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EAN : 9782072790621
208 pages
Éditeur : Gallimard (15/08/2019)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 140 notes)
Résumé :
Louis Claret est un professeur vieillissant qui habite en province. Séparé de sa femme depuis quelques années, ses filles vivant désormais des vies très différentes de ce qu'il avait imaginé, il se laisse bercer par le quotidien. C'est sans réfléchir et pour remplir une soirée bien vide qu'il se rend au vernissage d'une exposition de peintures d'Alexandre Laudin -- un ancien élève, jadis très effacé mais devenu une célébrité dans le monde artistique. il ne se figure... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  17 février 2018
Il y a des auteurs dans les livres desquels on s'engouffre comme si on rentrait chez soi, “home sweet home”, on y est bien, on retrouve ses sujets familiers, ses personnages habituels, son écriture douillet et hop c'est parti ! Jean Philippe Blondel est de ceux-là.
Toujours ravi de le retrouver; à la longue avec tout ce que j'ai lu de lui il est devenu un ami. Pour le moment un ami sans surprise, mais aucune déception.
Son dernier livre est l'histoire d'un professeur d'anglais Monsieur Claret, fin la cinquantaine, divorcé, deux filles adultes aux contactes rares et pour qui, plus rien n'a aucune importance , “Le seul ennui, au fond, c'est que rien, jamais, ne me touche plus.”. Mais jamais dire “jamais”! Son chemin va croiser celui d'un ancien élève devenu célébrité dans les arts plastiques. Au départ, bien que toujours dans son attitude “ rien ne me touche plus “, la vie va le surprendre à l'improviste !😊
“C'est une mise à nu....”, qui va enclencher un drôle de processus pour son plus grand bonheur ....... “Une mise à nu”, qui rappelle les “performances” de Marina Abramovic....”Une mise à nu”, pleine de surprises....L'aventure et la nouveauté, comme quoi sont toujours possibles, même dépassé la cinquantaine; un motto optimiste pour avancer plus léger dans la vie.
Un livre qui m'a quand même laissée un léger malaise, car l'auteur laisse planer le doute sur les conséquences de cette mise à nu physique et mental. Mais tant mieux, peut-être était-ce là le but ? le doute fait bien parti de la Vie, non ?
Un sujet original, et pas mal du tout !
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rabanne
  06 mai 2018
Mon 5ème roman de l'auteur. Une plume que je retrouve avec plaisir et simplicité, comme si je l'avais quittée la veille.
C'est le récit d'un homme, professeur d'anglais désabusé, arrivé au mitan de sa vie, dont une simple "mise à nu" artistique va non seulement révéler les failles, les fragilités et les frustrations, faire rejaillir les souvenirs, les angoisses et les regrets, mais également booster les envies, les audaces et tous les espoirs.
En miroir, il y a le cheminement plus ou moins douloureux de l'artiste, de cet ancien élève mystérieux, discret, transparent, hors du cercle, qui oscille entre rancoeur, peur et libération...
Un texte qui évoque en filigrane, avec beaucoup de justesse, l'évolution des rapports sociaux lorsque l'on prend de l'âge et que l'on remet sa vie en question (professionnels, amicaux, amoureux, familiaux), et qui dresse un touchant portrait de père, ici de Louis avec ses (grandes) filles parties du nid qui s'inquiètent pour lui.
Je n'ai eu aucune difficulté à m'engouffrer dans ce huis-clos lancinant, plus émotionnel que psychologique pour moi, grâce à la plume intimiste et introspective de Jean-Philippe Blondel.
L'issue peut paraître énigmatique, déroutante, voire décevante. À chacun d'y imprimer son propre désir...
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michemuche
  27 mai 2020
" J'ai du mal à revenir au quotidien "ça me fait quelque fois cet effet, quand une histoire me fait frissonner, m'interpelle, quand un récit te fait ouvrir " ton cagibi à souvenir ". La " mise à nu " de Jean Philippe Blondel m'a fait cet effet.
Louis Claret, professeur d'anglais rencontre lors d'un vernissage un ancien élève Alexandre Laudin. Drôle d'endroit pour une rencontre, pas vraiment car Alexandre est artiste peintre. La vie de Louis est plutôt triste, ce professeur en fin de carrière n'a plus grand chose à espérer, sa femme l'a quitté, ses deux filles sont adultes.
Quand Alexandre lui demande de poser pour une série de portraits Louis d'abord étonné par la demande va accepter l'offre de son ancien élève.
On déambule dans la vie de Louis, au hasard des rencontres, des voyages. La vie de Louis est comme une toile qui aurait perdu son éclat, des souvenirs encrassés, écrasés par les doutes, sans pouvoir gommer ou estomper les traits superficiels.
Pour mon premier roman de Jean Philippe Blondel j'ai été gâté, ce roman introspectif " la mise à nu " m'a fait rencontrer un homme qui à l'automne de sa vie se retourne pour contempler le chemin parcouru, ses choix de vie et ses erreurs.
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Eve-Yeshe
  10 mars 2018
Louis Claret est un professeur d'anglais, proche de la retraite mais toujours investi dans son travail, s'intéressant encore à ses élèves et tenant bien sa classe. Pourtant, il est désabusé et se replie sur lui. Sa femme l'a quitté et s'est mise en couple avec Gauthier ; ses filles sont adultes et ont fait leur vie sans lui, l'une ayant suivi son compagnon au Canada, et leurs relations sont distantes, rares, réduites au minimum syndical.
« On connaît si peu ses propres enfants, au fond. On connaît si peu les autres, en général. On ne fait que projeter sur eux les fantasmes qu'ils nous inspirent. » P 29
Lui, qui est plutôt du genre solitaire, voire misanthrope, décide de se rendre à l'exposition d'en de ses anciens élèves, Alexandre Laudin, devenu un peintre reconnu sur le plan international et qui a décidé d'exposer dans sa ville natale.
Alexandre lui fait une proposition « indécente » : poser pour lui, ce que Louis accepte, et peu à peu, les temps de pose étant longs, les souvenirs personnels remontent : l'enfance, les parents, les copains, son couple, et beaucoup d'autres choses encore… Au fur et à mesure que se met en place cette mise à nu, les deux hommes échangent, se livrent.
En fait, je m'imaginais cet homme renfermé sur lui-même, sans être sorti de sa ville d'origine, puisqu'il enseigne au même endroit depuis des lustres, et on découvre qu'il a voyagé, les capitales qu'il a aimées, tout ce qui l'a touché sans qu'il ne montre quoi que ce soit au niveau émotionnel. On effeuille la marguerite et les émotions, la sensibilité remontent. Il est lucide, ne se fait aucune illusion sur la vie et l'époque actuelle :
« Plus loin, une famille ou ce qu'il en reste. Les quatre membres sont collés à leur téléphone portable respectif. Les écrans se reflètent sur leurs visages. Ils ont à peine touché à leurs plats. Ils sont d'ores et déjà virtuels. » P 85
Quel personnage attachant, ce professeur ! le voir fouiller dans les cartons au fond du garages les carnets de notes et photos de classe qu'il a conservés, c'est émouvant et je me suis dire que j'aurais bien aimé qu'une de mes profs ait gardé quelque chose de moi !!!

Alexandre Laudin est un personnage complexe, déroutant, parfois même malsain, qui a gardé un bon souvenir de Louis quand il était son professeur et ses toiles sont à son image, déconcertantes elles-aussi. la relation qui se met en place entre les deux hommes est ambigüe mais captivante.
« Sur les photographies parues dans la presse, il fixait l'objectif d'un oeil dur et presque insolent. Il respirait l'argent et l'estime de soi. » P 14
Ce roman offre également une réflexion sur le temps qui passe, la manière dont peut l'utiliser ou le laisser filer, sur la famille, celle d'où l'on vient et celle qu'on a tenté de construire, et sur ce que l'on fait de nos vies en général : spectateur ou acteur...
Jean-Philippe Blondel sait très bien raconter ces atmosphères troubles, ces amitiés étranges qui peuvent se tisser entre deux êtres aux milieux complètement différents et on se laisse porter par cette histoire, ces couleurs qui sont une trame du roman et dont les noms sont les titres des différentes parties du livre, montrant ainsi la progression de cette mise à nu : anthracite, terre d'ombre, incarnat, horizon
« Un jour, j'apprendrai les couleurs, parce que, quand on maîtrise les couleurs, alors on peut chasser le noir. » P 170
J'ai bien aimé la couverture de ce roman: ce fond rouge qui fait penser à un divan de psychanalyste, le titre écrit sur une toile de peintre encadrée et l'ombre discrète, en dessous du tableau, le tout évoquant une vie qui se raconte, se dévoile peu à peu… (Le signifiant et le signifié serait tenter de dire Jacques Lacan?)
J'ai découvert cet auteur avec « Un hiver à Paris » qui m'avait bien plu et j'avais continué avec « 06h 41 » et celui-ci me semble encore plus abouti, plus fouillé encore dans l'étude des personnalités des héros. Donc un bon cru 2018 !
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nameless
  05 novembre 2019
Prof d'anglais en fin de carrière qu'il assimile à une fin de vie, divorcé, papa de deux grandes filles qui se sont envolées du nid, Louis Claret vit dans un désert social et cultive avec un soupçon d'auto-flagellation et un brin d'auto-apitoiement misanthropique une neurasthénie tenace tout en péjorant l'avenir. Plus rien ne l'intéresse, plus rien ne le touche, il pose sur le monde et ses contemporains un regard extérieur, neutre. Jusqu'au jour où il est invité à un vernissage par un ancien élève devenu un peintre côté. Après ce premier contact, une relation s'établit entre les deux hommes, le maître ayant accepté, pour une création picturale, de servir de modèle à son élève, Freud au secours ! Au fil des séances de pose entrecoupées de longues pauses, les souvenirs remontent, la nostalgie, les regrets peut-être aussi. C'est l'heure des bilans, de la mise à nu, Louis Claret se déboutonne...

La mise à nu est un roman agréable à lire, confortable, sans aspérité et dont l'univers semble d'emblée familier. Qui n'a pas en effet des souvenirs adolescents et lycéens, qui n'a pas des décennies plus tard, feuilleté des albums de photos de classe en se remémorant sa jeunesse envolée ? Qui n'a pas à un moment donné de sa vie ressenti la nécessité de faire le point ? Ces thèmes universels et passionnants servent de socle à de nombreux romans. Dans La mise à nu, l'auteur livre sa version des faits qui ne m'a malheureusement pas donné tout le plaisir escompté. Certes, Jean-Philippe Blondel crée une connivence avec le lecteur mais comme Louis, je suis restée un peu à l'extérieur du roman, posant un regard neutre sur les personnages. Louis m'est apparu comme un éternel hésitant, un homme mal latéralisé qui à chaque prise de décision, ne sait de quel côté tomber : il n'aime pas les vernissages, n'a rien à attendre de ces « pince-fesses », « le cirque culturel », mais s'y rend quand même pour des motifs de petits-fours abondants. Il a divorcé de sa femme Anne, mais continue à entretenir avec elle une relation ambiguë et ainsi de suite... Ses actes et pensées sont troubles.

Le style de l'auteur est simple, constitué de phrases courtes : « Je commence à m'inquiéter. Je laisse un message sur son téléphone fixe. Sur son portable. Je me déteste d'agir de la sorte »... Au final, je lirai d'autres romans de Jean-Philippe Blondel, car cette longue introspection, ce long papotage sur la peinture, l'enseignement ou le sens de la vie, dans l'atmosphère feutrée et languissante d'un loft branché, ou dans la torpeur d'une Vienne (Autriche) "confite dans le XIXème siècle", où les bruits du monde parviennent assourdis à des personnages nombrilo-centrés, ne m'a pas pleinement convaincue. Ce n'est que mon avis bien sûr !

Merci à Idil et Michèle qui m'ont incitée à découvrir Blondel.
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critiques presse (1)
LaCroix   25 janvier 2018
À travers l’histoire d’un portrait, Jean-Philippe Blondel revisite les décennies perdues de ses personnages.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (106) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   16 février 2018
Nous sommes dans l’une de ces cantines asiatiques qui ont fleuri ces vingt dernières années dans les zones commerciales à l’extérieur des villes.....À l’intérieur, un couple de sexagénaires........Plus loin, une famille ou ce qu’il en reste. Les quatre membres sont collés à leur téléphone portable respectif. Les écrans se reflètent sur leurs visages. Ils ont à peine touché à leurs plats. Ils sont d’ores et déjà virtuels.
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hcdahlemhcdahlem   18 janvier 2018
Je recule ma chaise de quelques centimètres. Je me frotte les yeux. le suis épuisé, tout à coup. Je relis les lignes que je viens de tracer sur ce cahier de brouillon acheté à la va-vite en revenant de chez Alexandre. le suis éberlué. Cela fait des années que je n’ai rien rédigé d’autre que des préparations de cours et des listes de tâches à effectuer. À l’adolescence, oui. Je me rappelle un ioumal intime qui n’a pas dû dépasser quelques mois et qui s’est perdu dans les déménagements. Deux ou trois nouvelles à l’inspiration vaguement fantastique au moment où je découvrais les dystopies célèbres. Un début de roman, dix ou vingt pages, et puis la certitude, rapidement, que l’histoire ne décollerait jamais et que ce n’était pas ma voie.
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Eve-YesheEve-Yeshe   11 mars 2018
« … La vraie question, c’est ; quand est-ce qu’on s’arrête, qu’on s’assied un peu pour souffler et réfléchir à qui on est vraiment et à ce qu’on souhaite au fond ? On passe notre temps à esquiver ces interrogations. On se laisse happer par l’espèce de course artificielle qu’on monte nous-mêmes de toutes pièces pour nous donner l’illusion d’appartenir à l’humanité. » P 104
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michemuchemichemuche   25 mai 2020
Les photos de classe sont les seules images que nous laissons de notre adolescence dans un milieu autre que familial ou amical. Elles sont le premier témoignage de notre socialisation - ou de son échec.
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rabannerabanne   04 mai 2018
Parfois, je me prends à rêver que le progrès s'enraye et nous rejette sur un rivage vierge, ahuris et désœuvrés. Que les pellicules redeviennent argentiques. Que les selfies s'effacent au profit de portraits lentement réalisés au crayon ou à l'huile.
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Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard pour leurs coups de cœur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du 11 octobre 2019 :
Un petit coup de jeune de Thierry Bizot aux éditions Seuil https://www.lagriffenoire.com/1009382...
Le Roi Fol de Laurent Decaux aux éditions XO https://www.lagriffenoire.com/?fond=p...
La Grande escapade de Jean-Philippe Blondel aux éditions Buchet Chastel https://www.lagriffenoire.com/1010927...
06h41 de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/21687-d...
Louise de Vilmorin de Geneviève Haroche-Bouzinac aux éditions Flammarion 9782081440166
Le rêve d'un fou de Nadine Monfils aux éditions Fleuve https://www.lagriffenoire.com/1016562...
Une minute quarante-neuf secondes de Riss aux éditions Actes Sud https://www.lagriffenoire.com/1016960...
Le lambeau de Philippe Lançon aux éditions Gallimard https://www.lagriffenoire.com/109311-...
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