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ISBN : 2070144259
Éditeur : Gallimard (06/02/2014)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 116 notes)
Résumé :
Ce qui manque à ce monde, ce n'est pas l'argent. Ce n'est même pas ce qu'on appelle «le sens». Ce qui manque à ce monde c'est la rivière des yeux d'enfants, la gaieté des écureuils et des anges.

C.B.

«Il y a bien plus dans ce magnifique et bouleversant recueil que dans nombre de traités de philosophie.»

François Busnel, L'Express
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Critiques, Analyses & Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
21 février 2014
Comme tous les écrits de Christian Bobin, la lecture à petites gorgées est recommandée pour savourer la densité de chaque mot... dans l'infiniment petit…dans la splendeur du quotidien et la magie de tout ce qui vit.
Hommages multiples à la vie , aux livres, à l'écriture, aux poètes, à des artistes, écrivains ou musiciens qui lui font chanter la vie : la poétesse, Marceline Desbordes-Valmore, Bach, Soulages, Marcel Jouhandeau, « le petit garçon du boucher de Guéret « , Vermeer, Ronsard, Marilyn Monroe…Kierkegaard, Jean-Baptiste Chassignet (auteur de la fin du seizième siècle), Ernst Jünger, etc.
Hommages vibrants à la femme aimée, au Père…aux êtres aimés disparus, mais présences constantes bienveillantes…auprès de « notre » auteur
« Hier en me penchant pour te cueillir une fleur dans le jardin j'ai réappris ta mort qui m'a soufflé à l'oreille : pas la peine d'une fleur, à présent je les ai toutes. »
« Je suis entré dans le cimetière. Mon père marchait à mes côtés : invisible, il allait avec moi voir sa tombe »….
Les livres de Bobin sont comme des sources rafraîchissantes… qui balayent la routine, la lassitude…Textes qui chaque fois nous mettent dans l' urgence d'un vrai regard, envers tout ce qui nous entoure du plus anodin au plus invisible. Etre conscient du miracle d'être vivant, encore et toujours…
Pour achever cette brève note de lecture, je choisis un passage qui célèbre l'écrit, les livres qui nous font traverser les siècles, nous font goûter à l'éternité…
« J'entendais des voix. J'ouvrais le livre et j'entendais des voix. Des gens se parlaient par-dessus ma tête, s'interpellaient. Ils étaient morts depuis cinq siècles et ils échangeaient des nouvelles comme deux voisins par-dessus un muret. (…)
Qui est maître de ses lectures ? Un livre nous choisit. Il frappe à notre porte. La charité, monsieur. La charité de me donner tout votre temps, tous vos soucis, toutes vos puissances de rêverie » (p.52-53)
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pyrouette
13 avril 2015
J'ai ouvert le livre et j'ai entendu, j'ai senti, j'ai contemplé. le chant des oiseaux, celui du geai en particulier, les fleurs, les couleurs de la nature. J'ai observé à travers les mots poétiques de l'auteur, j'ai peut être aussi médité. En être hypersensible J'ai ressenti également une souffrance, de la mélancolie. J'ai lu la vie, mais aussi la mort, la richesse mais aussi la misère, la beauté mais aussi la laideur. Les mots sont beaux, doux et tristes. Nous recherchons tous la sérénité, l'auteur y compris, dans ce monde qui va trop vite. Cela fait du bien de faire une pause avec ce grand monsieur Bobin. Merci !
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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TerrainsVagues
11 février 2017
"Comm'change en un clin d'oeil
Un ciel qui s'croit en deuil
Quand le soleil s'en mêle
On va changer d'refrain
La lun' c'est pas si loin
Suffit d'y mett' l'échelle"
(Léo Ferré La Grande Vie)
Deux lectures en simultané et « La grande vie » de Ferré embrasse celle de Bobin. Certains disent qu'il n'y a pas de hasard, je crois que si mais j'avoue quand même que parfois, c'est bien foutu.
Cet instantané de Ferré résume si bien ce recueil de Bobin.
Deux beaux bains de mots pour le lecteur ferré que je suis, pris dans les filets de cette poésie aux infinis visages.
C'est bon de se sentir léger, comme apaisé, touché par ce je ne sais quoi qui vous laisse heureux, serein.
Christian Bobin réussit une véritable prouesse en ce qui me concerne. Réussir à me faire oublier les "anges" et autres "dieux" présents (un peu trop à mon gout dans certains de ses livres) au fil des pages, alors que c'est le genre de concepts qui me donnent en général des allergies. Souvent tout est évoqué, subtil.
"Nous avons mille visages qui se font et se défont aussi aisément que les nuages dans le ciel. Et puis il y a ce visage du dessous. A la fin il remonte — mais peut être parce que ce n'est pas la fin. Peut être qu'il n'y a jamais de fin — juste ce déchirement sans bruit des nuages dans le ciel inépuisable."

Ce recueil est une déclaration d'amour à la nature, à la Vie (la mort toujours présente dans un coin pour ne pas oublier que chaque seconde est un cadeau), au Livre, à la poésie, à… une déclaration d'Amour quoi. Une sorte de manifeste de l'évidence, celle qui fuit notre monde rempli d'inutile.
La poésie est un acte de résistance au monde tel qu'on nous l'impose (qu'on laisse nous imposer…). J'aime le militantisme de Bobin.
"Des nomades campent dans mes yeux. Les feux qu'ils allument, ce sont les livres que je lis.
Une petite fille mange du chocolat. Il y a plus de lumière sur le papier d'argent enveloppant le chocolat que dans les yeux des sages.
Le livre que je tiens se met parfois à me sourire.
J'apprends que je suis vivant. Je dois cette bonne nouvelle à l'air qui circule sous une phrase en faisant flotter ses mots, très légèrement, au dessus de la page."
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Erik35
12 septembre 2017
CE QU'IL RESTE LORSQU'IL N'Y A PLUS RIEN.
On ne résume pas les ouvrages de Christian Bobin. Pas plus qu'on n'est obligé de les lire d'une traite. C'est à peine si l'on a l'usage de soi lorsqu'on surnage à la surface des mots du poète, parce qu'on finirait presque par s'oublier, par oublier qu'on n'est pas tout fait de cette lumière ni de ses infantiles et régénérantes tendresses avec lesquelles il sait nous abreuver, livre après livre.
On n'est même pas obligé de croire en dieu - ou en Dieu - lorsqu'on se laisse traverser par cette sorte d'ascension - L'Enchantement simple, comme il l'a déjà écrit. Christian Bobin ne nous oblige à rien, pas plus à L'Éloignement du monde qu'à faire de la Vie passante une règle incontournable. Il ne nous force à rien, qu'à prendre le temps de regarder les choses les plus insignifiantes - un merle, un bouquet de lobélies, quelques libellules -, recevoir un peu de ce sourire qu'on imagine lorsqu'il nous écrit, même les rares fois où il se perd dans les chemins obligés de la mélancolie.
Avec Christian Bobin, La grande vie est faite de ces tous petits riens indispensables et discrets qu'il sait si bien nous donner à voir de ce qu'il a su glaner d'un monde où nous finissons par n'être plus que présent lorsqu'il nous incite à être, simplement. Pour cela, l'écriture :
«Ecrire - glaner ce qui a été abandonné à la fin du marché, fin du monde.»
Avec Christian Bobin, le vide se remplit de mille petits détails que l'on croit évanouis dans l'ombre de nos existences tellement surfaites de l'importance qu'on leur donne, mais qui resurgissent pourtant, essentiels.
Au fil de ce texte, sept courtes pièces d'une caressante poésie aux onctueux émois tranquillement philosophiques que l'auteur du Creusot nous donne une fois encore en gage de son amour pour la vie, c'est comme recevoir par la poste des nouvelles d'un ami cher mais un peu oublié : un de ces minuscules bonheurs impossibles à véritablement partager mais qui vous est chaque fois si précieux.
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joedi
19 janvier 2017
Des chapitres très courts dont certains sont titrés. Dans La grande vieChristian Bobin parfois, raconte une histoire, toujours développe ses pensées profondes et poétiques comme il sait si bien le faire. À la lecture de la grande vie c'est une bouffée d'oxygène que Christian Bobin m'a insufflé.
Challenge Petits plaisirs 2017 - 103 pages
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Les critiques presse (1)
Liberation24 mars 2014
Je pourrais dire ici ce que j’ai ressenti à le lire, l’impression qu’il ne parle qu’à moi, directement dans ma petite oreille décollée, ou l’énervement peut-être, devant tant de luminosité même au plus terne de la vie, devant cet angélisme à toute épreuve (des troupeaux d’anges dans ce livre), mon étouffement sous tant de fleurs, ou encore ma gêne face à son petit côté moraliste (mais un moraliste si peu sévère qu’on lui pardonne), et mon émerveillement malgré tout, parce que ce livre est si bien écrit, si ajusté, comme accordé.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations & extraits (154) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik3512 septembre 2017
Je suis entré dans le cimetière. Mon père marchait à mes côtés : invisible, il allait avec moi voir sa tombe.
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fanfanouche24fanfanouche2415 février 2014
Je te revois préparer à manger pour les tiens. Ce travail infini pour lequel personne jamais ne vous remercie. Les mères par leurs soins élémentaires fleurissent les abîmes. Si il y a encore des lions, des étoiles et des saints c'est parce qu'une femme épuisée pose un plat sur la table à midi. Cette femme est la mère de tous les poètes. C'est en la regardant qu'ils apprennent à écrire . (p.122)
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TerrainsVaguesTerrainsVagues05 février 2017
Vers le milieu de l’après midi, un silence s’est fait partout dans le pré. Le ciel soudain a pâli comme quelqu’un à qui on vient d’annoncer une mort. Il n’y avait plus rien. Et puis tout s’est rallumé. C’est quelque chose qui arrive très souvent, vers le milieu de l’après midi. On ne le remarque guère. Il faut être prisonnier ou malade, ou assis devant une table, en train d’écrire, pour s’en apercevoir : l’étoffe du jour est trouée. Par les trous on voit le diable — ou, si vous préférez ce mot plus calme : le néant. Il y a un instant où le monde est laissé seul. Abandonné. C’est comme si dieu retenait son souffle. Un intervalle de néant entre deux domaines de la lumière.
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coco4649coco464927 mars 2014
Cher petit merle, j'aurais voulu t'écrire à l'instant de ton apparition, mais je ne suis maître de rien : le téléphone à sonné,

Tu es resté dix secondes devant la fenêtre. C'était plus qu'il n'en fallait.
Dieu faisait sa page d'écriture, une goutte d'encre noire tombait sur le pré. Tu étais cette tache noire avec un rien orangé, le grand prêtre de l'insouciance, porteur distrait de la très bonne nouvelle : la vie est à vivre sans crainte puisqu'elle est l'inespéré qui arrive, la très souple que rien ne brise.
Dix secondes et tu as filé au ras de l'herbe jusque dans les bois, à l'autre bout de mes yeux.

Ta joie – insouciance –, petit merle, est passée de mes yeux à mon sang et de mon sang à ce papier qui me sert à t'écrire cette lettre. L'adresse ? Quelqu'un la trouvera, c'est sûr. Quelqu'un ou quelque chose te dira que j'ai écrit cette lettre pour toi.

Adieu camarade. Je te souhaite la vie belle et aventureuse. Tes dix secondes ont résumé toute ma vie.

p.78-79
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TerrainsVaguesTerrainsVagues06 février 2017
Quand je n’écris pas c’est que quelque chose en moi ne participe plus à la conversation des étoiles. Les arbres, eux, sont toujours dans un nonchalant état d’alerte. Les arbres ou les bêtes ou les rivières. Les fleurs se hissent du menton jusqu’au soleil. Il n’y a pas une seule faute d’orthographe dans l’écriture de la nature. Rien a corriger dans le ralenti de l’épervier au Zénith, dans les anecdotes colportées à bas bruit par les fleurs de la prairie, ou dans la main du vent agitant son théâtre d’ombres. A l’instant où j’écris, j’essaie de rejoindre tous ceux là.
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