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ISBN : 2715221797
Éditeur : Mercure de France (10/11/1999)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 5 notes)
Résumé :

Couvrant près de soixante-dix ans, les Mémoires de la comtesse de Boigne occupent une place à part dans la littérature de souvenirs, ne serait-ce que par la richesse de leur information et la qualité exceptionnelle de leur style. Document irremplaçable sur toute la période qui va des dernières années de l'Ancien Régime à la révolution de 1848, ces Mémoires ont fait de la comtesse de Boigne, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
ber16
  20 août 2013
Une lecture qui vous plonge dans l'histoire du XIXème avec brio, talent et humour.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
WolandWoland   13 septembre 2016

[...] ... La jeune génération ignorait ce qui concernait nos princes [= les Bourbons de la branche aînée, à savoir Louis XVIII et le futur Charles X, ici désigné sous le nom de "Monsieur", titre que portait depuis des lustres le frère cadet du Roi]. Je me rappelle que l'un de mes cousins me demandait ce jours-là si le duc d'Angoulême était le fils de Louis XVIII et combien il avait d'enfants [= le duc d'Angoulême était le fils aîné de Monsieur et mourut sans descendance car il était vraisemblablement impuissant]. Mais chacun savait que Louis XVI, la Reine, Madame Elisabeth avaient péri sur l'échafaud. Pour tout le monde, Madame [= la fille aînée de Louis XVI et de Marie-Antoinette, dite Madame Royale dans son enfance, devenue, par son mariage avec son cousin germain, fils du comte d'Artois, la duchesse d'Angoulême et, par conséquent, "Madame", belle-soeur du Roi en puissance, puis, un certain temps, la Dauphine] était l'orpheline du Temple et sur sa tête se réunissait l'intérêt acquis par de si affreuses catastrophes. Le sang répandu la baptisait fille du pays.

Il avait tant à réparer envers elle ! Mais il aurait fallu accueillir ces regrets avec bienveillance : Madame n'a pas su trouver cette nuance ; elle les imposait avec hauteur et n'en acceptait les témoignages qu'avec sécheresse. Madame, pleine de vertus, pleine de bonté, princesse française dans le cœur, a trouvé le secret de se faire croire méchante, cruelle et hostile à son pays. Les Français se sont crus détestés par elle et ont fini par la détester à leur tour. Elle ne le méritait pas et, certes, on n'y était pas disposé. C'est l'effet d'un fatal malentendu et d'une fausse fierté. Avec un petit grain d'esprit ajouté à sa noble nature, Madame aurait été l'idole du pays et le palladium de sa race.

Peu de jours après son entrée [= dans Paris], le Roi [= Louis XVIII] alla à l'Opéra. On donnait "Oedipe". Il [= le Roi]recommença ses pantomines vis à vis de Mme la duchesse d'Angoulême, non seulement à l'arrivée, mais aussi aux allusions fournies par le rôle d'Antigone. Tout cela avait un air de comédie et quoique le public cherchât le spectacle dans la loge plus que sur le théâtre, les démonstrations du Roi n'eurent pas de succès : elles semblaient trop affectées. La princesse ne s'y prêtait que le moins possible. Elle était, ce soir-là, mieux habillée et portait de beaux diamants. Elle fit ses révérences avec noblesse et de très bonne grâce ; elle paraissait à l'aise dans cette grande représentation comme si elle y avait vécu aussi bien qu'elle y était née. Enfin, sans être ni belle, ni jolie, elle avait très grand air et c'était une princesse que la France n'était pas embarrassée de présenter à l'Europe. Monsieur [= le comte d'Artois, futur Charles X] partageait son aisance et y joignait l'apparence de la joie et de la bonhomie. Pendant tous ces moments, il était le plus populaire de ces princes aux yeux du public. Les affaires initiées aux affaires le voyaient sous un autre aspect. ... [...]
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WolandWoland   13 septembre 2016
[...] ... Je reviens au récit de M. Thiers. La lettre de M. de Rayneval était adressée à M. de Montalivet. Lorsque Deutz se présenta au ministère de l'Intérieur, on lui dit que M. de Montalivet ne s'y trouvait plus , et lorsqu'il voulut remettre sa missive à M. de Montalivet, celui-ci, n'étant plus ministre, refusa de le recevoir pour mission secrète.

Deutz, ne doutant pas que les papiers du ministère de Madrid ne dussent être parvenus, laissa son adresse et s'étonna bientôt de n'être pas appelé. Les jours s'écoulaient et il ne pouvait plus tarder à aller porter les réponses à la princesse [= la duchesse de Berry, veuve du duc de Berry, second fils de Charles X et mère du futur duc de Bordeaux, éphémère Henri V] ; mais il lui fallait préalablement retrouver les documents nécessaires.

Une démarche, faite à ce sujet auprès d'un employé du cabinet ministériel, donna l'éveil à monsieur Thiers. Il fit venir Deutz ; celui-ci se comporta fort habilement, protestant de sa répugnance invincible à livrer la princesse. Il voulait, par philanthropie, traverser ses desseins parce qu'il les croyait pernicieux ; à cela se bornerait son rôle.

Il se rendrait, si on voulait, auprès d'elle, et tiendrait le langage qu'on lui dicterait pour provoquer son départ ; mais sa personne lui serait toujours sacrée. Il rapportait les meilleures paroles de dom Miguel [= roi de Portugal & Empereur du Brésil], les espérances les plus favorables du roi Guillaume. Il dissimulerait tout cela et découragerait Marie-Caroline [= la duchesse de Berry], de son entreprise avant de s'embarquer lui-même pour l'Amérique où il voulait aller ensevelir ses tristes secrets.

M. Thiers n'avait pas reçu les papiers de Madrid ; il ne pouvait en apprécier l'importance. La conférence avec Deutz fut ajournée au lendemain où l'éloquence du ministre parvint à convaincre le juif qu'il lui fallait livrer la duchesse de Berry par amour de l'humanité.

Monsieur Thiers m'a protesté qu'aucun salaire n'avait été ni demandé, ni promis. ... [...]
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