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EAN : 9782330139131
205 pages
Éditeur : Actes Sud (19/08/2020)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 67 notes)
Résumé :
La belle Ichrak est retrouvée un matin assassinée dans une rue de Casablanca. Tous les hommes la craignaient autant qu'ils la convoitaient? L'enquête, racontée par un jeune Congolais récemment arrivé au Maroc, est prétexte au portrait de groupe d'un quartier populaire. Avec sa vision acérée d'une réalité amère et son humour mordant, In Koli Jean Bofane dénonce la corruption des puissants, les magouilles immobilières, la précarité des migrants et la concupiscence mas... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  07 août 2018
Pour ce livre de la rentrée littéraire 2018, (encore un) « La Belle de Casa » de In Koli Jean Bofane, ce qui m'est d'abord venu à l'esprit, c'est qu'il s'agit d'une belle galerie de portraits dans un décor africain, à Casablanca.
Mais l'histoire commence par un drame, qui est l'un des sujets principaux  : « Sitôt le drame connu, un même cri retentit dans tout le quartier Derb Taliane : « Ichrak metet ! Ichrak est morte ! Et Sese Tshimanga voulut être celui qui l'annoncerait à Mokhtar Daoudi. » (p.7), selon qui « être flic à Casablanca était une situation plus délicate qu'ailleurs parce que le niveau de vie était extrêmement élevé dans la ville. » (p.61)
On se trouve donc, tout de suite, plongé dans cette sombre histoire. Il faut dire que Ichrak était très populaire par sa beauté incomparable, son charme qui rendait les hommes fous d'elle, un certain magnétisme…
Quant à Sese, il démontre un grand talent de manipulateur de femmes afin de leur soutirer de l'argent avec des prétextes délirants. C'est qu'il ne manque pas d'esprit le bougre...
Quand il rencontre la divine Ichrak, il essaie de l'entraîner dans son job douteux, ce qu'elle fait un certain temps seulement.
Dans cet ouvrage, l'auteur nous décrit de nombreux personnages avec pour chacun, les penchants bons ou mauvais, le tout parsemé d'un humour truculent et même grinçant.
Avec l'enquête criminelle, c'est aussi la description de cette société marocaine, où l'argent, le pouvoir, ainsi que le sexe, ont une place importante. Concernant l'argent, il ne va qu'aux riches pendant que les pauvres deviennent encore plus pauvres.
Mais il y a également le regard que porte l'écrivain sur de nombreux problèmes, tels que la corruption immobilière avec, notamment, la belle Madame Farida Azzouz qui veut faire table rase de certains quartiers de la ville pour y construire son empire : « Il est vrai que Mme Azzouz était en position de force. Il avait besoin des terrains débarrassés de ces foutus immeubles qui ne faisaient que pourrir le paysage. Pour boucler le dossier de son investissement, il ne lui restait qu'à s'assurer ces quelques ares. Et cette garce prétendait qu'elle devait d'abord faire évacuer… « (p.113 ).
Outre le meurtre à élucider, cette corruption, les escrocs, les roublards, s'ajoute le problème des migrants avec leur précarité, ce qui est évoqué de temps en temps : « « J'ai des amis, gambiens, nigérians, érythréens, qui sont passés par la Libye, et ils m'ont dit qu'on attrapait les migrants dans le désert. «  (p.97).
Reste le sujet principal : qui était vraiment Ichrak, cette « Belle de Casa » et qui l'a tuée ? On sait que sa mère l'a élevée seule, qu'elle était donc sans père. Ici, la question de la paternité va se poser d'une façon étonnante : suspense (on verra en citation).
Avec ce livre que je trouvais petit (204 pages), j'ai été étonnée par tout ce que l'écrivain nous a révélé. Et quand j'ai lu qu'on lui attribuait un « talent de conteur, son art du dialogue et des portraits », je ne peux que confirmer. En effet, pour ce qui est des dialogues, ils sont particulièrement originaux avec toutes les expressions africaines.
Je n'ai pas pu résister à retranscrire les dernières lignes qui ne révèlent pas le dénouement : «« Casa se remettait des perturbations de ces derniers jours mais, à Derb Taliane, l'ombre d'Ichrak était encore présente. Au quartier Cuba, son souvenir restait vivace, il consumait les chairs rue Souss, (…) Ainsi l'éternité s'exprimait et la voix métallique du muezzin, portée par les vents de l'Atlantique, rappelait à tous que l'infini n'appartient ni aux chiens ni aux hommes, il est l'apanage des âmes, seules. Qui oserait nier cela ? Personne. Pas, en tout cas, dans la ville de Casablanca, que l'on nomme aussi ad-Dar al Bayda. » 
Rajouter autre chose serait superflu et ainsi se termine ma chronique écrite en écoutant souffler le vent Chergui….
Si je ne mets que quatre étoiles, c'est uniquement parce que j'aurais apprécié que le problème des migrants soit un peu plus évoqué, mais ce n'était pas le thème principal, alors je salue l'auteur pour cet ouvrage.
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nanek
  07 octobre 2019
Cette romance s'articule autour de la découverte du corps d'Ichrak dans une ruelle du quartier Derb Tabiane de Casablanca. La sculpturale furie a la gorge tranchée.
Des personnages hauts en couleurs gravitent autour de cette jeune femme qui ne laissait personne indifférent par sa beauté et son insoumission.
Que se soit Sese la débrouille , jeune migrant "Zaïrois" en transit vers l'Europe et qui s'entiche d'elle par amitié et pour du business sur fond d'arnaque internet.
Ou Encore Farida, autre beauté reptilienne, femme d'affaire peu scrupuleuse mariée à Cherkaoui que l'on comprend être l'amant d'Ichrak. Celui-ci est en proie avec un puissant non dit teinté d'oubli.
Plusieurs thématiques sont abordées dans ce roman polar.
La corruption se campe à travers notamment Mokhtar Daoudi, flic véreux en charge de l'enquête pour qui un tabou de son histoire personnelle rejaillit à travers ce drame, secondé par Lahcer Choukri aux faux air de Booba...
Spéculations immobilières, réseaux mafieux ou encore religion fanatisée s'imbriquent et s'entrechoquent, le tout rythmé par une montée en tension où un vent du sud, le "Chergui" électrise les passions.
Les connections entre différentes histoires individuelles et collectives lient ce récits : c'est celle de Gino pulvérisé sur l'autel d'un amour impossible ou encore Dramé le sénégalais, sorte de condensé géopolitique d'Afrique de l'ouest et du Maghreb.
La position de la femme est importante dans ce récit. Son pouvoir d'attraction et les stratagèmes masculins pour l'humilier, l'aliéner, la posséder lorsqu'on a l'argent ou le pouvoir, l'occidentalité se personnifie par Zahira la "folle" devineresse et mère d'Ichrak.
Espoirs et drôleries sont ténus et laissent place subitement au sordide , viol, inceste, prostitution et consort.
C'est riche et écrit d'une agréable plume. Auteur à lire et écouter.
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KateMoore
  09 août 2018
Ichrak est retrouvée morte au petit matin par son ami Sese Tshimanga. La plus belle fille du quartier de Cuba, à Casablanca, ne fera plus tourner les têtes de tous les mâles du coin.
Le commissaire Mokhtar Daoudi ouvre une enquête mais n'ira pas très loin dans ses investigations.
Résoudre le meurtre d'une fille, soit disant aguicheuse, vivant avec sa mère, folle, ne fera pas avancer sa carrière de policier.
L'auteur, In Koli Jean Bofane, nous dresse un portrait haut en couleur des habitants des quartiers Cuba et Derb Taliane. « La Belle de Casa » fourmille de gens plus ou moins honnêtes dans la vie. Il est un conteur hors pair, avec un vrai sens du dialogue. Il a un humour caustique, bien aidé par certaines paroles du rappeur Booba :
« La rue m'a rendu fou, je suis fou d'elle
Je n'ai d'yeux que pour elle
La seule qui me convienne
Je suis tombé pour elle »
« Rien à foutre, si tu parles mal, on va t'allumer
J'veux pas faire la paix mais j'veux bien fumer le calumet. » (page 107)
Le personnage qui va servir de fil rouge dans le livre est bien sûr Ichrak. Elle est révoltée par la concupiscence des hommes. Elle ne supporte plus ces regards appuyés du fait de sa belle silhouette. Elle veut être respectée dans ce monde machiste.
L'absence du père, dès sa naissance, la hante. Est-ce qu'il habite le quartier, Casablanca ou était-il un étranger de passage ?
Ichrak vit avec sa mère, Zahira. A l'âge de sa fille, elle aussi, était considérée comme la plus belle fille du quartier. Elle a un don pour prédire l'avenir. Beaucoup de personnes viennent la voir.
Et puis, on fait la connaissance de Sese Tshimanga. Venu du Congo pour immigrer en France ou en Belgique, son passeur l'a largué au large du Maroc, en plein océan Atlantique.
« Quand Sese avait embarqué, l'Algérien lui avait pris près de la moitié de son argent en dollars. La sorte de cachot qu'il lui avait offerte était un réduit dans la cale du sardinier. Il ne pouvait même pas s'y allonger complètement. le voyage lui avait paru long, mais finalement il ne l'était pas assez, car une nuit Farès lui ouvrit la porte après lui avoir fait ramasser son sac…. Farès, d'une bourrade, venait de le faire chuter dans un canot pneumatique aussi flétri qu'un ballon de baudruche après une nuit de fête agitée. » (pages 15-16)
Il vit de petits « boulots » et essaie d'entraîner Ichrak dans sa combine.
« Parce que Sese était ce qu'on appelle un brouteur, un genre de cyber-séducteur africain. Un de ces types - très jeunes, souvent - qui entretiennent une cour avec quelques dizaines, parfois même des centaines, de femmes amoureuses, pratiquant une drague forcenée dans le but de leur soutirer de l'argent en jouant sur les stéréotypes de l'Afrique indigente…. » (page 20)
Nous avons ici les trois principaux personnages du livre d'In Koli Jean Bofane.
L'auteur nous dépeint, aussi, ces petites frappes, toujours prêtes pour un sale coup, du moment que ça paie bien : Nordine Guerrouj et Yacine Barzak.
Les riches ne sont pas épargnés : Saqr al-Jasser, millionnaire saoudien venu faire des affaires à Casablanca. Il veut construire des immeubles de luxe à la place des quartiers Cuba et Darb Taliane, pauvres et délabrés.
Son homme de main est une femme : Farida Azzouz.
« Parce qu'à Casablanca, la pauvreté était insolente, elle ne se dissimulait pas derrière un périphérique, elle faisait face à la richesse, celle qui s'affichait par des parois de béton et de verre conçues par des architectes prestigieux. » (page 18)
En toile de fond souffle le Chergui, appelé le Sirocco en Europe, qui peut rendre fou n'importe qui.
« Chergui déferlait sur le pays et les peuples s'y étaient accommodés de génération en génération depuis des millénaires. Ces derniers temps, pourtant, le vent perdait de sa suprématie sur les terres qu'il traversait jadis…. le Changement climatique pouvait désormais exposer clairement sa volonté de s'accaparer du pouvoir sur le globe…. Tout ce à quoi Chergui aspire, c'est survoler la Méditerranée en passant par Gibraltar, les Baléares, poursuivre vers la Provence, la Sicile, le Mezzogiorno et accomplir le destin qui lui a été assigné en devenant Sirocco dans ces contrées-là. » (page 37)
Dans ce livre, l'auteur développe certains thèmes : la corruption immobilière, la concupiscence masculine, la précarité des migrants. Il situe son histoire à Casablanca mais, au fond, ces thèmes sont universels.
Je ne peux pas finir ma critique sans parler de la superbe couverture du livre. Avoir Keziah Jones, en photo, c'est de la bombe comme pourrait le dire le rappeur Booba.
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argali
  12 octobre 2018
Tout commence par un meurtre. Qui et pourquoi a-t-on tué la jeune Ichrak en pleine rue ? Les suspects ne manquent pas. le commissaire Daoudi qui la désirait et est justement chargé de l'enquête ? Farida Azzouz qui règne en maître sur le quartier de Derb Taliane ou Nordine, son homme de main ? Un amoureux éconduit ? Et pourquoi semble-t-on vouloir faire porter le chapeau à Sese, devenu l'ami d'Ichrak ?
Tout le quartier est en ébullition depuis ce meurtre et le vent chaud qui souffle sur la ville aiguise encore les tensions. Que lui reprochait-on à Ichrak si ce n'est de vivre libre et de tenir tête à tous ? Elle était belle mais solitaire, flanquée d'une mère malade, perdant un peu la tête. Elle cherchait aussi désespérément à connaitre ses origines et le mystère de sa naissance, elle, la fille sans père. Était-elle trop curieuse ?
Au coeur d'un quartier populaire de Casablanca, on plonge au coeur des jalousies et des passions, du trafic et des affaires, des luttes d'influence et de la concupiscence masculine. Sese fait office de candide dans ce panier de crabes, lui qui a échoué là par hasard, roulé par un passeur. Débrouillard, il joue le séducteur sur internet, un brouteur dans le jargon congolais, et vit de l'argent que lui envoient des femmes naïves dont il exploite, sans scrupule, la solitude.
D'un humour cynique, ce roman dénonce avec lucidité la corruption immobilière, l'exploitation des pauvres et des migrants, les magouilles et les intimidations. Certains sont prêts à tout pour obtenir ce qu'ils convoitent même à monter les gens les uns contre les autres et mettre la ville à feu et à sang dans l'indifférence totale des autorités.
Tout au long des deux cents pages du roman, on oscille entre tragédie et comédie. In Koli Jean Bofane a la plume acérée, féroce et brillante. En quelques traits précis, il dépeint un microcosme populeux haut en couleurs et parvient à nous faire rire des malheurs de l'Afrique. Même si parfois, ce rire est triste.
Un récit à lire pour découvrir une population et un état de fait. Brillant.
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traversay
  05 septembre 2018
Cette fois, In Koli Jean Bofane s'est quelque peu éloigné de son pays natal, la République démocratique du Congo. Après Mathématiques congolaises et Congo Inc, suprêmes délices littéraires, La belle de Casa se déroule, comme son titre l'indique, dans la ville marocaine et plus précisément dans ses quartiers populaires. Ce déplacement géographique n'est que minime en définitive tant Bofane poursuit sa description d'une Afrique débarrassée de nombre de clichés et de tabous. L'auteur garde sa pertinence et son regard perçant et subtil sur un microcosme particulier composé d'une bande de personnages bigarrés au sein d'un roman quasi choral même si dominé par la figure d'Ichrak, la belle de Casa, aux yeux, et au corps, de velours. Au début du livre, elle vient tout juste d'être assassinée. Mais avec de nombreux retours en arrière et de changements de perspective, aux basques des différents protagonistes, Bofane orchestre non pas un récit policier mais une comédie sociale chamarrée et composite où l'on retrouve des maux africains, corruption et distribution inégale des richesses, entre autres, mais aussi intégration des migrants subsahariens qui n'ont pas poursuivi leur périple jusqu'en Europe. Si le tableau n'est pas totalement désespérant, c'est parce qu'on ressent dans le livre une énergie constante, y compris de la part de ceux qui sont les plus démunis, et la bienveillance habituelle du romancier pour ses personnages. Moins burlesque et trépidant que les livres précédents de Bofane, La belle de Casa demeure un ouvrage plus que recommandable, par son style, émaillé d'expressions africaines savoureuses, et par la qualité de sa narration.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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critiques presse (2)
LaCroix   28 décembre 2018
In Koli Jean Bofane raconte la vie d’un quartier populaire de Casablanca où l’on a retrouvé le corps d’une femme désirée de tous.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   10 septembre 2018
L’écrivain congolais (RDC) In Koli Jean Bofane décrit une société marocaine où les uns spéculent dans l’immobilier tandis que les autres vivent de rien, [...] où les migrants subsahariens sont menacés par la haine et le racisme des Nord-Africains. Mais La Belle de Casa est aussi une ode à la littérature et un hommage à la romancière Kaoutar Harchi.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   12 décembre 2020
Juste avant qu'[Ichrak] et Sese n'arrivent devant le Café Jdid, Si Milou observait son jeu mais faisait semblant de rien, comptant sur une erreur d'Abdelwahed qui, lui, maudissait ce qu'il voyait entre ses mains et en même temps – à cause de cela – tous ses partenaires de jeu confondus. Pendant ce temps, Ramdam buvait du petit-lait. Il remerciait mentalement sa mère – que Dieu ait son âme – de l'avoir conçu si intelligent, car chaque carte qui avait été posée l'avait été à bon escient. À l'instant où Mekloufi pensa assommer tout le monde en abattant la couleur que personne n'attendait, il interrompit son geste, la main en l'air, car Ichrak venait d'apparaître. La jeune femme avait attaché ses cheveux et une mèche descendait négligemment sur son œil droit, ajoutant du mystère à ses traits, décuplant l'émoi chez les joueurs de cartes. De plus, elle était vêtue d'une robe bleu électrique à fines bretelles, lâche à la taille, descendant au-dessus du genoux. Les lanières en cuir de sandales plates liaient ses chevilles, en soulignant le galbe. Les jeunes gens n'étaient encore qu'à vingt pas, pourtant la salive commença à abonder dans la bouche des quatre consommateurs installés à la terrasse. Pris au dépourvu, leur système nerveux central n'envoyait plus d'impulsions que vers le milieu de leur corps, vers le ventre et ce qui suivait.

Lorsque Sese les salua d'un "Salam aleykoum !", aucun n'osa entendre la salutation discrète de la voix grave et veloutée d'Ichrak, de peur d'une damnation. Seul Mekloufi, grâce à son passé de trafiquant de haschich, put malgré tout garder une petite dose de sang-froid et répondre quelque chose d'approximatif, mais sa main levée, destinée à triompher, retomba sur la table. Résigné, il ne put que secouer la tête car la démarche et le coup d'œil de trop sur les hanches fabuleuses de la jeune femme qui passait juste à côté d'eux avaient totalement bouleversé leur métabolisme, aux joueurs, le plaçant brusquement en mode low-bat avec obligation de consommation minimale d'énergie. Tous se sentaient soudainement fatigués, le cerveau dérivant pour échapper à cette attirance de nature purement animale. Les bougres n'y pouvaient rien. Tout était juste un peu trop, chez Ichrak, mais un "trop" évoquant l'abondance maîtrisée, la somptuosité délirante, la générosité pourvoyeuse d'apaisement. La vision stéatopyge, sous une taille de guêpe, roulait avec une précision diabolique, sans dérapage aucun, comme ces globes célestes formant les planètes dans le vaste firmament étoilé et qui nous surplombent de façon si magnifique. Ils se sentaient profondément émus, et la victoire que comptait savourer Mekloufi ne représenta plus rien. Frappé, l'ex-trafiquant préféra respirer et méditer une minute avant d'abattre complètement ses adversaires, encore tétanisés par l'émotion, perplexes, le regard contemplant un horizon imaginaire fait des arabesques formant la morphologie supra poétique de la sublime apparition.
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nadiouchkanadiouchka   07 août 2018
A Casablanca, la pauvreté était insolente, elle ne se dissimulait pas derrière un périphérique, elle faisait face à la richesse, celle qui s’affichait par des parois de béton et de verre conçues par des architectes prestigieux. Pour bien faire, il aurait fallu exproprier et raser les dernières masures qui dévaluaient l’environnement, mais les habitants avaient décidé que leur avis comptait.
P.18
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nadiouchkanadiouchka   08 août 2018
- Oh, je raconte pas n’importe quoi, pardon, j’ai fait des études, moi. La faculté.
- Moi aussi, rétorque Mekloufi, qu’est-ce que tu crois.
- Toi, des études ? Où ? Quelle université ?
- En France. Aux Baumettes*. J’ai été malin, j’ai profité d’un programme quand j’étais en prison là-bas.
P.55
* Prison marseillaise.
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nadiouchkanadiouchka   22 août 2018
- Depuis que Sarkozy a rué Kadhafi et mis le bordel, c’est foutu.
- Quand c’est foutu, tu peux faire plus d’argent.
- Y a plus rien !
- Si, les migrants.
P.9
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nadiouchkanadiouchka   08 août 2018
Depuis le 11 septembre 2001, on ne parle que du monde arabo-musulman. Les Arabes par-ci, les Arabes par-là : le Titanic et la guerre de Sécession ? C’est eux. Hiroshima et Fukushima ? C’est leur faute. Le changement climatique ? Pas besoin de demander. Même le vase de Soissons, qui l’a cassé, demande à Sarkozy, il te dira : C’est sûrement les Arabes. Idem pour celui qui a mis le feu à Jeanne d’Arc, si tu poses la question à certains Français.
P.79/80
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Reconnaissable au premier coup d??il grâce à son immense baobab coloré, le salon africain vous fait découvrir la richesse de la littérature du continent noir en mêlant des auteurs encore méconnus à des écrivains réputés. Et c?est également au salon africain qu?a lieu chaque année la remise du prix Ahmadou Kourouma.
Autour du thème « Les chercheurs d?Afriques », les romanciers et essayistes invités reviennent sur les blessures du continent, mais aussi sur ses gloires, sa grandeur et ses aspirations.
Outre les hôtes vedettes de cette édition 2019, Maryse Condé, Prix Nobel « alternatif » 2018 et le rappeur Abd al Malik qui présente son livre/album le jeune Noir à l?épée (Présence africaine/Musée d?Orsay/Flammarion) inspiré de l?exposition du Musée d?Orsay « le modèle noir de Géricault à Matisse », sont annoncés Abubakar Adam Ibrahim, Eugène Ebodé, Mia Couto, Françoise Vergès, Adame Ba Konaré, Elizabeth Tchoungui, Boualem Sansal, Beyrouk, Clemente Bicocchi, Jean Bofane, Tania de Montaigne, Armand Gauz, Ndèye Fatou Kane, Henri Lopes ou Bessora.
Plus d'infos sur https://salondulivre.ch
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