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EAN : 9782070401925
1056 pages
Gallimard (18/05/2006)
4/5   234 notes
Résumé :
Si, de nouveau, la mode est aux conteurs, le moment est venu de redécouvrir le premier d'entre eux, Giovanni Boccace, qui doit peut être au millésime de sa naissance en 1313 l'une des plus éclatantes fortunes littéraires de tous les temps. Composé vers 1350, traduit dans l'Europe entière, imité voire pillé pendant des siècles, son Décaméron eut une postérité aussi prestigieuse qu'innombrable de Chaucer à La Fontaine, de Molière à Potocki. Fuyant la peste qui décime... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
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krzysvanco
  05 septembre 2016
Difficile de résumer cette oeuvre monumentale...
Le Décameron réunit un ensemble de cent nouvelles, le titre dérive du grec et signifie "dix journées". La structure est élaborée : durant une épidémie de peste, dix jeunes (sept jeunes femmes et trois jeunes hommes) se rendent dans une villa en dehors de Florence, et pour passer le temps de manière agréable, chacun à son tour raconte une histoire, et cela durant dix jours. Chaque jour est consacré à un thème différent. Chaque jour un roi ou une reine, élu, organise la journée et choisit l'argument du jour.
Boccace met en scène ses centres d'intérêt fondamentaux : la chance, la nature, l'amour, l'érotisme, l'ingéniosité humaine. Deux grandes classes sociales y sont représentées : d'un côté la nouvelle classe des marchands, de l'autre le monde de l'aristocratie.
Le génie de la classe des marchands se manifeste par sa capacité à profiter de l'occasion pour retourner à son avantage une situation qui paraissait désespérée.
Les nouvelles sont divertissantes et très agréables à lire.
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5Arabella
  23 février 2018
Oeuvre extrêmement célèbre, une des oeuvres fondatrices de la littérature italienne et européenne, le Décaméron a été écrit entre 1349 et 1353. Il s'agit d'un recueil de nouvelles, dix groupes de dix nouvelles, donc cent nouvelles en tout, ce qui donne son titre à l'ensemble.
Nous sommes à Florence en 1348, pendant la période terrible de la grande peste, qui s'abat sur l'Italie, et sur Florence. Dans un premier temps, nous avons la description de cette période d'horreur dans la ville ; la peste provoque la mort, le désordre social, la décomposition morale. Une sorte d'enfer sur terre, où l'homme est confronté à toutes les misères et terreurs, et où les plus mauvais penchants de la nature humaine s'expriment ; où la vanité de l'existence humaine, des aspirations et désirs sont mis en évidence. Sept jeunes femmes décident de fuir, de se donner une chance d ‘échapper à tous les risques et conséquences de la situation ; elles proposent à trois jeunes gens de les accompagner. le groupe se réfugie à la campagne, une campagne idyllique, une sorte de paradis terrestre, par opposition au terrible tableau de la ville. Là, dans ce cadre enchanteur, nos jeunes gens vont s'adonner à des activités nobles, raffinées, et pour faire passer le temps d'une manière encore plus agréable, vont raconter des histoires. Une histoire par jour pour chaque membre du groupe, ce qui en dix jours nous donnera les cent récits du recueil.
Boccace a puisé dans de très nombreuses sources pour ces histoires : dans des recueils d'anecdotes historiques, dans des contes, dans La légende dorée, dans des comédies de Plaute et de Térence, des vidas de troubadours, des fabliaux français etc. Mais il ne s'agit que rarement de reprendre fidèlement une trame originelle : Boccace reprend une situation, un motif, qu'il réécrit à sa manière, s'emparant complètement de son matériel d'origine pour en faire une création originale. Il sera à son tour source d'inspiration, ses histoires seront reprises et réécrites par d'autres : La Fontaine, Chaucer, Shakespeare, Perrault, Musset, Lope de Vega, Pasolini, et beaucoup d'autres vont trouver l'inspiration dans ses récits.
L'architecture d'ensemble du recueil est complexe : huit des dix journées ont chacune un thème imposé, sur lequel doivent porter les récits, la Fortune, les ressources de l'intelligence, l'amour, une fois malheureux, une fois heureux, les mots d'esprit, deux fois les mauvais tours, enfin la dernière journée portant sur la libéralité. Les récits se complètent et se répondent, plus qu'ils n'empilent des situations semblables. Des variations subtiles, des contrepoints.
Les récits présentent des personnages, d'origines diverses (mêmes si les personnages florentins sont les plus nombreux), de toutes conditions sociales ; rois et sultans, pauvres paysans et ouvriers, mais les personnages les plus présents sont les membres de la nouvelles bourgeoisie montante, les marchands, qui sont la nouvelle classe dirigeante des cités. le Décaméron est une sorte de Comédie humaine de son temps avant la lettre, présentant un panorama sociologique élargi, embrasant l'ensemble d'une société, même si Boccace donne la place centrale à la caste bourgeoise dont il est issu.
Même si la religion est forcément présente, avec par exemple, les personnages de prêtres, de moines, de religieuses, il ne s'agit au final que d'hommes et de femmes comme les autres, avec les mêmes désirs, aspirations, vertus et vices. La crainte du péché, le soucis de salut, ne sont pas vraiment une grande préoccupation pour les personnages. Il s'agirait presque d'une vision laïque du monde, dans laquelle la religion est plus une tradition, un discours un peu convenu, qu'une inspiration, un guide pour la conduite. Ce qui guide l'homme et la femme de Boccace, c'est beaucoup plus la nature, et en premier lieu l'élan des sens. le méconnaître est une sorte de perversion, d'où naissent au final les vices et la bestialité. D'où le plus grand défaut des dames est d'être cruelles à leurs soupirants, et celui des hommes d'être jaloux.
Différents récits mettent en valeur des qualités essentielles pour Boccace. La première est l'intelligence, l'esprit. Il faut avoir la repartie vive, et trouver le stratagème, la solution, aux situations parfois difficiles dans lesquelles on se retrouve. Mais il y aussi la libéralité, une forme de générosité, la capacité à donner. le tout avec élégance et urbanité. Il s'agit d'une sorte de modèle, d'un art de vivre idéal. D'une philosophie de l'existence.
Les différentes nouvelles sont dans des registres très différents, du récit comique, grivois, élégiaque, drôlatique, tragique… Avec des niveaux de langage, des techniques narratives très diverses.
Un livre univers, ancré dans la culture de son époque, mais aussi en dehors du temps, et presque de l'espace, créant dans un lieu idéal, par le langage, le verbe, l'image d'une société libre, dans laquelle l'homme pourrait s'épanouir. Même si la mort rôde à la porte.
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Epictete
  04 février 2014
Le nom de ce livre et susceptible de rebuter de nombreux novices, croyant se retrouver devant un ouvrage hyper classique. En fait, c'est un recueil de cent nouvelles, racontées lors de la réunion de dix amis, sept femmes et trois hommes, réfugiés dans une villa près de Florence, afin d'échapper à une épidémie de peste.
Afin de passer le temps, chacun d'entre eux devra raconter une histoire chaque jour. La retraite, qui dure dix jours, donne naissance à cent nouvelles pleines d'esprit et de raffinement.
L'auteur s'inspire de textes de l'Antiquité grecque et romaine et du folklore, des légendes. Cette oeuvre majeure de Boccace est souvent considérée comme fondatrice de la littérature italienne. On est surpris de trouver un recueil de nouvelles paru en 1353. Pourtant le style existait bel et bien, et correspondait bien à cette tradition de l'oral, où chacun à la veillée racontait à son tour une histoire, une légende...
Le décaméron se lit facilement, d'autant que l'on en trouve de nombreuses versions un peu expurgées, qui ne contiennent pas toutes les nouvelles de la version complète.
Cependant, les histoires étant indépendantes on peut en lire quelques-unes, passer à autre chose et y revenir sans problème.
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araucaria
  20 mars 2020
Le Décaméron, recueil de 100 nouvelles, racontées en 10 jours est le chef d'oeuvre de Boccace.
Je suis en partie en désaccord avec la quatrième de couverture où il est mentionné : "La variété des thèmes, du style et des idées fait du Décaméron une oeuvre unique dans l'histoire de la littérature.", car je trouve qu'il y a souvent répétitions (maris cocufiés, moines ou prêtres s'adonnant à la luxure, femmes copieusement rossées, qu'elles soient épouses ou domestiques, mauvais tours...). de ce fait si j'ai pris plaisir à découvrir cette oeuvre du Moyen-Age, devant la densité du livre j'ai vite trouvé le temps assez long. Plus de 450 pages de farces moyenâgeuses, c'est beaucoup, trop pour moi. Je me serais contentée d'un nombre plus restreint de nouvelles. Petite déception.
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RockyRacoon
  06 août 2022
Février 2000, classe de 2nde, cours de littérature italienne. Je soupire en découvrant le nom du nouvel auteur que nous allons commencer à étudier, Giovanni Boccaccio.
Le programme de cette année porte sur les auteurs du XIVe au XVIIe siècle et à 15 ans, l'intérêt pour la littérature du XIVe tient pour beaucoup à la manière dont le professeur va aborder le sujet. Or, soyons honnêtes, ma prof d'italien ne nous a guère transportés jusqu'à présent. Après avoir planché durant trois mois sur la Divine Comédie de Dante, puis sur la poésie de Pétrarque, nous arrivons Boccaccio et son Decameron, coincés entre 1349 et 1353. Je soupire encore… 1349… à ce rythme là, nous aborderons les auteurs du XXe la veille du bac, dans deux ans… il paraît que c'est une chance d'étudier la Divine Comédie, ma mère me le répète sans arrêt, mais j'ai 15 ans et demi et la prof nous a fait étudier l'oeuvre à coups de paraphrases de l'italien du XIVe en italien moderne. A tel point qu'aucun d'entre nous n'a été très sensible aux pérégrinations de Dante aux côtés de Virgile, pas plus qu'à la beauté de sa divine Beatrice.
Idem pour Petrarca, dont la portée majeure pour la poésie m'a laissée de marbre, aveugle à la beauté de ses vers pour Laura.
La prof énumère les éléments principaux de la biographie de Boccaccio. J'ai envie d'aller skier, de dormir, j'ai faim et je commence à compter les minutes qui me séparent de la récré.
Toujours très scolaire, la prof nous détaille la structure du Decameron. … Tiens, Célia s'est coupée les cheveux ; même avec les cheveux courts, elle reste la plus jolie fille du lycée…
En 1348, la peste noire ravage Florence.
Eh ben c'est gai… je préférais peut-être les mornes poèmes à Béatrice finalement… Célia me tend un chewing-gum. Merci, mais j'ai toujours faim.
Dix jeunes gens, sept filles et trois garçons, décident de fuir la ville pour s'isoler dans une demeure à l'écart, afin d'échapper à la situation sanitaire. Leurs noms : Pampinea, Fiametta, Filomena, Emilia, Laurette, Neifile et Elissa pour les filles ; Panfilos, Filostratos, Dioneo pour les garçons.
Héhé, ça c'est plutôt original comme prénoms ! Célia fait une blague sur les prénoms, je ricane doucement, la prof ne supporte pas les bavardages.
Il est désormais question de « cornice narrativa », sorte de point de ralliement de toutes les nouvelles, l'épicentre auquel elles se rattachent toutes, ici la villa dans lesquels les jeunes gens sont isolés. Entre chaque nouvelle, Boccaccio nous ramène à la villa, parmi ces dix personnes, avant que l'un d'eux ne nous transporte dans un nouveau récit.
Mmmh. Je dois bien avouer que le concept est novateur… et que Boccaccio commence à me plaire. Célia me demande si j'ai commencé à réviser pour le DS de physique de jeudi - non, bien sur que non…
Chaque jour, un roi ou une reine est élu et décide d'un thème, sur lequel chacun des personnages devra composer un récit afin de divertir les autres. Dix récits par jour.
Je trouve peu à peu que Boccaccio a quelque chose d'un génie, un génie avec beaucoup d'humour.
Plus tard, après ce premier cours, après la récré et même après le DS de physique, nous découvrirons les nouvelles.
La cinquième nouvelle de la deuxième journée, sous la régence de Filomena, s'intitule « Andreuccio da Perugia », racontée par Fiametta. La pédagogie très scolaire de notre prof ne nous empêchera pas de rire aux aventures d'Andreuccio.
Sous la régence de Filostratos, le thème sera les amoures malheureuses - moins gai, donc. Pour la cinquième nouvelle de cette quatrième journée, Filoména évoque Lisabetta da Messina, morte pour avoir versé trop de larmes. La nouvelle la plus triste de toute l'oeuvre nous a captivé autant qu'Andreuccio.
La magie opère, indépendamment de l'enseignement de ma professeure, je vais être captivée par Boccaccio, à tel point que j'attends désormais sans appréhension le prochain auteur du programme, un certain Ariosto.
Et même Célia ne parvient plus à me distraire.
Un jour, quand je serai grande, je relirai Dante, peut-être même Petrarca.
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Citations et extraits (83) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   02 mars 2020
... Près de l'église Saint-Pancrace vivait un homme riche, tout confit de dévotion, appelé Puccio Ranieri, mais qu'on désignait plutôt sous le titre de frère Puccio, à cause de sa particulière dévotion à Saint-François. Il marmonnait continuellement ses patenôtres, allait aux sermons et aux messes, chantait des cantiques en même temps que les laïcs, jeûnait, se soumettait à toutes sortes de macérations et disciplines. Sa femme, Isabetta, qui n'avait pas encore dépassé les trente ans, était belle, fraîche et ronde comme une pomme fenouillette; la sainteté et sans doute l'âge de son mari lui imposaient des abstinences dont elle se serait bien passé : quand elle avait envie de folâtrer avec lui, il lui racontait la vie du Christ, les sermons de frère Anastase, les lamentations de Madeleine et autres gaudrioles. Vers cette époque, revint de Paris un moine appelé don Felice, du couvent de saint Pancrace, jeune, bien fait de sa personne, aussi spirituel et savant que frère Puccio était stupide et ignare. Celui-ci, néanmoins, se prit pour lui d'amitié et l'amena à fréquenter sa maison. Dame Isabetta lui fit aussi bonne figure. L'ayant bien examinée par devant et par derrière, le moine se dit que certaines choses devaient manquer à son bonheur; et l'idée lui vint de vouloir suppléer frère Puccio, afin de le soulager dans ses fatigues. Ses regards furent assez éloquents; si bien que la dame s'enflamma bientôt du même désir que lui, et ils s'entretinrent ensemble de la meilleure façon de parvenir à leurs fins.
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araucariaaraucaria   01 mars 2020
(Le sultan) voulut ensuite achever ce qu'il avait commencé quatre ans plus tôt : les noces de sa fille avec le roi d'Algarve. Il lui écrivit pour lui narrer les faits, disant qu'il était prêt à la lui réexpédier si tel était son désir. Le roi d'Algarve de son côté en eut très grand plaisir : il envoya un navire à sa rencontre et la reçu en grande pompe. Et elle, qui dans le lit de huit hommes avait couché peut-être dix mille fois, fut reçue comme pucelle dans le sien. Et elle vécut longtemps à son côté en excellente reine.
De cette histoire est né le proverbe : Bouche baisée ne perd point sa fortune, elle se renouvelle comme fait la lune.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   28 avril 2016
Tel est le sujet du livre, mais il a une portée autrement grande que celle de simples récits destinés à distraire ou à émouvoir les belles lectrices auxquelles Boccace l’a spécialement dédié. C’est la peinture vivante de toute une époque, de la société telle qu’elle était au quatorzième siècle ; depuis le serf courbé sur la glèbe, jusqu’au très haut et très puissant baron qui n’a qu’un mot à dire, un signe à faire, pour envoyer impunément à la mort femme, enfants, vassaux ; depuis la courtisane qui se vend, jusqu’à la grande dame qui se donne, en passant par l’humble fille qui gagne sa vie en travaillant, et chez laquelle la passion souveraine, l’amour, n’agit pas avec moins d’empire que chez les princesses de sang royal ; depuis le pauvre palefrenier épris de la reine et parvenant, à force d’intelligence et de volonté, à satisfaire sa passion, jusqu’au roi bon enfant et paterne, qui se laisse cocufier comme un simple bourgeois de Florence ; depuis le moine fainéant et goinfre, coureur de femmes et montreur de reliques fantastiques, telles que les charbons du gril de saint Laurent ou les plumes de l’ange Gabriel, jusqu’au sinistre inquisiteur, « investigateur de quiconque avait la bourse pleine » ; jusqu’à l’abbé mîtré et crossé, détenteur de biens immenses et tenant nuit et jour table ouverte à tous venants. Et tous ces personnages ont une allure si naturelle, ils se meuvent dans un cadre si vrai, si bien ajusté à leur taille, que nous les voyons aller et venir comme si nous avions vécu au milieu d’eux en plein quatorzième siècle.
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araucariaaraucaria   29 février 2020
(...) Elle revint donc à la cheminée où elle avait laissé son hôte, commença de le regarder amoureusement et dit : "Hé! Rinaldo! Pourquoi avez-vous cet air pensif? Etes-vous inconsolable pour la perte d'un cheval et de quelques pièces de drap? Allons, un peu de gaieté! Vous êtes ici chez vous. J'irai même plus loin : en vous voyant dans ces vêtements qui furent naguère à mon défunt mari, j'ai cru qu'il m'était revenu. Et cent fois ce soir m'est venue l'envie de vous embrasser. Seule la crainte de vous déplaire m'a retenue."
Voyant les yeux brillants de la dame, Rinaldo, qui n'était pas tombé de la dernière pluie, s'avança vers elle les bras ouverts : "Ah! Madame! dit-il. Moi qui vous dois la vie, qui me rappelle les souffrances auxquelles vous m'avez arraché, comment pourrais-je ne pas faire tout ce que je puis pour vous satisfaire? Si tel est votre plaisir, embrassez-moi donc autant qu'il vous plaira, et je vous rendrai la pareille plus que volontiers." Les mots ensuite furent inutiles : elle, qui brûlait comme une torche, se jeta dans ses bras....
(Le bon saint Julien)
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EpicteteEpictete   04 février 2014
Ces jeunes gens, se voyant très riches en fonds de terres et en argent comptant, ne se gouvernèrent que par eux-mêmes, et commencèrent par prodiguer leurs richesses en dépenses purement superflues. Grand nombre de domestiques, force chevaux de prix, belle meute, volières bien garnies, table ouverte et somptueuse, enfin non-seulement ils avaient en abondance ce qui convient à l’éclat d’une grande naissance, mais ils se procuraient à grands frais tout ce qui peut venir en fantaisie à des jeunes gens ; c’étaient chaque jour nouveaux présents, nouvelles fêtes, sans parler des tournois qu’ils donnaient de temps en temps.

Un train de vie si fastueux devait diminuer bientôt les biens dont ils avaient hérité. Leurs revenus ne pouvant y suffire, il fallut engager les terres, puis les vendre insensiblement l’une après l’autre pour satisfaire les créanciers. Enfin, ils ne s’aperçurent de leur ruine que lorsqu’il ne leur restait presque plus rien. Alors la pauvreté leur ouvrit les yeux que la richesse leur avait fermés.
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Videos de Boccace (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Boccace
BOCCACE – Les Contes du Décaméron et l’Italie du XIVe siècle (BNF, 2002) Une conférence d’Isabelle Heullant-Donat, agrémentée des lectures de Macha Méril, donnée le 9 décembre 2002 dans le cadre des Lundis de l’Arsenal de la Bibiothèque nationale de France. L’intervention fut diffusée, dans une version réalisée par Malika Mezghach, sur France Culture, en février 2003.
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