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Critique de Canaju


Canaju
  05 février 2012
A 18 ans, le narrateur perd sa mère et son frère dans un accident de voiture. 4 ans après, même cauchemar, son père meurt dans les mêmes conditions. Brusquement, il devient orphelin. le destin a décidé de s'acharner sur son sort et sa vie ressemble fâcheusement à un mauvais mélodrame. A peine 22 ans et une vie déjà foutue. Tant pis, il sera maintenant hors d'atteinte.

Puisqu'il n'a plus rien à perdre, il décide de s'offrir un billet sans retour en Californie, direction Morro Bay en hommage à la chanson Rich de Lloyd Cole. Ce voyage, il le fera avec Laure son ex petite-amie et Samuel son meilleur ami, ses pierres angulaires.
A travers ce périple américain, le trio qu'ils forment, goûtera à la délivrance éphémère du mot "oubli". Mais ce road-trip sera en réalité l'occasion pour l'auteur de faire son deuil. de multiples bulles de souvenirs vont remonter à la surface. Elles l'aideront à évacuer le bouillonnement intérieur qu'il ne cesse de refouler sous un apparent détachement.
Ce voyage, il le fait pour exorciser son chagrin, pour s'immuniser contre la douleur de la perte, pour se reconstruire, pour "rester vivant"...

Jean-Philippe Blondel fait partie de mon grand cru 2011.
J'ai été touchée par sa manière de raconter très "less is more" : simple, sans prétention, fichtrement percutante. On sent l'Humain derrière la plume, l'auteur nous offre une part de lui, il écrit avec sa tripaille. Ce style ciselé m'a touché en plein coeur.
L'émotion est bien là, avec un thème aussi dur et intime que la mort des proches, difficile d'y échapper. Mais ne vous y méprenez pas, malgré un thème "fend-le-coeur", le livre ne se veut pas tire-aux-larmes, non tout sauf ça. Se faire plaindre ? Absolument pas son truc. L'auteur, un peu comme pour conjurer son effroyable destin, reste détaché et se moque de sa situation surréaliste, c'est "trop gros" pour être vrai. L'auteur garde d'ailleurs comme fils conducteurs, le cynisme et l'humour noir. Vous pouvez donc garder votre compassion, ici elle serait de très mauvais goût.

Avec ce livre, Blondel accouche des maux par les mots.
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