AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 9791026211730
Éditeur : Librinova (21/07/2017)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Mitote (prononcez mi-to-té) : définit chez les Toltèques l’inconscient, qui crée une sorte de brouillard – fait de nos secrets - entre les autres et nous.

Été 1979. Stéphane, Jean-Jacques, Blaise et Agatha vivent un été enchanté, bercés par la musique de Led Zeppelin et leurs rêves de gloire.
Devenus inséparables, les trois garçons emménagent ensemble à Nancy pour poursuivre leurs études. Une vie de fêtes et d’insouciance… ou presque, car Sté... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
diablotin0
  21 mai 2018
Babelio c'est aussi la rencontre d'auteurs, de belles découvertes et c'est ce que je viens de vivre en lisant la fille au mitote de Marceline Bodier .
Ce livre est un roman psychologique tout à fait passionnant. La psychologie des personnages est analysée avec beaucoup de finesse. Les relations qui se jouent entre les trois amis Stéphane, Blaise Jean- Jacques et Agatha, la soeur de ce dernier sont décrites avec beaucoup de talents.
On est en 1979, cette petite bande d'amis se retrouvent dans un village près de Nancy. La musique et tout particulièrement Led zeppelin jouera un rôle important. L'été terminé , les trois jeunes hommes vont entreprendre des études de médecine et devenir colocataires à Nancy.
C'est un vrai bonheur de vivre avec eux ses années d'études, leurs sorties, leurs rêves , leurs conquêtes… mais un drame va survenir, Stéphane, le grand séducteur va être assassiné.
Marceline Bodier nous projette alors en 2008, le fils de Stéphane va relancer l'enquête, il veut savoir qui était son père, qui l'a tué, il va alors contacter la fille de jean Jacques espérant en apprendre un peu plus sur cette bande d'amis. Ces deux jeunes gens ont été élevés dans l'ignorance de ce qui s'est passé. Ils vivent avec le poids d'un secret qu'ils vont tenter de lever .
C'est une véritable quête d'identité qui va alors être menée. Ce livre n'est pas un thriller, c'est un livre sur les relations humaines, sur l'identité , sur les non-dits, les secrets.
Lire ce livre avec en musique de fond les morceaux de Led zeppelin proposés par Marceline Bodier est un plus !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          663
kielosa
  31 octobre 2017
Une des grandes qualités de cette oeuvre réside dans l'approfondissement psychologique des personnages. On se croirait soi-même étudiant à Nancy, dégustant une quetsche sur une terrasse de la splendide Place Stanislas, avec assis à côté et en face, Jean-Jacques, Ruth, Blaise, Agatha, Stéphane et les autres. Tellement que les héros de la première oeuvre de Marceline Bodier "La fille au mitote" sont merveilleusement bien caractérisés par leur créatrice.
Lorsqu'on ne connaît pas ou peu Led Zeppelin on croit au début avoir un sérieux handicap pour apprécier à sa juste valeur, comme il le mérite, l'ouvrage de notre amie, Marceline Bodier. Ce qui est malencontreusement mon cas. J'ai presque honte à l'admettre, mais je croyais bêtement que Led Zeppelin était le nom d'un chanteur de hard rock américain et non un groupe de rockers anglais. Non pas que j'en suis resté, en musique, à Maurice Chevalier et Édith Piaf, mais presque ! Ce qui est donc regrettable en l'occurrence puisque leur immense succès "Stairway to Heaven" forme en quelque sorte le leitmotiv du roman. Bref, plutôt un cas de "mea culpa" qu'une critique à l'adresse de l'auteure. Et miracle : on n'est nullement gêné par ce trou dans sa culture pour suivre et saisir les finesses de son conte psychologique raffiné.
Il est évident que Marceline Bodier est une Lorraine qui adore sa région natale. Elle parle de "cette lumière lorraine si particulière dans laquelle le soleil prend des tons dorés exacerbés par le vert très vif de l'herbe et des mirabelliers, multipliés par l'omniprésence des boutons d'or et des fruits d'un jaune brillant dans les arbres. Verte et dorée ; lumière de l'Est. Terre de l'Est..." Et je peux comprendre cette envolée lyrique, cet enthousiasme, car les particularités de la Lorraine-Lothringen ne me laissent moi, pourtant originaire d'un autre coin d'Europe, non plus indifférents. Loin s'en faut, plutôt le contraire. Car cela peut paraître bizarre qu'un Flamand évoque avec une certaine nostalgie la Meurthe-et-Moselle, mais mettons que je garde de très bons souvenirs personnels de cet endroit, qui, plus est, situé à l'époque où se situe l'action du livre, fin des années 1970 et la première partie de la décennie suivante. En d'autres termes notre Marceline me réserve un retour en arrière pas désagréable du tout.
Bien que l'histoire, elle, comporte des moments pas exactement agréables. Après tout il s'agit d'un drame, car il y a mort d'homme. Si Jean-Jacques, avec sa soeur Agatha, et Blaise ont passé leur enfance dans le village (fictif) de Lincey. Stéphane, par contre vient de la grande ville de Nancy, où ses parents ont émigré quand il était môme. Dans le petit cercle d'amis, il apporte la culture, les idées modernes, stimule études et ambitions et fait découvrir Led Zeppelin et le hard rock. Mais il devient simultanément l'élément perturbateur et c'est lui qu'on trouve un beau jour sauvagement assassiné. Quoique que cet ouvrage ne soit pas à proprement parler un thriller, je ne puis naturellement en dire davantage sans marcher sur les plates-bandes de la narratrice et léser ses futurs lecteurs.
Comme l'ont souligné d'autres chroniques, le dénouement de la fille au mitote prend par surprise. Pourtant, une fois le livre reposé, on se rend compte que le véritable retournement de situation a eu lieu au milieu du roman, quand ce qu'on croyait être une enquête sur un meurtre se révèle être aussi la quête d'identité d'une jeune fille, quête du sens de son histoire et du sens de sa présence sur terre. Elle pressent, sans avoir aucune possibilité de le voir, qu'il procède d'événements qui impliquent d'autres qu'elle-même, et le lecteur, lui, pressent que la première partie du livre n'y est pas étrangère ; mais de quoi s'agit-il... Quand le dernier chapitre nous le révèle, nous pouvons alors comprendre le choix du mot "mitote" pour donner son titre au livre. Car c'est un étrange choix que celui de ce terme, que la quatrième de couverture rapproche de l'inconscient, mais qui ne lui est pas exactement superposable. Si l'auteure a préféré ce mystérieux mot-valise, c'est sans doute pour être au plus près de ce qui est au coeur du roman, une idée proche de la psychogénéalogie, que le livre résume de cette formule : "Elle savait, parce qu'elle avait toujours aimé cette image, que nous sommes du tissu dont les songes sont faits. Mais de quels songes s'agit-il… des songes des autres plus que des siens !"
Nous pouvons nous estimer heureux d'avoir Marceline Bodier, après Laure Barachin, Corine Dufosset, Ingrid S.Kim, Laetitia Montou et Charlotte Sapin, etc... à bord de Babelio. J'espère que notre site de lecteurs soit bénéfique à toutes ces artistes, dont on n'imagine probablement pas assez les difficultés au début, car publier un (premier) ouvrage n'est, hélas, pas uniquement une question de talent : il y a les contraintes du marché et les exigences des éditeurs auxquelles il faut faire face, sinon cela devient une entreprise onéreuse et risquée. C'est aussi une question de courage et tout courage mérite admiration et support. Et que Marceline Bodier dispose royalement de ce talent, ne fait pour moi pas l'ombre d'un doute.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          5120
Jolap
  23 mai 2019
Marceline Bordier nous offre un récit savamment construit.
Nous sommes en 1979.
Blaise, Stéphane, Jean-Jacques et sa soeur Agatha sont inséparables. Une joyeuse bande d'amis, doués, fiers, ambitieux, imaginatifs et malgré quelques interrogations passagères sereins quant à leur avenir respectif. Ils vivent un quotidien paisible, une jeunesse protégée par un caractère volontaire, des idées bien ancrées « bercés par la musique de Led Zeppelin ».
Je vois dans La fille au Mitote deux lieux : Nancy, la capitale des ducs de Lorraine, la grande ville et Lincey un nom imaginaire pour un petit village qui existe certainement en Lorraine avec son herbe tellement verte et ses mirabelles tellement dorées Deux mondes : les parents et les enfants marqués par un décalage sensible .Deux temps : Celui de l'insouciance, des fêtes et de la musique et celui de la maturité, des choix avérés, des doutes, des drames et des séparations.
J'ai vécu avec deux catégories de personnages aussi: ceux qui choisissent et ceux qui subissent.
La musique est toujours là, en sourdine parfois, imposante aussi, souvent, cette musique qui sert de lien entre les personnages, entre les événements. Cette musique, sorte de liant, j'ose presque dire de ciment à joints donne corps à l'édifice, aide les personnages à rester debout vaille que vaille malgré leurs fêlures, malgré leurs regrets et leurs réticences, leurs amours déçues.
J'ai lu le premier tiers de ce roman avec curiosité et gourmandise. Des personnages s'animaient et Marceline Bordier me les a présentés d'une manière étonnante, précise, vus de l'intérieur. Elle leur a donné vie. Une ambiance saine, joyeuse, espiègle, prometteuse. Certains étaient plus séduisants que d'autres mais tous étaient combattants, tous étaient brillants et avaient un sacré potentiel. Tous avaient le culte de l'amitié. de leur amitié.
A la fin de cette première partie un drame s'est produit. Stéphane a été assassiné. Une décharge, un chaos. L'écriture s'est emballée. Les violences affectives ont été camouflées et les années ont étouffé le reste. Tout est resté lisse en surface. Tant mieux. Tant pis! Va pour un crime commis pas un vagabond. La justice a tranché. Certains se sont séparés et la vie s'est déchaînée imposant à chacun son destin.
Le fils de Stéphane et la fille de Jean-Jacques ne se connaissent pas. Ils vont se rencontrer et tenter de démêler cette histoire……une trentaine d'années plus tard..une enquête commence avec ses hauts et ses bas. Une quête essentielle pour savoir, comprendre, et se trouver.
Marceline Bordier analyse avec une plume fine, touchante et sensible les mécanismes de la jalousie, de l'ambition, de l'humiliation, de la culpabilité, de l'amitié, des sentiments, de la fierté, des préjugés avec une petite musique en bruit de fond, cette petite musique qui adoucit, qui permet de garder le cap. L'appartenance, les racines, les classes sociales, les relations parents-enfants, le rôle des apparences sont clairement abordés dans ce récit ou la vérité combat le silence, les rivalités latentes finissent par éclater et les personnalités finissent par se révéler. L'écriture est rythmée et le fil de l'histoire se déroule comme soutenue par une partition cohérente. La portée est solide. Les notes harmonieuses.
Mais je me pose une question Marceline. Entre Esfira et Jonathan. Dites-moi ! Une belle histoire a-t-elle toutes ses chances ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          403
jeunejane
  30 novembre 2017
Le prologue commence par un enterrement en 2008.
Une silhouette se glisse entre les tombes.
Une semaine plus tôt avait lieu un festival de musique et de littérature auquel participent des amis dont l'amitié de jeunesse s'était déroulée de 1979 à 1985.
Ils étaient trois amis, Jean-jacques, Blaise et Stéphane.
L'un d'eux, Stéphane a été assassiné et le meurtre n'a jamais été élucidé.
Stéphane était en couple avec Virginie et celle-ci a accouché d'un garçon quelques mois après le crime.
Devenu adulte, le fils, Robert, va essayer de percer le mystère en compagnie d'Esfera qui symbolise la fille au mitote ( un nom d'origine toltèque qui signifie l'inconscient habité par nos secrets entre nous et les autres).
Esfera est en effet habitée par des personnages mystérieux, aux secrets ténébreux.
La vérité sera recherchée par de nombreux interviews qui vont nous dévoiler le point de vue de chaque personne pour aboutir à une fin inattendue.
Les personnages sont finement analysés et tous les éléments de l'intrigue sont admirablement liés entre eux.
Petit bémol pour moi, il faut pour entrer à fond dans le roman connaître la musique des Led Zeppelin que je ne connais que de nom mais mon ignorance n'empêche quand même pas la compréhension du roman qui adopte un fil conducteur très clair.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          5211
AMR
  02 avril 2018
Quand Marceline Bodier m'a proposé de lire son roman dans le cadre d'un service de presse, j'avais déjà entendu parler de la Fille au Mitote, plutôt en bien, par une amie babélienne, Sally Rose. J'ai donc été ravie de recevoir ce livre, en version papier (ce qui est rare pour les SP en général) et particulièrement touchée par la démarche et la confiance de l'auteure, avec qui je suis depuis en relation sur les réseaux sociaux littéraires.
Ce roman explore les amitiés adolescentes et leur devenir à l'âge adulte : trois garçons inséparables, quelques filles, de la musique, des études, une colocation, une complicité, des jalousies, des différends, des rivalités, des amours, des disputes… et enfin un drame quand l'un d'eux est assassiné…
L'originalité vient du fait que l'enquête non élucidée est reprise à la génération suivante par le fils de la victime et la fille d'un de ses amis : l'un cherche à connaître ce père mort avant sa naissance et l'autre veut clarifier des secrets familiaux. Marceline Bodier va emmener ses lecteurs de l'été 1979 à l'été 2008, en remontant le temps, dans une trame narrative chorégraphiée à partir de fragments de réalités liés à la notion complexe du mitote, sorte d'inconscience toltèque, de brouillard constitué des rêves et des perceptions de chacun des personnages auxquels s'ajoutent sans doute les ressentis des lecteurs.
L'écriture est fluide, à la fois efficace et soutenue, et rapidement addictive. C'est une écriture mise en abyme, une écriture circulaire qui finit où elle commence. Ce roman joue sur différents tableaux contradictoires : temporalité, mode de lisibilité et caractérisations des personnages. Marceline Bodier propose des possibles. Mais, plus on avance dans la lecture, plus les bifurcations possibles se multiplient et plus, paradoxalement, il y a une restriction dans les possibilités.
Les personnages sont très travaillés, finement ciselés. Leurs portraits sont détaillés, physiquement et moralement mais l'auteure ménage des parts d'ombre et de mystère, des déséquilibres mis en valeurs par la polyphonie des points de vue.
Le rythme insufflé par Marceline Bodier laisse présager une spirale infernale, une fin annoncée… Mais, parvenue aux trois-quarts de ma lecture, je ne sais toujours pas où elle va me projeter. Dans le mitote, il y a aussi cette notion de danse en cercle, de ronde : indéniablement, l'auteure mène la danse par l'écriture. Et moi, je pose son livre et je m'endors plusieurs soirs de suite en pensant aux mobiles possibles des uns(es) et des autres, aux brouillards qui entourent parfois les transmissions et les silences familiaux, à mon propre mitote… Car nous devenons tous(tes) des lecteurs(trices) au mitote en nous appropriant cette histoire.
Ce roman a une bande son, une ambiance rock, celle du groupe Led Zeppelin. J'avais plus ou moins l'âge des protagonistes à la fin des années soixante-dix mais ce n'était pas mon groupe de prédilection ; cependant, je l'ai réécouté pendant ma lecture pour m'imprégner de l'atmosphère, en quelque sorte… et retrouver une époque, celle de ma jeunesse avec ses excès et ses trop pleins, qui restaient cependant intimes, privés, personnels… parce que les connexions permanentes des réseaux sociaux n'existaient pas encore et que, d'une certaine manière, nous étions protégés.
La musique est la littérature se rejoignent entre composition et écriture, inspiration et imaginaire. J'ai personnellement été plus sensible à l'intertextualité shakespearienne, omniprésente dans ce roman… Il y a vraiment en posture comparatiste des rapprochements improbables : Led Zeppelin et Shakespeare... Je ne lis pas couramment l'anglais et je n'ai donc pas pu profiter pleinement des épigraphes tirées des chansons du groupe de rock, mais j'ai apprécié le recours au dramaturge elizabétain.
En effet, La Fille au mitote porte en filigrane la plus universellement connue des fictions sur l'amour tragique, Roméo et Juliette, qui auréole le rapprochement entre les deux personnages en 2008 : a-t-on le droit de s'aimer entre Montaigu et Capulet ?
Marceline Bodier propose une réflexion polyphonique sur l'amour, sur l'amitié amoureuse, sur le langage des corps. Certains passages explorent les différents niveaux des relations amoureuses, les plans-drague, les jeux de séduction, les coups de foudre, les calculs ambitieux, l'amour libre, la jalousie, les rivalités. L'amour est porteur d'une forme de fatalité tragique, l'adjectif « fatal » revenant souvent dans le texte.
Les familles se sont éloignées les unes des autres, les rencontres les plus importantes ont lieu près du cimetière comme si la mort et la sépulture étaient des clés de lecture. le prologue annonce une forme de fatalité dans la transmission, au-delà de la tombe.
Tout comme Roméo et Juliette, Jonathan et Esféra espèrent trouver leur place dans l'ordre d'un monde dont on leur a caché la réalité. Il n'est pas anodin que Jonathan ait souhaité changer son nom, comme pour échapper à une hérédité qu'il ne reconnaît pas.
De même, la notion de hasard, au sens de mauvaise fortune, mauvaise rencontre, concours de circonstances est présente au sens tragique du terme.
Ne souhaitant pas en dire plus sur la trame narrative, je ne mène pas plus loin cette approche shakespearienne, sur laquelle je continue à réfléchir en mon for intérieur. Et j'aime quand un roman est ainsi solidement construit, quand je retrouve des sources d'inspiration, une intertextualité qui me parle et inspire ma lecture.
J'ai adoré ce roman, ai eu du mal à le lâcher, y ai repensé beaucoup et souvent. Marceline Bodier possède un vrai talent, celui de nous emmener, de nous interroger, de nous faire nous identifier à ses personnages, de nous intriguer.
J'ai refermé La Fille au mitote, et suis restée pensive, immobile un certain temps… Un superbe roman !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          364
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
MarcelineBodierMarcelineBodier   18 décembre 2017
Jean-Jacques réalisa brusquement qu'il n'avait jamais vraiment raconté sa vie à sa fille. Et pourquoi ? Il n'avait pourtant pas le sentiment de vouloir la lui dissimuler. (…) Mais pourtant, c'était vrai, il ne le lui avait jamais dit. Nous avons tous notre propre vision de notre vie, des épisodes que nous aimons nous rappeler et de ceux que nous préférons laisser dans l'ombre ; et nous avons certainement l'impression que les autres les devinent, savent, ont un accès mystérieux à notre passé, comme si du simple fait qu'il n'est pas tabou, il était évident, transparent, devinable. Mais pourtant non, évidemment !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          202
diablotin0diablotin0   21 mai 2018
Ta naissance a été une telle joie pour tout le monde. Nous sortions d'une période tellement dramatique, difficile... laide... rien ne prépare jamais à l'irruption du laid dans la vie. Nous étions, enfin moi j'étais, dans une effervescence de création pour me sauver du vide qui s'était ouvert à l'intérieur de moi un jour de juin 1985.
Commenter  J’apprécie          330
MarcelineBodierMarcelineBodier   14 février 2018
La fille au mi-to-té. Le mitote, c’est le joli brouillard que notre inconscient diffuse autour de nous et qui obscurcit notre relation aux autres, tout autant que notre relation à nous-même. Nous fonctionnons tous comme ça, nous sommes tous des enfants au mitote, c’est du moins comme ça que nous décrit la sagesse toltèque
Commenter  J’apprécie          328
MarcelineBodierMarcelineBodier   09 novembre 2017
Alors sa tante lui avait redit. L'homme assassiné. Sacré fantôme à trimbaler dans son brouillard : Esfera l'avait empêchée de continuer. Finalement, ça allait comme ça. Un brouillard, un mitote, autour d'elle, c'était bien assez romantique : elle ne voulait pas avoir de détails prosaïques sur ce qui s'était passé. C'était le passé, elle voulait le connaître, mais ce qu'elle en savait à ce moment-là lui suffisait, d'autant plus que le mot dont sa tante venait de le recouvrir lui donnait une beauté nouvelle, qui magnifiait momentanément son mal-être. Oui, elle voulait bien sympathiser avec ce fantôme qui se cachait dans le brouillard qui l'entourait : elle savait qu'il était là, donc il ne pouvait rien lui faire. Et que pourrait-il y avoir d'autre, qui soit pire qu'un homme assassiné ? 
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          113
jeunejanejeunejane   30 novembre 2017
Hier soir, un regard...un regard qui en a fait surgir un autre...un prénom....quand tu m'as trouvée tout à l'heure,
tu as bien vu que je n'étais pas comme d'habitude : hier soir, quelqu'un m'a renvoyée à un regard qui me fixe depuis longtemps et ne me quittera pas dans la tombe,....
Commenter  J’apprécie          260
Video de Marceline Bodier (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marceline Bodier
Vidéo réalisée par les Alumni de l'Ensae Paris Tech, dans le cadre d'une série sur les trajectoires des anciens de l'école. Mise en ligne le 11 avril 2019 sur la chaîne YouTube Ensae Paris Tech.
autres livres classés : nancyVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr




Quiz Voir plus

Freud et les autres...

Combien y a-t-il de leçons sur la psychanalyse selon Freud ?

3
4
5
6

10 questions
291 lecteurs ont répondu
Thèmes : psychologie , psychanalyse , sciences humainesCréer un quiz sur ce livre
.. ..