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EAN : 9782070411702
169 pages
Éditeur : Gallimard (12/01/2000)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 154 notes)
Résumé :
"A la question toujours encombrante : qu'est-ce que tu écris en ce moment, je réponds que j'écris sur des fleurs, et qu'un autre jour je choisirai un sujet encore plus mince, plus humble si possible. Une tasse de café noir. Les aventures d'une feuille de cerisier. Mais pour l'heure, j'ai déjà beaucoup à voir : neuf tulipes pouffant de rire dans un vase transparent. Je regarde leur tremblement sous les ailes du temps qui passe. Elles ont une manière rayonnante d'être... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
dancingbrave
  26 juillet 2019
Où il est beaucoup question de beauté, d'amour, de lumière, de Dieu et de la mort.
Où la « plus que vive », Ghislaine, hante toujours l'âme inapaisée de l'auteur.
Et là, à l'épicentre du livre, cet autoportrait en moins de cent lignes : un autoportrait tout en joie, en espoir, en satisfaction. Et finalement ce paragraphe jure. Il ne déçoit pas.... mais jure, niché dans ce long poème, cette mélopée infinie et continue.
L'égrenage inconséquent des jours comme balises des strophes.
Si l'écriture de Bobin peut facilement m'entraîner vers des zones profondes ou aériennes de mon âme, elle me demande une attention soutenue. J'ai souvent peur d'en perdre un éclat par négligence.
La subtilité de ses textes vient sur le long en lisant patiemment ses mots posés, incongrus, et qui, de temps en temps, titillent une zone sensible de notre esprit.
C'est comme observer le paysage qui défile devant le pare-brise et soudain être ébloui par l'harmonie, à un instant précis, sous une lumière précise et qui file si on ne la garde pas en soi par cette attention soutenue.
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zellereb
  04 août 2015
"Il peut paraître étrange de faire entrer chaque semaine, deux bouquets de fleurs dans un endroit où l'on vit seul. C'est pourtant un geste dont je ne peux plus me passer. Il est apparu dans la foulée de ta mort, et c'est peut-être une façon d'ouvrir dans le noir une quinzaine de fenêtres, autant que de fleurs, par où du clair arrive."
À la mort de sa compagne, Christian Bobin, douloureusement affecté, traverse une période sombre, durant laquelle il écrit le journal intime que voici.
Dans la première partie du livre, l'auteur poétise sur des fleurs qu'il achète régulièrement. C'est peut-être tout ce qui le rattache encore de son amie morte. Elles sont comme une trace féminine dans son quotidien. Je pourrais lire des pages de Christian Bobin qui me parle de fleurs. Je fonds.
Les souvenirs de sa compagne lui reviennent en mémoire. À l'évidence, sa solitude et son manque lui pèsent. Il les comble grâce à des élans de poésie dédiés aux tulipes, aux roses, aux iris, aux "je-ne-sais-quoi", nom emprunté provisoirement à des fleurs qu'il rebaptise, ...
Puis, un déclic se fait en lui, et s'amorce une remontée de ses énergies. Ses écrits passent du coeur et des sentiments jusqu'à l'esprit qui se tourne vers la société. Son raisonnement se teinte de noirceur et d'amertume. Bobin mène aussi un combat sans concession.
Lire Christian Bobin est toujours porteur de richesses. J'en retire des enseignements, sur tout et sur rien. Ses écrits dans un style simple se distinguent par une sensibilité poétique qui me touche. Son extrême humilité et son côté "Saint François d'Assises", au plus près de l'éphémère de la nature me fascinent. Un pissenlit au bord de la route, une note de musique ou l'écoulement du radiateur... ce n'est rien, mais pour Bobin, c'est beaucoup, et il sait embellir tout cela. Quel bonheur, quelle respiration, et quelle pause dans le quotidien.
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cicou45
  31 août 2012
Ce livre se représente sous la forme d'un journal intime dans lequel le narrateur s'adresse en particulier à une femme qu'il a aimé et continue d'aimer bien qu'elle soit maintenant morte. Ce journal s'étend sur presque une année, du 6 avril 1996 au 21 mars 1997 et le narrateur, bien que parlant constamment de la mort dans son livre, ne fait en réalité que parler de la Vie et surtout du plus puissant et surtout du plus beau des sentiments qui existent, à savoir l'Amour.
Dans les premières pages de son "journal", le narrateur parle de son amour pour les fleurs qui, bien qu'elles soient périssables, sont destinées à renaître un jour. Ce n'est qu'au cours des chapitres suivants que le lecteur découvre, par bribes, qui était la femme à laquelle il s'adresse, que cette dernière a eu trois enfants dont il n'est pas le père mais avec lesquels il est toujours très lié.
Dans la plus grande partie de cet ouvrage, le narrateur s'adresse donc à cette femme, comme si elle était toujours en vie, lui donnant des nouvelles de ses enfants ou encore de ses parents.
L'auteur, fortement engagé dans la croyance en Dieu, essaie de nous communiquer ce message d'espoir mais sans nous obliger à y croire nous-mêmes. Il le dit d'ailleurs à peu près en ces termes : transposez l'image de Dieu par celle de l'Amour et vous verrez que cela revient au même.
Un livre magnifique sur l'Amour, la Vie, la Mort et surtout l'Espoir !
A découvrir !
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Jahro
  29 mars 2013
L'oeuvre de Bobin est faite de ressentis, de sensations, de pensées légères, parfois étrangement belles. Si histoire il y a, elle court en filigrane ; on l'entrevoit à peine après une rêverie, avant une autre, un fil dans cette toile vaporeuse qu'il tisse avec juste quelques mots.
Car ça oui, le vocable est chiche – choisi pour toucher plutôt qu'épater. Une prose lapidaire qui revient toujours aux mêmes points, la lumière, la beauté, l'amour, la lumière, une source, un ange. La lumière.
Quelquefois cette affluence de renoncement béat prête à sourire. Et quelque fois il suffit d'une phrase pour être transpercé, par l'acuité d'un regard, la sagesse d'une image.
Peu voient dans l'hirondelle qui fait trembler la branche, et puis l'arbre, une métaphore de leur existence.
Bobin est perché. Au matin il se lève, se prépare un café, allume une cigarette, s'installe à sa fenêtre. Et il s'envole. S'émerveille d'une fleur, d'un brin d'herbe, d'un rire. Rien ne semble l'atteindre, rien ne semble contrarier sa joie, sa foi qu'il voue moins au Christ qu'en la vie, la nature, les hommes.
Mais cet Autoportrait au radiateur, curieux titre qui se dévoile à son heure, marque une rupture dans sa bibliographie. On le devine au fil des pages, l'être chère est partie. La palette de mots s'entache d'ombre, de mort, d'absence. Il la voit dans l'oeil brillant de ses filles ; il la retrouve dans la prudence de l'ainé. Derrière ses vertiges éblouis il y a maintenant cette douleur à l'affût, cette tentation du vide qui le guette au lever du jour, à la tombée de la nuit, dans sa désormais solitude.
Et la pureté s'érode. Il était hors du temps, il n'est plus qu'un des nôtres. La terre l'a repris.
Alors on en vient à se rappeler les années heureuses, à regretter cette époque où la grâce était innocente, où la blancheur restait immaculée. Quand Bobin était un enfant.
3/5
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Bequelune
  27 juillet 2015
Fidèle à lui même, Bobin ne raconte dans ce livre pas grand chose... et pourtant sa plume et ses réflexions sur la beauté — quasi divine — d'une vie simple donne les larmes aux yeux.
Je lis cet auteur à la façon d'un recueil de poésie. Quelques paragraphes chaque soir, avant de dormir. Pas plus. Il faut du temps et un esprit au calme pour apprécier la force de ses mots.
Parfois il appelle ça Dieu, parfois l'enfance, parfois la vie... mais il nous compte toujours l'émerveillement nécessaire face au monde.
Dans cet Autoportrait au radiateur, sa prose prend la forme d'un carnet intime, des mots notés au jour le jour, qui content les fleurs, la perte d'une proche, la poésie...
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Citations et extraits (132) Voir plus Ajouter une citation
berni_29berni_29   16 janvier 2020
Faire sans cesse l’effort de penser à qui est devant toi,

lui porter une attention réelle, soutenue,

ne pas oublier une seconde que celui ou celle avec qui tu parles vient d’ailleurs,

que ses goûts, ses pensées et ses gestes ont été façonnés par une longue histoire,

peuplée de beaucoup de choses et de personnes que tu ne connaîtras jamais.

Te rappeler sans cesse que celui ou celle que tu regardes ne te doit rien.

Cet exercice te conduit à la plus grande jouissance qui soit :

aimer celui ou celle qui est devant toi, l’aimer d’être ce qu’il ou elle est : une énigme,

et non pas d’être ce que tu crois, ce que tu crains, ce que tu espères,

ce que tu attends, ce que tu cherches, ce que tu veux.
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tamara29tamara29   06 octobre 2018
Je suis rentré chez moi, je me suis allongé sur le lit. Ma mort semblait aussi accablée que moi par la chaleur. Quelques minutes ont passé. Je me suis levé, j’ai préparé un café et j’ai ouvert un livre de poèmes. De la lumière sortait du livre. Je crois que c’est à cet instant-là que ma mort s’en est allée de l’appartement en traversant la porte, sans faire de bruit.
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LupestherLupesther   08 août 2015
Il y a des instants où j'aime chacun de ceux qui ont part à ma vie , même ceux dont les désirs me sont étrangers ou hostiles . L 'envie me vient alors de prendre le téléphone , d'appeler les uns les autres , sans exception , et de leur dire : " Je t'aime dans ton entièreté , dans tout ce qui en toi ne me ressemble pas , je t'aime tel que tu vas , vivant , vivante ." Et si je ne le fais pas , c'est uniquement par crainte de finir à l'hôpital psychiatrique , totalement fou et totalement radieux .
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AgatheDAgatheD   05 février 2017
Ces gens qui font la roue à la télévision, experts en économie ou animateurs de variétés, accomplissent la même besogne. On leur a confié le soin de nourrir l'imaginaire et la pensée d'un peuple. Ils le font maigrir et l'insultent. On devrait leur montrer leurs émissions telles qu'elles sont reçues dans les maisons de retraite, les hôpitaux et les prisons. La plus pertinente manière de connaître une société, c'est de la regarder à partir de ces lieux où l'humain est en voie d'oubli, et d'orienter ainsi sa pensée : du bas vers le haut. On verrait alors ce qui est faux, mort, irréel, et on serait ébloui par les nombreux miracles restants -- images d'animaux, d'arbres, de visages, paroles qui échappent et ravissent. Car il en va des sociétés comme des individus : le réel est toujours du côté du réfractaire, du fugitif, du résistant, de tout ce qu'on cherche à calmer, ordonner faire taire et qui revient quand même, et qui revient encore , et qui revient sans cesse -- incorrigible. L'écriture est de ce côté- là. Tout ce qui s'entête à vivre est de ce coté-là.
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LupestherLupesther   31 août 2015
J'attends. J'ai attendu toute ma vie. J'attendrai toute ma vie. Je suis incapable de dire ce que j'attends ainsi.J'ignore ce qui peut mettre fin à une aussi longue attente. Je n'ai pas l'impatience de cette fin.Le présent est vécu,pleinement, vécu,mais il est poreux,aérien .Ce que j'attends n'est rien qui puisse venir du côté du temps.Je ne peux m'expliquer là- dessus.Pourquoi devrait -on toujours s'expliquer ?
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