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EAN : 9782714493316
Éditeur : Belfond (14/01/2021)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 58 notes)
Résumé :
Il n’y a pas d’hommes libres sans animaux libres.

Ils ne se connaissent pas et pourtant, en cette journée caniculaire de septembre 1916 dans une petite ville du Sud des États-Unis, ils assistent parmi la foule au même effroyable spectacle : l’exécution par pendaison d’une éléphante de cirque, Mary, coupable d’avoir tué un homme. Cette vision bouleversera la vie d’Arabella, de Kid et de Jeremy.

De l’Amérique qui entre en guerre au Paris ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  17 janvier 2021
Un grand merci à Babelio et aux éditions Belfond...
13 septembre 1916, Erwin, Tennessee. Malgré la pluie qui tombe sans discontinuer, une foule oppressante s'est rassemblée autour de la grue qui fera office d'échafaud. Mary, une grosse éléphante, a, accidentellement, écrasé un homme la veille. Et aujourd'hui, toute la population est venue assister à sa pendaison. Parmi elle, la jeune Arabella Cox qui peine à croire à ce tableau funeste et injuste ainsi que Jeremy Parkman, journaliste au Boston Herald venu couvrir le sujet. Deux personnes qui, encore la veille, ont tout fait pour sauver Mary, notamment auprès du shérif. En vain... Si Jeremy, attiré par cette jeune femme resplendissante et lumineuse, la salue de loin, cette dernière daigne lui jeter un simple regard, comme si elle le tenait responsable de ce massacre...
Non loin d'eux, William Vernon, surnommé Kid, assiste, horrifié lui aussi, au châtiment de Mary. Au moment de quitter la foule, il percute par mégarde une femme blanche qui, aussitôt, s'offusque, le repousse et le traite de voleur. Plusieurs hommes s'en prennent alors à lui et c'est avec le visage tuméfié qu'il rentre chez lui. Sa mère s'inquiète aussitôt, certaine que ces hommes reviendront pour le pendre. Kid n'a d'autre choix que de quitter Erwin, une fois la nuit tombée...
Partant d'un fait divers réel, à savoir la pendaison d'une éléphante à Erwin, Tenessee, en 1916, Ariane Bois tisse une fiction au coeur de laquelle trois personnages vont se rencontrer lors de cette journée si particulière, se quitter pour mieux se rencontrer à nouveau, chacun ayant vécu des moments aussi bien mémorables qu'émouvants. Des rythmes lancinants du jazz à celui beaucoup moins mélodieux des canons et des fusils, du Tenessee aux plaines arides africaines en passant par les champs de bataille français, ce roman traite habilement divers sujets tels que la guerre, le racisme, le colonialisme, l'amitié, l'amour, avec, en fil rouge, le sort des éléphants et la maltraitance animale. Bien que fictionnel, l'on y croise Josephine Baker, Gladys et Dorothy Cromwell, les Harlem Hellfighters ou encore Jim Europe. Un roman émouvant, une fresque mêlant habilement la petite et la grande histoire. Une lecture fort agréable qui aurait mérité quelques pages de plus...
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Eve-Yeshe
  20 janvier 2021
Le 13 septembre 1916, à Erwin, petite ville du Tennessee, une foule immense trépigne d'impatience, on a même amené les enfants, pour assister à la pendaison de Mary une éléphante qui a piétiné et tué son soigneur, maltraitant bien-sûr, mais quelle importance ?
Trois jeunes gens assistent avec répulsion à cette scène barbare : Arabella, Jeremy qui se sont déjà rencontrés lors du procès, et Kid, jeune Noir qui a voulu assister à la pendaison.
Arabella Cox est la fille d'un pasteur adventiste, rigide, où pratiquement tout est interdit à part la lecture de la bible, alors elle ne peut que tenter de désobéir quitte à recevoir des coups. Un jour où elle a fait le mur, elle a failli être violée et son père l'a mise dehors.
Jeremy Parkman est l'héritier d'une famille arrivée à bord du Mayflower, qui s'est enrichie dans le commerce, et il refuse de prendre la suite de son père, préférant le journalisme.
William Vernon, alias Kid, a assisté aussi à la pendaison de Mary, mais en tant que Noir, da présence était loin d'être souhaitée, et en rentrant chez lui, il bouscule par mégarde une femme blanche, qui hurle à l'agression, ce qui lui vaut une bastonnade dont il réussit à s'échapper, mais les Blancs racistes ne veulent pas en rester là et lui régler son compte ; ils ont été bien échauffer avec la pendaison de Mary alors la soif de sang et de mort est toujours là. Il réussit à quitter la ville direction la Capitale avec son clarinette om son talent pourra s'exprimer, c'est l'époque du jazz.
Tous les trois vont s'engager activement dans la guerre : Kid comme soldat dans les Harlem Hellfighters, Jeremy comme reporter de guerre et Arabella comme infirmière, et des horreurs se dérouleront sous leur yeux… Arabella et Jeremy se retrouveront par hasard le jour de l'armistice, et Kid les rejoindra plus tard. Les horreurs de la guerre vont modifier leur vie, Kid en sortant libre alors que Jeremy, blessé à la jambe va être envahi par l'angoisse (SSPT) et fragilisé.
Toujours est-il qu'aucun des trois ne désirent rentrer aux USA où règnent, le Ku Klux Klan et la prohibition alors qu'à Paris flotte un vent de liberté et notre trio va ainsi côtoyer Hemingway, James Joyce, Sylvia Beach qui possède la librairie Shakespeare & Company et Adrienne Monnier, sa compagne, ou encore le couple Fitzgerald ou Joséphine Baker
Mais, revoilà le cirque, les éléphants maltraités et un jour va naître un projet fou, libérer une éléphante de ses chaînes, la ramener en Afrique et lui rendre sa liberté. Ainsi commence le nouveau voyage, en route vers le Kenya…
J'ai adoré toute la partie du roman concernant la jeunesse des trois héros, la guerre et la manière dont ils en sortent, coupant ou non le cordon ombilical, de même que la période parisienne après l'armistice.
J'ai un peu moins aimé leur périple au Kenya, parmi ces Anglais, aristos au pas qui ne pensent qu'à ne rien faire, à part la fait, boire comme des trous et se livrer à une sexualité débridée, avec toujours leur morgue vis-à-vis du personnel africain, leurs laquais, une autre forme d'esclavage, sur leur propre terre.

J'ai découvert Ariane Bois avec « Sans oublier » que j'ai beaucoup aimé et j'ai été très heureuse de retrouver sa plume. J'ai encore quelques-uns de ses romans à découvrir, en particulier « Dakota Song ». Ce voyage du Tennessee, aux tranchées de la Marne, puis au Kenya m'a fait un bien fou, en parcourant l'Histoire, les artistes de l'époque, le jazz, le gospel, le blues, toutes ces musiques que j'adore. En période de confinement, couvre-feu, cela donne du punch.
La couverture est très belle et j'aurais bien aimé être enroulée ainsi, lovée dans la trompe d'un éléphant…
Un grand merci à Babelio et aux éditions Belfond qui m'ont permis de découvrir ce roman et de retrouver une auteure que j'apprécie.

Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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cardabelle
  29 décembre 2020
.
Mary l'éléphante a été pendue pour avoir tué son tortionnaire , un occasionnel du cirque .
On est en 1916 dans le Tennessee .
Ce terrible spectacle va profondément marquer les trois héros du roman .
Et c'est là que réalité et fiction se confondent pour conter l'histoire d' Arabella, , de Jeremy et de Kid .
S'appuyant toujours sur des faits historiques , le roman va nous conduire en France dès 1917 où l'on retrouve les trois jeunes gens qui ont fui leurs familles et leur pays .
Arabella est infirmière auprès des soldats , Jeremy est journaliste de guerre et Kid , engagé dans les Harlem Hellfighters , ces soldats noirs , valeureux combattants dans L'Argonne en 1918 et qui amenèrent le jazz en France .
Et , bien sûr , un jour , la rencontre a lieu !
Aucun d'eux n'a oublié le martyre de Mary ...
Ils sont bien ensemble et leur vie parisienne dans les années 20 est l'occasion pour l'auteure de nous offrir tout un pan de la vie artistique d'une belle époque baignée de jazz, de blues , de ragtime ,foisonnant de talents naissants ou confirmés .
Et , de lieu mythique en lieu mythique , ils en rencontrent des célébrités nos jeunes héros !
Puis , la seconde partie du roman va nous emmener au Kenya .
Alors là , je me suis frotté les yeux !
Nous voilà dans le décor à peine transformé de " La ferme africaine " ! Beaucoup de similitudes .
Un petit retour vers " Out of Africa ", j'apprécie !
On y retrouve certains des personnages dont l'aviatrice Beryl Markham , les kikuyus , les Massaïs etc ...
Mais point de Karen Blixen , hélas ...
L'écriture fluide d'Ariane Bois rend la lecture de ce roman agréable et divertissante .
Une alliance habile de la fiction et de l'histoire donne du souffle à une aventure pas toujours très crédible mais qui en devient surprenante .
Pourtant , même s'il parle d'amour , le fond du récit n'a rien de léger .
L'auteure veut surtout dénoncer la violence et la bêtise humaine , le racisme , la maltraitance animale , la barbarie , le colonialisme , l'horreur de la guerre .
Mais , le tout est savamment dosé et place est faite aussi à l'amour , à l'amitié , à l'intelligence , à l'évolution des moeurs et à l'émancipation des femmes .

Un siècle est passé et l'on est toujours à combattre la maltraitance animale et ce , plus que jamais .
Puisse le souvenir de Mary nous rappeler le sort des animaux des cirques et des zoos .
Raconter une histoire d'amour pour traiter ce sujet est une façon originale et subtile .
Encore une fois , je me suis laissé emporter par un roman d'Ariane Bois .
C'est avec grand plaisir que je remercie les éditions Belfond et l'équipe de Babelio de m'avoir offert ce livre .

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fanfanouche24
  20 janvier 2021
De très abondants remerciements aux éditions Belfond ainsi qu'à Babelio, pour la réception de ce tout dernier livre d'Ariane Bois [parution ce 14 janvier 2021]…texte reçu le 21 décembre, comme un vrai cadeau de Noël !!!

Un très, très beau coup de coeur, en compagnie de trois personnages, pleins de vie et de jeunesse, Arabella Cox, Jeremy, et Kid…se trouvant au même endroit le 13 septembre 1916, dans le Tennessee, lors d'un horrible évènement : la pendaison de Mary, une éléphante ayant écrasé et tué un homme, le Kornak de remplacement, l'ayant « maltraitée…Spectacle de mort atroce d'un animal ayant bouleversé , chaque personnage. Arabella et Jeremy essaieront d'empêcher, sans succès, sa mort !

Jolie surprise trouvée dans ma boite aux lettres, accompagnée d'un gentil courrier de la maison d'édition, m'en souhaitant une « Bonne lecture » !!
Ce qui fut grandement le cas , car j'ai adoré ce roman , suivre les trois personnages aux personnalités vives et attachantes .
Arabella, la Rebelle, passionnée par les animaux et plus exclusivement, par les éléphants, insoumise chronique, petit canard boiteux d'une famille régenté par un « pater familias » adventiste, homme conservateur et rigide à l'extrême…, kid, petit gamin noir, ayant bousculé par inadvertance une femme blanche, est accusé de vol, il doit se sauver pour éviter d'être lynché, et Jeremy, garçon aussi insoumis, d'une famille riche, qui ne rêve que d'une chose : partir du cercle familial et devenir un grand journaliste ! le récit va se dérouler avec le récit alternatif des aventures et mésaventures de nos trois « amis »….
La première partie nous offre le récit alternatif , séparé des vies de chacun, la seconde partie, se poursuivra globalement, réunissant nos trois amis ; ces derniers, ayant fini par se trouver « réunis » en France, à Paris, fêtant la fin de la grande Guerre…. Car chacun aura vécu cruellement dans son corps et son mental, les horreurs de la guerre : Jeremy, reporter de guerre tout en étant un combattant sur les champs de bataille, kid, soldat lui aussi, et musicien de talent, il réconfortera ses congénères et enfin, Arabella ayant suivi une formation d'infirmière, partira en France soigner les innombrables blessés…Ils se retrouveront dans un Paris libéré, dans l'effervescence, les folles nuits de l'après-guerre, l'apparition du jazz, des artistes noirs devenant « la coqueluche » des français…la vie artistique, littéraire de différents quartiers, dont celui, très foisonnant toujours de Montparnasse ! Nous retrouvons les grandes figures intellectuelles et artistiques de l'époque…
Je retiens une phrase essentielle, apposée sur le 4e de couverture : « Il n'y a pas d'hommes libres sans animaux libres « Un hymne absolu à la Nature, aux animaux et aux êtres vivants !
Passionnée depuis toujours par les éléphants, le plaisir de cette narration a été d'autant démultiplié [ vous vous en rendrez aisément compte, au vu des nombreuses citations retenues ] !
« Puis elle avait découvert les éléphants, leurs barrissements caverneux, et s'était prise de passion pour ces créatures quasi mythologiques, ces statues de chair granitiques, avec leurs oreilles en draps de velours, leurs dagues d'ivoire plantées dans leur peau parcheminée, leurs trompes puissantes qui se dressaient et semblaient peindre des fresques invisibles dans les airs. Les éléphants nous ressemblaient tellement, contrairement à ce que l'on pouvait croire ! Joyeux ou tristes, attentifs à leur progéniture et à leurs congénères, intelligents, drôles, effrayants parfois, sans parler de leur mémoire biographique, ils n'avaient rien à nous envier. (p. 21)
De nombreux thèmes vivent dans un même temps de narration : L'histoire de l'Amérique et de la France avant, pendant et juste après la première guerre mondiale, le racisme exacerbé contre les Noirs aux Etats-Unis, Paris, refuge des exilés et des artistes, l'Amour des Animaux, la connaissance des éléphants…
« Silencieuse, Arabella songe aux éléphants, à leur prééminence dans l'ordre des espèces. Ils foulaient la surface de la Terre bien avant les hommes. Pourquoi leur confisquer la beauté du monde ? Elle ne peut attendre qu'un jour l'humanité entende la voix du coeur. D'ailleurs, à voir le public de plus en plus nombreux se presser dans les cirques et les zoos, elle n'en prend pas le chemin. Son caractère entier ne s'accommode pas de ce statut quo. Comme toujours de son point de vue, il faut agir. » (p. 160)
J'ai adoré ce roman… nous proposant une fiction riche en personnages, mais aussi d'abondantes thématiques historiques et individuelles…Le fil conducteur de cette narration très attachante reste l'amour des animaux et plus exclusivement des éléphants, d'autres thèmes, également primordiaux se croisent, s'entremêlent : l'horreur de la guerre [ avec nos 3 « héros » américains ayant subi, vécu la Grande guerre], les ségrégations quelle qu'elles soient : raciales, sexistes , le respect et la bienveillance envers les animaux, ayant aussi souffert et subi la guerre, aidant les soldats, des passages plus légers , insouciants de la vie parisienne dans les années 20… et la vie, l'installation en Afrique , au Kenya, pour sauver une éléphante…
Un livre brillant, vivant, regorgeant de joie de vivre, d'engagements humanitaires et intellectuels…Je ne peux résister au plaisir de rajouter un dernier extrait sur les éléphants :
« - Sais-tu qu'eux aussi font le deuil de ceux qu'ils aiment ? Ils veillent le corps de l'animal mort, le caressent longuement de leur trompe, manifestent tous les signes du chagrin. Et si ses os sont éparpillés, ils les rassemblent avant de creuser une sépulture.
- Incroyable. Les hommes n'ont pas le monopole des rites funéraires.
Désormais passionné par le sujet, Kid a composé une chanson sur les animaux brisant les chaînes de leur esclavage, à la manière d'une fable De La Fontaine. Arabella regrette de ne pas avoir suivi d'études scientifiques pour s'occuper des éléphants, les soigner. Comme ils lui manquent, elle les dessine. (p. 171)”
Un texte infiniment apprécié dont j'ai ralenti sa lecture pour ne pas quitter trop vite le trio d'amis, devenu inséparable… : la très belle, Arabella, la “Mamma des éléphants” courageuse et intelligente, compagne passionnée ; Jeremy, l'amoureux d'Arabella, jeune journaliste brillant, resté traumatisé , en mal-être, à cause des séquelles des horreurs de la guerre, et, enfin, kid, l'ami idéal ,indéfectible de ce trio, jeune noir, survivant dans son propre pays, à la haine raciale, engagé comme Jeremy dans la guerre, musicien autodidacte brillant, devenant « la coqueluche » tant à Paris, qu'en Afrique, où il va enfin retrouver la terre de ses aïeux, et sa raison d'être et de se battre : enseigner aux petits enfants déshérités, tant la lecture que la musique…
Tout, en finalement, après moult aventures de notre trio, et un drame brutal, s'engager à fond avec sa chère Arabella, dans la création d'un orphelinat pour les Eléphants…. Trois amis, idéalistes…qui se battront pour leurs rêves et leurs convictions… Je n'en dévoile pas plus… C'est déjà trop !!!
Le deuxième livre que je lis de cette auteure, avec enthousiasme, dont « L'Ile aux enfants », que j'avais achevé avec émotion, peu de temps avant cette dernière publication. Je vais poursuivre ma lecture d'Ariane Bois, admirative et curieuse de la variété des sujets qu'elle aborde…
Je renouvelle ma reconnaissance et mes remerciements pour cette très belle lecture, qui me restera durablement en mémoire ! Un livre dont j'ai envie de parler autour de moi et d'offrir !..
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Kittiwake
  03 avril 2021
Kid, Arabella, Jeremy. Point de départ Erwin, une petite ville du Tenessee. Ces trois là ont assisté, horrifiés, à la mise à mort d'un éléphant, condamné à la pendaison pour avoir tué un homme. La foule s'est réjouie du spectacle, pas eux.
Kid doit fuir un lynchage programmé, Arabella est chassée de chez elle par un père obtus, et Jérémy rêve d'une carrière de journaliste. Autant de raisons pour fuir la ville qui les rejette ou les limite dans leurs ambitions Les chapitres alternés vont donc évoluer vers une convergence de ces destins, et c'est la guerre en Europe qui sera à l'origine de leur rencontre.
L'histoire est sympathique, les personnages ne peuvent que susciter l'empathie, par la largesse de leur point de vue et les idéaux qu'ils portent. On suit donc avec plaisir l'évolution de leur parcours qui permet d'assister aux balbutiements du jazz aux Etats-Unis puis de participer au vent de liberté du Paris d'après-guerre.
On salue le combat en faveur des animaux souligné par l'engagement de la jeune héroïne.
Le tout est cependant un peu attendu et on devine dès le départ ce qui va passer. D'autant que ce qui était peut-être moins attendu est lourdement suggéré par une cartomancienne..
Lu avec plaisir, mais trop conventionnel et écriture trop convenue.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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critiques presse (2)
LeSoir   22 février 2021
«L'amour au temps des éléphants» nous emmène des États-Unis de 1916 au Paris des années 20 puis au Kenya. Ariane Bois y déploie son sens aigu du romanesque.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LaLibreBelgique   11 février 2021
"L'amour au temps des éléphants", un roman plein d'aventures et de rebondissements.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (77) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   12 avril 2021
— Alors, expliquez-moi, nom de Dieu. Que s’est-il passé au juste ?
Charlie Sparks s’est laissé tomber sur une chaise où son ventre gélatineux lui fait comme un tablier. En vingt-sept ans à la tête du cirque, le patron n’a jamais vécu pareille journée. Un homme broyé par l’un de ses animaux ! Et pas n’importe quelle bête : sa star, Mary, qui lui avait coûté les yeux de la tête – huit mille dollars ! – et dont il était si fier. Réuni dans la salle de la mairie avec son équipe, le maire, le shérif, le révérend et d’autres sommités de Kingsport, Charlie se demande comment protéger sa vedette, la soustraire à cette populace vengeresse qui réclame son exécution en scandant « Un fusil ou une corde ! ».
— C’est incompréhensible, lâche un dresseur. Mary était la plus sage de nos bêtes. Jamais un coup de pied ou un mouvement d’humeur…
— Le malheureux qui la montait, on sait qui c’était ? l’interrompt Sparks, irrité d’entendre chanter les louanges de l’animal en la circonstance.
Debout au fond de la salle, Arabella porte une robe bleu nuit ourlée de dentelle aux manches. Les hommes l’observent avec dédain ou concupiscence. Comme d’habitude, elle les ignore, absorbée par les débats qui augurent mal du destin de l’éléphante.
— Ma sciatique s’était réveillée, explique le cornac attitré de Mary. Avec toute la bonne volonté du monde, impossible de la monter. Alors à Saint Paul, il y a ce type qui s’est présenté… Un certain Walter Eldridge, il se faisait appeler « Red ». Il a commencé par filer un coup de main, ramasser la paille souillée, couvrir les bêtes avec des couvertures, c’était pas de trop…
— Ça n’explique pas comment il s’est retrouvé sur le dos de Mary, s’énerve Sparks, qui voit déjà se profiler les éternelles doléances syndicales de ses employés.
— Il a insisté, patron, profité de la situation pour se rendre utile, se défend le cornac. Nos éléphants sont doux, il a dû se passer quelque chose…
— Un chien qui grogne ? Un marmot qui braille ? Qui sait, avec ces bestioles ? maugrée un fermier. En tout cas, elle ne va pas s’en tirer comme ça.
— Elle a tué ! Elle tuera encore ! hurle le shérif Jackson, l’œil allumé par la gnôle.
— Cette bête est manifestement possédée, lance le révérend Johnson, un homme aux traits fins et cruels. Vous avez vu ses yeux ? Démoniaques…
Dehors, sous le soleil rouge sang de cet été sudiste, les citoyens de Kingsport réclament justice. Les plus excités se fraient un passage jusqu’aux fenêtres de la mairie, d’autres tambourinent à sa porte. Ils ne vont pas tarder à tout casser, pense Sparks.
— Rien n’annonçait un tel drame avec cet animal ? interroge Jeremy du fond de la pièce, en griffonnant des notes. Aucun antécédent violent ?
— Rien, lâche Sparks.
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fanfanouche24fanfanouche24   19 janvier 2021
[Au sujet des éléphants ]

- Sais-tu qu'eux aussi font le deuil de ceux qu'ils aiment ? Ils veillent le corps de l'animal mort, le caressent longuement de leur trompe, manifestent tous les signes du chagrin. Et si ses os sont éparpillés, ils les rassemblent avant de creuser une sépulture.
- Incroyable. Les hommes n'ont pas le monopole des rites funéraires.
désormais passionné par le sujet, Kid a composé une chanson sur les animaux brisant les chaînes de leur esclavage, à la manière d'une fable de La Fontaine. Arabella regrette de ne pas avoir suivi d'études scientifiques pour s'occuper des éléphants, les soigner. Comme ils lui manquent, elle les dessine. (p. 171)
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ladesiderienneladesiderienne   03 janvier 2021
Lorsque les États-Unis s'étaient engagés dans la guerre, les Noirs de Harlem avaient voulu prendre part aux combats , mais s'étaient surtout, encore et toujours, battus contre le racisme de l'administration du président Wilson. "Le noir ne fait pas partie des couleurs de l'arc-en -ciel", répétait-on, entre autres arguments fallacieux ou ridicules, pour justifier leur mise à l'écart. Rien n'était prévu pour leur entraînement et les officiers blancs ne voulaient pas avoir affaire à des soldats noirs. Ceux qui bravaient le racisme au sein de l'armée et s'enrôlaient quand même recevaient moins de rations que leurs compagnons d'infortune blancs. La ségrégation avait encore de beau jours devant elle, même en temps de guerre.
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fanfanouche24fanfanouche24   11 janvier 2021
[Arabella]

Puis elle avait découvert les éléphants, leurs barrissements caverneux, et s'était prise de passion pour ces créatures quasi mythologiques, ces statues de chair granitiques, avec leurs oreilles en draps de velours, leurs dagues d'ivoire plantées dans leur peau parcheminée, leurs trompes puissantes qui se dressaient et semblaient peindre des fresques invisibles dans les airs. Les éléphants nous ressemblaient tellement, contrairement à ce que l'on pouvait croire ! Joyeux ou tristes, attentifs à leur progéniture et à leurs congénères, intelligents, drôles, effrayants parfois, sans parler de leur mémoire biographique, ils n'avaient rien à nous envier. (p. 21)
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fanfanouche24fanfanouche24   12 janvier 2021
Il se souvenait de ces champs à perte de vue, de cette mer, la seule qu'il ait jamais contemplée, moirée de chlorophylle, bientôt couverte de fleurs de coton ondulant sous le vent comme un nuage de crème ouatée. Il y avait enduré la violence gratuite des contremaîtres et découvert les pouvoirs pacificateurs de la musique. Quand l'équipe menaçait d'en venir aux mains avec les Blancs, il sortait sa clarinette et jouait un air pour l'apaiser. Les notes s'envolaient dans le ciel, les esclaves fredonnaient un gospel qui parlait de liberté et du Jugement dernier. (p. 59)
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