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ISBN : 233011172X
Éditeur : Actes Sud (22/08/2018)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 13 notes)
Résumé :
La belle Ichrak est retrouvée un matin assassinée dans une rue de Casablanca. Tous les hommes la craignaient autant qu'ils la convoitaient? L'enquête, racontée par un jeune Congolais récemment arrivé au Maroc, est prétexte au portrait de groupe d'un quartier populaire. Avec sa vision acérée d'une réalité amère et son humour mordant, In Koli Jean Bofane dénonce la corruption des puissants, les magouilles immobilières, la précarité des migrants et la concupiscence mas... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  07 août 2018
Pour ce livre de la rentrée littéraire 2018, (encore un) « La Belle de Casa » de In Koli Jean Bofane, ce qui m'est d'abord venu à l'esprit, c'est qu'il s'agit d'une belle galerie de portraits dans un décor africain, à Casablanca.
Mais l'histoire commence par un drame, qui est l'un des sujets principaux  : « Sitôt le drame connu, un même cri retentit dans tout le quartier Derb Taliane : « Ichrak metet ! Ichrak est morte ! Et Sese Tshimanga voulut être celui qui l'annoncerait à Mokhtar Daoudi. » (p.7), selon qui « être flic à Casablanca était une situation plus délicate qu'ailleurs parce que le niveau de vie était extrêmement élevé dans la ville. » (p.61)
On se trouve donc, tout de suite, plongé dans cette sombre histoire. Il faut dire que Ichrak était très populaire par sa beauté incomparable, son charme qui rendait les hommes fous d'elle, un certain magnétisme…
Quant à Sese, il démontre un grand talent de manipulateur de femmes afin de leur soutirer de l'argent avec des prétextes délirants. C'est qu'il ne manque pas d'esprit le bougre...
Quand il rencontre la divine Ichrak, il essaie de l'entraîner dans son job douteux, ce qu'elle fait un certain temps seulement.
Dans cet ouvrage, l'auteur nous décrit de nombreux personnages avec pour chacun, les penchants bons ou mauvais, le tout parsemé d'un humour truculent et même grinçant.
Avec l'enquête criminelle, c'est aussi la description de cette société marocaine, où l'argent, le pouvoir, ainsi que le sexe, ont une place importante. Concernant l'argent, il ne va qu'aux riches pendant que les pauvres deviennent encore plus pauvres.
Mais il y a également le regard que porte l'écrivain sur de nombreux problèmes, tels que la corruption immobilière avec, notamment, la belle Madame Farida Azzouz qui veut faire table rase de certains quartiers de la ville pour y construire son empire : « Il est vrai que Mme Azzouz était en position de force. Il avait besoin des terrains débarrassés de ces foutus immeubles qui ne faisaient que pourrir le paysage. Pour boucler le dossier de son investissement, il ne lui restait qu'à s'assurer ces quelques ares. Et cette garce prétendait qu'elle devait d'abord faire évacuer… « (p.113 ).
Outre le meurtre à élucider, cette corruption, les escrocs, les roublards, s'ajoute le problème des migrants avec leur précarité, ce qui est évoqué de temps en temps : « « J'ai des amis, gambiens, nigérians, érythréens, qui sont passés par la Libye, et ils m'ont dit qu'on attrapait les migrants dans le désert. «  (p.97).
Reste le sujet principal : qui était vraiment Ichrak, cette « Belle de Casa » et qui l'a tuée ? On sait que sa mère l'a élevée seule, qu'elle était donc sans père. Ici, la question de la paternité va se poser d'une façon étonnante : suspense (on verra en citation).
Avec ce livre que je trouvais petit (204 pages), j'ai été étonnée par tout ce que l'écrivain nous a révélé. Et quand j'ai lu qu'on lui attribuait un « talent de conteur, son art du dialogue et des portraits », je ne peux que confirmer. En effet, pour ce qui est des dialogues, ils sont particulièrement originaux avec toutes les expressions africaines.
Je n'ai pas pu résister à retranscrire les dernières lignes qui ne révèlent pas le dénouement : «« Casa se remettait des perturbations de ces derniers jours mais, à Derb Taliane, l'ombre d'Ichrak était encore présente. Au quartier Cuba, son souvenir restait vivace, il consumait les chairs rue Souss, (…) Ainsi l'éternité s'exprimait et la voix métallique du muezzin, portée par les vents de l'Atlantique, rappelait à tous que l'infini n'appartient ni aux chiens ni aux hommes, il est l'apanage des âmes, seules. Qui oserait nier cela ? Personne. Pas, en tout cas, dans la ville de Casablanca, que l'on nomme aussi ad-Dar al Bayda. » 
Rajouter autre chose serait superflu et ainsi se termine ma chronique écrite en écoutant souffler le vent Chergui….
Si je ne mets que quatre étoiles, c'est uniquement parce que j'aurais apprécié que le problème des migrants soit un peu plus évoqué, mais ce n'était pas le thème principal, alors je salue l'auteur pour cet ouvrage.
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KateMoore
  09 août 2018
Ichrak est retrouvée morte au petit matin par son ami Sese Tshimanga. La plus belle fille du quartier de Cuba, à Casablanca, ne fera plus tourner les têtes de tous les mâles du coin.
Le commissaire Mokhtar Daoudi ouvre une enquête mais n'ira pas très loin dans ses investigations.
Résoudre le meurtre d'une fille, soit disant aguicheuse, vivant avec sa mère, folle, ne fera pas avancer sa carrière de policier.
L'auteur, In Koli Jean Bofane, nous dresse un portrait haut en couleur des habitants des quartiers Cuba et Derb Taliane. « La Belle de Casa » fourmille de gens plus ou moins honnêtes dans la vie. Il est un conteur hors pair, avec un vrai sens du dialogue. Il a un humour caustique, bien aidé par certaines paroles du rappeur Booba :
« La rue m'a rendu fou, je suis fou d'elle
Je n'ai d'yeux que pour elle
La seule qui me convienne
Je suis tombé pour elle »
« Rien à foutre, si tu parles mal, on va t'allumer
J'veux pas faire la paix mais j'veux bien fumer le calumet. » (page 107)
Le personnage qui va servir de fil rouge dans le livre est bien sûr Ichrak. Elle est révoltée par la concupiscence des hommes. Elle ne supporte plus ces regards appuyés du fait de sa belle silhouette. Elle veut être respectée dans ce monde machiste.
L'absence du père, dès sa naissance, la hante. Est-ce qu'il habite le quartier, Casablanca ou était-il un étranger de passage ?
Ichrak vit avec sa mère, Zahira. A l'âge de sa fille, elle aussi, était considérée comme la plus belle fille du quartier. Elle a un don pour prédire l'avenir. Beaucoup de personnes viennent la voir.
Et puis, on fait la connaissance de Sese Tshimanga. Venu du Congo pour immigrer en France ou en Belgique, son passeur l'a largué au large du Maroc, en plein océan Atlantique.
« Quand Sese avait embarqué, l'Algérien lui avait pris près de la moitié de son argent en dollars. La sorte de cachot qu'il lui avait offerte était un réduit dans la cale du sardinier. Il ne pouvait même pas s'y allonger complètement. le voyage lui avait paru long, mais finalement il ne l'était pas assez, car une nuit Farès lui ouvrit la porte après lui avoir fait ramasser son sac…. Farès, d'une bourrade, venait de le faire chuter dans un canot pneumatique aussi flétri qu'un ballon de baudruche après une nuit de fête agitée. » (pages 15-16)
Il vit de petits « boulots » et essaie d'entraîner Ichrak dans sa combine.
« Parce que Sese était ce qu'on appelle un brouteur, un genre de cyber-séducteur africain. Un de ces types - très jeunes, souvent - qui entretiennent une cour avec quelques dizaines, parfois même des centaines, de femmes amoureuses, pratiquant une drague forcenée dans le but de leur soutirer de l'argent en jouant sur les stéréotypes de l'Afrique indigente…. » (page 20)
Nous avons ici les trois principaux personnages du livre d'In Koli Jean Bofane.
L'auteur nous dépeint, aussi, ces petites frappes, toujours prêtes pour un sale coup, du moment que ça paie bien : Nordine Guerrouj et Yacine Barzak.
Les riches ne sont pas épargnés : Saqr al-Jasser, millionnaire saoudien venu faire des affaires à Casablanca. Il veut construire des immeubles de luxe à la place des quartiers Cuba et Darb Taliane, pauvres et délabrés.
Son homme de main est une femme : Farida Azzouz.
« Parce qu'à Casablanca, la pauvreté était insolente, elle ne se dissimulait pas derrière un périphérique, elle faisait face à la richesse, celle qui s'affichait par des parois de béton et de verre conçues par des architectes prestigieux. » (page 18)
En toile de fond souffle le Chergui, appelé le Sirocco en Europe, qui peut rendre fou n'importe qui.
« Chergui déferlait sur le pays et les peuples s'y étaient accommodés de génération en génération depuis des millénaires. Ces derniers temps, pourtant, le vent perdait de sa suprématie sur les terres qu'il traversait jadis…. le Changement climatique pouvait désormais exposer clairement sa volonté de s'accaparer du pouvoir sur le globe…. Tout ce à quoi Chergui aspire, c'est survoler la Méditerranée en passant par Gibraltar, les Baléares, poursuivre vers la Provence, la Sicile, le Mezzogiorno et accomplir le destin qui lui a été assigné en devenant Sirocco dans ces contrées-là. » (page 37)
Dans ce livre, l'auteur développe certains thèmes : la corruption immobilière, la concupiscence masculine, la précarité des migrants. Il situe son histoire à Casablanca mais, au fond, ces thèmes sont universels.
Je ne peux pas finir ma critique sans parler de la superbe couverture du livre. Avoir Keziah Jones, en photo, c'est de la bombe comme pourrait le dire le rappeur Booba.
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traversay
  05 septembre 2018
Cette fois, In Koli Jean Bofane s'est quelque peu éloigné de son pays natal, la République démocratique du Congo. Après Mathématiques congolaises et Congo Inc, suprêmes délices littéraires, La belle de Casa se déroule, comme son titre l'indique, dans la ville marocaine et plus précisément dans ses quartiers populaires. Ce déplacement géographique n'est que minime en définitive tant Bofane poursuit sa description d'une Afrique débarrassée de nombre de clichés et de tabous. L'auteur garde sa pertinence et son regard perçant et subtil sur un microcosme particulier composé d'une bande de personnages bigarrés au sein d'un roman quasi choral même si dominé par la figure d'Ichrak, la belle de Casa, aux yeux, et au corps, de velours. Au début du livre, elle vient tout juste d'être assassinée. Mais avec de nombreux retours en arrière et de changements de perspective, aux basques des différents protagonistes, Bofane orchestre non pas un récit policier mais une comédie sociale chamarrée et composite où l'on retrouve des maux africains, corruption et distribution inégale des richesses, entre autres, mais aussi intégration des migrants subsahariens qui n'ont pas poursuivi leur périple jusqu'en Europe. Si le tableau n'est pas totalement désespérant, c'est parce qu'on ressent dans le livre une énergie constante, y compris de la part de ceux qui sont les plus démunis, et la bienveillance habituelle du romancier pour ses personnages. Moins burlesque et trépidant que les livres précédents de Bofane, La belle de Casa demeure un ouvrage plus que recommandable, par son style, émaillé d'expressions africaines savoureuses, et par la qualité de sa narration.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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dominica
  23 septembre 2018
Un grand merci a lecteurs.com et à l'opération des explorateurs de la rentrée et aux éditions pour l'envoi et la découverte de ces romans.
Dernier roman découvert et encore une belle surprise!!
Une jeune fille du nom de Ichrak est retrouvée assassinée dans une rue de Casablanca et on recherche le coupable. Elle est très remarquée par les hommes car elle est d'une beauté exceptionnelle.
Les gens racontent que sa mère était encore plus jolie mais aujourd'hui elle est très malade et c'est Ichrak qui doit subvenir aux besoins de sa maman surtout pour les médicaments qui coutent très cher.
Ichrak n'a jamais connu son père et pourtant elle se lie naturellement avec un certain Cherkaoui qui lui de son coté sera très protecteur avec la jeune fille.
Tout au long de ce roman on en devineras les raisons.
Elle se liera également avec un certain Sese qui deviendra son ami et qui l'aideras a trouver un certain emploi afin de subvenir a l'achat des médicaments de sa mère.
Dans ce roman on va être confronté a la crise immobilière avec la menace de disparition de certains quartiers au profil d'un empire juteux, beaucoup de personnages traversent ce roman avec leurs expressions et leurs différences.
On se sent emporté dans cet univers haut en couleurs et le reste de l'histoire s'achève très poétiquement comme dans un conte ou les vents nous transportent dans un autre monde et ou le suspense reste entier jusqu'au bout.
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mdhennin
  17 septembre 2018
Chez In Koli Jean Bofane, la langue française est riche de ses multiples influences africaines, du Congo au Maroc, en passant par l'Algérie. Dans les ruelles de Casablanca, au gré du Chergui, le vent du sud, sont charriés les peines, les joies, les misères et les espoirs de tout le continent africain. Les personnages sont tout aussi denses et derrière leur noble apparence se cachent de lourds secrets sur lequel ce très beau roman lève un coin de voile. Pas trop, mais suffisamment pour qu'on se prenne d'empathie pour tous ces naufragés de la vie.
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critiques presse (1)
LeMonde   10 septembre 2018
L’écrivain congolais (RDC) In Koli Jean Bofane décrit une société marocaine où les uns spéculent dans l’immobilier tandis que les autres vivent de rien, [...] où les migrants subsahariens sont menacés par la haine et le racisme des Nord-Africains. Mais La Belle de Casa est aussi une ode à la littérature et un hommage à la romancière Kaoutar Harchi.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   23 septembre 2018
Zahira venait d’entonner les paroles de Seret El Hob, cet hymne à l’amour d’Oum Kalthoum qui la bouleversait tellement jadis, et qui avait concouru à creuser sa tombe dans une cour du côté de Bab Marrakech. Depuis, cette tombe attend sa dépouille qui ne vient pas.
P.200
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nadiouchkanadiouchka   07 août 2018
A Casablanca, la pauvreté était insolente, elle ne se dissimulait pas derrière un périphérique, elle faisait face à la richesse, celle qui s’affichait par des parois de béton et de verre conçues par des architectes prestigieux. Pour bien faire, il aurait fallu exproprier et raser les dernières masures qui dévaluaient l’environnement, mais les habitants avaient décidé que leur avis comptait.
P.18
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nadiouchkanadiouchka   08 août 2018
- Oh, je raconte pas n’importe quoi, pardon, j’ai fait des études, moi. La faculté.
- Moi aussi, rétorque Mekloufi, qu’est-ce que tu crois.
- Toi, des études ? Où ? Quelle université ?
- En France. Aux Baumettes*. J’ai été malin, j’ai profité d’un programme quand j’étais en prison là-bas.
P.55
* Prison marseillaise.
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nadiouchkanadiouchka   22 août 2018
- Depuis que Sarkozy a rué Kadhafi et mis le bordel, c’est foutu.
- Quand c’est foutu, tu peux faire plus d’argent.
- Y a plus rien !
- Si, les migrants.
P.9
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nadiouchkanadiouchka   08 août 2018
Depuis le 11 septembre 2001, on ne parle que du monde arabo-musulman. Les Arabes par-ci, les Arabes par-là : le Titanic et la guerre de Sécession ? C’est eux. Hiroshima et Fukushima ? C’est leur faute. Le changement climatique ? Pas besoin de demander. Même le vase de Soissons, qui l’a cassé, demande à Sarkozy, il te dira : C’est sûrement les Arabes. Idem pour celui qui a mis le feu à Jeanne d’Arc, si tu poses la question à certains Français.
P.79/80
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Videos de In Koli Jean Bofane (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de In Koli Jean Bofane
In Koli Jean Bofane lisant un extrait de son livre "Mathématiques congolaises".
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