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ISBN : 2070379485
Éditeur : Gallimard (05/03/2009)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 126 notes)
Résumé :
Derrière la porte fermée à clé de sa chambre, Emily écrit des textes dont la grâce saccadée n'a d'égale que celle des proses cristallines de Rimbaud. Comme une couturière céleste, elle regroupe ses poèmes par paquets de vingt, puis elle les coud et les rassemble en cahiers qu'elle enterre dans un tiroir. «Disparaître est un mieux.» À la même époque où elle revêt sa robe blanche, Rimbaud, avec la négligence furieuse de la jeunesse, abandonne son livre féerique dans l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  14 juin 2013
Ce livre très poétique est entièrement dédié à Emily Dickinson, poète américaine qui vécut de 1830 à 1886, et dont les oeuvres ne sont parvenues jusqu'à nous que grâce à la ténacité de sa soeur qui a regroupé ses cahiers après sa mort, ce qui a permis de les faire éditer.
C'est à une rencontre rare et quasi-magique au-delà du temps de deux âmes poétiques que nous sommes conviés : Christian Bobin évoquant sans aucune trivialité la vie quotidienne et bien sûr l'univers et la poésie d'Emily.
Nul doute pour moi que Bobin apprécie infiniment Emily, la discrète et fragile Dame blanche, et que ces deux-là étaient fait pour se rencontrer, même au creux d'un livre.
Ils savent tous deux que la poésie dit l'invisible, le ressenti fondamental, que la puissance poétique habite leur quotidien, mieux qu'elle leur est indispensable, vitale, qu'elle les nourrit. La communion avec la nature est omniprésente dans leurs oeuvres, l'amour, la mort aussi. Et quand Bobin dans " autoportrait au radiateur " écrit : " Je me suis fait écrivain ou plus exactement je me suis laissé faire écrivain pour disposer d'un temps pur, vidé de toute occupation sérieuse ", Emily aurait pu s'approprier cette phrase, elle qui déclarait " n'être rien " et vouloir mourir inconnue, elle qui vécut recluse une bonne partie de sa vie pour se consacrer entièrement à son écriture, à l'image de Rimbaud, contemporain d'Emily, qui lui aussi a fui la réalité et la routine à sa façon.

Les phrases de ce livre conviendraient, j'en suis convaincue, à la fragile Emily :
" La poésie est une façon d'orienter sa vie, de la tourner vers le soleil levant de l'invisible. "
" Ses poèmes élèvent contre les marées montantes de la mort l'infranchissable muraille de la Beauté. "
Ce petit ouvrage est donc, de mon point de vue, un inoubliable et sensible recueil offert aux amoureux de poésie par un poète d'aujourd'hui à la mémoire d'une immense poète disparue dans l'anonymat !
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Kittiwake
  28 décembre 2017
Hommage tout en nuance et en poésie d'une femme dont les écrits ont marqué profondément des générations d'américains Les amateurs de littérature anglo-saxonne auront forcément croisé au cours de leurs lectures le nom d' Emily Dickinson, régulièrement citée, et reconnue comme auteur de référence au sein de la littérature américaine.
Ce succès surviendra après sa mort, et seulement une douzaine de poèmes furent publiés de son vivant. Il faut dire que , non seulement le style de ses productions bouleversaient les standards de l'époque (et comment une femme pourrait-elle prétendre bousculer les traditions) , mais de plus elle mena une vie de recluse, que Christian Bobin essaie dans La Dame blanche de nous restituer.
Le personnage est intriguant : animée d'une vie intérieure extrêmement riche, qu'elle exorcise par son écriture, elle a peu de contacts avec ses contemporains, si ce n'est sa famille. Entre tâches ménagères et écriture, la jeune femme vêtue de blanc hante la demeure familiale, dans un confinement de plus en plus intense. La biographie est lacunaire, mais tout l'intérêt du récit réside dans la rencontre entre deux âmes poétiques. La poésie nimbe chaque phrase, dont se dégage une grande douceur.
Les citations abondent et illustrent le texte suscitant l'envie d'aller plus loin dans la découverte de la poétesse.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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fanfanouche24
  09 octobre 2014
[Critique du 5 mai 2013, disparue en partie... et refaite de mémoire le 9 octobre 2014]
Merci Dourvach... en cherchant mes "chroniques" préférées pour ta liste interactive de 4 livres à défendre... je découvre des pertes dans mes "scribouillages", que je ne sais à quoi "imputer"...
C'était au début de mon inscription sur Babelio !!
Ai-je fait des maladresses de manipulation…Mystère !! En tout cas , je vais désormais être vigilante et conserver de mon côté une copie de ces « ressentis de lectures », car il est impossible de retrouver l'élan premier, à « chaud », dans l'enthousiasme immédiat de la lecture.
En tout cas, il n'est absolument pas dans mon habitude de mettre une seule ligne lapidaire... pour le "ressenti d'un livre" et là , comme un autre livre dont j'ai fait une critique longue et détaillée, en juin 2013 [Arno Geiger "Le vieux roi est en exil", j'en ai un souvenir très vif et enthousiaste...] Christian Bobin appartient à ces écrivains que je suis, lis très fidèlement, et rends compte "scrupuleusement".
Magnifique biographie romancée et pleine de lyrisme, de Christian Bobin qui rend hommage à la poétesse , Emily Dickinson, de façon originale, dans la très belle collection, créée par J.B. Pontalis, "L'Un et l'Autre".
Double magie...double jubilation, celle du style unique de Bobin, et celle d'un rendu très vivant, quant à la personnalité et au cheminement intellectuel , artistique, intime d'Emily Dickinson...

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si-bemol
  30 décembre 2018
Quand on ouvre un livre de Christian Bobin, on pénètre dans un univers particulier fait de méditation, de vagabondages, de songes, de fragments épars et de poésie. Avec "La dame blanche", Christian Bobin nous invite à le suivre dans le royaume clôturé d'Emily Dickinson, en commençant par le récit de ses obsèques, le 15 mai 1886, esquissant ensuite en quelques traits sa vie de petite fille entre une mère distante et froide et un père qui “est ce genre d'homme sur qui repose le monde.”
Mais le fil chronologique est vite rompu : les mondes intérieurs n'ont que faire de la logique ordonnée du temps, la mémoire émotionnelle non plus, et la poésie encore moins… Par petites touches légères et comme murmurées à notre oreille, voici que se dessinent pour nous avec infiniment d'amour, sous la plume rêveuse de Christian Bobin, les contours éblouissants de son âme-soeur en poésie et en méditation : la silhouette fantomatique et bouleversante de cette “dame blanche”, recluse en écriture, fuyant presque maladivement le monde, les honneurs et le bruit ; une personnalité secrète, étrange et inspirée, hantée par les deuils, obsédée par la mort qui, depuis sa table d'écriture et jusqu'à son dernier souffle, interrogera le monde et le sens de la vie, offrira près de deux mille poèmes à la littérature (dont une douzaine seulement publiés de son vivant) et sera l'une des plus grandes voix de la poésie anglo-saxonne.
C'est beau comme du Bobin. C'est profond, important et fort comme du Bobin. Et cela se savoure en silence, comme le frôlement délicat d'un ange.
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manU17
  19 janvier 2012
Après une impression un peu mitigée suite à ma lecture d'Une petite robe de fête de Christian Bobin, je me suis malgré tout empressé de lire La dame blanche du même auteur.
A travers cette évocation de la vie de la poétesse américaine Emily Dickinson, en effet, il est plus question ici d'évocation que de biographie, Christian Bobin parvient à nous transporter et à nous donner envie d'en découvrir davantage sur elle et sur son oeuvre. Ce n'est sans doute pas un hasard si après avoir fini cette lecture, je suis allé chercher d'autres informations sur Emily Dickinson et si je me suis surpris à avoir envie de découvrir sa poésie alors que je n'en suis pas particulièrement amateur en général.
La plume de l'auteur à travers son lyrisme habituel crée une atmosphère propice à la rêverie, à l'imaginaire. Emily Dickinson m'est apparue comme une créature un peu éthérée, vêtue de sa longue robe blanche, glissant sur le sol, touchant à peine terre telle une apparition, un spectre plein de bonté, de tendresse et de bienveillance envers son prochain. Elle semble portée, habitée par une sorte de folie douce. le terme de folie douce est peut-être un peu fort mais me semble tout à fait adapté aux impressions qui se dégage de ce texte.
En conclusion, si vous avez envie de passer un moment à part fait de douceur, de poésie et de vous laisser baigner dans une certaine forme de magie, partez à la découverte de ces quelques petits moments de la vie de la grande Emily…

Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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Citations et extraits (81) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   23 juin 2013
Rencontrer quelqu'un, le rencontrer vraiment - et non simplement bavarder comme si personne ne devait mourir un jour -, est une chose infiniment rare.
La substance inaltérable de l'amour est l'intelligence partagée de la vie.
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JoohJooh   02 novembre 2015
À la naissance quelque chose est donné à chaque nouveau-né. Cette chose n'est rien. Elle n'a pas de forme, pas de nom, aucun prestige. Elle est notre seul bien. On l'entrevoit par éclairs. "Le simple sentiment d'être en vie m'est une extase."
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JoohJooh   17 octobre 2015
Elle dresse en secret la liste de ce qu'elle aime: les poètes, le soleil, l'été, le paradis. C'est tout. La liste est close, note-t-elle, et le premier terme suffit: les poètes engendrent un soleil plus pur que le soleil, leur été ne décline jamais et le paradis n'est beau que d'être peint par eux.
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ivredelivresivredelivres   19 septembre 2010
Par une trappe dans le ciel du langage — qu’elle seule sait crocheter — Emily fait tomber sur l’homme repu de littérature des lumières qui l’aveuglent. Elle lui montre les forges de sa pensée : ses poèmes naissent en réplique à une « lumière soudaine dans les vergers » ou à un « mode nouveau du vent ». Ecrire est une manière d’apaiser la fièvre du premier matin du monde qui revient chaque jour.
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patrick75patrick75   21 avril 2015
Sa mère recommande à Emily de ne pas aller seule dans les bois environnants : les serpents l'y piqueraient, les fleurs l'empoisonneraient et un sorcier l'enlèverait. L'enfant que ces dangers émerveillent s'échappe, bat la campagne, revient, dit n'avoir vu "que des anges" encore plus intimidés qu'elle par cette rencontre.
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Videos de Christian Bobin (51) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christian Bobin
Rencontre avec Christian Bobin à la librairie la Galerne le Havre, pour la parution de "La nuit du c?ur".
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