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EAN : 9782264005595
Éditeur : 10-18 (01/01/1983)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 46 notes)
Résumé :

Incendiaire volontaire qui brûle pour la littérature, ne rendant de compte à personne sinon à un Dieu terriblement absent, Léon Bloy a mis tout son furieux génie dans ces trente contes ; implacables et hilarantes nouvelles où l'horreur se conjugue au familier, et où, sans jamais se départir d'une distinction grammaticale, il nous fait douter de son sérieux jusqu'au moment de l'explosion. Cet enragé, r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Wendat69
  22 septembre 2018
On ne peut que regretter que Léon Bloy soit un auteur méconnu. Il est rarement donné à lire de tels élans fustigeant la médiocrité et la bassesse humaine, de telles envolées acerbes, abattant tout adversaire par un trait aussi efficace qu'un carreau d'arbalète, tiré, non pas comme la flèche du Parthe, en reculant, mais bien en avançant frontalement contre ce qui paraîtrait la terre entière. Dans ces histoires désobligeantes, Léon Bloy dévoile sublimement les turpitudes de ses contemporains et toutes les hypocrisies de son siècle, maniant la langue comme une épée à deux mains plutôt qu'une dague, il abat les tièdes, les libidineux et toute la clique humaine qui se complaît dans la fange, qui accumule les péchés capitaux comme on cueille des dividendes. Lire Bloy laisse un certain goût, une certaine amertume sur le palais, ou plutôt non, une acidité, mais on est électrisé par la lumineuse clairvoyance de cet homme et par son talent, sa facilité à trouver le mot juste, le trait d'esprit qui "met au tas" aussi sûrement qu'un coup de corne donné par un bison, un bison européen -l'animal existe!
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Tibere
  12 juin 2012
Bloy sait manier l'art des nouvelles, ce livre n'en est que l'illustration de son talent pour les chutes redoutables, le style incisif, véhément et enfin son talent pour détruire les fondations même de la société bourgeoise de la fin du XIXe siècle, celle dont l'influence est toujours aussi forte de nos jours… Contrairement à certains de ses romans (le Désespéré), on rit beaucoup dans ce petit livre. Bloy montre les malheurs de notre société à travers le rire et le sarcasme. Certes, l'optimisme n'est pas réellement de mise ici, certaines des nouvelles du recueil sont très noires (« Tout ce que tu voudras ! » « Jocaste sur le Trottoir ») et le style littéraire de Bloy est très recherché et demande une certaine culture générale, voir religieuse et un dictionnaire à côté. Mais il faut au moins lire une de ses nouvelles, ne serais-ce que pour goûter à sa prose si particulière !
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helhiv
  09 mai 2016
J'avais peur de Léon Bloy à cause de sa conversion du socialisme révolutionnaire vers le christianisme réactionnaire sous la coupe de Barbey d'Aurevilly. Grosse erreur de ma part. L'écriture de Léon Bloy n'a rien de celle d'un bigot et son style, exigeant, est riche et flamboyant. On sent le type prêt à taper sur tout le monde au mépris des conséquences.
Ces Histoires désobligeantes sont souvent tragiques et Léon Bloy nous les raconte avec une plume de glace d'où perle de l'acide et de l'humour noir. Sa technique est de nous peindre un tableau anodin de la bourgeoisie de la fin du XIXe siècle, avant de pointer l'horreur d'un détail en deux phrases bien senties. Les chutes sont de celles qu'on expérimente (qu'une seule fois) du haut du Preikestolen, c'est à dire d'une extrême brutalité. Mais les histoires importent peu, et ont d'ailleurs beaucoup vieilli ; il reste la manière fantastique de les raconter. Je comprends enfin pourquoi Pierre Desproges appelait de ses voeux l'avènement d'un nouveau Léon Bloy à la fin du siècle dernier !
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cloduk
  22 mars 2020
Un recueil de nouvelles publié dans le Gil Blas par Léon Bloy et dont la réédition il y a quelques années fut des plus bienvenues pour nous rendre compte du talent de cet illuminé génial . Sophistication de l'écriture et recherche de mots rares, termes techniques de métiers disparus appliqués à des caractères de personnages hors- normes, Bloy m'a constamment surpris . Et dans une grande variété d'inspiration , on passe du drôlissime ( "le parloir des tarentules "-" le soupçon" ) à l'abominable ( le bluffant " Jocaste sur le trottoir ", sans doute une des plus terribles nouvelles de toute la littérature française ) . A découvrir .
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critiques presse (1)
Liberation   03 avril 2017
Une extrême richesse de vocabulaire, à la hauteur de la violence mise en jeu, est sans cesse déployée pour s’en prendre par-dessus tout aux gens comme il faut.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
TibereTibere   16 septembre 2012
J'ouvre ici une parenthèse, complètement inutile d'ailleurs, pour déclarer que le téléphone est une de mes haines.
Je prétends qu'il est immoral de se parler de si loin, et que l'instrument susdit est une mécanique infernale.
Il est bien entendu que je ne puis alléguer aucune preuve de l'origine ténébreuse de cet allonge-voix, et que je suis incapable de documenter mon affirmation. Mais j'en appelle aux gens de bonne foi et d'esprit ferme qui en ont usé.
Le bruissement de larve qui précède l'entretien n'est-il pas comme un avertissement qu'on va pénétrer dans quelque confins réservé où la terreur, peut-être, surrabonde... si on savait ?
Et l'horrible déformation des sons humains qu'on croirait étirés sous un laminoir, qui ont l'air de n'arriver à l'oreille qu'à force de se distendre monstrueusement, n'est-elle pas aussi quelque chose d'un peu panique ?
Il y a peu de jours, un vieux garçon de bains scientifiques, appointé spécialement pour le massage des découvertes utiles, au hammam d'un puissant journal, célébrait la gloire d'une usine anglaise qui venait d'exterminer l'Ecriture.
Il paraît qu'une lumineuse machine va destituer la main des hommes qui n'auront plus du tout besoin d'écrire, et le fantoche invitait naturellement plusieurs peuples à se réjouir d'un tel progrès.
J'imagine que le téléphone est un attentat plus grave, puisqu'il avilit la Parole même.
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TibereTibere   02 juin 2012
On racontait aussi l’histoire, devenue fameuse, d’une soupe fantastique trempée régulièrement le dimanche soir et qui devait le nourrir toute la semaine. Pour ne pas brûler de charbon, il la mangeait froide six jours de suite.

Dès le mardi, naturellement, cette substance alimentaire devenait fétide. Alors, avec les révérencieuses façons d’un prêtre qui ouvre le tabernacle, il prenait, dans une petite armoire scellée au mur et qui devait contenir d’étranges papiers, une bouteille de très vieux rhum vraisemblablement recueillie dans quelque naufrage.

Il en versait des gouttes rares dans un verre minuscule et se fortifiait à l’espoir de les déguster aussitôt après avoir englouti son cataplasme. L’opération terminée :

― Maintenant que tu as mangé ta soupe, disait-il, tu n’auras pas ton petit verre de rhum !

Et déloyalement, il reversait dans la bouteille le précieux liquide. Recommandable finesse qui réussissait toujours, depuis trente ou quarante ans.
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EmniaEmnia   23 janvier 2016
Hier matin, passant sur Saint-Honoré, j'aperçus un homme vénérable qui descendait les marches de Saint-Roch. C'était un si doux vieillard qu'il répandait comme de la tiédeur à l'entour de lui. On avait, en le regardant, la sensation de manger de la moelle de veau. Ses modestes mains déversaient toutes les clémences disponibles et son menu pas lui donnait l'air d'un bonhomme en sucre qui marcherait sur des entrailles de lapin.

"Le torchon brûle!"
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EmniaEmnia   22 janvier 2016
Son fonds, c'était d'être chaste, et surtout de le paraître. Chaste comme un clou, comme un sécateur, comme un hareng saur ! Ses acolytes le proclamaient immarescible et ineffeuillable, non moins albe et lactescent que le nitide manteau des anges.
Oserais-je le dire ? Il regardait les femmes comme du caca et le comble de la démence eût été de l'inciter à des gaillardises. D'une manière générale, il désapprouvait le rapprochement des sexes et toute parole évocatrice d'amour lui semblait une agression personnelle.
Il était si chaste qu'il eût condamné la jupe des zouaves.

"Une idée médiocre"
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TibereTibere   11 juin 2012
Car les pauvres ne possèdent même pas leur carcasse, et quand ils gisent dans les hôpitaux, après que leur âme désespérée s’est enfuie, leurs pitoyables et précieux corps promis à l’éternelle résurrection, — ô douloureux Christ ! — on les emporte sans croix ni oraison, loin de vos églises et de vos autels, loin de ces beaux vitraux consolants où vos amis sont représentés, pour servir, comme des charognes d’animaux immondes, aux expérimentations des charcutiers ou des faiseurs de poussière…
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Videos de Léon Bloy (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léon Bloy
http://le-semaphore.blogspot.fr/2015/.... Le 29 novembre 2015 - pour l'émission “Les Racines du ciel” (diffusée tous les dimanches sur France Culture) -, Leili Anvar s'entretenait avec François Angelier, producteur de “Mauvais genres” à France Culture, chroniqueur au Monde, auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels on peut citer le “Dictionnaire Jules Verne” (Pygmalion, 2006) et le “Dictionnaire des voyageurs et explorateurs occidentaux” (Pygmalion, 2011). Il vient de publier “Bloy ou la fureur du juste” (Points, 2015), essai dans lequel il revient sur la trajectoire de Léon Bloy, qui ne cessa, entre la défaite de 1870 et la Première Guerre mondiale, de clamer la gloire du Christ pauvre et de harceler sans trêve la médiocrité convenue de la société bourgeoise, ses élites et sa culture. Catholique absolu, disciple de Barbey d'Aurevilly, frère spirituel d'Hello et de Huysmans, dévot de la Notre-Dame en larmes apparue à La Salette, hanté par la Fin des temps et l'avènement de l'Esprit saint, Léon Bloy, écrivain et pamphlétaire, théologien de l'histoire, fut un paria des Lettres, un « mystique de la douleur » et le plus furieux invocateur de la justice au coeur d'une époque dont il dénonça la misère sociale, l'hypocrisie bien-pensante et l'antisémitisme. Bloy ou le feu roulant de la charité, une voix plus que présente - nécessaire. Photographie : François Angelier - Photo : C. Abramowitz / Radio France. François Angelier est aussi l'auteur de l'essai intitulé “Léon devant les canons” qui introduit “Dans les ténèbres”, livre écrit par Léon Bloy au soir de sa vie et réédité par Jérôme Millon éditeur.
Invité : François Angelier, producteur de l’émission « Mauvais Genres » à France Culture, spécialiste de littérature populaire
Thèmes : Idées| Religion| Leili Anvar| Catholicisme| Mystique| Douleur| Littérature| François Angelier| Léon Bloy
Source : France Culture
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