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ISBN : 207013833X
Éditeur : Gallimard (02/09/2012)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Nathan est un lycéen français vivant dans une banlieue confortable, choyé par son père, aimé par une jolie Manon. Mais pris au piège entre l'ennui du quotidien et la peur de l'inconnu. Il se réfugie dans le monde virtuel de ses jeux vidéo et celui, plus dangereux, du jeu du foulard, du « rêve indien » : pour retrouver les visions qu'il aime, il s'étrangle, il se pend.
Goma est un enfant des rues du Caire. Il a grandi dans un quartier misérable et surpeuplé e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Tempuslegendae
  14 décembre 2013
«Rêveurs» est l'histoire des destins croisés de Nathan et de Goma, l'un issu de la banlieue, l'autre du Caire.
Ce roman d'Alain BLOTTIERE joue vraiment sur deux univers. L'auteur met d'abord en scène Nathan, un adolescent blond dont la mère est morte dans un accident de voiture, et à qui son père verse quelques euros d'argent de poche par semaine.
Dans une banlieue parisienne au parfum agréable, il traîne avec Nico, Raph, Justine et Manon. Tous écoutent de la musique de leur âge, échangent sur les réseaux sociaux ou grâce à leur iPhone. Garçons et filles se livrent à de dangereux rituels, cherchent à visiter «l'autre rive», à «caresser la mort», avant de revenir à leur «rêve indien». Ce que d'autres auraient pu nommer à une certaine époque «le jeu du foulard».
Fasciné par «l'univers décalé des songes, où les sens se déréglaient en une apothéose», Nathan traverse une période de trouble. Il passe son temps à faire l'amour avec la sulfureuse Manon et a du mal à contenir le désir qu'il suscite chez Raph. Sans parler de ce qu'il ressent pour la créature rousse croisée à la piscine de son quartier… L'autre figure de l'histoire se nomme Goma. Il s'agit d'un jeune brun qui habite au Caire, sur les hauteurs de Dar el-Salam. Lui est orphelin, son père est tombé accidentellement du sixième étage d'un immeuble en construction. Mais, sa mère n'a pas voulu de lui, préférant se remarier et faire table rase sur un passé de misère. Désormais, Goma traîne dans les rues de la capitale égyptienne avec son copain Ragab, vendeur ambulant à la petite semaine; ils rêvent tous deux d'un autre monde
Au Caire, c'est le temps des émeutes, des hostilités envers «le commandant suprême des hommes en noir, Hosni Moubarak». Les policiers sont sur les dents, ils tirent des projectiles en caoutchouc et des gaz en direction des opposants au régime, les arrêtent.
Alain BLOTTIERE n'a aucun mal à alterner habilement deux univers et deux réalités. Les destins de Nathan et de Goma finiront par se croiser; ces deux- là se trouveront comme deux jumeaux qui s'ignorent et que le Nil réunit dans son cours. Á la fois poétique et réaliste, ce roman de BLOTTIERE a le don de nous envoûter durablement. C'est un livre que je conseille sans la moindre hésitation.
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Sando
  02 octobre 2012
Simon et Goma sont deux rêveurs, certes, mais d'une nature bien différente… le premier, jeune bobo parisien d'une quinzaine d'années, est adepte de ce qu'on appelle « le jeu du foulard », ou encore « le rêve indien ». Avec ses amis, il se réunit à l'abri des regards, afin de s'aider à perdre connaissance au moyen de la strangulation ou de l'hyperventilation. Cette pratique provoque une réaction d'alerte du cerveau, qui déclenche alors une sorte d'éblouissement, d'extase pour l'esprit et crée une vision euphorique. Mais très vite, Simon développe une dépendance à cette réaction extrême, qui lui permet de retrouver des sensations et des souvenirs enfouis et de fuir l'ennui que lui procure la réalité. Mais lorsque ses amis prennent conscience du danger de ce « jeu » et décident d'y mettre fin, Simon n'a plus qu'une idée en tête : trouver un moyen de répondre seul à son besoin… Goma, quant à lui, est un jeune orphelin égyptien, vivant dans les bas-fonds du Caire et qui ne rêve que d'une chose : quitter la misère de son pays pour la richesse et la beauté de la France. A tout juste quinze ans, le jeune garçon a déjà connu le supplice de la faim, la violence au quotidien, l'injustice des policiers et le contact avec la mort. Mais cet adolescent plein de vie et de hargne, porté par le mouvement révolutionnaire qui soulève l'Egypte, est prêt à tout pour s'extraire de ce monde impitoyable dans lequel il est né… Un gros coup de coeur pour ce roman dramatique mais incroyablement fort ! Alain Blottière dépeint avec brio l'univers de ces deux adolescents en souffrance qui flirtent tous les jours avec la mort, l'un volontairement, l'autre parce qu'il est né au mauvais endroit au mauvais moment. Deux enfants que tout oppose et que le hasard de la vie va réunir, dans un moment d'une plénitude absolue, éloignée de leur quotidien torturé et oppressant. Un texte remarquable, au-dessus duquel plane une tension permanente, qui saisit le lecteur jusqu'à la fin. Par ailleurs, le système narratif qui fait passer de l'un à l'autre par un simple saut de paragraphe, sans modification de la ponctuation et donc en restant dans la même phrase, contribue grandement à relier les deux histoires, de manière fluide, tout au long du récit. Un roman sombre donc, mais véritablement passionnant, qui saisit le lecteur pour ne plus le lâcher ! A découvrir !
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Osianya
  09 juin 2013
La rentrée littéraire de 2012 a vu paraitre bon nombre de romans et, parmi cette production, le septième roman d'Alain Blottière. Pour Rêveurs, l'écrivain se penche une fois de plus sur le golfe Méditerranéen et, plus précisément, sur l'Égypte, qu'il traite depuis L'Oasis, paru en 1992. Rêveurs dévoile le quotidien de deux adolescents que tout semble opposer. L'un, Nathan, est parisien et pratique le jeu du foulard, jeu dangereux consistant à se pendre quelques secondes et ayant pour but de s'enfuir de la réalité et de ressentir des émotions nouvelles. L'autre, Goma, est cairote, se trouve en pleine révolution arabe, place Tahrir, et ne rêve que d'une chose, que son quotidien change. Envie de changement, marre de cette réalité, voici la seule chose qui semble rapprocher les deux garçons qui pourtant semblent se compléter. D'ailleurs, Alain Blottière utilise un procédé d'écriture qui fait sentir très tôt au lecteur que ces deux garçons se complètent. En effet, un personnage commence un paragraphe et, au beau milieu d'une phrase, laisse place à l'autre personnage après un saut de ligne.
Avant même la rencontre des deux adolescents, le lecteur sent ainsi qu'ils se complètent, que leurs aspirations sont semblables. Nathan a beau avoir un père aimant et une petite amie qui s'inquiète pour lui, il n'est pas satisfait de la réalité. Il préfère jouer à Serious Sam, un jeu vidéo d'action qui prend place en pleine Égypte antique envahie par des morts vivants, ou même, ne plus respirer pendant quelques secondes en jouant au «jeu du foulard», avec ou sans ses amis, pour se permettre quelques hallucinations. Goma, de son côté, est horrifié par les événements du Caire, il aimerait aller vivre en Europe, là où il ne se ferait pas maltraiter par la police en subissant des coups ou même des emprisonnements arbitraire. La rencontre, point central du roman, se déroule par hasard, dans la discrétion et permet à Nathan de se détacher de sa vie, des contraintes qu'il a pu s'imposer et de profiter de ce moment de partage avec Goma en plongeant dans le Nil, un fleuve, alors que la propreté lui tient à coeur.
Dans ce roman, on peut ressentir la volonté de l'auteur de décrire la révolution égyptienne, une révolution dans un pays qu'il connait bien, de par ses écrits, et qui a tout changé. On ressent également son souhait d'écrire du point de vue d'un orphelin adolescent qui a grandit dans une Egypte qui ne laisse pas la chance aux pauvres, une Égypte gouvernée par la police.
Ce livre est a placer entre les mains de lycéens car le style est simple et facile à lire, ou encore dans celles de parents qui souhaiteraient savoir ce qui peut se passer dans la tête de leurs enfants. Les lecteurs qui ont apprécié Rue des Voleurs de Mathias Enard, livre qui est également
paru lors de cette même rentrée littéraire, apprécieront sans doute Rêveurs aux thèmes similaires, et dont l'arrière-­plan est une des révolutions qui a parcouru le monde arabe.
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michelekastner
  17 novembre 2012
Nathan est un adolescent fragile, hanté par l'image et les souvenirs de sa mère trop tôt disparue. Il vit à Paris entouré par son père attentionné, l'amie aimante de celui-ci et sa douce, mais inquiète copine. Inquiète à juste titre, parce qu'elle sait que Nathan s'adonne au jeu du foulard, le rêve indien qui l'emporte vers un monde enchanté et nouveau, loin de ce quotidien terne qu'il fuit également dans de longues heures qu'il consacre à son jeu vidéo préféré : la guerre en Egypte en 2200.
Goma est son double qui vit dans la rue, au Caire. Il est confronté à la vraie guerre entre manifestants et forces de l'ordre et séjourne dans les sinistres geôles du roi des voleurs. La violence répressive est quotidienne , les balles éborgnent, tuent, les gaz asphyxient, parfois jusqu'à la mort. Yacine, son ami est fauché volontairement sous ses yeux et disparaît sans sépulture.
Quel rapport entre le gosse riche, mal dans sa peau, qui ne sait pas vivre dans le réel et le gosse des rues confronté à la réalité brûlante et révoltante ? La recherche de la liberté, d'un peu de douceur, une échappatoire vers un monde meilleur.
Une écriture qui bouscule et interroge au service d'un très beau roman d'actualité qui méritait un prix.
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thomas141
  07 septembre 2012
Nouveau roman d'Alain Blottière, Rêveurs nous plonge dans l'histoire de deux jeunes garçons que tout oppose: le premier, Nathan, est un parisien aisé qui n'accepte pas la réalité et se réfugie tour à tour dans les jeux vidéos et dans le jeu du foulard; le second, Goma, est un enfant des rues du Caire où il vit du ramassage de carton.
Deux destinées a priori différentes mais qui sont en fait fortement liées. Raph et Yacine, amis respectifs des jeunes gens sont similaires en bien des points. Deux misères différentes: celle de l'âme et celle physique. Alain Blottière nous transporte dans ces deux mondes et utilise un système narratif assez original, changeant de protagoniste dans une même phrase, prolongée dans le paragraphe suivant. On se laisse littéralement happer par le récit qui nous fait découvrir la révolution égyptienne vue par un jeune démuni qui est certainement le récit le plus réussi de ce roman. On s'attache moins à Nathan, ce qui semble être voulu, jeune homme froid et distant qui cache sa souffrance en jouant au rêve indien, terrible jeu qui peut causer la mort.
Dans l'ensemble, j'ai passé un excellent moment à lire cet ouvrage de ces deux rêveurs qui cherchent une autre vie. le premier, Nathan, qui cherche à fuir le réel et le second, Goma, qui rêve à fuir l'Égypte pour la France.
Lien : http://prat-books.blogspot.f..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   17 novembre 2012
Au café d'Ayman, on a enfin compris qu'il n'y avait jamais eu de révolution. Celui qu'on prenait pour le roi des voleurs et des criminels n'était qu'une marionnette manoeuvrée par des hommes en uniformes chamarrés. Et ceux-ci ne songeaient qu'à garder leurs privilèges, leur argent américain, leurs fermes et leurs usines, leurs écoles privées, leurs hôpitaux privés, leurs clubs avec restaurant et piscine privés, leurs mille autres passe-droits et avantages. Ils ne partiraient jamais. Ils pouvaient trimballer leur marionnette au tribunal, et pourquoi pas le pendre, ils pouvaient organiser des élections, promettre la liberté. Mais dans le café d'Ayman, tout le monde était d'accord : quand les galonnés faisaient des discours, le mensonge se lisait sur leurs trognes de vieilles brutes. Ils ne partiraient jamais.
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ZalvecZalvec   18 novembre 2015
... il fallait savoir aussi qu'à la différence des mâles inoffensifs seules les femelles plantaient leur dard pour vous injecter leur venin et qu'ensuite, châtiment mérité, elles en mouraient.
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michelekastnermichelekastner   17 novembre 2012
L'alcool, tout comme le joint de weed ou de shit, avait caci de dangereux qu'il flattait le réel, le rendait acceptable et même appétissant. C'était une sorte de filtre magique qui retenait l'obscur, le triste, le douloureux, pour ne laisser passer que l'illusion d'un bien-être. En cela non seulement il était trompeur mais, outre qu'il dégradait l'apparence du corps et pouvait facilement rendre malade, il ouvrait grandes les vannes d'une sympathie niaise pour un réel d'une nulliité sans bornes, voire franchement rebutant. Vivre avec lui revenait au fond à se trahir, à capituler, à collaborer avec le mal. Cette soumission était aux antipodes du rêve indien, où s'inventait un nouveau monde, et Nathan n'était pas près d'échanger les deux dérèglements.
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michelekastnermichelekastner   17 novembre 2012
Il a pensé qu'une fois privé de cette faculté de rêve éveillé dans l'infini d'un autre monde, l'être humain était déjà mort. Déjà pris dans les fils de la toile d'araignée, prisonnier de la mort qu'il voyait s'approcher, inéluctable, et qu'il tentait d'oublier aussi vainement que se débat une mouche entravée, en usant d'artifices dérisoires, tragiques et siouvent douloureux come l'amour, le sexe, l'argent, le dernier modèle de toutes les marchandises et bien d'autres inopérants sauf la foi, peut-être, cette folie en guise de narcotique face à la réalité morbide, cet espoir dément, qu'il n'avait pas, d'un éden au-delà de la mort qui serait la vraie vie.
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michelekastnermichelekastner   17 novembre 2012
Goma ne l'écoutait plus. Il connaissait déjà cette histoire. La seule nouveauté, c'était que des docteurs aussi, pas seulement des flics, vendaient des mourants en morceaux. Ils devaient habiter dans ces villes de rêve des publicités, posées dans le désert et inaccessibles au commun des mortels, où chaque maison était un château, ils devaient rouler en trombe dans des voitures aussi grosses que celles des généraux. pour la première fois de sa vie, une odeur lui donnait envie de vomir.
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