiser le contenu d'un point de vue artistique et scénaristique (schéma narratif toujours semblable, cadrages toujours semblables), ils vont à côté de cela mettre en place différents petits éléments sournois dans le but de nous garder présents le plus longtemps possible : épisodes qui s'enchainent sans qu'il y ait besoin de cliquer sur un bouton, suggestions infinis du catalogue, possibilité de visionner le contenu en accéléré, etc. Bref, comme l'explique très bien l'auteur : du capitalisme attentionnel.
C'est assez édifiant à lire. C'est quelque chose que j'avais commencé à constater — comme beaucoup d'autres surement — mais le voir ainsi expliqué avec détails, décryptage et argumentation rend les choses encore plus frappantes.
Ce qui est également intéressant c'est que l'auteur va faire un parallèle avec Emmanuel Macron, dont le début de quinquennat coïncide exactement avec l'explosion de la plateforme en France. Un homme et une plateforme dont les valeurs néolibérales se rejoignent parfaitement.
Romain Blondeau termine avec un plaidoyer pour le cinéma, qu'il nous enjoint à ne pas délaisser ni oublier, et même à se remémorer ce qu'il nous procurait jadis.

C'est un essai très très court, 60 pages, c'est concis, précis, éclairant. Les médias, l'internet et le numérique sont des sujets qui m'intéressent énormément car je trouve que les nombreuses dérives qui en découlent (sans nier leurs avantages) sont devenus tels qu'il nous faut d'urgence réfléchir à notre utilisation, à ce qu'ils font de nous et poser un regard distancié et critique. Et fort heureusement il existe beaucoup d'auteurs pour nous aider à cela.
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Netflix et Macron sont dans un bateau... Romain Blondeau les fout tous les deux à l'eau !
Dans ce petit brûlot, l'auteur retrace l'histoire de la plateforme US, qu'il fait dialoguer, pour sa partie française, avec l'ascension d'Emmanuel Macron.

C'est peu dire que Netflix ne trouve pas grâce à ses yeux, tant il l'éparpille façon puzzle - faisant au passage une forte déclaration d'amour au cinéma, en tant que format mais surtout que lieu.
Des histoires copiées-collées qui une fois achevées ne génèrent aucun questionnement, des réalisations et montages où seule la vitesse compte, un positionnement idéologique à la sauce "en même temps", une voracité cyclopéenne, un abandon de l'audace dû à la nécessité de rendement, etc. Les charges sont nombreuses.
L'auteur s'interroge également sur les effets à long terme, tant du binge watching, que du formatage en cours. Serons-nous capable demain de supporter un plan de plus de 30 secondes ?

Romain Blondeau signe un brûlot contre Netflix certes, mais au-delà contre l'esprit "start-up nation" dont la plateforme n'est que l'émanation (la plus emblématique) dans le créneau de la fourniture d'images.
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C'est court, sûrement incomplet mais nécessaire. Dans ce bref ouvrage l'auteur nous invite à ouvrir les yeux… ou plutôt à les dévier des écrans de nos foyers.
L'uberisation de la société est en marche, l'ascension de Netflix en est le pendant vidéo-ludique et Romain Blondeau la lie très justement à l'arrivé au pouvoir (ministre puis président) d'Emmanuel Macron.
Aidé par le confinement et les institutions, la start-up géante de la Silicon Valley prend la place dans notre écosystème tel une espèce invasive.
Elle vient concurrencer notre temps de sommeil et casser notre rapports à l'imaginaire, à la projection, à la pensée.
En plus elle nous éloigne de lieux de partage et de rencontre tel que les salles de cinéma.
Après avoir présenté la création artistique à la mode Netflix (=le néant) et la connivence à son égard du néolibéralisme sans idée autre que l'accumulation de valeur, l'auteur nous déclare son amour du cinéma comme créateur de sensibilité et de réflexion, mais aussi comme lieu d'éducation et de partage.

Après cette lecture, j'ai pu m'offrir un petit temps dans mes souvenirs de salles obscures.
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Ce très court essai porte sur un phénomène de société, qui a déjà modifié en profondeur nos habitudes de vie et de consommation, et qui modèle la pensée des millenials.
En tout point cette analyse est pertinente et ultra nécessaire. Toutefois cet essai ne fait qu'aborder les problèmes sans dégager de problématique ni d'arguments forts. En quelque sorte, c'est l'introduction à une réflexion que l'auteur ne nous livre pas: est ce parce que nous devons la mener seul.es? Pas sûre.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Nous avons, planquée là, entre les heures de travail et celles consacrées à la famille, une quantité de temps disponible que cherchent à capter le patron de Netflix et ses coreligionnaires de Twitter ou Facebook. En marge d'une conférence de presse organisée en 2017 au siège de la plateforme, Reed Hastings avait résumé l'affaire par cette formule habile : « Notre seul concurrent dans cette industrie, c'est le sommeil. »
Il faut relire cette phrase pour en mesurer toute la monstruosité. Une entreprise californienne s'estime en concurrence avec notre sommeil. Notre temps diurne ne suffit plus : elle veut pénétrer nos nuits et nos inconscients. (19-20)
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Le studio ne pense rien puisque penser est une activité nécessairement sectorielle, qui lui vaudrait de perdre des parts de marché. Il est le média symptôme d'une époque qui a stigmatisé les clivages politiques et fait du commerce sa seule boussole. Une époque confusionniste, qui est la grande victoire idéologique des néo-libéraux, et dont les effets s'observent bien au-delà des seules entreprises privées de la Silicon Valley. Voyez les macronistes : ils peuvent bien faire réélire leur leader en avril à la faveur d'un front républicain tout en ouvrant les législatives à l'extrême droite en juin ; faire applaudir le personnel soignant et supprimer 5 700 lits d'hôpitaux en pleine crise sanitaire ; pleurer le désastre écologique et ratifier le traité de libre-échange CETA avec le Canada, qui aura pour conséquence d'augmenter les émissions de gaz à effet de serre ; chanter le progrès social et conditionner le RSA à un minimum d'activité. Leur logiciel est déréglé. Les idées n'y ont aucune matérialité ni conséquence. Elles flottent dans l'air, s'additionnent, se soustraient, s'annulent. Peu importe où ça pense, tant que ça fait recette. (34-35)
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On résume : une entreprise de la Silicon Valley, dont le chiffre d'affaires s'élève à 31 milliards de dollars, et qui s'adonne à l'optimisation fiscale, a donc bénéficié d'une subvention attribuée par l'institution publique en charge du cinéma français, subvention qu'aucune logique ne justifiait. C'est David qui fait la courte échelle à Goliath : un contresens historique des missions redistributives du CNC. (43)
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On connaît bien ces scènes de foules enfiévrées aux abords d’espaces commerciaux. Ce sont celles des Black Fridays au lendemain de Thanksgiving, celles des mouvements de panique devant les Apple Store, bref des scènes ordinaires de la dévoration capitaliste et d’une jeunesse qui s’oublie un peu.
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Chacun chez soi, contraints à l'enfermement, les cerveaux matraqués d'infos liées au virus, nous avons laissé Netflix entrer dans nos intimités de spectateurs, en modifier les usages, les heures, les passions. C'était plus qu'une opération industrielle pour le géant du streaming : une OPA sur les images et les imaginaires dont on n'a pas encore pris la pleine mesure. (9-10)
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