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ISBN : 2070408132
Éditeur : Gallimard (14/05/1999)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 146 notes)
Résumé :
Chargé de la filature d'une jeune femme, Flavières en tombe éperdument amoureux et se retrouve plongé au coeur d'un machination diabolique, pleine de mensonges, de faux-semblants et d'espoirs déçus. Dans un décor parisien des premiers jours de la Seconde Guerre mondiale, le destin de chacun des acteurs ne suivra jamais le chemin prévu, et fera rebondir cette intrigue dont on ne pourra démêler tous les fils qu'à la lecture des dernières pages. Un des grands classique... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  14 septembre 2015
ISBN : ?
C'est le roman de Boileau-Narcejac que, plus jeune, j'avais le moins aimé . Et la chose n'avait aucun rapport avec le "Vertigo" d'Hitchcock - bien que ce ne soit pas, là non plus, le film du "Maître" que je préfère - les "Sueurs Froides" de l'Anglais n'ayant pas grand chose à voir avec celles imaginées par Pierre Boileau et Thomas Narcejac sous le titre d'ailleurs originel de "D'Entre les Morts."
Construit en deux parties, le roman débute à l'aube de l'effondrement des troupes françaises sous la poussée allemande, à Paris ("la ligne Maginot est infranchissable = plus de frontières et nous vivrons tous heureux !" (je me demande pourquoi j'écris ça, tiens, j'ai dû faire trop de posts politiques ce matin ... ;o) ), puis, passé le grand écart de l'Occupation, reprend son fil conducteur à la Libération, quand les médecins sont contraints de prescrire des "rations" supplémentaires à ceux de leurs patients qui, comme M° Flavières, lequel a passé ces quatre ans à Dakar, en est revenu complètement déboussolé, notamment sur le plan hépatique.
Ayant quitté la police parce que, souffrant de vertige, il n'avait pu venir en aide à un collègue avec lequel il poursuivait un malfrat sur un toit parisien et ayant ainsi provoqué, malgré lui, la chute et la mort dudit collègue, Flavières s'est reconverti dans le droit. Un jour, un ami avec qui, justement, quinze ans plus tôt, il avait fait son Droit,, Gévigne, gros homme rond, sympathique, qui a fait une belle fortune dans les affaires et qui, pourtant, fait parfois montre d'une timidité qui ne convient guère à ses activités, vient lui demander d'enquêter sur sa femme, Madeleine. Non qu'il la soupçonne de le tromper, ce serait trop simple. En fait, pour résumer une histoire que Flavières a bien du mal à arracher à son visiteur, celui-ci se demande si Madeleine n'est pas en train de devenir folle : elle change d'humeur, évoque tout le temps l'une de ses aïeules, Pauline Lagerlac, à qui elle semble de plus en plus s'identifier et qui, malheureusement, n'a trouvé rien de mieux que de terminer sa vie encore jeune, dans le suicide.
D'abord tenté de refuser ce dossier pour le moins étrange, Flavières se laisse tenter en définitive. Il faut dire que, pratiquement à peine a-t-il posé les yeux sur Madeleine qu'il en tombe amoureux. Il commence sa filature, ce qui lui permet de constater d'ailleurs que Gévigne n'a pas menti. Sous ses yeux mêmes, la jeune femme se jette d'un pont et ne doit la vie qu'à l'intervention de l'avocat qui plonge immédiatement pour la ramener. D'humeur changeante mais pas capricieuse, comme on pourrait le penser, Madeleine reste une énigme et elle le restera jusqu'à sa mort, qui s'accomplit là encore sous les yeux de Flavières : ils étaient partis se promener à la campagne, elle avait voulu visiter une église puis grimper au clocher et hop ! sans que, cette fois-ci, son compagnon puisse intervenir, elle se jette dans le vide.
Fin de la première partie. On comprend que Flavières ait préféré s'exiler aux colonies.
Quand il revient, il n'a malheureusement pas oublié son amour passé. Oh ! il a tout essayé pour ça mais rien n'a marché . Toujours obsédé, il apprend que Gévigne est mort dans une fusillade - avec les affaires qu'il faisait, c'était un risque qu'il courait - bref, on pourrait dire que tout le passé est mort. Jusqu'au jour où il croise, dans l'hôtel où il est descendu, une femme qui, si l'on excepte la couleur de ses cheveux et un léger empâtement peut-être du visage, est l'exact sosie de Madeleine. Elle vit avec un Libanais particulièrement riche qui l'entretient, bien entendu et elle affirme mordicus s'appeler Renée Sourange.
Toute la seconde partie repose à la fois sur l'affrontement entre deux volontés et aussi, un fois de plus, sur le thème du double, du qui-est-qui - ou qui-était-qui - un thème cher au tandem policier français. Ca se termine évidemment très, très mal, tant pour Flavières que pour Renée/Madeleine. Mais, pour moi en tous cas, l'ambiance fait défaut. Surtout si on compare "D'Entre les Morts" aux "Louves" par exemple ou même à "Maléfices".
En effet, jusqu'ici, on avait toujours eu affaire, chez Boileau-Narcejac, à des hommes "faibles". Mais Flavières, lui, a un caractère de meneur. Aussi comprend-on mal, voire pas du tout, son obsession primitive pour Madeleine. Elle est belle, soit, elle a tout d'une héroïne romantique, elle est probablement un peu détraquée puisqu'elle est capable de passer deux heures toute seule dans une chambre d'hôtel qu'elle loue sous le nom de son aïeule Pauline mais ...
... c'est un ectoplasme, j'ai beau cherché, je ne trouve pas d'autre mot pour la définir. Quant à Renée Sourange, son apparence un tant soit peu plus "ronde" lui conférant sans doute aux yeux du lecteur un peu plus d'existence, l'assurance dont elle fait preuve aussi, elle passe un peu mieux mais son repli inexplicable, sa soumission soudaine à Flavières - elle quitte son amant pour lui - manquent de crédibilité. A nouveau, à la suite de son personnage, le lecteur fait un faux pas, dérape. En outre, il comprend tout de suite que Renée et Madeleine ne font qu'une - et que Gévigne cherchait simplement un témoin imparable pour justifier de la démence de son épouse, dont il héritait tous les biens. Or, qui, mieux qu'un avocat, démissionnaire de la police, certes mais enfin non pour lâcheté ou corruption, simplement parce qu'il souffrait d'un mal qu'il ne pouvait contrôler, le vertige, pouvait fournir témoignage d'un tel poids ?
Bon, comme je conseille toujours, essayez voir. le début du livre est assez vif, je ne saurais vous dire vraiment quand j'ai commencé à m'ennuyer - peut-être finalement trouvais-je Flavières et Madeleine un peu trop gnangnan ... Ou alors, les dialogues manquaient de punch, la construction me posait problème ... C'était "téléphoné" d'avance et, surtout, sans jeu de mots stupide, il n'y avait pas de "chute" tout à la fin.
Maintenant, il se peut que vous, vous adoriez. En ce qui concerne le film, vous devriez aussi aimer mais sachez bien que Hitchcock a arrangé tout ça à sa propre sauce. Une mention toute particulière cependant à la somptueuse Kim Novak , actrice-comète à la fois flamboyante et glacée, qui campe une merveilleuse Madeleine / Judy (Lucy dans la version française, si mes souvenirs sont bons.)
Bonne lecture ! Et bon DVD ! ;o)
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MissSherlock
  09 mars 2019
Depuis que j'ai lu Les Diaboliques, j'ai envie de découvrir d'Entre Les Morts, le roman à l'origine du film Sueurs froides d'Hitchcock. C'est un film que j'aime énormément et j'étais curieuse de voir les différences entres les deux oeuvres.
Étrangement, j'ai largement préféré le film au livre. le bouquin est long à démarrer. L'histoire commence à bouger au bout de 90 pages (sur 192 !) et le style un peu ramollo n'a pas su me captiver.
Dans la seconde partie, les choses s'arrangent un peu mais il y a très peu de rythme et les événements sont tirés par les cheveux.
Les différences avec le film ne jouent pas en faveur du roman, comme si Hitchcock avait réussi à tirer le meilleur de l'histoire en se débarrassant des scories et en affinant la psychologie des personnages.
Au final Boileau et Narcejac signent un petit roman sympathique qui est devenu un chef-d'oeuvre du septième art : merci Hitch ! ;-))
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marc_tlse
  21 septembre 2019
Un mari aimant, une femme folle, un ami serviable qui va devenir aimant puis fou ... de véritables réincarnations .. enfin, peut-être .... re-servez moi un verre,je m'y perds.
Je n'ai du voir que des extraits du film de Hitchcock tiré de ce roman et pourtant en lisant j'avais l'impression de voir des images .. encore un phénomène mystérieux ? non, l'effet de la description minutieuse de l'ambiance.
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HORUSFONCK
  07 novembre 2017
Pierre Boileau et Thomas Narcejac, auteurs de romans policiers de facture plutôt "classique", décidèrent d'unir leurs plumes pour écrire des histoires différentes. Après CELLE QUI N'ÉTAIT PLUS (LES DIABOLIQUES, au cinéma),
les deux compères offrirent D'ENTRE LES MORTS (SUEURS FROIDES, au cinéma) au lecteur friand d'un roman policier renouvelé à la française.
Ces romans, puis les suivants,firent les belles heures de la collection Crime-Club des éditions Denoêl.
Après les Sherlock Holmes de Conan Doyle, les livres de Boileau-Narcejac furent mes lectures favorites et passionnées des années 1970 en matière de polars.
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rulhe
  15 octobre 2019
un petit bijou dans le genre.😏
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
SilenaSilena   05 avril 2014
"Moi aussi, dit-il, j'ai essayé de peindre. Mais je dessine mal.
- Qu'est-ce que ça peut faire? C'est la couleur qui compte.
-J'aimerais voir vos toiles.
-Oh! Elles ne valent pas grand chose. Elles ne ressemblent à rien. Ce sont des rêves...Est-ce que vous rêvez en couleurs?
-Non je ne vois que du gris... comme au cinéma.
- Alors vous ne pouvez pas comprendre. Vous êtes un aveugle!" Elle rit et lui serra le bras, pour lui montrer qu'elle plaisantait.
"C'est tellement plus beau que ce qu'on appelle la réalité, reprit-elle. Imaginez, si vous le pouvez, des couleurs qui se touchent, qui se mangent, qui se boivent, qui vous pénètrent totalement. On devient des insectes qui se confondent avec la feuille qui les supporte, à ces poissons qui ressemblent à des coraux. Chaque nuit je rêve à l'autre pays.
-Vous aussi ",murmura-t-il.
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WolandWoland   14 septembre 2015
[...] ... - "Voilà," dit Gévigne. "Je voudrais que tu surveilles ma femme ...

- Diable ! ... Elle te trompe ?

- Non.

- Alors ?

- Ce n'est pas facile à expliquer. Elle est drôle ... Elle m'inquiète.

- Qu'est-ce que tu crains au juste ?"

Gévigne hésitait. Il regardait Flavières et Flavières sentait ce qui l'arrêtait : Gévigne n'avait pas confiance. Il était bien resté tel que Flavières l'avait connu quinze ans plus tôt, à la Faculté de Droit : cordial, prêt à s'épancher et, tout au fond, contracté, timide et malheureux. Tout à l'heure, il avait eu beau s'écrier, en ouvrant les bras : "Ce vieux Roger ... Tu sais, je suis content de te retrouver !", Flavières avait perçu, d'instinct, la très légère gaucherie du geste, ce qu'il avait d'un peu trop voulu, d'un peu trop raide. Gévigne s'agitait un tout petit peu trop, riait un tout petit peu trop. Il ne réussissait pas à effacer les quinze ans qui venaient de s'écouler et qui les avaient physiquement changés l'un et l'autre. Gévigne était devenu presque chauve. Son menton s'était empâté. Ses sourcils avaient tourné au roux et il avait maintenant, près du nez, des taches de rousseur. Flavières, de son côté, n'était plus le même. Il savait qu'il avait maigri, qu'il s'était voûté depuis son histoire et il avait les mains moites à la pensée que Gévigne allait peut-être lui demander pourquoi il était devenu avocat alors qu'il avait son droit pour entrer dans la police. ... [...]
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genougenou   13 juillet 2013
Gévigne leva sa main grasse, comme pour arrêter au vol d'objection.
- J'y ai pensé. Je l'ai surveillée, discrètement. Un jour, je l'ai suivie... Elle est allée au Bois, s'est assise devant le lac et elle est restée là, sans bouger, pendant plus de deux heures... Elle contemplait l'eau...
- Cela n'est pas très grave.
- Si... Elle contemplait l'eau, comment t'expliquer, avec attention, avec gravité. Comme si cela avait été d'une extrême importance... Le soir, elle m'a affirmé qu'elle n'était pas sortie. je n'ai pas voulu dire que je l'avais suivie, tu comprends.
Flavières retrouvait, reperdait tour à tour l'ancienne image de son condisciple, et ce jeu devenait irritant.
- Ecoute, fit-il. Soyons logiques. Ou bien ta femme te trompe, ou bien elle est malade, ou bien, pour une raison inconnue, elle simule. Il n'y a pas à sortir de là.
+ Lire la suite
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genougenou   08 septembre 2013
Depuis ce jour là il l’appelait Eurydice, par jeu. Il n’aurait pas osé l’appeler Madeleine. A cause de Gévigne. Et puis, Madeleine c’était la femme mariée, la femme de l’autre. Eurydice, au contraire, lui appartenait tout entière ; il l’avait tenue dans ses bras, ruisselante, les yeux clos, l’ombre de la mort au creux des joues. Il était ridicule, soit. Il vivait dans un tourment continuel, dans un tumulte d’impressions douloureuses. Peut-être ! Mais il n’avait jamais connu, tout au fond de lui même, cette paix parfaite, cette plénitude de joie où s’engloutissait son proche passé, avec ses peurs et ses remords : il y avait si longtemps qu’il l’attendait, cette jeune femme éblouie ! Depuis sa treizième année. Depuis l’époque où il se penchait vers le cœur de la terre, le pays noir des fantômes et des fées…
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genougenou   08 septembre 2013
Gévigne leva sa main grasse, comme pour arrêter au vol d'objection.
- J'y ai pensé. Je l'ai surveillée, discrètement. Un jour, je l'ai suivie... Elle est allée au Bois, s'est assise devant le lac et elle est restée là, sans bouger, pendant plus de deux heures... Elle contemplait l'eau...
- Cela n'est pas très grave.
- Si... Elle contemplait l'eau, comment t'expliquer, avec attention, avec gravité. Comme si cela avait été d'une extrême importance... Le soir, elle m'a affirmé qu'elle n'était pas sortie. je n'ai pas voulu dire que je l'avais suivie, tu comprends.
Flavières retrouvait, reperdait tour à tour l'ancienne image de son condisciple, et ce jeu devenait irritant.
- Ecoute, fit-il. Soyons logiques. Ou bien ta femme te trompe, ou bien elle est malade, ou bien, pour une raison inconnue, elle simule. Il n'y a pas à sortir de là."
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Videos de Boileau-Narcejac (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Boileau-Narcejac
Chronique animée par Fabien Delorme, consacrée aux grands noms de la littérature policière, dans le cadre de l'émission La Vie des Livres (Radio Plus - Douvrin). Pour sa huitième chronique, le 14 décembre 2016, Fabien aborde l??uvre du duo Boileau-Narcejac. Fabien Delorme est aussi conteur. N'hésitez pas à vous rendre sur son site : http://www.fabiendelorme.fr/ La page Facebook de l'émission La Vie des Livres : https://www.facebook.com/laviedeslivres62
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Le livre est écrit sous forme de lettre ou rapport , à qui est-elle adressée ?

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