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Critique de Lemna


Lemna
  11 mai 2020
Berg et Beck sont deux garçons du même âge, qui fréquentent la même école, la même classe et sont tous les deux juifs. le livre débute au moment où le régime de Vichy oblige le port de l'étoile jaune pour toutes les personnes de confession juive de plus de six ans.

C'est le mois de Juin 1942.

Un mois plus tard, c'est la Grande Rafle de Vel d'Hiv. Berg et sa famille, prévenus, parviennent à prévenir Les Beck, et se cachant, échappent aux arrestations. Les Beck "ne sachant où aller ou ne sachant où se cacher, ou ne croyant pas à ces menaces" ainsi que l'imagine Berg,par la suite, sont arrêtés et ne reviendront pas.

Dès la libération, Berg, au fil des années, "écrit" à son camarade qui ne grandira pas tout en s'occupant des enfants juifs dans les foyers dans lesquels ceux-ci sont accueillis ayant perdu leurs parents. Il le fait pour ne pas rompre le lien avec celui dont personne ne parle plus, dont personne ne se souvient. Il veut continuer à le faire "avoir été" en le faisant habiter ses pensées.

Le récit est prétexte à évoquer plusieurs histoires d'enfants, d'adultes, d'adolescents meurtris à jamais par ces années sombres.
La narration fait davantage penser à un essai évoquant des personnes réelles qu'à un roman. On pense à Georges Perec et son "W ou le souvenir d'enfance", à Antoine Doisnel, pour les "400 coups" de ces enfants qui doivent apprendre à grandir sans l'amour des parents. (En lisant la biographie de Robert Bober, par la suite, j'ai mieux compris pourquoi ces images s'imposaient au fil des pages...)
Berg et les autres moniteurs tentent d'apprendre à ces "oubliés" ce qu'est la vie, comment s'y faufiler, à grands renforts de présence, d'amour, de compassion, d'écoute, de Jazz et de patins à roulettes et de l'attention du chien Mazeltov.

Ce qui touche et émeut dans ce récit, c'est la pudeur. Des allusions, deux , trois phrases pour expliquer la souffrance des personnages et ensuite comment ceux-ci essayent de se trouver une place dans cette vie qui a, à peine, voulu d'eux.



Tous les enfants de ces foyers et leurs moniteurs ne quitteront pas mes pensées de sitôt, et je veux me rappeler des mots de Willi en les évoquant : "Mais j'ai appris au moins une chose, et de cela j'en suis absolument persuadé, c'est que lorsqu'on aime quelqu'un, et quelles que soient les circonstances, il faut lui dire qu'on l'aime."
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