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EAN : 9782070360291
220 pages
Gallimard (27/02/2002)
3.87/5   64 notes
Résumé :

Monsieur Jadis, comme Cadet Rousselle, avait trois maisons : l'une où ses enfants dormaient avec leur mère ; une autre où sa compagne dormait avec son mari ; la troisième où sa mère dormait avec son accordéon. Mais il en habitait, le plus souvent, une quatrième où tout le monde dormait avec tout le monde, car celle-ci, la seule où il disposât d'une clef, généralement pendue au tableau, était un hôtel sur le quai Voltaire, où il lui arrivait de s'enfermer... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Antoine Blondin évoque ici évoque ses souvenirs de jeunesse dans le Saint-Germain des prés des années 50 avec, pour fil d'Ariane, la fin de sa liaison avec Odile, une mélomane. de bonnes résolution en bonnes résolutions, on assiste à quelques bordées qui ne sont pas sans rappeler « Un singe en hiver » du même auteur.
Monsieur Jadis, ce sont des épisodes burlesques, comme quand on assiste à la reconstitution soi disant grandeur nature de la bataille d'Austerlitz dans un bistrot. Mais c'est aussi la description des états d'âme d'un être en perdition tiraillé entre le désir d'une vie rangée et « l'appel de la nuit » parisienne qui finit immanquablement au commissariat.
Un ouvrage qu'on pourrait penser sponsorisé par le Ministère de l'Intérieur, tant il constitue un inventaire détaillé des Commissariats de Police parisiens… Mais ou Antoine Blondin nous montre une fois encore, par le biais de réels bonheurs d'expression, l'étendue de son talent.
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Dans cet ouvrage, Antoine Blondin raconte un ensemble d'anecdotes avec pour point commun un haut degré d'alcoolémie et des soucis avec la maréchaussée.
C'est bien connu, Antoine Blondin avait le lever de coude facile. Il connaissait tous les bistrots autour du quai Voltaire. Et vivait plus souvent la nuit que le jour. du coup, ayant l'alcool festif et souvent bruyant, les policiers devaient régulièrement intervenir et embarquer Blondin, ici sous le pseudonyme de Monsieur Jadis, et ses amis. Mais c'est surtout l'autoportrait d'un homme tiraillé entre deux existences, celle de la nuit, du bruit et de l'ivresse et celle d'une vie rangée auprès d'une femme qu'il aime. L'autoportrait également d'un homme avec trois adresses, celle de sa mère, celle d'Odile sa maîtresse et celle de l'hôtel où il habite quand il n'est pas chez l'une des deux premières. Autoportrait parfois sans concession quand il raconte le Noël gâché à ses deux filles par une cuite solitaire. Ou la visite nocturne d'un ministère qui aurait pu plus mal se terminer (je ne suis pas sûr que se faire réveiller au bureau d'un ministre en pleine nuit aurait aujourd'hui si peu de conséquences).
L'ensemble est quelque peu décousu, tout en montrant l'homme avec ses contradictions (l'Espagne qui vit la nuit ne lui plaira pas, ne voulant pas faire comme les autres, il se lèvera alors tôt le matin et ne fera pas de sieste pour pouvoir se coucher tôt !). Malgré ce côté anecdotique, l'ouvrage vaut surtout pour les portraits de sa mère, une femme excentrique, charismatique et volontaire, et de Roger Nimier, autre hussard de la République des Lettres, écrivain dandy et à l'amitié solide. Sans oublier les bons mots qui font la marque de Blondin (ainsi les fumeurs de joint qui font « chanvre à part »).
Un récit inégal, se rapprochant de ses chroniques sportives, des textes courts qui feront une grande part de sa notoriété.
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A l'occasion d'une promenade récente dans Paris un samedi, je suis tombé par hasard sur une brocante installée sur les trottoirs d'un boulevard près de la porte Saint-Martin. Bibelots et bricoles habituelles jusqu'à ce que je tombe sur une pile de bouquins jetés en vrac sur une méchante couverture. Voir tous ces livres aussi mal considérés me cause toujours un choc aussi me suis-je précipité vers ces orphelins attendant qu'un bon samaritain s'intéresse à leur sort. Bien m'en a pris, car dans ce tas informe je déniche une paire de Blondin. Antoine Blondin (1922-1991) écrivain, journaliste, pilier de bistrot, une épopée faite homme. Ses articles sur le Tour de France et les matches de rugby sont dans toutes les anthologies de la littérature sportive quant à ceux sur les troisièmes mi-temps ils ne manquent pas de saveur. le livre que j'ai en main, Monsieur Jadis, est une édition de la Table Ronde de 1970 dont je n'ai pas trouvé la photo pour illustrer cet article, et qui provient d'une bibliothèque du CE d'une boite sise rue Réaumur, le cachet sur la page de garde en fait foi et la fiche de prêt est encore dans le livre. Dans ce roman, l'auteur est pris dans une rafle de police et emmené au poste pour un contrôle d'identité, l'occasion d'utiliser le dédoublement de la personnalité, pour nous narrer sous le nom de Monsieur Jadis ses souvenirs d'autres commissariats et de rencontres hautes en couleurs, telles qu'on en fait quand on vit une vie de noctambule. Un écrivain stylé, une langue fluide et pleine d'humour, une culture certaine mais sans ostentation. Certains passages rappellent les dialogues d'Un singe en hiver avec Gabin et Belmondo, vous vous souvenez du film, et c'est bien naturel puisque c'est lui qui avait écrit ce roman. Un très bon livre à lire en dégustant les mots comme on retient quelques instants dans sa gorge une goulée de bon vin. A lire sans modération.
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SYNOPSIS
L'auteur se met en scène dans le PSG des années 50. Mr Jadis est un homme à la dérive, déchiré entre ses bonnes résolutions et les sollicitations des nuits parisiennes.
Ce que j'ai aimé
La plume d'A Blondin est formidable de légèreté, d'humour à demi-mot, et d'une certaine truculence. Les mots sont égrenés, et se rassemblent avec un bonheur jubilatoire. Les personnages (certains, connus) revendiquent le droit à la fantaisie. J'ai lu une critique qui évoquait judicieusement M Kundera dans « l'insoutenable légèreté de l'être ». Il y retrouve cette philosophie de la vie.
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Arrêté dans une rafle de police, Antoine Blondin, "ce jeune homme dont l'enveloppe s'est usée", attend, "Monsieur Jadis" , le jeune homme qu'il a été. Il égrène ses souvenirs, s'aperçoit qu'il n'a rien oublié, qu'il ne changerait aucunement sa façon de vivre et qu'il appartient toujours à la caste des hussards dont Roger Nimier faisait partie.
Ce sot des portraits de ses amis, le récit de grosses blagues d'étudiants, de noctambules et de piliers de commissariat que l'auteur nous propose. C'est aussi l'amitié de tout : des lieux, des choses et des gens qu'il veut répandre dans cette sorte de rêverie. C'est une confession bouleversante d'un enfant du demi-siècle, écrite avec drôlerie et tendresse.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
Monsieur Jadis souriait dans le vide, le vide d'un bar à cinq heures en été, s'il fait beau. Il écrivait à Roger Nimier :
" ... Comme tu la connais (Odile), elle ne cessait de me tarabuster pour que je l'accompagne sur la plage, où j'avais réussi à ne pas m'aventurer depuis notre retour d'Espagne. Elle y passe de longues heures inertes et je ne vois guère en quoi je pourrais émarger à ce coma solaire qu'elle exige de me faire partager, insistant pour que j'expose mon petit corps à côté du sien, parfois jusque dans les vagues, autant dire au danger. Ce n'est pas que l'Océan me répugne, mais point trop n'en faut : une lame me fait quinze jours.
Ce caprice apparent, qui tourne chez elle à l'obsession, recouvre le ferme propos de me distraire du "Royalty" où j'ai délibérément établi mes quartiers d'été, du jour où j'ai su distinguer un "dry" d'un "gin-fizz". Albert, non Vidalie mais ce barman méthodique qui est le Descartes du shaker, manie cet ustensile dans la pénombre avec la rigueur d'un pendule. Elle ne veut pas comprendre que je vis là des journées confiantes et préservées, que si-je-n'en-fais-jamais-d'autres, du moins je ne fais rien de mal ; elle a peur que je me noircisse pendant qu'elle se brunit.
Certes à Biarritz, comme partout, l'alcool tue lentement. Mais l'eau, c'est bien connu, tue beaucoup plus vite qu'ailleurs. Il y a quelques années, une famille hollandaise qui s'était déchaussée a été engloutie sans laisser de trace.
p 609-610 Edition Bouquins "Oeuvres"
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1er paragraphe
Longtemps j'ai cru que je m'appelais Blondin, mon nom véritable est Jadis. C'est celui que je viens de donner au brigadier penché sur la main courante de ce commissariat dont je ne soupçonnais pas l'existence. Il occupe un long rez-de-chaussée aux vitres dépolies, pareilles à celles d'une succursale de banque, une banque de dépôt naturellement, encombrée de guichetiers patibulaires et de gardiens casqués sur les fesses, à tout hasard. On a dû l'inaugurer pour les besoins de la cause entre les Evénements d'Algérie et les Evénements de Mai. Que d'événements depuis la dernière fois où je me suis retrouvé dans la cage grillagée. Ici, où l'on enferme "jeune" dirait un dépliant publicitaire, le changement de propriétaire s'est fait sentir ; le Crésyl historique a chassé les remugles traditionnels d'urine et de picrate. J'ai brusquement été sensible à cette évidence que de nombreux cars de police étaient désormais gris, comme nos cheveux. Il me revient que nous avons un peu vieilli ensemble.
p 555 "Oeuvres" d'Antoine Blondin en Bouquins inscrites dans Babelio sous le titre "L'Europe Buissonnière")
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Je me rappelais par un juste retour, la matinée où Albert et moi avions confondu un antiquaire avec un bistrot et exigé qu’on nous servît des ballons de rouge sur un guéridon en Coromandel. Cette fois-ci non plus je n’irai pas au journal. Je devais me laisser aspirer sans secousses par ce fier objectif d’un dîner avec Odile, me confire en alerte pieuse ; cet après-midi, je dormirai.
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Souvent, je me surprends dans une glace ; ce que j'y vois m'intrigue. Voilà que je ne me ressemble plus du tout. A peine ai-je l'air d'un fragment de moi-même et, sur mon visage, on déchiffre mal le résumé des chapitres précédents. Il n'est pas possible que les autres ne voient que cette image en rupture avec ce qu'elle recouvre, qu'ils ne pressentent pas ce qu'il y a derrière. Ces cheveux clairsemés, cette bouche démeublée, ces yeux qui peinent à accommoder sont un déguisement. L'être qu'il cache n'est autre que le jeune homme que j'étais, que je demeure. Entendons-nous : pas question de devenir un de ces vieux messieurs qui ont gardé le coeur jeune, je suis ce jeune homme dont l'enveloppe s'est usée.
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Quand nous serons bien vieux et bien milliardaires, dit Roger Nimier, nous réveillonnerons sur un banc, au pied de nos hôtels particuliers de l'avenue Foch, d'une gamelle de nouilles arrosées d'un Dom Pérignon qui aille avec. Nos mères, qui sont immortelles, viendront nous faire de la musique dans le froid; la tienne jouera de l'accordéon, la mienne du violon. Et il n'est pas impossible que nous soyons heureux ...
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Videos de Antoine Blondin (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine Blondin
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Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2642256/marc-dambre-generation-hussards-nimier-blondin-laurent-histoire-d-une-rebellion-en-litterature
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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