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EAN : 9782070416226
256 pages
Éditeur : Gallimard (04/04/2001)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Ce 8 juin 1942, Berg s'en va à l'école communale de la rue du Moulin-des-Prés à Paris. Il a onze ans. Sur le chemin, rue de la Butte-aux-Cailles, il s'arrête à l'épicerie tenue par les parents de Beck. Ensemble ils ont l'habitude de faire le trajet de l'école, une étoile jaune cousue sur leur veste. Cinq semaines plus tard, les policiers conduisent la famille Beck au Vel d'Hiv. "Pour Henri Beck, il n'y a plus eu de r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
isanne
  11 mai 2020
Berg et Beck sont deux garçons du même âge, qui fréquentent la même école, la même classe et sont tous les deux juifs. le livre débute au moment où le régime de Vichy oblige le port de l'étoile jaune pour toutes les personnes de confession juive de plus de six ans.
C'est le mois de Juin 1942.
Un mois plus tard, c'est la Grande Rafle de Vel d'Hiv. Berg et sa famille, prévenus, parviennent à prévenir Les Beck, et se cachant, échappent aux arrestations. Les Beck "ne sachant où aller ou ne sachant où se cacher, ou ne croyant pas à ces menaces" ainsi que l'imagine Berg,par la suite, sont arrêtés et ne reviendront pas.
Dès la libération, Berg, au fil des années, "écrit" à son camarade qui ne grandira pas tout en s'occupant des enfants juifs dans les foyers dans lesquels ceux-ci sont accueillis ayant perdu leurs parents. Il le fait pour ne pas rompre le lien avec celui dont personne ne parle plus, dont personne ne se souvient. Il veut continuer à le faire "avoir été" en le faisant habiter ses pensées.
Le récit est prétexte à évoquer plusieurs histoires d'enfants, d'adultes, d'adolescents meurtris à jamais par ces années sombres.
La narration fait davantage penser à un essai évoquant des personnes réelles qu'à un roman. On pense à Georges Perec et son "W ou le souvenir d'enfance", à Antoine Doisnel, pour les "400 coups" de ces enfants qui doivent apprendre à grandir sans l'amour des parents. (En lisant la biographie de Robert Bober, par la suite, j'ai mieux compris pourquoi ces images s'imposaient au fil des pages...)
Berg et les autres moniteurs tentent d'apprendre à ces "oubliés" ce qu'est la vie, comment s'y faufiler, à grands renforts de présence, d'amour, de compassion, d'écoute, de Jazz et de patins à roulettes et de l'attention du chien Mazeltov.
Ce qui touche et émeut dans ce récit, c'est la pudeur. Des allusions, deux , trois phrases pour expliquer la souffrance des personnages et ensuite comment ceux-ci essayent de se trouver une place dans cette vie qui a, à peine, voulu d'eux.

Tous les enfants de ces foyers et leurs moniteurs ne quitteront pas mes pensées de sitôt, et je veux me rappeler des mots de Willi en les évoquant : "Mais j'ai appris au moins une chose, et de cela j'en suis absolument persuadé, c'est que lorsqu'on aime quelqu'un, et quelles que soient les circonstances, il faut lui dire qu'on l'aime."
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Nuageuse
  12 décembre 2020
Berg et Beck est un coup de coeur !
Robert Bober a une plume qui me fait penser à Patrick Modiano par sa sensibilité. Autre point commun : le thème de la seconde guerre mondiale.
Ce roman est un roman sur l'amitié entre deux garçons, juifs tous les deux.
L'un a survécu car il a pu se cacher avec sa famille. L'autre, ainsi que sa famille, a été déportés lors de la Rafle du Vélodrome d'Hiver. Ils n'ont, hélas, pas survécu.
Joseph, le narrateur, nous parle de l'après-guerre. Il s'occupe, en tant que moniteur, d'enfants juifs orphelins qu'il va retrouver.
Lui et les autres adultes tentent d'améliorer la vie de ces orphelins. Il écrit à son ami pour le faire continuer à vivre et souhaite le tenir au courant de ce qui se passe dans le Monde. Pour ne pas oublier. Berck a 11 ans et les aura toute sa vie.
Beaucoup de tendresse se dégagent de ces pages et de la pudeur.
C'est un roman qui m'a touchée par son humanité, par la construction de ces enfants entourés d'aldutes qui les comprennent et les entourent.
Les morts continuent à exister à travers nous.
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michdesol
  07 mai 2021
Berg et Beck sont amis d'enfance. Ils portent l'étoile jaune. Beck disparaît, victime des nazis.
Berg survivra. Il n'oubliera jamais son ami et, après la guerre, deviendra éducateur dans des maisons d'enfants orphelins, fils et filles de déportés.
Le roman ne vaut que par le regard porté sur ces enfants traumatisés et privés d'affection familiale.
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motspourmots
  22 juin 2015
Un roman très émouvant qui interroge sur une époque dramatique et sur la mémoire. Celle d'un homme pour celui qui fut son ami d'enfance, disparu lors de la tristement célèbre rafle du Vel d'hiv, et qu'il s'attache à garder auprès de lui en lui écrivant. Une façon de lui parler en s'adressant à lui comme s'ils avaient grandi ensemble, comme ils auraient dû le faire si... Poignant et essentiel.
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lolols28
  21 janvier 2019
j'ai beaucoup aimé l'originalité de ce livre, entre journal de bord d'un animateur des enfants juifs de "l'après" et nostalgie d'un ami perdu. On goute aux années 50, à la reconstruction, à cette douleur silencieuse. Ce jeune homme doit construire une vie d'adulte sur les blessures de l'enfance, la culpabilité d'être là, il fait face aux malheurs d'autres et se replonge dans son enfance sans être mélo ou nombriliste, il décide d'écrire à son meilleur ami disparu à 11ans, il ne grandira pas alors que lui avance, mais sans lui.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
michdesolmichdesol   07 mai 2021
Au début toujours. Avec le plus petit. Il refusait de manger de la nourriture chaude. Un jour, Louba a installé l'enfant sur ses genoux. Elle a pris une cuillère de soupe, a soufflé dessus, goûté, et l'enfant a mangé. Il avait reconnu un geste familier.
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michdesolmichdesol   07 mai 2021
« Encore une chose, Joseph. Un jour ici, il y longtemps, j'ai engueulé un garçon. Je ne sais même plus pourquoi. Instinctivement, il a levé son bras pour se protéger. Ce jour-là, j'en ai plus appris que ce qu'on peut apprendre dans tes livres d'éducation. »
Après quoi, Boris n'a plus regardé personne. Il a seulement repris sa bouteille et s'est versé un autre verre.
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isanneisanne   11 mai 2020
Être privés de récréation nous semblait aller de soi. On portait une étoile jaune parce qu'on était juifs et on nous punissait parce que c'était comme ça que les choses devaient se passer. On ne se disait même pas que ce n'était pas normal.






(En fait, ce n'est pas une punition, l'instituteur fait rester les deux garçons pendant la récréation pour leur faire cadeau d'un livre : c'est le premier jour d'école de port obligatoire de l'étoile jaune, le 8 Juin 1942.)
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NuageuseNuageuse   12 décembre 2020
Aux pieds, des chaussures un peu trop grandes comme en ont souvent les hassidim. Longtemps, je me suis posé la question, jusqu’au jour où je la posai à mon père qui m’a fourni son explication : en Pologne, dans les familles pauvres, on achetait aux enfants des chaussures toujours un peu grandes afin que, l’enfant grandissant, on ne soit pas tenu d’en changer sans cesse avant la complète usure. C’est pourquoi, devenus adultes, les pieds ne supportent plus le sentiment d’être à l’étroit.
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MatimimaMatimima   29 novembre 2008
Si tu le vois consacrer son temps au classement de ses papiers, de ses écrits, si tu le vois dater et ranger d'anciennes photographies de famille, et s'il le fait de la manière la plus consciencieuse possible, de la manière la plus précise possible, alors il y a lieu de s'inquiéter : dans sa volonté de faire survivre qulque chose et de laisser quelque chose et de laisser quelques signes, il faut simplement voir la présence de la mort qu'inconsciemment peut-être il a appelée.
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Vidéo de Robert Bober
Robert Bober "T'as pas changé" - un film de Robert Bober avec Teddy Bilis et Maurice Chevit et la participation notamment de Armand Borlant , Jean-Claude Grumberg, Serge Lask, Guy le Querrec, Henri Raczymow, Annette Wieviorka production INA dans la série "Le Changement à plus d'un titre" 1982
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