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ISBN : 2070381161
Éditeur : Gallimard (14/03/1989)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 328 notes)
Résumé :
Ni autobiographie d'acteur ni roman, C'est beau une ville la nuit est "une balade, l’œil et l'esprit grands ouverts au vif de la ville et au droit à la vie, une route de douleurs, de joies et finalement d'espérances". Un blues en prose, ponctué de chansons, écrit par l'homme Bohringer à ses amis vivants ou morts, aux femmes qu'il a aimées, à la vie, à la page blanche. L'enfance maudite, l'alcool, les coups de chagrin, l'héroïne, il aura tout connu, pour s'octro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  25 janvier 2013
Intemporel, éclectique, poétique, émouvant, transcendant, parfois au delà de l'imaginaire, c'est ainsi que l'on pourrait qualifier ce roman de Bohringer et la liste est non exhaustive.
A travers ses notes et ses voyages, ses souvenirs qui refont sans cesse surface, son présent si délicat, ses fantasmes, il se laisse aller, avec ses mots, pour nous les exploser en plein visage... et quel bien fou lui a pris de nous les faire partager !
Dans ses valises, du Sénégal au Québec, il nous emmène avec lui et nous le suivons les yeux fermés. L'Afrique, ce continent sinueux, sauvage fera naître l'africain qui sommeille en lui. Richard porte en lui les stigmates et les couleurs de cette terre rude, indomptée et ancestrale. Homme de contrastes, il est pareil à ses habitants: baigné de couleurs, de sensations et d'odeurs. Il est le feu dans la savane, la terre rouge animale, la communion d'un peuple, le rite de passage. Richard est tout cela: force et fragilité, sensibilité et dureté, solitude et amitiés profondes.
Dans son monde peuplé de blues, d'amour, de rencontres, d'alcool, de drogue, de malheurs, de pleurs et de bonheur, là encore, nous partageons tout, sans retenue et sans tabou. Et c'est sans retenue qu'il nous livre les êtres qui ont marqués sa vie: Régis qui n'est plus et pourtant si présent, Mamie et sa douceur et puis sa fille, détentrice de tant d'espoirs et de renouveau.
Du pur Bohringer, du dur, du vrai, du sauvage, comme on l'aime...
Comme C'est beau une ville la nuit, comme c'est beau un homme qui aime la vie...
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gouelan
  08 décembre 2017
Bribes de vie, de pensées en prose, mots que l'on pose facilement sur la voix de Richard Bohringer. Des mots cailloux, écorchés ou des mots qui s'envolent et fleurissent ; de la désespérance en bleue.
Une grande solitude noyée dans l'excès, une grande soif d'amour, un chant d'espoir "gai du triste".
Une impression de mots tissés avec de la poussière, du silence, du noir, pour en faire des trésors, de la vie. Écrit sans vouloir faire beau, sans mensonges, sans artifices, et pourtant ça l'est. C'est brut presque trop parfois. C'est la vie d'un homme qui se débat pour trouver le bleu et le vert cachés dans le gris.

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El_Gabier
  30 novembre 2017
Il est des hommes, des personnes que l'on croit fortes mais qui se révèlent parfois fragiles.Il est des carapaces, des armures que l'on croit indestructibles et qui se brisent en une seule fois laissant le corps nu face à la violence de la vie. Il est des écorchés vifs qui le resteront toute leur existence, que la vie brûle, consume de l'intérieur en une pénible et lancinante souffrance, que la mort appelle sans cesse, jouant avec eux, toujours sur un fil ténu et fragile. Des êtres qui ne savent pas ce que la vie attend d'eux, espérant, cherchant inlassablement un sens, un but… Et indéniablement, Richard Bohringer fait parti de ceux-là. "Je suis épave. Bois pourri. Je suis l'ombre d'une caverne. Comme un chien perdu. le vent m'apporte de fausses odeurs. Je suis une larme, une mère éventrée, un père rouge-gorge."Dans ce roman partiellement autobiographique, il confie ses bleus au coeur, ses états d'âmes. Il raconte son abandon, ses shoots, son alcoolisme, sa détresse, au lecteur et à Paulo, copain imaginaire et patron des rades où l'auteur aime à se vautrer les soirs, à étaler ses plaies et traîner ses blessures. Paulo, c'est le copain de galère, le patron de misère, à la fois confident inlassable du mal être de l'auteur, de sa désespérance, et pourfendeur de tristesse. Portrait saisissant d'un éternel assoiffé, d'un homme vrai et entier, qui écrit avec son coeur, sans retenue, sans pudeur, dans un style percutant sans fil directeur. Une écriture instantanée, toujours au bord de la rupture, qui mousse comme la pression des troquets, puis se repose et disparaît dans un flot plus calme au fil du récit, des évènements, pour finir en un éloge, en poème à la vie. Une poésie brute, sans fioriture, loin de certains récits aseptiques, inhibiteurs, qui peut surprendre, dérouter mais qui se mérite, qui s'offre à vous si vous franchissez le seuil de son monde. un univers où les mots giclent des veines au rythme des morsures du coeur, des blessures que l'on s'inflige. Une claque qui vous insuffle le goût de la vie, vous redonne espoir, à moins que vous ne soyez un naufragé de la vie…
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lecassin
  09 juin 2016
« C'est beau une ville la nuit »
Si on en croit la présentation de l'éditeur en quatrième de couverture de ce petit bouquin, il ne s'agit ni « d'un roman autobiographique », ni « d'une simple biographie d'acteur »…
En fait, on peut penser qu'il s'agit bien des deux à la fois : on croise Richard Bohringer qui évoque sa grand-mère qui l'a élevé, alors que ses parents l'avaient plus ou moins abandonné ; on croise sa fille Romane qui interprétera son propre rôle dans l'adaptation qu'il réalisera lui-même en 2006.
Et finalement, le récit d'une période pour le moins compliquée de la vie de l'acteur : errance, alcool, drogue, sexe… Et l'amour, dans tout ça ? On le croise aussi mais là encore, rien n'est simple…
« C'est beau une ville la nuit », peut se résumer comme je viens de le faire sommairement, mais ce serait trop réducteur. « C'est beau une ville la nuit », c'est aussi et surtout un style très particulier : Bohringer écrit comme il parle et on n'a aucun mal à poser sa voix rocailleuse sur les mots… de la poésie en prose, parfois, et même quelques textes assimilables à des poèmes.
De la poésie en prose, disais-je, même si parfois on la cherche un peu quand (entre autres) en exergue du chapitre 24, on lit : « Ecrire, c'est comme nager tout nu. Avec la bite qui flotte comme une fleur tellement les couilles deviennent légères »… Amis poètes, bonjour ! D' où, pour conclure, un sentiment mitigé : de très bons passages, et quelques scories de mauvais goût…
Même si, parfois, « c'est beau une ville la nuit ».
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SophiePatchouli
  21 mai 2016
"Il est de la tribu des balafrés. Et vous l'avez laissé. Il est de la tribu des affamés. Tyran de tendresse, déambulant d'un amour refusé."
Pourtant il transpire de poésie et avec une indécente honnêteté sur un canevas en lambeaux il parvient à dire l'essentiel de l'essence.
La laideur et la beauté s'entrelacent jusqu'à mourir dans l'orgasme littéraire : sueur de la vérité intime...
Déchéance et renouveau : Espoir !
Un livre beau et bon qui fleure l'errance, les voyages, les ivresses, les amours et les désamours, l'humanité vraie...
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   31 mars 2014
Écrire relève de l’espérance. Tu mets la virgule là où tu veux que ça freine et le point là où tu veux que ça s'arrête. Quand tu veux laisser ton idée faire son chemin sans toi, tu rajoutes quelques points. Quand tu t'étonnes, tu peux t'exclamer, c'est pas obligé. Et puis le reste, tu laisses à ceux qui veulent tout expliquer.
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marina53marina53   26 juin 2012
Je me demande si cette fois-ci je reviendrai. Si je reviendrai dans la vie. Je vis dans du décolorant. Je me souviens des jours dorés. Je me souviens de l'ombre qui tremble. Je me souviens du pain, du café qui fume, des yeux clos, du soleil qui claque derrière le rideau. Du rire dans la maison claire, de l'âme qui s'envole au matin. Je me souviens de la peau, des doigts qui courent gros câlins. Je me souviens et tout revient. Nostalgie imbécile, quitte moi donc cet après-midi. Laisse-moi souffler, me reposer. Je suis épuisé. Je voudrais vivre comme hier, avant ce jour maudit où quelque chose s'envola. Imperceptible absence. Vivre dans du décolorant est épuisant.
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marina53marina53   16 avril 2014
En fait jamais pu vivre la vie en place. Un formidable don d'observation pouvait laisser espérer à un plus grand talent, à une plus grande verticalité. Mais je fais dans le sanguin ! L'affectif ! A la fois, je touche les anges sans pouvoir l'exprimer, et m'abandonne à des clichés. Je suis superficiel profondément. Ou peut-être profondément superficiel. Il suffira de la couleur du matin.
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gouelangouelan   07 décembre 2017
Mais déjà, comme en été, un nuage noir faisait frissonner les pans éclatants des champs.
C'est comme cela que les poètes découvrent les traces de leur destin.
C'est dans ces traces qu'ils trouvent les signes de leurs défaites.
Alors ils courent volontairement à leur perte, pour accélérer le mouvement afin de vivre plus vite encore leurs chagrins
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marina53marina53   29 décembre 2012
Je suis absent de ma vie. Je la regarde sans vraiment la toucher. Léger décalage. Derrière ou devant. Jamais dedans.
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Videos de Richard Bohringer (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Richard Bohringer
SMEP 2016 - Richard Bohringer
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