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EAN : 9782070406951
110 pages
Gallimard (05/01/1999)
4.2/5   485 notes
Résumé :
Tu meurs à quarante-quatre ans, c'est jeune. Aurais-tu vécu mille ans, j'aurais dit la même chose : tu avais la jeunesse en toi, pour toi. Ce que j'appelle jeune, c'est vie, vie absolue, vie confondue de désespoir, d'amour et de gaieté. Désespoir, amour, gaieté. Qui a ces trois roses enfoncées dans le cœur a la jeunesse pour lui, en lui, avec lui. Je t'ai toujours perçue avec ces trois roses, cachées, oh si peu, dessous ta vraie douceur.
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Critiques, Analyses et Avis (78) Voir plus Ajouter une critique
4,2

sur 485 notes
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TheWind
  25 juillet 2016
Ce matin, j'ai laissé "réparer les vivants" sur ma table de chevet. Je venais juste de le terminer. J'avais le coeur serré, comme un vide à combler.
Un petit livre était là, dans ma chambre. Il m' attend depuis longtemps, patiemment, coincé entre les autres. Fluet, discret, humble...
Aujourd'hui, il m'a tendu les bras. Il savait que c'était le bon moment.
Je l'ai lu tranquillement, savouré chaque passage.
"La plus que vive" est une réponse à ce vide que la mort creuse souvent.
Un hymne à l'amour, à la vie, au rire.
Lorsque Christian Bobin a perdu sa compagne Ghislaine, il a d'abord pensé qu'il n'écrirait plus, comme un enfant qui boude et qui en veut au monde entier parce qu'on lui a enlevé ce qu'il aime.
Puis, il a écrit ce livre parce que c'est dans l'ordre des choses.
Parce que l'écriture, c'est un baume, une nécessité, une délivrance.
Les mots étaient là...vivants et magnifiques !
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Marmara
  20 juin 2020
À travers ce très court texte, Christian Bobin rend hommage à Ghislaine, la femme qu'il a aimée, décédée à l'âge de quarante-quatre ans. La perte qu'évoque l'auteur est de celles qu'on s'interdit de pleurer, car pleurer reviendrait à prendre conscience de la rupture irrévocable d'un lien qu'on voulait éternel, et il est des souffrances qu'un coeur d'Homme ne peut soutenir... L'écriture est tendre, mais au regard des critiques que j'ai lues, je m'attendais à un roman plus empreint de poésie. Je regrette également de n'avoir pas mieux connu cette jeune femme, car ce qu'en dit l'auteur, à savoir qu'elle était aimante, libre et rayonnante, ne m'a pas permis de me la figurer, si bien qu'à regret, je suis restée un peu à distance de ce récit.
Je suppose ceci dit que là était le choix de Christian Bobin, qui a opté pour une approche plus philosophique de cette "chose" qu'est la mort, et qui par instants, est la cause de souffrances tellement indicibles. l'auteur aborde différents thèmes tels que la vie, la mort, l'éternité, la place que tient une mère auprès de son enfant, et celle que tient également un père, sur ce dernier point je n'adhère pas, mais tout point de vue a le mérite d'exister. J'ajouterai que l'analyse qu'il a faite de la jalousie me parait très juste, il expose avec une telle clarté le pathétique de ce sentiment, que je m'en trouverais guérie comme par enchantement si je l'étais de manière déraisonnable.
Monsieur Bobin est un auteur que je relirai, et même si je n'ai pas réussi à prendre la mesure du chagrin dont cet ouvrage est l'objet, et ce pour des raisons déjà évoquées, cet auteur, qui s'interdit de verser des larmes, est de ces Hommes qui, à l'instar de Henri Calet, pourrait confesser, "Ne me secouez pas, mon corps est plein de larmes"...
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blanchenoir
  27 février 2014
Un livre qui se dévore, et qui nous dévore...
Un coeur se met à nu pour nous parler de la splendeur de l'amour, un amour passé, et toujours présent, Vivant, malgré la mort. Une mort qui n'est pas séparation mais absolu. L'absolue pureté de l'amour nous est ici relatée avec des mots qui, par-delà la description, nous empoignent profondément.
La plus que vive est véritablement un livre bouleversant qui insiste sur la nécessité du rire.
Ici, le manque rejoint la joie insufflée de et par l'être aimée toujours là... Alors, l'amour nous est dévoilé... Nous touchons ici à ce qu'est la noblesse de l'amour......
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Levant
  10 octobre 2015
Christian Bobin s'adresse à sa femme, au présent. Au gré des pages l'imparfait la lui vole. Il se reprend vite, dès qu'il s'en rend compte.
Il refuse le présent sans elle. Il refuse d'être avec elle à l'imparfait.
Sa femme est morte.
La plus que vive est un ouvrage qui nous apprend la "brume sur la terre vidée de son rire". Il nous apprend l'amour avec des mots de tous les jours.
Le bonheur c'est toujours à l'imparfait.
Ce n'est pas apitoyant.
C'est bouleversant.
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lecteur84
  21 juin 2014
Ce n'est pas un livre, c'est un chant, un chant d'amour où la mort est tour à tour absence et présence mais toujours accompagnée par l'Amour. L'auteur nous livre son sentiment d'éternité et de continuité de l'amour, en enfouissant la douleur dans des mots d'une infinie tendresse. sans jamais s'appesantir sur sa douleur, il pose un regard plein de tact de délicatesse, à l'image de cette rose rouge, attendant la fin de l'hiver pour revenir...Merci à Cioran de m'avoir une nouvelle fois conseillée un excellent livre
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Citations et extraits (220) Voir plus Ajouter une citation
DanarelleDanarelle   02 août 2022
Il y a quelque chose de terrible dans chaque vie. Il y a, dans le fond de chaque vue, une chose terriblement lourde, dure et âpre. Comme un dépôt, un plomb, une tache. Un dépôt de tristesse, un plomb de tristesse, une tache de tristesse. À part les saints et quelques chiens errants, nous sommes tous plus ou moins contaminés par la maladie de la tristesse. Plus ou moins. Même dans nos fêtes elle peut se voir. La joie est la matière la plus rare dans ce monde. Elle n'a rien à voir avec l'euphorie, l'optimisme ou l'enthousiasme. Elle n'est pas un sentiment. Tous nos sentiments sont soupçonnables. La joie ne vient pas du dedans, elle surgit du dehors - une chose de rien, circulante, aérienne, volante.
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DanarelleDanarelle   02 août 2022
Pendant ces quinze jours je piétinais dans la mauvaise éternité des plaintes : j'avais l'impression que tu épousais le monde entier - sauf moi. C'est le petit enfant en moi qui trépignait et faisait valoir sa douleur comme monnaie d'échange. Et puis j'ai vu que tu n'écoutais pas ce genre de choses et j'ai compris que tu avais raison, profondément raison de n'en rien entendre : le discours de la plainte est inaudible. Aucune trace d'amour là-dedans. Juste un bruit, un ressassement furieux : moi, moi, moi. Et encore moi. Au bout des quinze jours un voile s'est déchiré en une seconde. Je pourrai presque parler de révélation. D'ailleurs c'en est une. Tout d'un coup ça m'était égal que tu épouses le monde entier. Ce jour-là j'ai perdu une chose et j'en ai gagné une autre. Je sais très bien ce que j'ai perdu. Ce que j'ai gagné, je ne sais comment le nommer. Je sais seulement que c'est inépuisable.
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DanarelleDanarelle   02 août 2022
On peut donner bien des choses à ceux que l'on aime. Des paroles, un repos, du plaisir. Tu m'as donné le plus précieux de tout : le manque. Il m'était impossible de me passer de toi, même quand je te voyais tu me manquais encore. Ma maison mentale, ma maison de coeur était fermée à double tour. Tu as cassé les vitres et depuis l'air s'y engouffre, le glacé, le brûlant et toutes sortes de clartés.
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DanarelleDanarelle   02 août 2022
Nous vivons dans le vide ouvert par un évènement, nous allons d'un évènement à l'autre et il faut parfois des années pour qu'un évènement succède à un autre. Entre les deux, le vide. Enfin, pas tout à fait : survient parfois la belle lumière d'un visage, d'une parole, d'un geste. J'ai une passion pour les visages. Contempler les visages est mon activité première. Contempler suppose d'être en retrait. Quand on est dans une chose, on ne sait plus la voir. On ne peut être qu'en retrait dans cette vie. On ne peux jamais être entièrement dans cette vie.
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DanarelleDanarelle   02 août 2022
Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu'un peu. Il nous faut naître par la chair et ensuite par l'âme. Les deux naissances sont comme un arrachement. La première jette le corps dans le monde, la seconde balance l'âme jusqu'au ciel.
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Videos de Christian Bobin (65) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christian Bobin
"Peu de livres changent une vie. Quand ils la changent, c'est pour toujours, des portes s'ouvrent que l'on ne soupçonnait pas, on entre et on ne reviendra plus en arrière." En guise de fil rouge pour ce nouvel épisode, cette citation de Christian Bobin. Nous avons interrogé quatre personnes. À chacune, nous avons posé la même question: "Quel est le livre qui a changé votre vie ?". Se sont prêtés au jeu, l'autrice Lilia Hassaine, le bibliothécaire brestois Loïc Martin, le lecteur passionné Nicolas le Verge et le libraire de Dialogues Julien Laparade.
Un épisode imaginé en partenariat avec le réseau des médiathèques de Brest, dans le cadre de la Nuit de la Lecture 2022.
Bibliographie :
- La Pitié dangereuse, de Stefan Zweig (éd. Grasset) https://www.librairiedialogues.fr/livre/52433-la-pitie-dangereuse-roman-stefan-zweig-grasset
- La Taupe, de John le Carré (éd. Points) https://www.librairiedialogues.fr/livre/13541117-la-trilogie-de-karla-la-taupe-roman-john-le-carre-points
- Deux ans de vacances, de Jules Verne (éd. le Livre de poche) https://www.librairiedialogues.fr/livre/732645-deux-ans-de-vacances-eux-ans-de-vacances-jules-verne-le-livre-de-poche
- l'été, d'Albert Camus (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/454969-l-ete-albert-camus-folio
- le Destin miraculeux d'Edgar Mint, de Brady Udall (éd. 10-18) https://www.librairiedialogues.fr/livre/1849842-le-destin-miraculeux-d-edgar-mint-brady-udall-10-18
- La Petite lumière, d'Antonio Moresco (éd. Verdier) https://www.librairiedialogues.fr/livre/18885936-la-petite-lumiere-antonio-moresco-verdier
- Djamilia, de Tchinghiz Aïtmatov (éd. Folio) https://www.librairiedialogues.fr/livre/18640-djamilia-tchinghiz-aitmatov-folio
- La Bibliothéque des écrivains, de Stéphanie Khayat (éd. Flammarion) https://www.librairiedialogues.fr/livre/19792504-la-bibliotheque-des-ecrivains-le-livre-qui-a-c--stephanie-khayat-flammarion
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