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EAN : 9782266306249
288 pages
Éditeur : Pocket (17/09/2020)
4.26/5   154 notes
Résumé :
Peut-on lutter contre soi-même ? Et si notre cerveau était devenu notre pire ennemi ?
Plus qu'un moment critique nous vivons une véritable tragédie. Surpopulation, surpoids, surproduction, surconsommation, surchauffe, surendettement, nous avons basculé dans l'ère de tous les superlatifs qui mène l'humanité tout droit à sa perte. Si la capacité des ressources de la planète sont comptées, alors nos jours aussi le seront... Inéluctablement.
Mais alors q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
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daniel_dz
  27 août 2021
Le thème de cet ouvrage m'a paru extrêmement intéressant et je m'étonne qu'il ne soit pas davantage développé dans les média: « Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher ». Certes, ce sous-titre alarmiste est racoleur et je reviendrai sur ce défaut plus loin. C'est surtout la très claire description du fonctionnement du cerveau qui m'a intéressé, et cela ne se limite pas à nos réactions face aux questions climatiques; l'auteur donne quelques pistes pour le contrer, mais elles mériteraient d'être développées davantage.
Sébastien Bohler explique principalement le rôle du striatum. Il s'agit d'une partie du cerveau humain mais on la retrouve également chez les autres mammifères ainsi que chez les poissons, les reptiles et les oiseaux. Il a un rôle important dans le « circuit de la récompense »: ses neurones charrient du plaisir et de la dopamine, qui module l'impulsivité, en réponse à tout comportement tourné vers la survie. le striatum est également lié au phénomène d'addiction.
Avec le striatum comme acteur principal, « le cerveau humain est programmé pour poursuivre quelques objectifs essentiels, basiques, liés à sa survie à brève échéance: manger, se reproduire, acquérir du pouvoir, le faire avec un minimum d'efforts et glaner un maximum d'informations sur son environnement ». Prenez le temps de relire ces cinq éléments et d'en avoir conscience; vous les reconnaîtrez dans votre vie de tous les jours. Ainsi, acquérir du pouvoir, c'est la soif de croissance, c'est vouloir avoir plus que son voisin; notez que l'important n'est pas d'avoir beaucoup, mais bien d'avoir plus que les autres. le minimum d'efforts se marque dans le fait de favoriser le court terme. La propension à glaner un maximum d'informations sur son environnement, vous la reconnaîtrez dans le côté addictif de certains réseaux sociaux (je ne voudrais pas mettre Babelio dans le même sac :-) ). L'auteur écrit que les réseaux sociaux « ont trouvé une improbable quadrature du cercle. Ils proposent à toute personne dotée d'une connexion Internet ou d'un téléphone d'étancher sa soif de statut social, même sans travail. de cette façon, par le double truchement de la mécanisation et d'Internet, le cerveau humain a trouvé un moyen de satisfaire deux besoins qui semblaient à première vue contradictoires: 1) ne rien faire et 2) se sentir important. Et ce, de manière démocratique et massive, à l'échelle de milliards d'individus. »
Bien entendu, notre cerveau ne se limite pas au striatum: nous avons aussi un cortex. Mais il prend ses ordres du striatum… L'auteur écrit encore ceci: « Lorsque vous vous habituez à avoir tout instantanément, vous perdez la fonction physiologique qui permet de renoncer à quelque chose maintenant au profit d'autre chose plus tard. […] Nous aimons toujours faire des projets, mais si c'est au prix de sacrifices réels dans l'instant, nous ne possédons plus la connexion physiologique nécessaire pour le faire. Si on nous dit: dans quarante ans, 30 % des terres habitables seront submergées, nous trouvons cela moins gênant que de renoncer à nos vacances annuelles aux Seychelles, et surtout à une bonne côte de boeuf dans notre assiette. »
Alors que faire ? Sébastien Bohler lance des pistes dans la dernière partie de son livre mais sans aller bien loin. En gros, il s'agirait de bien prendre conscience du rôle du striatum et d'essayer détourner le circuit de la récompense en amplifiant le plaisir procuré par d'autres actions que celles que le striatum nous pousse à effectuer. Pour cela, l'auteur met en avant la méditation; on en parle beaucoup, c'est à la mode, mais il me semble que cela fait sens ici.
Lorsque j'entends les discours politiques concernant le climat, ou d'autres grands sujets, je trouve que les politiques font comme si les gens étaient parfaitement rationnels, c'est-à-dire comme si seul le cortex dirigeait leurs actions. Je suis un grand néophyte en neurosciences, mais je trouve que la réalité du striatum devrait être davantage prise en compte dans les discours. Je me dis aussi qu'il serait important pour la société de mettre des points pratiques de neurosciences au programme de l'enseignement secondaire, et pourquoi pas aussi de la méditation.
Sébastien Bohler est docteur en neuroscience. J'ai donc a priori confiance dans la validité scientifique du contenu de son livre. Mais d'autre part, il a quitté le milieu de la recherche depuis longtemps pour devenir journaliste scientifique; il est actuellement rédacteur en chef de la revue « Cerveau & Psycho ». Cela se ressent dans le fait que son livre a davantage un ton de journaliste qui cherche des titres chocs qui feront vendre son journal, plutôt qu'un ton purement pédagogique (je caricature pour faire comprendre l'idée). Il faut donc probablement lisser la formulation excessive ou alarmiste de nombreux titres ou paragraphes. Mon modèle serait, dans un autre domaine de neurosciences, « Activer ses neurones » de Steve Masson.
Donc, sans doute pas le meilleur ouvrage sur le sujet. Mais pour l'instant, c'est le seul que j'ai lu et après avoir gommé ses défauts, il reste un contenu digne d'intérêt, qui se lit assez aisément. Si vous avez des suggestions d'autres lectures, je suis preneur. En attendant mieux, je vous recommande cette lecture éclairante, et pas seulement pour notre comportement envers les problèmes climatiques !
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Haulle
  27 octobre 2020
Je partage ici mes notes d'une conférence de Sébastien Bohler à laquelle j'ai assisté le 06 octobre 2020 à Troyes à l'occasion des Rencontre Francophones de l'Écologie Industrielle et Territoriale ainsi que les impressions sur ce livre récemment lu également.
Les constats de départ sont les cris d'alarmes désormais entendus quasi quotidiennement. Nous sommes actuellement sur la pire des projections du GIEC soit + 5 degrés de réchauffement. Et + 5 degrés c'est un changement de monde pour lequel nous ne sommes pas fait et pas préparé.
Il faut rééduquer notre cerveau. En 1 seconde c'est l'équivalent de 6 bombes Hiroshima en chaleur qui se sont déversées dans les océans.
Homo sapiens a le plus gros cortex de tous les animaux
Le corpus striatum régit cependant le plaisir avec la dopamine
5 grands comportements de survie induisent cette sécrétion de dopamine en lien avec l'évolution de notre espèce :
-Manger
-Se reproduire
-Le statut social
-Se reposer
-Détecter des informations dans l'environnement
Le striatum est un outil de survie issu de l'évolution mais il n'a pas été programmé pour s'arrêter
On a été programmé pour un contexte de rareté
A titre d'exemple, le numérique a dépassé en GES le secteur aérien, nous sommes aujourd'hui devenu des dévoreurs d'informations, tel un effet de l'habituation hédonique. Nous vivons dans une culture de la dévaluation temporaire pour avoir la récompense tout de suite, le plaisir immédiat est devenu notre objectif.
Les fibres de la patience qui lient le stratum au cortex s'atrophient avec le temps quand nous ne fonctionnons qu'aux réponses à nos comportements de survie.
Il nous faut donc apprendre à utiliser son cerveau autrement, en pleine conscience. Quelques exemples possibles :
-Manger moins mais savourer plus
-L'énergie de la connaissance et le plaisir d'apprendre
-La dopamine de l'altruisme. On peut donner du statut social selon des normes que l'on décide ensemble
On a créé une société pour satisfaire notre striatum mais de plus en plus de personnes qui cherchent du sens et ne sont pas heureuses.
Mais il y a un détecteur de sens dans notre cerveau le cortex cingulaire antérieur siège de notre rapport au sens de l'existence, du sens dans les relations et lieu de la dissonance cognitive.
L'homme n'est pas fait pour l'abondance mais pour la rareté.
La vraie sagesse est de continuer à désirer ce que l'on a déjà : Saint Augustin.
Bref, vous l'aurez compris, c'est un livre qui déstabilise et remet en causse l'essentiel de nos comportements et choix de vie. A lire absolument pour comprendre les mécanismes cérébrales à l'oeuvre et être certain d'être dans des choix et comportements pleinement compris et une esquisse, une once de commencement de véritable liberté de choix en conscience.
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JeanPierreV
  11 février 2020
Brillant, passionnant et inquiétant....
Très, très inquiétant en fait!
Un essai qui se lit comme un roman, un roman noir bien pire que le plus noir des polars, dont nous pourrions bien, nous les humains en être les victimes...Rassurons nous...nous ne serions pas les seuls ! Avec nous nous entraîneront une grande partie de la faune sauvage. D'ailleurs nous avons bien commencé !
La faute à qui?
Tout ça est dû à notre cerveau, à nos neurones qui font de nous des éternels insatisfaits, toujours à la recherche du plus, du toujours plus depuis la nuit des temps...Nous avons une bagnole...la prochaine sera plus puissante, plus belle, aura plus de gadgets et viendra égayer notre foyer alors que la précédente n'était pas au bout du rouleau. Nous avons une situation, il nous faut plus, plus de pouvoir, plus d'argent.
"Nous sommes satisfaits lorsque nous recevons plus que les autres".....
Tous nos gouvernants, depuis des lustres axent leur politique sur LA croissance.....Le Dieu Croissance ! Sans croissance, pas de salut ! La croissance est seule guide de nos dirigeants, le point de croissance est l'étalon-or de toutes analyses économiques...Oui, mais la croissance jusqu'où?
Une fois par an les médias nous alertent car nous puisons des ressources toujours plus rapidement qu'elles ne se renouvellent...
Une interview à la télé, quelques minutes d'inquiétude, vite oubliées grâce à la pub qui suit, cherchant à nous vendre un crédit, des voyages....
Dans le même journal d'informations radio ou télé, nous pouvons prendre connaissance des décisions fortes prises à l'occasion d'une conférence pour le climat, et dans le message suivant nous féliciter d'un contrat mirobolant dont les effets seront d'accroître ce réchauffement climatique..Ces conférences se succèdent, mais pour quel effet ? On se donne bonne conscience et on oublie.
3G, 4G, 5G c'est le progrès...des réseaux toujours plus rapides qui nécessitent des ordinateurs tpujours plus puissants, de plus en plus consommateurs d'énergie, pour fonctionner et être refroidis...et des téléphones toujours plus perfectionnés, toujours plus consommateurs de terres rares, tout ça pour quoi? Pour visionner notamment de plus en plus de vidéos pornographiques .... 136 milliards par an !
Consommation de viande, d'énergie...toujours plus...nous le savons, nous en connaissons les conséquences, mais nous persévérons. Nous mangeons sans faim, et l'humanité crève plus d'obésité que de famines !
Le livre est documenté, riche de remarques et d'analyses qui font froid dans le dos, et qui prouvent si besoin était que nous ne sommes pas, collectivement, prêts à changer de modèle, prêts à adopter un autre train de vie. Toujours plus de bagnoles qui roulent, toujours plus d'énergies fossiles consommées...
Et individuellement que faisons nous ? Nos dirigeants ne sont pas prêts à promouvoir ce changement radical, nous ne sommes pas prêts à en assurer les éventuelles conséquences.
Tous se donnent bonne conscience en prenant des décisions qui devront être opérationnelles plus tard, dans 20 ans...ce n'est que dans 20 ans que les bouteilles plastiques devront être supprimées. Mais l'urgence c'est aujourd'hui !
Le diagnostic est clair : "Continuer à promouvoir un système économique qui encourage nos grands renforceurs primaires est sans doute la pire des choses à faire, et c'est malheureusement ce que nous faisons depuis maintenant près d'un siècle, ce qui est en train de nous coûter notre planète."
Cette lecture m'a profondément intéressé et bouleversé, et m'a mis mal à l'aise! Ma vie est sur la fin...encore quelques années dans le meilleur des cas, et je tirerai ma révérence, tous ceux qui liront ce texte également, plus ou moins tard. Mais nos petits enfant seront là. Quel monde allons nous leur laisser? L'humanité sait qu'elle court à sa perte, mais ne change rien.
Jusque là ça va!...jusque là ça va!..jusque là ça va !! Nous sommes dans une voiture sans frein...
Notre cerveau n'est pas programmé pour disposer d'une fonction "STOP". C'est pourtant celle-ci que nous devrions activer en prenant conscience de notre situation.
Oui, mais.... dans mon beau pays, nous élus construisent pour l'avenir un port qui permettra certes de monter des éoliennes mais aussi conçu pour accroître nos importations de pétrole...
Sébastien Bohler n'est pas un doux rêveur...il a fondé cette analyse inquiétante sur ce qui fait la force de l'espèce humaine par rapport aux autres espèces animales : notre cerveau, qu'il connaît bien !
Une force qui nous pousse depuis la nuit des temps au toujours plus...un toujours plus qui peut causer notre perte.
Lueur d'espoir "....dès l'instant où le statut social sera associé aux comportements respectueux de la planète, la partie sera gagnée."
Lien : https://mesbelleslectures.co..
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Didjmix
  28 juillet 2021
Excellent livre qui vient nous expliquer pourquoi nous savons depuis des lustres que nous courons à notre perte, que nous allons droit dans le mur ; et pourtant on ne change absolument pas nos modes de vie (sauf une loi qui interdit les pailles en 2098 !!!). Pourquoi ? Pourquoi ? Serions nous à ce point fous, inconscients, suicidaires ?!?! Et bien non, nous avons, en chacun de nous, notre arme de destruction : notre cerveau. Nous n'y pouvons rien. Ce livre est effrayant et passionnant à la fois. Sinon, vous, vous êtes plutôt cortex ou striatum ?
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jmarcio
  19 mai 2021
De ce livre je fais une lecture assez différente. C'est de la manipulation psychologique par la peur !
A mon avis, ceci n'est pas un livre de vulgarisation scientifique mais plutôt de la militance politico-écologique avec une tentative de manipulation psychologique. Et c'est surtout ça qui me dérange.
Le contenu scientifique de ce livre est contesté par au moins deux chercheurs en neurosciences en activité : Jérémie Naudé (chercheur au CNRS – Université Pierre et Marie Curie) et Thibauld Gardette. On peut aussi consulter la page wikipedia de Sébastien Bohler (vu le 10 janvier 2021), on trouve une critique négative sur ce livre.
Sébastien Bohler a abandonné le monde de la recherche pour devenir journaliste aussitôt il a fini sa thèse, en 2001, 20 ans déjà !
Si vous souhaitez apprendre un peu plus sur cette pulsion de consommation que nous avons tous, je vous conseille vivement le livre "Comment échapper à la dictature du cerveau reptilien" de Didier Pleux, psychologue clinicien. Ce livre parle de cette pulsion dans un cadre général et pas juste de l'impacte écologique, qui reste quand même un impact indirecte.
Pourquoi Sébastien Bohler affiche ses émotions dans son livre ?
La science et le journalisme sont des domaines où l'objectivité est une qualité et le manque un défaut. Il est étonnant de voir apparaître ses émotions (subjectives) dans le texte.
Dans le cas de ce livre c'est une situation, connue en psychologie, dans laquelle quelqu'un transmet (ou essaye de transmettre) ses émotions (sincères ou pas) à autrui. C'est normal et très bien, mais plutôt pour une oeuvre littéraire (romain, …). J'ai des doutes sur la sincérité de ses émotions.
J'en cite trois exemples :
Page 10 – La découverte terrifiante :
"Pour répondre à cette question, je me suis penché sur la partie la plus intime et la moins visible de ce qui fait notre humanité. Ce qui nous échappe, blotti au fond de notre boîte crânienne, si obscur et si caché, mais qui nous gouverne. Notre cerveau."
"Ce que j'ai découvert m'a glacé. Ce cerveau ..."
Pages 11 à 14 – La perte : La maison secondaire achetée par son père, à l'Île de Yeu, quand il avait 17 ans. Les moments heureux à son adolescence et adulte avec ses enfants. La disparition annoncée, de cet endroit tant aimé, suite à la montée des eaux des océans – le réchauffement climatique.
"Mes enfants ont grandi en partie à cet endroit, et s'y sont attachés comme je l'ai fait avant eux. Mais ils ne pourront probablement plus faire de même avec les leurs. C'est cette leçon qu'il faut commencer à leur inculquer."
Perdre un lieu que l'on aime est difficile, …
Pages 139 et 140 – La tartine du petit déjeuner :
le danger annoncé :
"Le 14 novembre 2017, au moment de croquer dans une tartine de pain grillé, j'allume la radio et j'entends le flash d'informations suivant :
Quinze mille scientifiques viennent de lancer une pétition, à la veille du sommet pour la blanète de Bonn, pour tirer une sonnete d'alarme. Nos émissions de CO2 n'en finissent pas d'augmenter…”
et le coup de colère – l'indignation à peine voilée contre le coupable, le capitalisme qui, d'une part, crée des emplois et, d'autre part, sert à fabriquer des avions qui brûleront des combustibles fossiles qui participeront au réchauffement climatique…
"Je termine ma tartine. Une journée se passe, et le lendemain matin, je me retrouve à faire à peu près les mêmes gestes… et j'entends à la radio :
Airbus vient de décrocher un contrat de cinquante milliards de dollars pour quatre cent trente moyen courriers. C'est une très bonne nouvelle.
Je repose ma tartine. Je dois avoir mal entendu.
… Comment les mêmes personnes, les mêmes journalistes, les mêmes directeurs de programmes journalistes, les mêmes directeurs de programmes radio, peuvent-ils, jour après jour, rédiger coup sur coup des communiqués aussi incohérents que la mauvaise nouvelle du réchauffement climatique et la bonne nouvelle d'un contrat industriel qui va accentuer ce même processus ? … On marche sur la tête !"
Où est le rapport – direct – entre le striatum et l'écologie ?
Je me suis demandé quel est le vrai intérêt de parler d'écologie dans ce livre.
Sauf un tout petit nombre de psychopathes, ou des méchants dans les films de James Bond, personne a l'intention de détruire la nature.
Si on suppose que le contenu de son livre sur le striatum est vrai, ce n'est qu'indirectement que le comportement humain pourrait porter atteinte à la nature et la détruire. Au même titre qu'un tas d'autres dommages qui n'ont rien à voir avec la nature : les conflits de tout genre (entre personnes, communautés, pays, …), les jeux de toute sorte, …
Alors, disons le clairement, le sujet principal du livre n'est pas le striatum ou le fonctionnement du cerveau, mais un militantisme écologique.
Et cela semble apparaître dès la couverture du livre :
"Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la nature et comment l'en empêcher ?"
La réponse est, je pense, dans une émission “Arrêt sur images" du 28 juin 2019 : Effondrement : “Les éco-anxieux sont des gens normaux dans un monde malade”
Sur le site de “Arrêt sur images”, on peut trouver la vidéo de l'émission, ainsi que la traduction en mode texte. La partie intéressante est la conclusion, à la fin de l'émission :
Ce sont ces trois interventions qui m'ont mis mis la “puce derrière l'oreille” :
* Sébastien Bohler démontre bien connaître le mécanisme de la peur, en particulier le pré-requis indispensable pour que ça marche : "La peur peut fonctionner si un moyen d'action donné en même temps, sinon c'est même le contraire qui peut se passer";
* Dr. Desbiolles dit que “la peur est nécessaire et c'est ce qui nous a maintenu en vie pendant des millénaires”. Oui, sauf qu'il s'agit d'une peur naturelle par le fait que nous ne connaissons pas l'avenir. Ça n'a rien à voir avec une peur inculquée intentionnellement à une population dans le but d'atteindre un objectif, soit-il valable ou pas.
* Cécile Duflot (militante écologiste anticapitaliste) valide et estime nécessaire la démarche de faire peur pour atteindre cet objectif : “Est-ce qu'il faut faire peur parce qu'il y a un risque ? Oui.”
Mais quel est le problème avec ça ? Il y en a deux : la manipulation psychologique et la diversité des démarches écologiques.
C'est de la manipulation psychologique par la peur ! Vraisemblablement Bohler et Duflot partagent cette démarche.
Sebastien Bohler sait ce qu'il fait : Il crée un discours de danger et rajoute un moyen d'action : le contrôle de la pulsion de consommation.
Quelqu'un qui est en situation de peur n'arrive pas à réfléchir et à prendre des décisions par lui même. C'est pour cela qu'il faut lui donner un moyen d'action (le manipuler) de façon à ce qu'il fasse ce que le manipulateur souhaite et pas la première chose qui peut venir à la tête du manipulé.
C'est une façon de créer une “foule psychologique”, sujet traité par Gustave le Bon déjà en 1895 dans le livre "Foules Psychologiques".
Cette démarche a été mise en oeuvre par les personnes les moins recommandables de l'histoire tels Joseph Goebbels. Je ne mets pas dans le même plan les objectifs de l'écologie et des nazis. Néanmoins je pense voir le même genre de méthode.
Non, Sébastien Bohler et Cécile Duflot, la fin ne justifie pas les moyens.
L'autre problème est la diversité des courants écologiques. Celui de Sébastien Bohler et Cécile Duflot ne sont pas les seuls. Luc Ferry en parle dans son livre "Les sept écologies". Ce n'est pas acceptable qu'un de ces courants utilise ce genre de méthode pour prendre le dessus.
L'écologie est un sujet très sérieux et j'ai l'impression que le but de Cécile Duflot et Sébastien Bohler est plutôt militantisme anticapitaliste déguisé en objectif écologique.
La suite : son nouveau livre "Où est le Sens ?" La même logique : la peur et un moyen d'action.
Dans la quatrième de couverture :
" Notre monde est au bord de l'asphyxie. Les espèces vivantes s'éteignent, les calottes glaciaires se liquéfient, les eaux montent, la température grimpe. Demain, nous serons exposés à des pénuries, à des migrations climatiques, et devrons lutter contre de nouvelles pandémies.
Sommes-nous à ce point impuissants et résignés à périr ?
Certainement pas !
Une ressource insoupçonnée se trouve enfouie dans notre propre cerveau. ..."

Lien : http://lecture.jose-marcio.o..
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
ZexiopZexiop   11 septembre 2021
Se contenter de brandir des libertés individuelles pour affronter l'obstacle démesuré qui se profile à notre horizon frise l'inconséquence. Cela relève d'un anachronisme comparable aux moines du XVème siècle faisant des prières pour faire reculer l'épidémie de peste noire. Il fallait des antibiotiques.
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ZexiopZexiop   11 septembre 2021
La catastrophe consumériste dans laquelle nous sommes engagés n'existerait pas sans ces deux ingrédients : le cerveau d'un primate et la technologie d'un dieu.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   12 mai 2019
Nous sommes peut-être la dernière génération qui vivra dans l’opulence, la santé et la consommation sans frein. Dans trente ans, le monde n’aura plus rien à voir avec ce que nous voyons aujourd’hui. Année après année, les températures montent, les océans aussi, des milliers d’hectares de terres se transforment en désert et des millions de personnes se préparent à quitter leurs foyers pour migrer. De tout cela, nous sommes responsables. Pour la première fois de son histoire, l’enjeu pour l’humanité va être de se survivre à elle-même. Non plus à des prédateurs, à la faim ou aux maladies, mais à elle-même. Elle n’y est pas préparée. Devant ce défi suprême, elle ne répond que par des incohérences. La preuve : pourquoi, alors que nous sommes dotés d’outils extrêmement précis qui nous informent clairement de la tournure que vont prendre les événements dans quelques décennies, restons-nous impassibles ? Pourquoi, face à la catastrophe, continuons-nous à agir comme par le passé ? Qu’est-ce qui, en nous, est si dysfonctionnel ? Pour répondre à cette question, je me suis penché sur la part la plus intime et la moins visible de ce qui fait notre humanité. Ce qui nous échappe, blotti au fond de notre boîte crânienne, si obscur et si caché, mais qui nous gouverne. Notre cerveau. Ce que j’ai découvert m’a glacé. Ce cerveau, qu’on présente comme l’organe le plus complexe de l’univers et dont on chante les louanges à coups d’émissions de télévision et au fil de rayons entiers de librairie, est en réalité un organe au comportement largement défectueux, porté à la destruction et à la domination, ne poursuivant que son intérêt propre et incapable de voir au-delà de quelques décennies. Nous sommes emportés dans une fuite en avant de surconsommation, de surproduction, de surexploitation, de suralimentation, de surendettement et de surchauffe, parce qu’une partie de notre cerveau nous y pousse de manière automatique, sans que nous ayons actuellement les moyens de le freiner. Tout n’est pas perdu, parce que certaines parties de ce même cerveau ont la capacité de raisonner autrement. Mais elles sont en minorité, et elles ont du mal à se faire entendre. Pour faire gagner cette minorité silencieuse, il faut d’abord connaître la puissance de ces forces qui œuvrent de manière souterraine. J’ai voulu ici détailler le fonctionnement des circuits neuronaux profonds qui nous conduisent à notre perte, pour que toutes celles et ceux qui souhaitent comme moi un autre destin sachent à qui ils s’attaquent. Car il faut connaître son ennemi pour triompher, dit l’adage. Seul problème, il s’agit ici de se connaître soi-même. (p. 9-10)
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daniel_dzdaniel_dz   13 août 2021
Lorsque vous vous habituez à avoir tout instantanément, vous perdez la fonction physiologique qui permet de renoncer à quelque chose maintenant au profit d’autre chose plus tard.
[…]
Nous aimons toujours faire des projets, mais si c’est au prix de sacrifices réels dans l’instant, nous ne possédons plus la connexion physiologique nécessaire pour le faire. Si on nous dit: dans quarante ans, 30 % des terres habitables seront submergées, nous trouvons cela moins gênant que de renoncer à nos vacances annuelles aux Seychelles, et surtout à une bonne côte de boeuf dans notre assiette.
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LSHLSH   13 janvier 2020
Un jour, peut-être, le nec plus ultra du snobisme sera d'être sobre et respectueux de l'environnement, et non de posséder un 4 x 4 suréquipé. Dans cette hypothèse, dès l'instant où le statut social sera associé aux comportements respectueux de la planète, la partie sera gagnée. Le striatum sera devenu le moteur de la préservation, et non de la destruction.
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