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TheWind
  25 juillet 2016
Ce matin, j'ai laissé "réparer les vivants" sur ma table de chevet. Je venais juste de le terminer. J'avais le coeur serré, comme un vide à combler.
Un petit livre était là, dans ma chambre. Il m' attend depuis longtemps, patiemment, coincé entre les autres. Fluet, discret, humble...
Aujourd'hui, il m'a tendu les bras. Il savait que c'était le bon moment.
Je l'ai lu tranquillement, savouré chaque passage.
"La plus que vive" est une réponse à ce vide que la mort creuse souvent.
Un hymne à l'amour, à la vie, au rire.
Lorsque Christian Bobin a perdu sa compagne Ghislaine, il a d'abord pensé qu'il n'écrirait plus, comme un enfant qui boude et qui en veut au monde entier parce qu'on lui a enlevé ce qu'il aime.
Puis, il a écrit ce livre parce que c'est dans l'ordre des choses.
Parce que l'écriture, c'est un baume, une nécessité, une délivrance.
Les mots étaient là...vivants et magnifiques !
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Marmara
  20 juin 2020
À travers ce très court texte, Christian Bobin rend hommage à Ghislaine, la femme qu'il a aimée, décédée à l'âge de quarante-quatre ans. La perte qu'évoque l'auteur est de celles qu'on s'interdit de pleurer, car pleurer reviendrait à prendre conscience de la rupture irrévocable d'un lien qu'on voulait éternel, et il est des souffrances qu'un coeur d'Homme ne peut soutenir... L'écriture est tendre, mais au regard des critiques que j'ai lues, je m'attendais à un roman plus empreint de poésie. Je regrette également de n'avoir pas mieux connu cette jeune femme, car ce qu'en dit l'auteur, à savoir qu'elle était aimante, libre et rayonnante, ne m'a pas permis de me la figurer, si bien qu'à regret, je suis restée un peu à distance de ce récit.
Je suppose ceci dit que là était le choix de Christian Bobin, qui a opté pour une approche plus philosophique de cette "chose" qu'est la mort, et qui par instants, est la cause de souffrances tellement indicibles. l'auteur aborde différents thèmes tels que la vie, la mort, l'éternité, la place que tient une mère auprès de son enfant, et celle que tient également un père, sur ce dernier point je n'adhère pas, mais tout point de vue a le mérite d'exister. J'ajouterai que l'analyse qu'il a faite de la jalousie me parait très juste, il expose avec une telle clarté le pathétique de ce sentiment, que je m'en trouverais guérie comme par enchantement si je l'étais de manière déraisonnable.
Monsieur Bobin est un auteur que je relirai, et même si je n'ai pas réussi à prendre la mesure du chagrin dont cet ouvrage est l'objet, et ce pour des raisons déjà évoquées, cet auteur, qui s'interdit de verser des larmes, est de ces Hommes qui, à l'instar de Henri Calet, pourrait confesser, "Ne me secouez pas, mon corps est plein de larmes"...
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blanchenoir
  27 février 2014
Un livre qui se dévore, et qui nous dévore...
Un coeur se met à nu pour nous parler de la splendeur de l'amour, un amour passé, et toujours présent, Vivant, malgré la mort. Une mort qui n'est pas séparation mais absolu. L'absolue pureté de l'amour nous est ici relatée avec des mots qui, par-delà la description, nous empoignent profondément.
La plus que vive est véritablement un livre bouleversant qui insiste sur la nécessité du rire.
Ici, le manque rejoint la joie insufflée de et par l'être aimée toujours là... Alors, l'amour nous est dévoilé... Nous touchons ici à ce qu'est la noblesse de l'amour......
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Levant
  10 octobre 2015
Christian Bobin s'adresse à sa femme, au présent. Au gré des pages l'imparfait la lui vole. Il se reprend vite, dès qu'il s'en rend compte.
Il refuse le présent sans elle. Il refuse d'être avec elle à l'imparfait.
Sa femme est morte.
La plus que vive est un ouvrage qui nous apprend la "brume sur la terre vidée de son rire". Il nous apprend l'amour avec des mots de tous les jours.
Le bonheur c'est toujours à l'imparfait.
Ce n'est pas apitoyant.
C'est bouleversant.
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lecteur84
  21 juin 2014
Ce n'est pas un livre, c'est un chant, un chant d'amour où la mort est tour à tour absence et présence mais toujours accompagnée par l'Amour. L'auteur nous livre son sentiment d'éternité et de continuité de l'amour, en enfouissant la douleur dans des mots d'une infinie tendresse. sans jamais s'appesantir sur sa douleur, il pose un regard plein de tact de délicatesse, à l'image de cette rose rouge, attendant la fin de l'hiver pour revenir...Merci à Cioran de m'avoir une nouvelle fois conseillée un excellent livre
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dancingbrave
  05 avril 2019
Christian Bobin s'adresse à Ghislaine, la femme qu'il a aimée, la femme qu'il aime au delà de sa mort soudaine et prématurée.

Tout le monde peut parler à une personne disparue, tout le monde peut nous parler d'elle ; moins nombreux sont ceux qui pourront écrire à cette personne.
Encore moins nombreux sont ceux que nous souhaiterions lire, que nous supporterions de lire.

Christian Bobin a ce talent. Ces mots sont simples, à priori quelconques…et pourtant ils travaillent en nous.
Même si jamais nous ne pourront connaître Ghislaine – et le propos de l'auteur n'est d'ailleurs pas là – nous sommes témoins du dialogue des âmes de ces deux là.
A travers les éclairs de sentiment, de lucidité, que l'auteur provoque en nous, nous entrevoyons comment nous grandissons au contact des autres, comment, au-delà de la mort, ceux que nous avons aimés et, pourquoi pas haïs, vivent en nous, comment nous vivons chargés de leurs traces indélébiles, immortelles.

Je peux concevoir que Christian Bobin puisse dérouter certains lecteurs, mais son écriture est d'une humanité vibrante. Même lorsqu'il nous parle de la mort il nous parle de la vie.
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berni_29
  20 mai 2018
La plus que vive est un tournant dans l'oeuvre de Christian Bobin.
L'auteur se retourne vers la mort pour voir celle-ci qui emporte l'amie, l'être aimée. Mais à la différence d'Orphée, celle qui est partie ne s'éloigne jamais, se rapproche encore plus près de celui qui tend la main, ne veut pas la perdre, l'aime plus que jamais, continue de vivre avec elle.
« L'événement de ta mort a tout pulvérisé en moi
Tout sauf le coeur ».
C'est tout d'abord une mort qui foudroie. Lorsque la mort vient, souvent elle frappe par deux fois. Ici l'homme qui parle, l'homme aimant, qui aime celle qui est morte, est foudroyé, mais il parle, donc il vit encore. Il survit peut-être. Il nous parle, nous écrit.
Le chagrin apaise, guérit, apprend à vivre. Je ne sais pas ce qui m'a fait connaître Christian Bobin. Je crois parfois que ce sont les livres qui nous choisissent.
Lorsqu'un jour j'ai fini par ouvrir ma fenêtre, ce livre est entré et s'est posé près de moi comme un oiseau.
Il m'a tout d'abord parlé du manque, de l'absence.
Puis des vivants et des morts.
Et aussi de ceux qui croient et de ceux qui ne croient pas.
Le chagrin n'est pas la tristesse. Au contraire, peut-être…
A l'inverse d'Orphée, Christian Bobin peut-être ne s'est jamais retourné vers la mort.
Il a accompagné l'être aimée là où sa mort devait l'amener, déjà dans ce livre. Là… Puis ailleurs, là où à chaque instant quelque chose nous rappelle un souvenir, où il faut revenir, aller, dans la lumière plus que vive du jour, dans le chant des oiseaux et l'odeur des fleurs…
L'auteur dit la mort, par-delà la mort. Il dit la vie. Croyants ou non-croyants, peu importe car tous se posent la même question face à la mort, lorsqu'elle arrive chez un être cher. Pourquoi ? Ce sont les réponses qui diffèrent. Quoique…
Les réponses de Christian Bobin ne se situent pas dans ce clivage souvent irréconciliable.
Il propose d'autres réponses par-delà les chemins trop bien appris.
Il dit d'autres mots. Il le dit avec ses mots, avec le chant des cigales et du rossignol. Il le dit dans la joie.
Plus tard, nous sommes apaisés. Si nous n'avons pas obtenu de réponses à nos questions, ce n'est pas grave. Ce texte nous a apaisé, bien que nous sentions encore dans le frémissement des pages la douleur de celui qui les a écrites.
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gouelan
  07 juin 2016
« Et c'est la neige qui revient et cette fois-ci elle reste, elle simplifie la vue en recouvrant les petites différences du paysage, et c'est ta mort qui s'attarde et recouvre les petites singularités de ton séjour sur terre, cette préférence accordée par toi à de menus objets… »

Sa femme est morte et ce n'est pas en regardant sa tombe qu'il continuera à la rendre vivante, mais plutôt en lui tournant le dos, en se mettant face à la vie. Faire entrer à nouveau la joie frivole dans le coeur, chasser la tristesse qui l'encombre, tenter d'apercevoir la rose rouge qui pointera le bout de son nez quand l'hiver sera passé.

Un roman qui raconte l'amour léger, vivant, fou, qu'on ne peut mettre en cage. Un amour intelligent. Une vie vouée à la gaité, à la liberté, et à l'envie toujours pressante de se lancer en avant, en traversant les déchirures, en en faisant de l'espoir.

La mort est rendue plus douce si on la voit comme une ondulation de la vie. Comme si elle avait revêtu une nouvelle robe. Elle nous parle un autre langage, à travers les objets et les souvenirs. À nous de l'entendre, une fois la déchirure rendue moins douloureuse, une fois le manque de l'autre apprivoisé.

« vivez encore, toujours, vivez de plus en plus, surtout ne vous faites pas de mal et ne perdez pas le rire. »

Des mots d'amour, de liberté, d'intelligence et de gaité, tout en légèreté et en simplicité. De l'amour, du manque, naît l'espoir, l'envie de le faire revivre.
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candlemas
  10 avril 2018
Je ne serai pas dithyrambique sur ce petit "essai poétique de 100 pages ; mais ce fut néanmoins un bon moment de lecture, et de découverte de Christian Bobin, que je compte bien poursuivre.
Cette longue lettre intime, par delà la mort, à son amie Ghislaine, n'était peut-être pas la meilleure occasion de rencontrer -et critiquer, dans de telles circonstances- les écrits de ce monsieur.
Je dois avouer en effet que la candeur -ou pureté- de ses mots m'a parfois agacé, et que la justesse de mots travaillés appliquée à de belles pensées, mais finalement simples, voire lieux-communs, m'a empêché d'en percevoir la seule beauté, me donnant l'impression qu'on cherche juste à faire pleurer dans les chaumières...
Mais, malgré ces moments de doute, l' "amoureux du silence et des roses" m'a semblé le plus souvent sincère, et, dans ces moments là, la douce simplicité de ces mots, alliée à un sens de la formule, a porté juste, suscitant l'émotion.
Sa poésie n'a rien de révolutionnaire, elle se veut d'ailleurs tout le contraire, comme une chanson de Cabrel : ancrée dans un quotidien provincial non événementiel, elle révèle simplement une sensibilité qui s'est attardée dans l'enfance, où l'amour et la mort, la joie et la tristesse, sont intimement liées.
Cette douceur simple et sans surprise, alliée à une pensée d'inspiration chrétienne traditionnelle, n'est pas a priori ma tasse de thé, mais pour autant je relirai certainement, et avec plaisir, du Christian Bobin, pour cette douce sensibilité qu'il exprime, pour la justesse de ses formules, et parce moi aussi, parfois, j'aime approcher en silence les roses rouges et me ressourcer dans la pureté de la première neige.
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AnneCath
  27 juillet 2011
Lu d'une traite La plus que vive, cet hymne à l'Amour, d'une fulgurance rare, que Christian Bobin adresse à titre posthume à sa compagne, disparue prématurément à l'âge de 44 ans suite à une rupture d'anévrisme.

Il y a quelque chose qui touche au sacré et à l'essentiel dans les livres de Bobin. C'est une écriture incomparable, qui révèle une vraie compréhension des choses de la vie et une grande intelligence de coeur. La perfection à l'état pur pour autant qu'elle fasse partie de ce monde...
Lien : http://rozven.hautetfort.com
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