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Lydie Dattas (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070418103
Éditeur : Gallimard (31/08/2001)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 69 notes)
Résumé :

Tout se passe comme si notre vie suivait d'autant plus sûrement son cours que nous en étions absents. Durant tous ces jours, une pensée, éclose au plus sombre de la mémoire. Elle est là. On sait qu'elle est là, proche, à portée de mot, mais on la cherche en vain, on ne la trouve pas et ce sont d'autres pensées qui viennent et s'imposent, celle d'un voyage ou d'un chagrin, d'autres encore, jamais celle d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Mimimelie
  16 août 2018
Mais pourquoi diable le choix d'une aussi vilaine couverture, ce petit livre merveilleux méritait autre chose ! Enfin bref, ce n'est pas si grave au fond, seulement dommage.
Son titre, par bonheur est lumineux, « L'enchantement simple » il s'agit bien d'un enchantement, en cette matière M. Bobin ne nous fait jamais faux bon !
Mais comme » il fait trop chaud pour travailler » et que j'ai aujourd'hui l'humeur paresseuse, j'emprunterai à Lydie Dattas quelques extraits de sa magnifique préface, qui traduisent mieux que de toute façon je ne saurai le faire l'essentiel de mon ressenti. (Comme on dit, un moment de honte est vite passé).
« Pour atteindre le firmament spirituel, rien ne vaut l'espèce de cabriole céleste que le coeur imprime au langage afin de le faire décoller »
« Christian Bobin ajoute ce simple rayon de soleil qui, en traversant nos larmes, fait naître un arc-en-ciel dont les irisations sont plus irréfutables que les dogmes. »
« Il n'insiste jamais sur la douleur, mais veille à sertir du plus précieux or spirituel chaque détail du réel qui pourrait nous ravir à l'angoisse, à la folie, au désespoir ou au suicide.
Quand il n'existerait plus au monde qu'un seul être capable d'espérer et de voir la lumière à travers tout, ce serait Christian Bobin ».
« Ainsi tout ce qu'il montre prend-il immédiatement l'éclat incomparable du paradis. le paon blanc du réel fait la roue au coeur de son écriture, faisant vibrer surnaturellement les rémiges neigeuses de ses phrases. »
« Sa sérénité n'est pas le fruit d'un ascèse : elle est une grâce. Celle qui lui fut octroyée en compensation d'une sensibilité crucifiante.
Il a en l'amour une confiance qui semble avaler même la mort. »
« La résistance radieuse de Christian Bobin au désenchantement de son siècle fait plus que nous apporter un réconfort : elle ouvre une brèche au fond de l'impasse sordide où une littérature déliquescente avait fini par attirer la pensée. »
Quelle meilleure ambassadrice aurait-on pu offrir à M. Bobin ?
Comme il le dit lui-même : « Quand le coeur se trouve dans l'alignement même du soleil, il n'y a rien de plus beau.»
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Charybde2
  19 mars 2013
La prose poétique magique d'un catholique fervent mais discret...
Je dois confesser, avec honte, que je me refusais depuis des années à aborder la prose poétique de Christian Bobin du fait de préjugés à peine avouables (« Quoi, un poète catholique fervent ! Vous n'y pensez pas ? »). Comme on grandit à tout âge, je me suis lancé dans « L'enchantement simple », l'un de ses premiers recueils, composé en 1989 : sans ambigüité, son écriture est magique.
« Il y a les livres, vous savez bien. Lecture stupéfiée, hagarde. On avale les potions de l'encre, chaque jour un peu, pour faire tomber la fièvre, on l'aggrave en fait. le désir d'une trêve, d'un sommeil semblable à celui des bêtes, aucune lecture ne l'exauce jamais. On peut lire tous les livres, ou bien aucun. C'est égal. Lire : prier au désert. Laver son visage de l'ombre qui le mange. Les doigts jaunis du lecteur, son âme en poudre, toutes pages tournées. »
« Je regarde un arbre d'un vert multiple, soumis aux ondées de l'air et de l'espace. Ancien déjà, il va mendier la lumière tout en haut, gêné par d'autres feuillages trop proches, il va, quand même. Il décourage toute intelligence du monde. Il faudrait apprendre une telle langue, la sienne, on ne sait pas. »
« La peur, le froid, personne ne sait. le désarroi sans cause. La machine des sentiments, elle est rudimentaire, elle est bruyante. La fabrique du désespoir. Les mêmes émotions reviennent depuis l'enfance. Il n'y en a guère plus de cinq, moins peut-être. La courroie des mots, elle saute. À vide. Les dégâts sont à chaque fois considérables : ces lettres, empêchées. le bruit du papier déchiré est doux à entendre. »
Attentif aux choses simples, mais convoquant avec aisance, lorsque nécessaire, Saint-John Perse, Glenn Gould, Antonin Artaud ou un conte africain, Christian Bobin réussit tout au long de ces pages le pari insensé d'un lyrisme intelligent et raisonnable... Une révélation, donc, sans mysticisme.
Avec en prime une intéressante préface de Lydie Dattas, qui curieusement pourtant implique Dieu dans cette écriture beaucoup plus que ne le fait Christian Bobin lui-même, fin et discret.
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Marech20
  10 octobre 2017
Prose amoureuse et toujours poétique..
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Citations et extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
patrick75patrick75   16 mars 2016
Ces longues promenades avec Hélène, dans l'insignifiance de cette ville industrielle. L'enchantement simple. Une avenue, bordée par les murs de l'usine. Le soleil chasse nos ombres, loin devant nous. Séparés par quelques mètres, nous tendons les bras en avant, faisant en sorte que les trois ombres se tiennent par la main. Hélène éclate de rire.

Comme le monde est clair, petite fille.
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nadejdanadejda   12 août 2018
Dans le soir de sa vie, Matisse peint avec des ciseaux. Il découpe à même le ciel des orages de vin pur et des printemps de soie bleue. Il renoue avec la simple magie des crayons de couleurs. Jour après jour, il cueille les heures calmes, comme un enfant compte ses joies une à une avant de s'endormir. Il est âgé, malade. C'est dans les années de souffrance qu'il accueille une étoile, et c'est sous les arcades du grand âge qu'il fleurit une enfance. La nuit s'avance à sa rencontre. Elle a la douçeur d'une fille et la fraîcheur d'une source. Il peint. Il peint comme on sourit ou comme on meurt. Il va sur un chemin impraticable et radieux. p 74-75 (Le huitième jour de la semaine)
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patrick75patrick75   17 mars 2016
Un jour nous entrons dans un musée. Elle court d'une pièce à l'autre. Des statues, des tableaux, des choses. Elle regarde, elle sourit. Sans préférence, elle va, joue à la marelle sur le parquet ciré.

L'ennui léger d'une petite fille dans deux mille ans d'histoire.
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patrick75patrick75   25 mars 2016
L’ironie est une manifestation de l’avarice, une crispation de l’intelligence serrant les dents plutôt que de lâcher un seul mot de louange. L’humour, à l’inverse, est une manifestation de la générosité : sourire de ce qu’on aime c’est l’aimer deux fois plus.
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patrick75patrick75   24 mars 2016
Le vent heurte un feuillage de la même façon que la parole d'amour touche le visage de l'amoureuse, provoquant même grâce d'abandon, même petite fièvre radieuse. Le vent et la parole d'amour disent la même chose.
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Vidéo de Christian Bobin
Rencontre avec Christian Bobin à la librairie la Galerne le Havre, pour la parution de "La nuit du c?ur".
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